Archives de juin, 2015

Prof de musique très cher à Tenta qui l’a rencontré au lycée, Christophe Queruel fait des soirées de reprises rock qui fleurent bon les 70s. Vendredi 12 juin, il était justement au Café Noir à Rouen, où il a joué de 19h à 23h tout seul avec son instru, sa voix et sa guitare. Avant de faire notre livereport de la soirée, on lui a posé quelques questions.

 

Cristophe Queruel, chanteur, guitariste, homme de multiples talents… Pour commencer un peu large, expliquez-nous ce que vous faites.

L’idée m’est venue par une accumulation de frustrations, parce que j’en avais marre de monter des groupes qui se défaisaient pour x ou y raison. Un jour, en 2008-2009, je faisais des exercices de guitare chez moi avec des mp3 instrumentaux qu’on trouve gratuitement en ligne pour s’entraîner, et j’ai vu aussi d’autres choses, par exemple sur youtube on trouve pas mal de karaokés… Et tout d’un coup les 2 idées se sont télescopées, ça m’a rappelé un lointain souvenir d’un mec que j’ai vu en Grande Bretagne quand j’étais assistant en 1989, qui s’accompagnait d’une machine et jouait et chantait de la guitare en même temps. C’était en 1989, tu feras le calcul toi-même, c’était à Birmingham, et ce mec-là m’a complètement scotché quoi. Et tout d’un coup en pensant à ça, je me suis demandé « pourquoi je ferais pas la même chose ? ». Depuis je ne suis jamais revenu en arrière, et pour moi c’est terminé le problème des groupes. La seule chose qui puisse ne pas marcher, c’est l’ordinateur, et les instruments évidemment.

 

Lors de ces soirées, vous faites des reprises de grands tubes rock. Est-ce qu’il vous arrive quand même de composer à côté ?

Alors en fait, j’ai composé quelques chansons par le passé. Même y’a très longtemps, plus de 25 ans, j’ai réalisé une paire d’albums solo, qui sont bien cachés chez moi. Mais en fait, j’ai un petit peu renoncé aux compositions personnelles, parce que je me dis, certainement à tort, que les gens quand ils viennent dans un établissement, c’est pour s’amuser, boire, et entendre de la musique qu’ils connaissent. Si c’est des choses pas du tout connues, ça risque de les rebuter, et généralement quand la musique plaît pas, la clientèle s’en va, et ça, ça plaît pas au patron. C’est bassement mercantile ce que je dis, mais voilà. Sinon, pour moi personnellement, pas mal de monde m’a déjà demandé si je peux réécrire des morceaux, écrire des chansons. J’en ai déjà fait plein en anglais, quelques unes en français, j’en ai des tonnes mais j’ai arrêté tout simplement. Avec les progrès de la technologie, j’aimerais avoir du matériel suffisamment performant, avec des logiciels comme Pro Tools, qui permettent de composer, d’enregistrer chez soi, tranquillement, sans avoir la pression d’un producteur, d’un ingénieur du son, d’un directeur artistique, d’une maison de disques, etc. Je veux être totalement indépendant et responsable de tout ce que je vais faire.

 

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Vous êtes un amoureux du rock. D’où vient cette passion ?

