Archives de avril, 2015

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C’est en écoutant le dernier Klone (dont on vous fait la chronique cette semaine) que je vais vous présenter Freaksound. Freaksound, c’est qui ? C’est quoi ? Ça se mange ? Je vais répondre à ses questions lors de la présentation de ce nouveau magazine sur la metalsphere (et non, ça, se mange pas !).

Sorti en mars dernier, Freaksound est un magazine sur la culture rock, métal et indie Frenchie. Uniquement frenchie ? Ouep, ma bonne dame, les petits gars de Freaksound ont visé la scène française dans son intégralité… Boudé par les plus grands mags, il était temps qu’on redore le blason du rock français, parce qu’au final on ne s’arrête pas à Noir Désir ou à Trust. On ne parle pas que de grands groupes connus non plus, place à la jeunesse décadente et à des petits groupes bien sympatoches. Bon ok, pas tout, on parle aussi de Carpenter dans les news, mais Carpenter mec…

Disséquons cette nouvelle bible de la culture rock (j’entends déjà des cris aigus derrière mon crâne venant d’un pseudo film d’horreur).65 pages sobres, avec du texte lisible sans être écrasé en gros pavés, des illustrations tout aussi sobres et discrètes, les infos et les liens des groupes se retrouvent aux premiers coups d’œil. C’est fait pour que le lecteur ne se sente pas écrasé par la masse d’info, mais tu sais ce qu’on dit ? Ne pas juger sur le 90D et regarder si le cerveau est bien en haut (ouais, je l’ai inventé et alors ?), qu’est-ce qu’a Freaksound sous le capot ?

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Le magazine s’ouvre sur 8 pages de news, concrètes, qui vont droit au but, pas le temps de blablater et de s’astiquer le manche. Les news sont là pour donner du sérieux, pas pour te rabâcher 50 fois « faut acheter ce cd, il est trop bien ! ». On poursuit sur de micro-entretiens, c’est la même que pour les news, droit au but, pas de détour, le format me plait et je le piquerais bien comme exemple pour la zine de Rock’in Radio (Quoi ? Chut….). De plus gros entretien à partir de la page 18, on creuse un peu plus, mais on garde la même idée : que le lecteur ne lâche pas l’affaire au bout de deux lignes. Une grosse partie du magazine se constitue d’entretiens, peut être même trop, j’aurais aimé plus de pages sur la culture rock, mais le bon côté c’est que le tout dernier entretien concerne ceux qui se cachent derrière les tournés de concert, les « acteurs de l’ombre » comme le cite Freaksound en parlant de Sounds Like Hell.

En parlant culture musicale, Freaksound fait de la deuxième partie de son magazine une vraie caverne d’Ali Baba. On creuse l’histoire de Blood, Fire, Death de Bathory et le tout premier Black Sabbath, on apprend pas mal de trucs comme l’explosion Black Metal ou l’histoire du guitariste Tony Iommi et sa perte de deux doigts. L’autre dossier culture est un peu glauque, assez surprenant pour une première (tendance death metal chez nos amis de Freaksound ?) puisqu’il concerne les morts de l’histoire du rock, mais attention, celles vraiment crues

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On passe à la troisième partie, avec plusieurs pages sur la pratique musicale et là, gros coup de cœur : On commence avec des conseils sur le choix de matériel, des riffs à deux accords et deux pages « à la manière de… » Avec des riffs bien connus comme ceux de Tool, Rammstein ou encore Rage Against The Machine. Je reprendrais juste une expression de Squid quand elle l’a feuilleté « Mais il n’y a rien pour la basse !!! ».

 

Le dernier dossier que nous réserve Freaksound est surprenant : Le street art. Domaine plus axé sur l’électro et le hip-hop, il fait la part belle avec un article consacré à Goin. On y découvre sa passion de la bombe et sa relation avec la musique rock, le tout se noyant dans le street-art et me crèvant mon futal tellement je suis heureux de voir un art que je pratique et que j’aime enfin mis à l’honneur aux côtés de mon autre passion, la musique.

Les dernières pages concernent la culture de poche, des livres passe-partout bons pour ton cerveau. Ce qui conclut Freaksound. Voilà pour le topo, maintenant mon avis sur la question.

