Archives de septembre, 2015

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La plupart des grandes villes de France ont leurs conventions tatouages… Paris, Nantes, Tours, Lyon, Nancy… Même Nancy, putain ! Mais Rouen ? Jusqu’alors, on a eu les puces rouennaises, Créativa, le master du camping-car… Ah et aussi, le salon de l’érotisme, faut pas déconner quand même ! Rapport ? Aucun, je voulais juste faire une intro qui sert à rien !

Pour revenir au sujet, c’est grâce au shop Chair et Tendre et à l’association Terrain Vague  que la première convention tatouage de Rouen fut possible et ce, les 19&20 septembre (tu n’étais pas là ? Tant pis pour toi, passe ton tour et attend l’année prochaine !) et qui s’est déroulée dans la salle de concert la plus réputée de Rouen, le 106, sur les quais.

Que vaut cette première et tant attendue convention ? C’est ce que j’ai été découvrir le samedi 19, à la fois pour me faire du mal (mais pas à la peau malheureusement) et aussi pour m’en envoyer plein les mirettes ! Bonnes et mauvaises choses, je vous dis tout dans ce report d’event !

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Nota : Pour des raisons d’emploi du temps, je ne suis venu que la journée de samedi et dû à mes soucis de dos, je ne suis pas resté toute la journée, j’ai cependant fait une grosse partie de l’event, assez en tout cas pour en faire une bonne chronique.

Merci à l’équipe de Mort Bleue pour l’événement, l’accueil et l’organisation.

Crédit photoBen RedCatCity (Galerie Mort Bleue)

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Samedi 15h, l’event est ouvert depuis une bonne heure. Si j’arrive à cette heure, c’est pour voir l’affluence de ce premier jour. Pari réussi en arrivant aux portes du 106, heureusement que j’ai pris mon pass sur le site de la salle. Une trentaine de personnes font la queue au guichet, pendant que ceux qui ont déjà leurs places entre dans la convention sans attendre. J’apprendrai plus tard de la part d’amis que la journée du samedi aura signé sold-out, mettant en colère quelques personnes ayant fait une longue route pour se retrouver refoulées. Je peux comprendre, mais prendre son billet à l’avance via le site du 106 est un moindre effort pour se retrouver dedans en moins de 2min, bracelet en main et prog dans l’autre. Faute du staff ? Il fallait s’y attendre, mais je ne pense pas que l’équipe ait quoi que ce soit à se reprocher !

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L’entrée du 106 avec son bar propose son lot de stands, où je parviens (et j’ai eu la bonne idée) de choper deux t-shirts (sur 200 prévu) de l’event. Il n’y aura que du L, le S et le M ayant déjà disparus. Plus tard, j’apprendrais qu’il ne reste que quelques XL et ça, vers 17h. J’ai le plaisir de revoir les filles du Garage, chez qui je me fais couper les tifs maintenant, s’occupant du stand de leur boutique, mais aussi de faire quelques barbes et coupes de cheveux. L’entrée du 106 permet aussi de voir l’expo « Mauvais garçon » dispo jusqu’au 12 décembre, qui permet de tuer un peu le temps entre deux concerts vers 16h30. On découvre pas mal de chose sur la pègre française à travers ses tatouages (d’ailleurs, ça me permettra aussi de faire un article plus complet sur cet event, à voir gratuitement au 106).

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Passons à ce qui nous intéresse le plus là-dedans. Quand on entre dans la salle de concert (et c’est là que tu te rends compte que c’est vachement petit en fait), le chant du paradis se fait entendre… ou de la douleur, ça dépend de quel côté de l’aiguille du te trouve. Ici pas de basse, de guitare folle ou de chant métal, c’est le « Bzzz » incessant et qui gratte à la porte de ta dépendance à l’encrage ! Sur plusieurs allées, une trentaine de shops connus et moins connus se font la part belle en présentant leurs books tout en encrant quelques masos… passionnés de body-mod (dont le gars qui a eu le courage de se faire tatouer le pied, il a dû prendre… son pied… Ok, juste pour ça, je gagne un point « blague de merde »). L’allée centrale, pas la peine d’y penser, on ne passera pas et il faut jouer des coudes pour voir quelques books ou le taf des tatoueurs.

