Archives de août, 2015

MISERY - LOGO CIRCLE - RVB

Cette semaine, je tiens à vous présenter un coup de cœur… C’est un groupe qui a pris contact avec nous il y a quelques mois et je n’ai eu la possibilité d’écouter ce qu’ils font que récemment. Dire que j’ai aimé est un euphémisme… Bon, je ne vous promets pas la lune non plus, ça ne sera pas le groupe qui vous fera bondir de votre chaise et vous faire faire des hélicos-bites, d’autres n’aimeront pas et d’autres resteront sur leurs blacks/death/hardcore/post… etc… tout en l’écoutant une fois et en passant à autre chose. Bref, c’est un groupe qui pourrait voir son EP rester six mois sur mon mp3 et je tenais à le signaler vu la rareté de la chose… Mais aussi grâce à la technicité de leur musique, l’ambiance qui s’en dégage et ce renouvellement constant dans leurs compos.

Je vous présente Misery, mon coup de cœur du second trimestre !

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Misery commence son aventure en 2012 sous l’impulsion de Greg Lorenc (ex-Guts Syndicate), compositeur et guitariste du groupe, s’en suit l’arrivée de Smus (Ex-Purify) au chant, de Romain alias « MachineGun » (ex-Our last Murder) à la batterie, de Thibault (Ex-Médius) et de Yohan (Ex-Ephedryne) à la guitare. Le groupe nous vient du Nord-Pas-de-Calais et nous offre un modern-metal entre Djent et Metal, tantôt mélodique, tantôt écrasant, dévoilant une personnalité proche d’Architects, Moth to Flames, Northlane ou encore Red.

MISERY 1

En aout 2014, le groupe sort sa première vidéo We Will Be Brave (que vous pouvez voir juste en dessous) et en février 2015, le groupe signe son premier contrat de distribution mondiale avec le label M & O Music pour deux ans. Pas d’EP en vue avant avril 2015 sous le nom de la même vidéo We Will Be Brave.

Du coup, que vaut cet EP qui mérite mon coup de cœur ? C’est ce que je vous invite à découvrir.

 

Ce que le dragonnet en pense

 

Lors de ma première écoute, Misery m’a franchement fait penser au groupe Red avec qui il partage beaucoup de points communs en commençant par son ambiance. S’il y a bien quelque chose qui sort de ce groupe, c’est cette ambiance particulière. Une ambiance qui suit l’EP tout du long et qui en donne toute sa particularité. Sombre, avec quelques rayons de lumière qui sortent par-ci par-là.

Le groupe a misé sur un modern-métal symphonique, navigant entre des moments calmes et limpides, puis en gueulant dans le micro avec quelques riffs brutaux et une compo qui suit, toujours en instillant cette ambiance qui m’est si chère dans cet eP.

We Will Be Brave est l’intro, qui commence par une longue session d’ambiance, qui m’a notamment fait penser à Red  dans son intro. Le tout se calme au bout d’une trentaine de secondes avec quelques riffs en dents de scie et bien accrocheurs. Smus prend ensuite la parole et tout s’enchaine avec, encore et toujours, cette ambiance derrière le morceau.

6 Feet Under poursuit et nous propose le premier morceau du groupe avec une intro qui met bien dans le ton. D’ailleurs, cette intro m’a réellement fait penser à l’otherworld du jeu  Soul Reaver  avec ces pleurs (petite parenthèse geek, si tu n’as jamais jouer a Soul Reaver, JE TE LE CONSEILLE !). Concrètement, le morceau nous présente le panel de talents du groupe, alternant entre passages proches d’un hardcore dans la voix à celui plus mélodique des refrains qui frôlent le metalcore par moments. La compo est bien établie, pas de brusque rupture, ce qui nous permet d’apprécier cet excellent morceau…

On continue avec Take dont vous pouvez voir le clip juste en dessous. Un morceau un peu plus brut, qui tape beaucoup plus dans le hardcore que son prédécesseur, avec un refrain plus calme. Bien qu’il soit le morceau phare de l’EP, j’ai du mal à l’apprécier, il manque un « je ne sais quoi » qui fait le charme, par exemple, du premier morceau 6 Feet Under. Pour le reste, je trouve ce morceau correct. Bref, pour le coup rien à redire à part ce petit manque, mais tout ne peut pas être parfait.

Pale & Cold est diffèrent des autres morceaux, puisque grosso-modo c’est un morceau d’ambiance. Cassant un peu le rythme imposé par les deux précédents morceaux, il marque une pause bienvenue qui nous permet  de souffler et de profiter un max du prochain morceau. Le tout restant dans cette ambiance très sombre, froide et mélancolique.