Déjà, mes parents écoutaient de la chanson française, mais ils avaient aussi un peu un œil sur la scène anglaise de l’époque, et je me rappelle que parmi leurs albums, ils avaient Dark Side of the Moon de Pink Floyd. C’est un album que j’ai écouté quand j’avais 9-10 ans. Y’avait aussi les Rolling Stones, mais je m’y suis mis un peu plus tard, je pensais que c’était un peu de la musique de vieux. Je réagissais avec une mentalité de gamin quoi. Mais au début des années 80, le gros choc, le truc qui a tout changé d’une seconde à l’autre, c’est quand The Police a sorti Message in a Bottle, et l’introduction de cette chanson, ce son de guitare, je me suis dis « oulah, y’a un truc là, qu’est ce que c’est, qu’est-ce qu’il se passe ? », et en fait je suis immédiatement devenu un grand fan de Police. Dans la foulée, ils ont eu tout un tas de tubes, Walking on the Moon, Roxanne, qui a eu une deuxième vie, Don’t Stand So Close to Me, je me suis dit « woh purée, la musique c’est génial ! ». Et de fait, presque spontanément, qu’est-ce que j’ai eu pour Noël ? Je m’en souviens très bien, c’était en 1980, j’avais 13 ans, mes parents m’ont offert Highway to Hell et High Voltage de AC/DC. Je me souviens très bien : j’ai posé le vinyle de Highway to Hell sur ma platine, je l’ai écouté, et c’est la première fois de ma vie que dès que la chanson était terminée, je l’ai remise 5 ou 6 fois d’affilée. Première fois de ma vie que j’ai fait ça. Je suis devenu un grand fan d’AC/DC, j’ai essayé de récupérer tous les albums, et après je me suis mis au métal. Iron Maiden, Judas Priest, Def Leppard, plein de saxons, de groupes comme ça. Mais j’avais toujours aussi ce côté un peu pop. Pink Floyd j’ai toujours adoré aussi, Police, Dire Straits je m’y suis mis aussi, Genesis qui était énorme à l’époque. Au lycée on s’échangeait pas mal de vinyles à la récré, maintenant les élèves s’échangent autre chose.

Ça nous amène directement à 1985-1986, quand je suis arrivé à Rouen pour faire des études d’anglais. J’ai eu la chance, le privilège que mes parents me payent des cours de guitare. J’ai eu un excellent prof de guitare, qui faisait du jazz, je lui ai dit « voilà, ce que je voudrais faire c’est du Deep Purple, du Maiden, du AC/DC », et il a su tout de suite quoi faire de moi. Il m’a appris les bases de ce style de musique, le blues. La première fois que j’ai appris les gammes de blues, les plans, j’ai écouté la musique autant en temps que musicien qu’en temps que mélomane. Je me suis rendu compte que beaucoup de mes idoles utilisaient ces règles-là, ces outils-là, j’ai pas le choix, si je veux jouer comme ça je vais devoir apprendre par cœur. Après il m’a montré d’autres choses, puis encore d’autres choses, forcément il a de très grandes connaissances en tant que jazzman. A partir de là, suite à cette étincelle avec Police en 1979, ça a été un raz-de-marée au point d’en définir même ma propre personnalité. J’ai découvert et continué à apprendre apprendre apprendre, je me suis éloigné du métal, j’ai découvert le jazz, la musique indienne, où il y avait plein d’improvisations étranges, je me disais « mais qu’est-ce qu’ils foutent ? ». Je comprenais rien au début, mais finalement, c’était génial.

J’ai pris des cours pendant 2 ans et demi et arrêté parce que l’école a fermé. De 1989 jusqu’à aujourd’hui, j’ai appris tout le reste, en écoutant, lisant des tas de choses pendant des centaines d’heures, en pratiquant l’instrument pendant des centaines d’heures. J’ai toujours un amour pour cette musique là. Alors oui j’aime le rock, mais on y retrouve du blues, on y retrouve de la pop, c’est le rock au sens large du terme. Ça peut être heavy, comme très calme, comme planant… Toutes ces nuances-là, je pense qu’elles viennent des années 70, on les retrouve moins maintenant. Même si je connais, comme tout le monde, les tubes de Nirvana ou de Radiohead ou de Muse, même si c’est bien, je trouve pas cette espèce d’éclectisme qu’il y avait. J’aime une musique qui illustre une époque où j’étais qu’un gamin. C’est étonnant de me dire que c’est cette période-là qui me plaît le plus.

 

C’est vrai qu’aujourd’hui, tout ce qui va être plus rock/métal, c’est beaucoup plus underground, et peut-être moins accessible au grand public… ?