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En prenant mon temps, je mets une petite demi-heure à faire mon premier tour afin de repérer quelques tatoueurs : Rogers Weir, la boucherie moderne, Capitaine Plum’, Sixo ou encore Mr Tot, sur qui je suis resté bloqué vu son taf, non pas avec une machine à tatouer, mais direct à la plume traditionnel, bluffant ! Ça sera pas le seul, car l’un des books propose carrément de la scarification, mais qui ne sera pas visible au sein de la conv’ (me demandez pas qui, j’ai un blanc sur le nom du shop, désolé !).

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En refaisant un tour, j’aurai l’occasion de discuter avec quelques un des tatoueurs et avec l’équipe de Rouen Veg, dont le stand très appétissant me donne faim… et je n’ai pas de thune, tiens si on allait retirer pour voir. Sauf que j’oublie, le 106 n’as pas de tireuse (à bière… Non pardon, sérieusement, c’était tentant !), du coup je demande à l’équipe de bénévoles si il y a une tireuse à proximité, mais non… il faut retraverser les ponts de Rouen et mon dos me dira d’aller me faire foutre. Un mauvais point donc, pour les gens qui comme moi, ne pensent pas à prendre assez de thune pour se faire plaisir lors d’un tel événement. Mais une tireuse installée comme en festival, dans un coin de la salle, aurait été un plus. Un autre truc me saute aux yeux, là par contre la question reste ouverte au staff de Mort Bleue : seul un tatoueur rouennais est présent. Je sais qu’il faut de la place pour les guests, mais certains tatoueurs rouennais méritaient quand même une présence lors de l’event. Alors volonté d’ouverture, oublie, membre rouennais qui refuse ou l’envie de mettre un seul tatoueur sous les projos : Titou ; de De Bruit et d’encre.

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A côté des tatoueurs, on retrouve les stands de De Bruit et d’encre avec sa jolie collection de vinyles, Urban Tribe pour les bijoux en tout genre, My Queendom for…, Mabricole qui fait dans les accessoires recyclés via des sacs cabas de supermarché et Chris Bonobo et ses créations originales comme une pipe en forme de crâne.

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Il est 16h30 quand commencent les concerts proposés par la convention, au programme Baron Crane, Greyfell, Surrounded by Sins et The Birds End… Je ne savais pas ce que valais Baron Crane, impossible de trouver un bandcamp (puis trouvé, mais à l’écriture de ses lignes) sur lequel découvrir le groupe, j’y vais donc en mode yolo et les oreilles grandes ouvertes.

Baron Crane, c’est donc du post-rock parisien, dommage ce n’est pas mon style de prédilection à part quelques groupes et malgré un faux départ (problème technique), je n’accroche pas à ce post-hipster-jazzy-chelou… En milieu de morceau, ma conscience m’engueule et me demande d’arrêter de réfléchir, je me vide la tête et j’écoute le reste du set. Au final, je reviens avec un avis plutôt positif envers le groupe, qui prend son pied à jouer sur scène et dont les compos, au lieu d’être chelou, son vachement plus travaillées que je ne le pensais, mettant en place une véritable atmosphère. On apprend à la fin du set que c’était leur premier concert en salle. Félicitation les gars, beau départ et je pense revenir vers vous, pour faire découvrir ça à Tenta.

Une prestation à ne pas louper, c’était bien "The Birds end"... Erf

Une prestation à ne pas louper, c’était bien « The Birds end »… Erf

Si j’ai pris autant de temps à parler de Baron Crane, c’était surtout comme je l’ai précisé, leur premier concert. Greyfell (Rouen) vient ensuite et je n’accroche pas du tout, je n’ai jamais vraiment aimé ce groupe malgré leurs performances. Les goûts et les couleurs, dans l’ensemble je n’irai pas critiquer, simplement parce que le groupe mérite tout de même ses applaudissements. C’est simplement que je n’aime pas, voilà tout ! Viens ensuite Surrounded by Sins, du hardcore qui vient du Havre, un groupe qui me file la patate, mais que mon dos n’arrivera pas à suivre. Je décide de prendre la tangente pour sauvegarder ce qui me reste de ma colonne vertébrale. Je ne verrai donc pas The Birds end (Rouen), groupe que j’attendais. Déjà vu à l’Oreille qui Traîne, c’était une belle claque ! Ça sera pour une prochaine.