Freaksound, j’ai eu plusieurs conversations avec des gens du milieu, certains n’y croient pas, d’autres ont des réserves. En même temps, c’est normal, premier numéro, l’occasion de tâter le terrain. Je suis du genre à retourner le truc dans tous les sens pour donner mon avis et pour ma part, Freaksound, j’y crois… Pas comme le futur challenger, mais comme l’indie qui fait tranquillement sa place et qui a sa petite communauté, celle de passionnés de la musique, plus intéressés par les chroniques que part le nombre d’albums vendus par le dernier groupe en vogue. Je regrette peut-être un peu sa trop grande sobriété, mais qui semble être plus par timidité que part manque de personnalité.

Freaksound parait tout les deux mois, nous sommes fin avril et le prochain, le N°2 arrive la semaine prochaine. À 5,90€ (le prix d’une pinte), vous avez l’occasion d’aider un petit magazine bien motivé et plein d’idée, en même temps que votre culture musicale et vos gouts. Alors, n’hésitez pas : l’abonnement est à 29,50€ avec deux albums en cadeau pour un an.

À retrouver dans votre marchand de journaux ! Toute l’actu française est chez Freaksound !

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Dans la famille Chevalier, je demande les frangins ! Deux frères qui fondé ensemble le groupe Debasement et c’est de celui-ci qu’on va vous parler aujourd’hui.

Debasement, c’est un groupe de Brutal Death metal qui vient de notre bonne vieille ville de Rouen, composé donc de deux frères (Clément Chevalier – vocals et Thomas Chevalier – guitars). À la base, le groupe se nommait « Naboth ». Plus un death mélodique que du brutal, le groupe n’était qu’un plaisir pour les deux frangins. C’est l’arrivée d’Hugo (drums) et de sa créativité qui commence à changer peu à peu le visage de « Naboth » et qui devient Debasement. Courant 2014, Jules (basse) rejoint le groupe, le line-up est fondé et le style de Debasement devient un bon vieux brutal death des familles !

La ligne directrice du groupe : Debasement souhaite traduire la violence de notre société à travers sa musique extrême. Même le nom a été choisi pour ça, se rapprochant de l’idée de « dépravation » humaine, montrer, pointer du doigt, refuser les atrocités faites par main humaine (autant sur le plan religieux, qu’écologiste, politique et, etc.…). Bref, tu vois déjà l’ambiance, alors tu te prépares à te prendre plein de coups dans ta jolie p’tite gueule d’humain (moi je m’en fous, j’suis un dragonnet !).

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Debasement a déjà un beau palmarès de concerts, et ont notamment joué en première partie de The Walking Dead Orchestra, Otargos, Kause 4 Konflit, Impureza… Les quelques critiques que j’ai pu lire également sont élogieuses… Maintenant voyons voir ça entre mes griffes…

Ce que le dragonnet en pense

Tranchant, voilà comment je pourrais décrire la démo de trois titres que propose Debasement sur son bandcamp. Trois titres aux riffs tranchants comme le couperet d’une guillotine. La compo est lourde, puissante et bien travaillée. J’ai du mal avec la voix qui part dans les aiguës, mais on verra ça plus tard.

La démo s’ouvre sur Save a Child, Fuck a Priest, inutile de t’expliquer la thématique, tu l’auras compris, copain. On part pour un brutal death qui laisse des marques, avec des riffs rapides, une batterie qui ne doit plus sentir son pouls à certains moments et une voix puissante, pas trop écrasée par le ton grave qu’utilise Clément, le chanteur, et c’est plutôt une bonne chose. Le titre part pour quatre minutes de violence verbale qui nous met dans le bain dès l’introduction.

Next I Will Drink your Blood like Beer, encore une fois, je ne te fais pas la traduction. On récupère un deuxième membre en vocal pour notre plus grand plaisir, avec une compo toujours aussi tranchante et bondissante, car j’avais bien envie de me jeter dans un pogo sur les quelques passages bien rapides et violents que nous sort Debasement en 5min. Bon, il y a juste un truc qui pêche, mais vu que je ne suis pas un gros amateur de brutal, ni de death, j’en parle juste en dessous sur le dernier morceau de la démo, Virunga.