Non, je pense pas. Je pense que ce soit du métal, de l’underground… Je pense qu’au contraire il y en a trop. Il y a trop de tout. Il y a 10.000 candidats pour prendre ta place, tout le monde peut faire de la musique chez soi et faire son petit CD. Du coup, le public, qui est parfois aussi le musicien, ne sait plus où donner de l’oreille et je pense que le cerveau est limité pour encaisser tout ça. Parfois il arrive qu’on présente un groupe, qui est génial, et je regarde l’année de parution, « ça a déjà 10 ans, je connaissais pas… ». Il y a beaucoup, beaucoup de groupes comme ça, c’est vachement difficile de percer maintenant tellement il y a de gens qui font de la musique. Regardez ce qu’on vous propose dans les bacs à la Fnac ou en ligne. Il y a beaucoup trop de groupes, de produits, c’est décourageant. J’ai toujours eu l’impression d’avoir attrapé la queue d’une comète. J’ai eu du pot, j’ai juste touché la fin.

Exclu photo : Squid et les chevilles de Tenta

Exclu photo : de la vraie guitare jouée derrière la tête, Squid et la cheville de Tenta

 

Vous avez prouvé maintes et maintes de fois que vous êtes un très bon guitariste qui aime faire le show, comment le public reçoit ça ?

Faire le show… A cause de mon opulence, je peux pas bondir non plus, ou je ferais des dégâts…

C’est quand même pas souvent qu’on voit jouer de la guitare avec les dents !

Oh, je le fais très mal. Et puis faut dé-diaboliser ça en fait, c’est la langue qu’on utilise. C’est vrai, c’est un muscle, et c’est très sensuel quelque part, mais c’est vrai. Jouer derrière la tête comme Jimi Hendrix par contre, c’est facile quand vous connaissez par cœur vos gammes et vos accords, c’est dans la tête et pas dans le manche.

 

Pour faire plaisir au grand Patron, le mot de la fin ?

Bah le mot de la fin : fin.

 

 

Retrouvez prochainement l’interview en intégrale sur notre soundcloud et le livereport de la soirée ici-même!

Merci à M. Queruel pour nous avoir accorder cette interview et pour cette soirée, même si on lui en veut presque un peu pour Comfortably Numb, parce que c’est pas gentil d’émouvoir des jeunes filles comme ça sans prévenir.

 

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ITW – TOBOGGAN

Publié: 11 juin 2015 par Squideleiev dans Interviews
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Après moult obstacles et décalages, nous avons enfin pu obtenir une interview de TOBOGGAN, dont on vous a déjà parlé ici, , et dont on a chroniqué l’EP.  C’est donc au 3 Pièces avec des bières et le bruit d’une répèt’ en sourdine que nous avons pu leur poser nos questions sur leur musique, confirmer la supériorité d’attractivité des bassistes sur les guitaristes et voyager à Saint-Dizier. Et parler de leur musique, aussi.

 

Présentez-vous et racontez-nous la genèse du groupe.

Grégory : Donc y’a Romain à la guitare, Thomas à la batterie, et Nico le bassiste qui n’est pas là.
Romain : De toute façon il est bassiste, donc il sert pas à grand chose. Thomas et moi, on faisait déjà de la musique ensemble dans Juggernaut depuis une dizaine d’années. Puis nos chemins se sont un peu séparés, on a fait nos études à des endroits différents, il est parti voyager, moi aussi… Puis à mon retour à Rouen j’ai rencontré Grégory, et rapidement, l’alcool aidant, on s’est dit « vas-y mec, on fait un groupe ! »
Grégory : C’est vrai que c’était pendant une soirée très arrosée, on s’est dit « arghgblblb on va faire d’la m’sique ».

Toutes les grandes histoires commencent comme ça.