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A 20h30, Chris Bonobo a remis le Best of the Day à Seven Echek pour le meilleur tatouage de la journée.

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Pour terminer, cette journée a été une réussite complète pour l’équipe de Mort Bleue, même si je pense qu’il y a des choses à revoir. Même si le 106 est une excellente place, il se trouve être vite rempli et on voit très vite que la salle est petite. Désolé pour ceux qui ne sont pas rentrée dans le 106, qui ont poireauté jusqu’au sold-out, mais comme il a été dit, il valait mieux avoir sa place avant. Dans l’ensemble, je ne pense que du bien de cet event, même si je vous avoue qu’en off, certains points me gênent… Mais c’est du off et si j’ai l’occas’ un jour, j’aimerais que l’équipe de Mort Bleue m’éclaire. En attendant, j’espère que l’event sera remis au gout du jour l’année prochaine, mais PLEASE ! PAS EN MÊME TEMPS QUE CIDRE & DRAGON !…. Oui, parce que l’an prochain, j’y manque pas, je passe sous l’aiguille !

 

Plus d’info:

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Samedi 12 septembre, pour sa rentrée, Braincrushing organisait un concert placé sous le signe du Post Black Metal français à l’Emporium Gallorium. Au programme, Mutiara Damansara (Caen / Rouen), Déluge (Nancy) et Je (Besançon).

  • Mutiara Damansara [Dream Pop/Black Metal, Caen/Rouen]

Setlist : Annual Winter Depression, All the Boys Love Mandy Lane, Artificial Dim Light, Farewell, Laura Palmer’s Spiritual Brother, Nothing Left

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Tenta : Mutiara Damansara ouvre la soirée avec un set un peu plus brutal qu’à leur habitude. Suivant le groupe depuis pas mal de temps, je me contenterai de dire qu’on constate un net progrès ces derniers temps en ce qui concerne la présence scénique et la maîtrise des compositions en live. Pour le reste, je laisse Squid et son œil un peu plus objectif vous faire un petit compte rendu.

Squid : Objectif, objectif… Cela reste difficile quand c’est un groupe de potes. On a du mal à se mettre dedans avec un œil professionnel, on note plus les petits à côté (la posture statuesque péteuse d’Ulysse, la chevelure incroyablement soyeuse de Sven Cousin Machin…), mais je vais essayer de faire de mon mieux. Effectivement, pour avoir vu plusieurs concerts de Mutiara dans le passé, ils ont passé la seconde. On retrouve toujours ce côté planant et pailleté, mais l’énergie est là, beaucoup plus concrète. C’est pêchu, ça envoie, ça fait remuer les petits chats. Une évolution qui fait plaisir à voir et promet une dynamique beaucoup plus efficace pour conquérir le public.

 

  • Déluge [Black Metal/Post-Hardcore, Nancy]

Setlist : Bruine, Mélas | Khōlé, Avalanche, Naufrage, Houle

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Tenta : Déluge prend le relais. Au revoir les chevelures soyeuses virevoltantes au gré du vent et la traînée de paillettes laissée dans l’atmosphère par Mutiara. Outre le fait que la musique de Déluge nous inspire bien plus un sludge à la Cult of Luna que du black metal (ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre!), et que leur ingé lumière semble avoir une dent contre les épileptiques (beaucoup de stroboscopes et de spotlights agressifs, mais avouons que ce n’est pas sans faire son petit effet), j’appelle ça une claque monumentale. Je n’avais pas eu un tel coup de cœur en live depuis pas mal de temps. C’était puissant, plombant, et fabuleusement hypnotique. Le public, pourtant bien présent depuis de début de la soirée osait à peine se manifester enter deux morceaux. Le bruit de la pluie et les petits oiseaux en arrière plan offraient quelques secondes de calmes disséminées à des endroits stratégiques du set, renforçant cette impression de se faire littéralement broyer l’optimisme. On notera aussi que leur son n’était pas trop mauvais, et dans une salle comme celle-ci, ça relève de l’exploit. De ce fait, je n’ose pas (du moins, pas encore, ça viendra !) écouter ce que donnent les enregistrements studios, de peur de ne pas retrouver les mêmes sensations qu’en live. Bref, gros coup de cœur de la soirée !