Virunga, pour la trad…. Euh… Bref, j’ai dit dans le paragraphe au-dessus qu’un truc me chiffonnait. En fait, je kiffe pas du tout le trip du cochon. Je t’explique, Clément se lâche dans ce dernier morceau en couinant bien fort comme il faut. Je ne vais pas juger, le brutal death, ce n’est pas le coin que je visite le plus souvent dans ma discothèque. Pour le reste, on bouge bien son crâne, la violence du groupe se fait toujours aussi bien ressentir et c’est bon pour tes mickettes !

Tu en veux encore, Biatch ?

Alors, Debasement ? mmh mmh…

Debasement est l’un des jeunes groupes qui représentent l’avenir de la musique extrême de Rouen. Je ne peux pas complètement juger sur trois morceaux, ni sur leurs précédentes critiques, mais par leur volonté de se faire connaitre et le plaisir qu’ils ont à jouer. Je rappelle qu’à la base, le groupe n’était qu’un passe-temps, un hobby…

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C’est le genre de groupe qu’on verra notamment aux Arts bourrins, en mai prochain… Tiens, mais… Debasement est justement sur l’affiche ! Je pense que c’est suffisant comme explication, pour que tu puisses voir, lecteur, que ce groupe en a dans le pantalon et qu’il peut encore aller très loin.

Je ne suis pas un fan de death, c’est pourquoi si, dans un futur pas si lointain, on chope un chroniqueur de Death, on vous refera une chronique bien plus complète, mais je me devais au moins de faire ce premier jet. Debasement est un groupe à découvrir pour les amateurs de brutal et de death, qui n’en sortiront pas totalement entiers, à mon avis.

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Salut à tous et bienvenue sur Rock’in radio !

Ou devrais-je dire, bienvenue sur le premier concours de Rock’in radio ! En effet, nous vous avons organisé un petit quelque chose pour vous ! Rien que pour vous !

Notre partenaire Klonosphere et l’équipe de Rock’in radio s’associent pour vous faire gagner un exemplaire du dernier album de YorblindBlind… But Alive.

Le but est simple, vous avez jusqu’au 1 mai pour répondre à une simple question via les commentaires de cet article. Le gagnant sera ensuite tiré au sort et recontacté par mail pour toutes les infos complémentaires.

Attention, vous êtes prêts ?

QUESTION

Quel est le nom du deuxième titre de l’album Blind… But Alive?

 Attention, il y a un piège ! Lisez bien l’article !

Vous pouvez retrouver la chronique de Blind… But Alive juste ici.

Rendez-vous le 1 mai pour découvrir le gagnant sur notre Facebook !

A l’heure où les genres et les sous genres se multiplient (qui n’a jamais entendu parlé de post-dark-cold-indus-pagan-metal ?), il reste de ces ovnis musicaux que l’on ne se risque pas à vouloir gentiment ranger dans une case. Hear the Chief Moo Downtown fait partis de ceux-là. Klymt nous offre donc un album, sorti chez Postghost, à la croisée de l’Indus, de la Noise, de la Coldwave, le tout saupoudré de quelques touches Electro savamment dosées.

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La première écoute nous laisse plein d’interrogations. Dans un premier temps, on assimile aisément le groupe à My Own Private Alaska, Nine Inch Nails ou encore Pendulum. Puis, on saisit les quelques touches Electro à la Daft Punk et à la Kavinsky. Il nous arrive même d’avoir une pensée pour certaines formations Coldwave telles que Bauhaus, New Order, No Tears ou encore Dead Can Dance. Toujours est-il qu’une fois terminé, Hear the Chief Moo Downtown continue à nous trotter dans la tête, comme une expérience déroutante à laquelle on ne trouverait pas d’explication. Et puis, au fil du temps, les choses deviennent plus limpides : Klymt, à travers ses ambiances saisissantes et entraînantes a su s’imposer comme un groupe à la patte bien particulière sur une scène où il devient de plus en plus difficile de se démarquer.

