WormFood – Posthume [Avant Garde, Rouen]

Publié: 23 novembre 2014 par Squideleiev dans Chroniques, Musique
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Wormfood est un groupe originaire de Rouen, qui a réussi à se faire un nom dans l’hexagone grâce à son death metal progressif.

Posthume (2010) est le dernier album de Wormfood en date  si on exclue Décade(nt), leur compilation qui a vu le jour en 2012. Il se détache clairement du reste de la discographie du groupe, mettant de côté la touche death au profit d’arrangements plus doom, et d’un ambiance générale beaucoup plus sombre. Mais le principal atout de cet opus, ce sont les textes.

Les Noces sans Retour, premier titre de l’album, donne le ton dès les premières secondes : une voix emplie d’amertume, un cocktail d’émotions et de rage, aussi bien dans les paroles («Ce n’est pas la peine d’ouvrir la bouche, je devine que tu vas mentir, et pourtant tes silences m’étouffent, je sais qu’il faut s’attendre au pire») que dans l’instrumentation, le rythme de la musique suivant l’affrontement qui se déroule. L’influence Type O Negative, bien que présente sur tout l’album se fait particulièrement sentir sur ce morceau (peut-être à cause de l’intervention de Paul Bento à la sitar sur le dernier break). On retrouvera cet esprit sur l’intégralité de l’album. La Vanité des Amants vient enfoncer le clou d’un cran de plus. Son atmosphère est encore plus pesante, faisant écho à tous les sentiments négatifs présents chez l’auditeur, notamment grâce à la basse, très lourde.

Outre le conflit inter-individuel, Posthume aborde aussi le thème de la plus violente des batailles, celle menée contre soi-même, à travers Troubles Alimentaires. Très percutant dès le début, ce morceau traite la problématique de l’image de soi telle qu’on se la représente et de l’obsession de l’image que l’on revoie aux autre, au point où cela devient pathologique. Le rythme lancinant prend le dessus des breaks relativement lourds, agrémentant le malaise. Ici, c’est au piano que Paul Bento intervient. Passage à Vide suit la lignée des titres précédents. Les quelques accélérations, flirtant avec le thrash ajoutent une note de folie à ce tableau déjà très sombre. On notera la présence de très bons solos, et l’intervention opportune du piano. On enchaîne avec Salope (voir ci-dessous), titre équivoque, aux paroles qui parlent d’elles-mêmes («Je préférerais te savoir morte plutôt qu’heureuse à ses côtés. Le deuil me paraîtrait léger, si c’était sous la terre que tu couchais»). L’aspect plutôt simpliste de ce morceau, composé d’une guitare acoustique  accompagnant le chant sur les premières minutes, ne rend pas pour autant son impact plus doux, bien au contraire. La simplicité de la musique renforce le poids des mots.

Il ne faut rien attendre de plus léger pour conclure l’album. Des Hauts et des Bas , reprise sublime et inattendue de Stephan Eicher, continue sur la même lancée. Enfin, EWB28IF viendra fermer l’album, les orgues  funèbres ayant une allure d’enterrement. Belle métaphore musicale, en guise de dernier morceau.

En bref, Posthume, sur lequel El Worm a plus une place de conteur que de chanteur est une ode au malaise, au conflit et à l’aigreur. Certains pourront même y trouver une certaine dose de douce folie. Bien qu’éprouvant émotionnellement si tant est que l’on soit sensible à ce genre de thème et de sonorités, cet album a su tirer brillamment son épingle du jeu.

Le groupe enregistre actuellement un nouvel album, attendu avec impatience.

Tenta

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