Squid : La mise en scène joue ici un rôle crucial pour la performance. Toujours de dos entre chaque morceau, avec cette ambiance sonore qui sent bon le sel et les embruns, on attend la grosse claque qui nous foutra par terre. Quant aux lumières… J’ai eu du mal, beaucoup de mal. Non pas que c’était mal foutu, au contraire, puisque ça a été hyper efficace pour la grande majorité du public. Mais j’ai les yeux fragiles et les projos en mode « pleins phares dans ta gueule » et les stroboscopes qui ne s’arrêtent jamais, en alternance pendant toute la durée des chansons, ça a fini par me déranger car ça en devenait douloureux pour mes pupilles. Au lieu de profiter des quelques secondes d’ambiance entre les morceaux, je clignais des yeux, je galérais à voir quelque chose, et quand je retrouvais une vue normale, c’était pour me reprendre le spotlight en pleine tronche. Résultat, ça me sortait du concert. Il m’a fallu attendre la moitié du set pour arriver à une habituation qui m’a permis de kiffer malgré l’agressivité des jeux de lumière. Mais cela reste dû à mes yeux de bigleuse qui supportent mal la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, et si vous n’avez pas ce genre de sensibilité très chiante, ne vous laissez pas abattre. Musicalement, c’était lourd, poisseux de sel, maîtrisé et ultra-efficace. Comme l’a dit Tenta, personne n’osait bouger à la fin des morceaux, personne n’a applaudi avant la fin du concert. On était pris aux tripes, à la merci du groupe, qui nous a asséné claque après claque. Et le plus beau, c’est qu’on en redemandait.

 

  • Je [Post-Black Metal, Besançon]

Setlist : Homines Humilitas , Ces Cités Fosses Communes, Melpomène, La Transhumance des Mourants, Miasmes de Haine, Un Lac de Souffrance, Cendres de Rêves, Un Royaume de Nuit

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Tenta : Et puis, c’est déjà au tour de Je. Le black est là, mais le post est toujours porté disparu. Corpse paint, vestes à patchs et abondance capillaire sont de mise. Au niveau des instrumentations, pas grand chose à redire. Bien que les compositions n’aient rien d’extraordinaires ou d’innovant, le groupe envoie des riffs efficaces à se décrocher les cervicales, les plages un peu plus mélodiques sont maîtrisées, et les musiciens semblent prendre un réel plaisir à se produire. Le public, déjà bien chaud, apprécie. En revanche, la voix suraiguë du chanteur, qui n’est pas sans vaguement nous rappeler Silencer, peut dérouter, voire même rebuter. On pourra cependant leur reprocher d’en faire un peu trop, voire même de manquer de sincérité. Encore une fois, ce n’est qu’une question de goût, mais le côté visages peinturlurés et scarifications, c’est peut-être un petit peu too much. Surtout quand on prétend faire du post-black.

Squid : Ils ont mis l’ambiance. Voilà une chose d’assurée. Mais la voix, c’était impossible. Vraiment. En plus, je suis du genre à complètement bloquer lorsque je ne supporte pas la voix (sûrement à tort, je le reconnais, mais c’est comme ça, si j’ai juste l’impression d’entendre un porcelet qu’on étrangle, je vais pas pouvoir me mettre dedans et juger objectivement). Niveau compo, rien à rajouter, Tenta a tout dit. Et effectivement, ce n’est qu’une question de goût (Je s’est tout de même produit au Motocultor, ce ne sont donc pas des ados qui jouent au black metal dans leur garage en s’inspirant des portraits de gothiques des séries télé policières mais un groupe qui a sa fanbase et, je n’en doute pas, ses qualités), mais la mise en scène, c’est également quelque chose qui me laisse complètement froide. La surenchère (les scarifications sur les bras ayant été la goutte d’eau pour moi) de clichés du black m’a plus agacée qu’autre chose. Mais on ne peut qu’applaudir Braincrushing pour avoir ramené ce groupe dans la cave lugubre de l’Emporium Galorium, et les applaudir eux pour avoir su combler leur public.