Answer est le dernier morceau de l’EP et suit le rythme de Pale & Cold pour son intro, quelque chose de vacillant, calme, puis qui te pète à la gueule dans un déluge de riffs. Pour ce dernier morceau, le groupe a décidé  de lâcher tout son potentiel de violence. Un dernier sprint pour la fin avec un morceau dynamique, puissant et plein d’énergie. On regrette seulement qu’il s’agisse de la fin tellement c’est bon. On comprend parfaitement la présence de Pale & Cold juste avant pour préparer tes oreilles.

 

Coup de cœur, explication

 

Après cette petite review des morceaux que constitue l’EP We Will Be Brave, il est peut-être temps que je vous explique ce qui me plait tant dans ce groupe. Tout d’abord l’ambiance qui en ressort, comme je l’ai assez pointé du doigt dans la chronique, il y a eu un véritable travail derrière pour faire cet EP, non pas pour combler un quelconque manque, mais pour donner une dimension plus personnelle à We Will Be Brave et au groupe en lui-même. Ce gros travail d’ambiance (les pleurs de l’intro 6 Feet Under ou tout simplement le morceau We Will Be Brave) est l’un de ces points qui m’a fait craqué.

MISERY 2

Le second vient notamment de la compo, c’est fluide, l’alternance entre tempos forts et calmes se fait sans cassure. On sent encore un énorme travail derrière. Bien que le morceau Take m’ait laissé sur ma faim, j’ai apprécié chaque riff, chaque temps…

Ce travail fait que l’EP vaut largement certains albums de modern metal que je peux écouter sans m’en lasser. Je ne mettrais pas au même niveau, mais Misery trône dans mon top 3 avec Trepalium (Voodoo Moonshine) et Klone  (Heres  Comes The Sun) depuis la création de Rock’in Radio.

C’est sûr et encore une fois, mon avis n’est pas divin (dommage) et certains n’aimeront pas, préférant tel ou tel autre groupe. Pour ma part, c’est un gros coup de cœur et j’ai hâte de voir la suite avec un album, pourquoi pas, un futur concert sur Rouen ! Après tout, ils sont Lillois, on est qu’à deux heures de route !

 

Des liens, plein de liens !

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The Von Corda (anciennement J. Von Corda & The C. Southern Poison Light – bien moins facile à retenir, je vous l’accorde-), groupe français originaire de Toulouse ont enregistré trois EP, de cinq titres chacun, entre septembre 2014 et février 2015, intitulés Carnation #1, Carnation #2 et Carnation #3. Avant de continuer votre lecture, je vous invite à regarder ces trois pochettes dans le détail, parce qu’elles sont sacrément classes.

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Difficile de parler d’un EP sans parler de tous les autres, tant les trois opus semblent indissociables. Von Corda nous offre un son teinté de folk, de noise, et même de quelques touches de post-rock par-ci par-là. Parfait pour déverser ses états d’âme pleins d’amertume.

On peut classer les morceaux de Carnation en deux catégories : il y a les morceaux chantés, avec une voix masculine, et les spoken words, avec une voix féminine cette fois-ci. Globalement, chaque titre est plutôt court, et ne dure pas plus de 3 minutes 30.

Voici quelques petites choses à retenir sur chacun des EP :

Carnation #1 (release : 22/09/14) : Jerk, morceau plus Rock’n’Roll que le reste de l’EP. On apprécie aussi Amour, morceau minimaliste nous rappelant vaguement Noir Désir, du moins au niveau de l’ambiance. Ici, c’est la voix qui fait tout.

Carnation #2 (release : 11/10/14) : Certains morceaux, notamment Le Grand Mouvement ou A621 ne sont pas sans nous inspirer un savant mélange de Noir Désir et de Louise Attaque. Dans Cul de sac, la technique vocale évolue pour arriver à mi-chemin entre chant et spoken word.

Carnation #3 (release : 11/02/15) : Avec Tocsin, on entre dans la sphère nébuleuse des morceaux de plus de 5 minutes. On sent nettement l’influence des Pixies et de Radiohead, sans pour autant tomber dans le cliché de la pâle copie. Affût se réfugie dans le noise : des samples de radio que l’on règle, des effets sur la voix la rendant très artificielle… Et enfin, le très post-rock Sucre, qui mêle les deux voix avec lesquelles nous nous sommes familiarisées depuis le début de l’aventure Carnation.

On constate une nette progression dans la composition et l’interprétation, surtout dans Carnation #3. En effet, à partir de là, le groupe ne lésine plus sur les effets, les compositions semblent mieux construites, et les voix plus maîtrisées. Malgré tout, le groupe reste fidèle à son identité et, sans se faire d’infidélité, nous montre la manière dont il est capable d’évoluer. Affaire à suivre !