On commence avec Concrete Mantra. Ce morceau semble très accessible dans un premier temps : un vocodeur sur les couplets, un refrain plus distinct, des guitares pour donner de la substance, des synthétiseurs qui occupent la majorité de l’espace sonore. On appréciera ce contraste entre la voix froide, très mécanique des couplets et celle des refrains, emplie de sentiments tellement humains. La fin du morceau est quant à elle plus agressive, plus tachante. On imagine sans peine cet homme torturé, en proie à lui-même, luttant de toutes ses forces pour sa survie psychique. Impulse se la joue plus pop. Niveau ambiance, on change radicalement. Ici, la voix chantée est plus légère, la ligne de basse et les touches électro plus entraînantes. La petite interlude, massive, donnera tout son intérêt au morceau. Et pour finir cette trilogie, c’est We’ll Find a Use for your Laugh qui régale. En comparaison avec Impulse, les performances vocales semblent plus maîtrisées, la mélodie plus entêtante, plus percutante, mais la recette est globalement la même .

Puis vient l’avalanche de riffs. The Low a presque un petit côté Depeche Mode. Ce titre semble légèrement moins abouti que les autres, nous laisse un peu sur notre faim. Cependant, par effet de contraste perceptif, After Me, The Flood paraît on ne peut plus majestueux. Il s’agit incontestablement de la pièce maîtresse de l’album. Dès les premières secondes, un écho malsain résonne dans la voix (qui pourra nous rappeler Radiohead à certains moments). Celle ligne dissonante nous oppresse, nous fait perdre l’équilibre. On suffoque, on cherche désespérément quelque chose à quoi nous raccrocher. Et la seule chose qui est à notre portée, c’est cette voix dégoulinante de psychose paranoïaque au milieu de ce capharnaüm. Suite à cela, Cactus est salvateur. Niveau ambiance, on passe du coq à l’âme. Ce poids, si lourd sur notre poitrine se dissipe et laisse place à la légèreté de quelques notes de guitare acoustique. Ce qui pourrait n’être qu’un morceau naïf prend de l’ampleur grâce à la voix déchirée, mise au premier plan.

Mother of a Trembling Heart est difficilement descriptible. Il mise sur une structure musicale simple mais efficace. On a, d’un côté, cette voix totalement déshumanisée, et de l’autre, des plages très Rock’n’Roll. On a du mal à saisir le message que Klymt tente de nous faire passer tant le panel d’émotions qui nous est présenté est immense. Il en est de même pour Roads, qui vient fermer l’album. A travers ce morceau, l’ambiance plus Electro et les riffs dissonants ne font plus qu’un, comme pour permettre à l’auditeur de remettre un peu d’ordre dans ce qui vient de s’abattre sur lui.

Hear the Chief Moo Downtown est un album abouti, aux ambiances et à la composition soigneusement travaillées. Certains seront gênés par la technique vocale parfois malhabile, tandis que d’autre trouveront ce petit défaut parfaitement adapté à l’univers de Klymt.

L’album est téléchargeable sur le Bandcamp de Klymt pour la modique somme de 4€.

Décidément, L’Oreille qui Traîne ne cesse de nous offrir des concerts de qualité. Le 16 avril, ce sont Eye Of The Liger (Grunge/Blues), Greyfell (Black Metal/Stoner) et Pneu (« Maths-machin, Noise Truc » venu de Tours, nous dit l’événement) qui étaient à l’honneur.

  • Eye Of The Liger [Grunge/Blues, Yvetôt/Dieppe]

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Quand un groupe est étiqueté « Grunge », je crains toujours de devoir subir une énième pâle copie de Nirvana, pas forcément désagréable, mais sans cette touche d’originalité qui retiendra mon attention. De ce fait, j’ai été d’autant plus surprise par Eye Of The Liger, qui a su tirer son épingle du jeu et se créer une identité musicale qui lui est propre. La formation est déjà atypique en elle-même : un chanteur guitariste, et un batteur choriste. Et, qu’on se le dise, voir un musicien qui arrive à coordonner ses baguettes et sa voix, je trouve ça fascinant. Ce duo vitaminé était donc parfaitement approprié pour introduire la soirée. Leur musique, en parfaite adéquation avec la météo estivale, nous inspire ces soirées adolescentes à faire griller des saucisses dans le jardin familial quand nos parents s’étaient absentés pour le week-end, et les longues heures de routes sous un soleil de plomb, à mourir de chaud entassés à 5 dans une 205 sans climatisation. Bref, de la bonne humeur par paquets de douze !