Romain : On avait testé le picon-Leffe…
Grégory : Ouais c’était du picon-Leffe, et du coup on s’est retrouvés à faire TOBOGGAN quoi. C’aurait pu être autre chose mais on a testé le picon-Leffe, on a décidé de faire de la musique ensemble. Il disait qu’il faisait de la musique avec Thomas, un peu en passe-temps…
Romain : Guitare-batterie, du coup ça manquait un peu de profondeur.
Grégory : Il cherchait des lascars pour compléter la formation, donc on s’est mis à répéter tous les 3, à mettre les prémices de TOBOGGAN en route et ça s’est plutôt bien passé. On a pris ça un peu plus au sérieux, on a commencé à chercher un bassiste. Le line-up officiel date de décembre 2013, avec Nico qui joue aussi dans The Birds End et Venosa. On a fait notre premier concert y’a presque un an, c’était le 11 juillet 2014 ici au 3 Pièces, avec Ruines et Greyfell.

 

Pour les gros vilains qui ne nous lisent pas, vous pouvez nous expliquer un peu votre musique ?

Grégory : C’est un peu difficile à expliquer, on dit souvent qu’on fait du post-hardcore, une étiquette un peu fourre-tout très pratique.
Thomas : On fait de la musique progressive, globalement. On se donne pas trop de limites ou de direction donc ça sort un peu comme ça vient, ce sera peut-être plus sur le long terme qu’on pourra dégager quelque chose.
Romain : Aujourd’hui le processus de composition est très très spontané, sans limites de style ni de barrière, c’est à l’inspiration.
Grégory : Je précise que à l’inspiration, c’est pas un mec qui s’appelle Alain Spiration. On a pas mal d’influences, certaines communes, donc on se met pas de barrières, on se dit pas qu’on doit faire un truc toujours de la même couleur, des trucs qui se ressemblent. C’est vrai qu’on a des morceaux un peu plus aériens et d’autres plus pêchus, rock’n’roll, mais tant qu’on se fait plaisir et qu’on est contents de ce qu’on joue… On se fait déjà chier à payer les répèts, on va pas en plus se faire chier à faire des sons qui nous emmerdent !

 

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En parlant d’inspiration, quelles sont vos influences majeures ?

Grégory : Catharsis en est une, un vieux groupe ricain, années 90, qui nous inspire pas mal. Pas mal de groupes des années 90 en fait, Will Haven…
Romain : Zegota, du label CrimethInc…
Grégory : Après y’a pas mal de trucs différents, y’a Converge qui peut aussi être une influence, même si notre son ressemble pas à Converge. C’est des groupes qu’on écoute donc indirectement ça nous influence quelque part. Cult of Luna… franchement, y’a énormément, énormément de choses… The Spectacle… Cortez aussi, avec qui on a joué y’a pas longtemps, et KEN Mode également. En fait tous les gros trucs, tous les gens qu’on a pu rencontré dans la vie, ça nous influence. On prend beaucoup beaucoup des gens, on est très altruistes. (à imaginer façon petits cœurs et maison dans la prairie)

 

En parlant de gens que vous avez rencontré et de tournée, comment ça se passe pour jouer au 106 Expérience ?

Grégory : Bah nous pour nous avoir, c’est 2000 balles. Non en fait, on répète au 106, donc on connaît un peu les gens là-bas, et leur truc aussi c’est de promouvoir la scène locale et les musiques actuelles. C’est le 42° (42° édition) je crois quand on a joué, ils en font à peu près un par mois, donc évidemment au bout d’un moment ils ont fini l’alphabet ils sont arrivés sur les T.
Romain : Répéter au 106, ça aide beaucoup. A force de voir ta gueule toutes les semaines…
Grégory : En même temps ils ont fait jouer un groupe du Havre, The Fourth Is Bearded, qui a peut-être une notoriété déjà… au Havre hein, au Havre… Coucou aux gens du Havre !

 

Du coup, partager la scène avec des groupes comme KEN Mode ou participer au 106 Expérience, ça ouvre des portes ?