  • Facebook (allez lire leur bio dans l’onglet « à propos », c’est à mourir de rire)

 

  • Greyfell [Black Metal/Stoner, Rouen]

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Greyfell, que l’on ne présente plus, prend le relais. J’avais entendu parlé d’eux un bon paquet de fois, sans jamais avoir eu l’occasion de les voir. Quoi qu’il en soit, ce concert m’a prouvé qu’ils étaient à la hauteur de leur réputation. D’ailleurs, eux aussi font chanter leur batteur. A croire que c’était le thème de la soirée ! Je jette un œil sur scène : plein de pédales, un appareil bizarroïde qui sert à produire des sons étranges. Ok, de base, ça met direct en confiance. Si tu veux de la musique hybride, qui mélange tout un tas d’influences pour obtenir un cocktail détonnant, en voici en voilà. Ma première impression ? « Je vais faire l’amour à la voix du chanteur » (comprenez par là que le monsieur a une voix qui a tout de suite parlé à mon petit cœur). Autour de cette voix, il y une ambiance musicale complexe et travaillée, un jeu propre et calé (même quand le groupe affirme ne pas maîtriser un morceau, on a juste droit à quelques pains réglementaires). Là où ça pêche peut-être un peu, c’est au niveau de l’émotion transmise au public. Bien que la musique de Greyfell ait l’air de se prêter aux voyages de l’âme [edit : toute ressemblance entre cette phrase et un certain album bien connu d’Alcest n’est que pure coïncidence], elle ne m’a pas atteinte outre mesure sur ce plan. Mais ça n’empêche pas d’apprécier, loin de là.

  • Pneu [Maths-machin/Noise truc, Tour]

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Et le clou du spectacle, tout droit venu de Tours pour nous faire perdre notre latin, j’ai nommé Pneu ! Laissez moi vous faire un bref résumé : « Hier soir, je suis allée à un concert à L’Oreille qui Traîne. Il y avait un groupe de Math-Rock. Les mecs, ils ont pris tout leur matos, ils se sont installés au milieu du public, et là, c’était la folie ». Jouer sur scène ? TOO MAINSTREAM. Des morceaux structurés ? TOO MAINSTREAM. Du chant et une basse ? TOO MAINSTREAM AGAIN. J’aimerais tellement vous transmettre mes souvenirs de la foule, agglutinée autour des deux musiciens martyrisant leurs instruments, s’agitant comme atteinte d’une crise d’épilepsie qui se serait propagée telle un virus destructeur, au rythme des mélodies décousues qui dégoulinaient des amplis. Bien que relativement familière à ce genre musical, je n’avais jamais osé imaginer vivre une telle expérience de live. Si jamais tu as l’occasion de les voir, n’hésite pas une seconde. C’est une expérience hors du commun, susceptible de plaire à tous.

Je le répète un fois de plus mais, si tu aime rouler ta bosse en concert et découvrir des groupes venus d’horizons différents, viens faire un tour à l’Oreille. C’est la garantie de ne pas être déçu.

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Quand j’ai commencé a écouter Soundcrawler, je me suis dit que c’était un son qui aurait parfaitement sa place dans un univers comme Fallout… Un monde post-apocalyptique, avec comme bande-son la musique lourde, grasse et aux accents atmosphériques de Soundcrawler, qui rendrait presque poétiques les bâtiments en ruine, la nature sauvage et la vie de maraudeur d’un tel univers…

Alors quand j’ai commencé à lire le press-book, je n’étais pas loin… Soundcrawler est un métal proche du stoner et du grunge, dont les cordes de guitares grippent sur le sable chaud et où la batterie est recouverte d’un fin voile de poussière. Avant d’être un groupe, Soundcrawler est une histoire qui se déroule dans un univers aride, ou chaque morceau forme le chapitre d’une grande histoire, celle du « Sandcrawler ». J’enfile ma tenue de survie, prends ma gourde et ma carte avant de parcourir les étendues désertiques de Soundcrawler pour faire faire découvrir ce groupe et son second album, The Dead-end Host.

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Soundcrawler est né en 2011 de Remy Pocquet (au chant) et de Clément Revieriego (Guitariste et compositeur). En 2012, le premier album montre le bout de son nez et laisse du sable partout, voilà Sandcrawler, contant l’histoire du protagoniste errant dans un désert aride et allant à la rencontre d’une entité au nom éponyme de l’album. D’abord acoustique, le groupe grandit avec l’arrivée de Paul, Firouze et Robin, rendant la chose beaucoup plus dynamique et ils feront la première partie de The Nothing.

En 2014, le groupe enregistre The Dead-end Host, qui clôture l’aventure du Sandcrawler. Guillaume Bernard (compositeur dans Klone) ajoute sa touche avec la prod’ des voix et quelques arrangements (et bordel, ça s’entend !). La galette sort du four, on croque dedans… Alors, un goût de sable ?

 

Ce qu’en pense le dragonnet

Il existe le stoner qui te fait décoller, aller loin dans ta tête et qui te fait passer le temps, un peu comme Brain Pyramid ou The Fur. Puis, il y a le stoner de Soundcrawler, qui part chacun de ses riffs, et construit tout un univers. Chacun des morceaux qui composent The Dead-end Host forme son histoire à part entière grâce à une compo étonnement intelligente, fluide et variée. Loin de la forme d’un stoner/grunge qui se répète une fois sur deux, Soundcrawler à su foutre en neuf morceaux assez d’influences et de tons pour offrir l’un des albums avec l’une des personnalités les plus travaillées que j’ai pu voir depuis que j’ai lancé Rock’in radio.

Raiders s’ouvre et comme je l’avais pressenti, on peut déjà sentir le sable chaud tanner la peau de notre voyageur. Les riffs sont lourds et gras, la batterie l’accompagne par à-coups, la voix semble lointaine, nous faisant profiter d’un écho plus que bienvenu dans la compo et fait très penser à un narrateur omniscient. Bref, on a la couleur de l’album dès le premier morceau, on sait où ça veut aller et dès que Raiders se termine d’un coup, sans prévenir, on passe à la suivante avec plus d’intérêt et de curiosité.

Burning Scales quitte l’ambiance « introductive » du premier morceau pour une autre, qui laisse la batterie, la basse et la guitare ouvrir sur quelque chose de plus sale et de plus violent. On a le droit à plusieurs longs moments de solo, comme si le narrateur de cette longue histoire était en train d’admirer un paysage dévasté. On assiste aussi à quelques moments de calme dans la compo du morceau. Le morceau coupe tout aussi sèchement pour laisser place à A God to Feed.

Quand je vous dis que Soundcrawler a vraiment du génie et de la personnalité dans la composition de son album, ce n’est pas pour rien. Le troisième morceau de l’album est rapide, en dents de scie, et commence violemment sans attendre une quelconque intro avant un passage de calme d’une trentaine de secondes avant de reprendre sa course folle. Jusque là, aucun ennui, aucun temps mort…

Long Coma Slow me fait penser à l’un de ses bars à la lumière tamisée, aux fauteuils en cuir et aux planchers de bois craquant sous tes pas. On change de registre pour une ballade, avec une guitare aux sons toujours aussi gras et à la voix toujours aussi pénétrante. Un morceau « passerelle » vers Souls from the Trash.

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Cette fois, tu veux du son gras, tu ne seras pas déçu, la guitare prend toute la place, occultant la voix. Ce n’est qu’au milieu du morceau qu’on reprend notre respiration avec un son beaucoup plus libre, moins saturé, pour retomber dedans. Autant Long Coma Slow nous bordait quelque peu, autant Souls from the Trash essaye de nous noyer sous ses riffs aussi brutaux que lourds. La dernière minute va de plus en plus vite, comme si on se retrouver étouffé, qu’un besoin d’air se faisait de plus en plus sentir.

The Plastic Truth sonne comme le glas de l’album. Ce n’est pas l’un des meilleurs morceaux, mais il a un je-ne-sais-quoi qui te fera comprendre que le narrateur est devant l’un des tournants de son existence. Après, Civil avec son petit côté électro, un peu cuivré et résonnant, nous donne encore une fois cette impression de fin qui approche, sans pour autant que l’album s’essouffle.

Infinite Genocide change la donne. Civil était un morceau quelque peu calme, Infinite Genocide s’excite et rend celui-ci nerveux, alors que la voix reste calme, la fracture rendra ce passage tout aussi bon, avec toujours cette impression de ne pas s’ennuyer de tout l’album.