Romain : C’était il y a 2 mois, donc savoir s’il y a vraiment un impact, sur les dates qu’on va après…
Grégory : Après je pense que niveau promotion, visibilité, c’est toujours cool, les gens vont voir. Après le 106 Expérience c’est gratuit, mais y’avait pas loin de 300 personnes, KEN Mode et Cortez c’était un peu plus de 150… Même si je pense que c’est plus KEN Mode et Cortez qui ramènent les gens, c’est cool. C’est cool aussi de jouer avec des groupes qu’on écoute, KEN Mode on écoute tous les 3, y’a 2 ans on a été les voir en concert à Paris, on s’est fait chié à y aller et à payer les places, et 2 ans après on joue avec eux, on passe la soirée avec eux, ils ont dormi chez Thomas… C’est vrai que c’est assez marrant de vivre ce genre d’expérience. Si ça a des retombées, médiatiques, professionnelles ou culturelles, j’en sais rien…
Romain : Hey t’as pas vu, t’es dans le dernier Voici !
Thomas : C’est vrai que ça change de jouer dans ce genre de salles, moi je vois la différence avec la batterie… C’est pas le même ressenti, ou le même rendu, c’est plus une histoire d’expérience que de potentiel médiatique.
Grégory : C’est vraiment aussi le truc de nous conforter, de jouer avec des groupes qu’on aime, moi j’écoute énormément Cortez, on a été voir KEN Mode, c’est hyper cool de jouer avec eux. Surtout que les gars de KEN Mode ont vu notre show, ils nous en ont parlé après, donc c’est toujours cool d’avoir ce genre de rendu. Est-ce qu’on gagne en visibilité ou quoi, je pense que oui indirectement, mais c’est pas forcément ça qu’on cherche. Nous on est des artistes underground de toute façon, la lumière nous intéresse pas ! (rires)

 

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Vous tournez beaucoup ces derniers temps.

Grégory : Ouais, Shanghai, Tokyo… Saint-Dizier… On vous conseille à tous d’y aller parce que c’était vachement bien.
Thomas : C’est pire que Le Havre.
Grégory : C’est même pire que Fécamp. On essaye de s’exporter le plus possible.
Romain : Là depuis le premier concert, on est à 12 concerts, donc c’est pas mal.
Grégory : Prochainement, on va jouer à Dijon dans 10 jours, et on ramènera de la mayonnaise et du ketchup, et on joue au mois de juillet à Nantes. On essaye de bouger un peu de la Normandie.
Romain : A Rouen, on a joué là où il fallait.
Grégory : Oui, on a joué ici au 3 Pièces, à l’Emporium, à l’Oreille Qui Traîne, au 106. Faudrait qu’on joue au Khalif aussi un jour. Faudrait qu’on fasse une tournée rouennaise ! C’est cool l’expérience de tournée en camion, ou en Kangoo, surtout en Kangoo, et passer des weekends à jouer 2-3 dates d’affilée, à rencontrer d’autres groupes… C’est pour ça qu’on fait de la musique, passer des weekends à s’éclater, à prendre une bonne cuite, rater le concert du lendemain… Non, je déconne. On a jamais trashé une chambre d’hôtel parce qu’on nous a jamais payé l’hôtel. Ceci dit on préfère dormir chez l’habitant, rencontrer l’autochtone, découvrir leurs cultures, comment ils parlent, les expressions, c’est beaucoup mieux.

 

Pouvez-vous nous parler de votre EP ?