And All the Seconds Left est une ballade instrumentale qui termine l’album sur une touche de calme atmosphérique, qui nous force à jeter un regard en arrière sur les huit autres morceaux et qui nous pose la question : est-ce la fin du Sandcrawler ? Vraiment ? Alors on appuie sur « Restart » et on relance l’album une nouvelle fois…

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Un long chemin à travers les sables…

J’ai mis du temps à chroniquer cet album, que j’ai eu bien avant sa sortie en février (20/02). J’ai tourné et retourné la galette un nombre incalculable de fois dans mon mp3, sur l’ordi alors que j’écrivais la chronique ou après une journée de taff sur la chaine hi-fi… Je vous avoue que j’ai eu du mal à écrire cette chronique, car je cherchais quelques points noirs, mais non… Rien, j’étais simplement absorbé par Soundcrawler, qui est (et ce n’est que mon avis encore une fois) une surprise de taille dans la metalsphere, à écouter au moins une fois.

On aime ou on n’aime pas, chacun son choix, pour ma part Soundcrawler est l’un des meilleurs albums Stoner/Grunge du premier trimestre 2015. Puissant, inventif, varié… Quelques mots pour le désigner… Je l’encense depuis le début de cette chronique, mais The Dead-end Host, album concept, un l’un des mes plus gros coups de cœur depuis 2 ans de Rock’in radio !

En attendant, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur leur Facebook et sur leurs dates de concert… Si vous avez du sable dans les chaussures, ce n’est pas une coïncidence !

 

Des liens, plein de liens

TOBOGGAN est un groupe de Post-Hardcore rouennais formé fin 2013 par d’anciens membres de Venosa, Juggernaut, The Birds End et de Cavalry. En janvier 2015, le groupe sort son premier EP composé de trois titres, sobrement appelé TBGN.

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C’est dans une jolie pochette carton que TOBOGGAN nous livre son EP. Si vous les avez aimé en live, vous les aimerez aussi en version studio. En effet, que ce soit sur scène ou sur CD, le groupe ne néglige pas ses principaux atouts, à savoir une bonne dose d’énergie sur fond de Post-Hardcore qui parlera aussi bien aux amateurs de musique énervée qu’aux cœurs plus tendres.

Prayers of Dust, le premier morceau, ne nous ménage pas. C’est un raz-de-marée sonore qui s’abat. Des riffs énergiques, une voix puissante, sans pour autant que le travail de composition ne soit négligé. Ce titre est un avertissement : TOBOGGAN a plusieurs corde à son arc, et n’hésitera pas à en abuser, pour notre plus grand plaisir.

There’s a Storm Coming parlera immédiatement aux amateurs de Post-Rock à l’instrumentation travaillée. C’est sur un orage que le morceau débute, comme pour annoncer ce qui suivra. Cette mélodie lancinante, saisissante, est à peine troublée par l’intervention du chanteur. Bien au contraire : celle-ci ne fait que renforcer l’impression d’être à la merci du flot d’émotions qui se déverse dans nos canaux auditifs. Et puis les choses s’accélèrent, sans pour autant briser cette spirale infernale dans laquelle le groupe nous a entraîné, sans nous demander notre avis. On lâche prise, et on se vautre sans la moindre gêne dans ce que TOBOGGAN nous offre. Bref, un petit bijou.

La voix durant la première minute de Black Screen / Sleepless Night donnerait presque un petit air de Post-Punk au morceau… du moins, jusqu’à ce que les choses sérieuses reprennent. Voilà une parfaite illustration du rentre-dedans sur fond de mélancolie. On aimerait pouvoir s’abandonner à la rage qui dégouline de toute part, mais quelque chose de plus insidieux fait rempart, nous clouant au sol. C’est avec une fascination malsaine que l’on savoure l’ambivalence de ce morceau.

Pour un premier EP, TOBOGGAN place la barre très haut ! Rien ne semble avoir été mis de côté, que ce soit sur le plan des compositions, de la technique, ou de la qualité du son. De même, l’ordonnancement des morceaux et leur complémentarité nous donne un large aperçu du potentiel du groupe. On regrettera peut-être le fait que ces treize minutes passent très très vite. On espère en tout cas les retrouver prochainement pour quelque chose de tout aussi prometteur.

N’hésitez pas à télécharger et partager. TBGN est en téléchargement à prix libre sur le Bandcamp du groupe. Soutenez la scène underground, faites un don !