Thomas : On l’a enregistré chez Marco.
Grégory : Ouais, chez Marco, à Ragnarok Studio, près de Rouen.
Romain : C’était vraiment un mini-EP, y’a que 3 titres, l’objectif c’était surtout de faire une démo plus qu’un EP. D’avoir un moyen de démarcher auprès de lieux où nous produire. On a fait ça relativement rapidement.
Grégory : En un gros weekend c’était fini, on a enregistré en prise live à part le chant. Comme disait Romain, l’objectif c’était d’avoir un truc assez vite, même si on a pas pris ça non plus à la légère. On est un groupe de musique, donc avoir de la musique à proposer c’est plutôt cool. Beaucoup de groupes proposent des photos et des t-shirts, nous on préfère proposer de la musique… Wah comment je balance ! A la base c’était pas prévu du tout de faire un CD, on voulait proposer sur bandcamp et sur facebook, et en fin de compte on était assez content d’avoir un objet physique parce qu’on est des vieux, on a plus de 30 ans, le numérique ça nous fait chier. On a fait les pressages nous-mêmes, la pochette nous-mêmes, qu’on a coupé et collé avec nos petits doigts… Tout nous-mêmes ! On a ressenti un peu ce que ressentent les chinois qui fabriquent des ballons de foot à ce moment-là. On vend le CD à prix libre aux concerts et ça s’est pas mal écoulé donc c’est assez cool. Faut en refaire d’ailleurs.

 

Vous avez déjà eu des retours ?

Grégory : Oui sur scène une fois, on a eu des retours. Moi j’entendais mieux la guitare. On a eu quelques retours mais pas énormes non plus. On en a eu avant d’enregistrer l’EP, mais sinon vous êtes les seuls à avoir chroniquer l’EP. Vous êtes nos seuls fans. C’est pour ça qu’on est là ce soir !

 

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Un projet d’album ?

Grégory : On envisage sérieusement, ce serait bien qu’on fasse l’enregistrement avant fin 2015. On a déjà quelques morceaux sur le feu, qui sont finis et qu’on joue déjà, d’autres qu’on est en train de composer. C’est vraiment le gros projet. Ce qu’on aimerait sortir c’est un vinyle, vraiment faire un bel objet. On essaye de se rembourser des défraiements, de mettre de côté, on autofinancera… Y’a un label très connu, Emergence, qui nous a déjà proposé un coup de main, Terrain Vague l’asso qu’on a fondé ensemble, qui a déjà participé à la sortie de l’album d’Elephants ou du vinyle de Greyfell… D’ici fin 2015 début 2016, on espère avoir enregistré 7-8 titres pour sortir un truc beaucoup plus costaud.

 

Le plus important : faire de la musique, ça permet de serrer des meufs. Est-ce qu’on vous a déjà lancé des petites culottes ?

Grégory : Non, pas contre on nous envoie des gaines et des caleçons ! Et des couches. Non mais moi, j’ai pas besoin de la musique pour baiser finalement, j’ai un physique, donc ça marche sans ça. Je fais pas de guitare, donc je sais pas.

 

Les vraies meufs préfèrent les bassistes de toute façon…

Grégory : Bah notre bassiste c’est le seul qui est casé.
Romain : Sinon moi je fais de la basse dans Cavalry…
Grégory : Est-ce que la musique ça fait baiser… Je baisais déjà avant de faire de la musique, ça fait pas qu’un an et demi que je baise ! Mais la musique adoucit les meufs.

 

Le dernier mot de la fin ?

Grégory : Le dauphin ! J’voudrais remercier mes parents sans qui on serait pas là ce soir… Mon père était musicien. Il était triangle dans Bon Jovi… En même temps à l’école on nous apprend la flûte à bec, comment tu voulais que je sois musicien ! Du coup je suis chanteur. Enfin chanteur dans un groupe de hardcore c’est un bien grand mot… Un gros mot à la limite.
Thomas : Au plaisir de vous revoir pendant les concerts !
Grégory : Merci à Rock’in Radio, nos seuls fans, qui nous ont chroniqué et qui ont voulu une interview. Je vous promets que quand on sera à Fréquenstar avec Laurent Boyer, on se souviendra de vous.

 

Merci TOBOGGAN pour cette interview qu’on aura ENFIN réussi à faire.

Retrouve l’interview en intégralité ICI : plus de 20 minutes de grand n’importe quoi avec plein de blagues nulles, mais rigolotes, et du bitchage.

 

Retrouvez TOBOGGAN :