Mutiara Damansara + Déluge + Je, Emporium Galorium – Rouen [12 septembre 2015]

Publié: 21 septembre 2015 par Squideleiev dans Live Reports, Musique
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , ,

affiche

Samedi 12 septembre, pour sa rentrée, Braincrushing organisait un concert placé sous le signe du Post Black Metal français à l’Emporium Gallorium. Au programme, Mutiara Damansara (Caen / Rouen), Déluge (Nancy) et Je (Besançon).

  • Mutiara Damansara [Dream Pop/Black Metal, Caen/Rouen]

Setlist : Annual Winter Depression, All the Boys Love Mandy Lane, Artificial Dim Light, Farewell, Laura Palmer’s Spiritual Brother, Nothing Left

mutiarapouet

Tenta : Mutiara Damansara ouvre la soirée avec un set un peu plus brutal qu’à leur habitude. Suivant le groupe depuis pas mal de temps, je me contenterai de dire qu’on constate un net progrès ces derniers temps en ce qui concerne la présence scénique et la maîtrise des compositions en live. Pour le reste, je laisse Squid et son œil un peu plus objectif vous faire un petit compte rendu.

Squid : Objectif, objectif… Cela reste difficile quand c’est un groupe de potes. On a du mal à se mettre dedans avec un œil professionnel, on note plus les petits à côté (la posture statuesque péteuse d’Ulysse, la chevelure incroyablement soyeuse de Sven Cousin Machin…), mais je vais essayer de faire de mon mieux. Effectivement, pour avoir vu plusieurs concerts de Mutiara dans le passé, ils ont passé la seconde. On retrouve toujours ce côté planant et pailleté, mais l’énergie est là, beaucoup plus concrète. C’est pêchu, ça envoie, ça fait remuer les petits chats. Une évolution qui fait plaisir à voir et promet une dynamique beaucoup plus efficace pour conquérir le public.

 

  • Déluge [Black Metal/Post-Hardcore, Nancy]

Setlist : Bruine, Mélas | Khōlé, Avalanche, Naufrage, Houle

déluge

Tenta : Déluge prend le relais. Au revoir les chevelures soyeuses virevoltantes au gré du vent et la traînée de paillettes laissée dans l’atmosphère par Mutiara. Outre le fait que la musique de Déluge nous inspire bien plus un sludge à la Cult of Luna que du black metal (ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre!), et que leur ingé lumière semble avoir une dent contre les épileptiques (beaucoup de stroboscopes et de spotlights agressifs, mais avouons que ce n’est pas sans faire son petit effet), j’appelle ça une claque monumentale. Je n’avais pas eu un tel coup de cœur en live depuis pas mal de temps. C’était puissant, plombant, et fabuleusement hypnotique. Le public, pourtant bien présent depuis de début de la soirée osait à peine se manifester enter deux morceaux. Le bruit de la pluie et les petits oiseaux en arrière plan offraient quelques secondes de calmes disséminées à des endroits stratégiques du set, renforçant cette impression de se faire littéralement broyer l’optimisme. On notera aussi que leur son n’était pas trop mauvais, et dans une salle comme celle-ci, ça relève de l’exploit. De ce fait, je n’ose pas (du moins, pas encore, ça viendra !) écouter ce que donnent les enregistrements studios, de peur de ne pas retrouver les mêmes sensations qu’en live. Bref, gros coup de cœur de la soirée !

Squid : La mise en scène joue ici un rôle crucial pour la performance. Toujours de dos entre chaque morceau, avec cette ambiance sonore qui sent bon le sel et les embruns, on attend la grosse claque qui nous foutra par terre. Quant aux lumières… J’ai eu du mal, beaucoup de mal. Non pas que c’était mal foutu, au contraire, puisque ça a été hyper efficace pour la grande majorité du public. Mais j’ai les yeux fragiles et les projos en mode « pleins phares dans ta gueule » et les stroboscopes qui ne s’arrêtent jamais, en alternance pendant toute la durée des chansons, ça a fini par me déranger car ça en devenait douloureux pour mes pupilles. Au lieu de profiter des quelques secondes d’ambiance entre les morceaux, je clignais des yeux, je galérais à voir quelque chose, et quand je retrouvais une vue normale, c’était pour me reprendre le spotlight en pleine tronche. Résultat, ça me sortait du concert. Il m’a fallu attendre la moitié du set pour arriver à une habituation qui m’a permis de kiffer malgré l’agressivité des jeux de lumière. Mais cela reste dû à mes yeux de bigleuse qui supportent mal la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, et si vous n’avez pas ce genre de sensibilité très chiante, ne vous laissez pas abattre. Musicalement, c’était lourd, poisseux de sel, maîtrisé et ultra-efficace. Comme l’a dit Tenta, personne n’osait bouger à la fin des morceaux, personne n’a applaudi avant la fin du concert. On était pris aux tripes, à la merci du groupe, qui nous a asséné claque après claque. Et le plus beau, c’est qu’on en redemandait.

 

  • Je [Post-Black Metal, Besançon]

Setlist : Homines Humilitas , Ces Cités Fosses Communes, Melpomène, La Transhumance des Mourants, Miasmes de Haine, Un Lac de Souffrance, Cendres de Rêves, Un Royaume de Nuit

11990463_949558691754618_632419848033784364_n

Tenta : Et puis, c’est déjà au tour de Je. Le black est là, mais le post est toujours porté disparu. Corpse paint, vestes à patchs et abondance capillaire sont de mise. Au niveau des instrumentations, pas grand chose à redire. Bien que les compositions n’aient rien d’extraordinaires ou d’innovant, le groupe envoie des riffs efficaces à se décrocher les cervicales, les plages un peu plus mélodiques sont maîtrisées, et les musiciens semblent prendre un réel plaisir à se produire. Le public, déjà bien chaud, apprécie. En revanche, la voix suraiguë du chanteur, qui n’est pas sans vaguement nous rappeler Silencer, peut dérouter, voire même rebuter. On pourra cependant leur reprocher d’en faire un peu trop, voire même de manquer de sincérité. Encore une fois, ce n’est qu’une question de goût, mais le côté visages peinturlurés et scarifications, c’est peut-être un petit peu too much. Surtout quand on prétend faire du post-black.

Squid : Ils ont mis l’ambiance. Voilà une chose d’assurée. Mais la voix, c’était impossible. Vraiment. En plus, je suis du genre à complètement bloquer lorsque je ne supporte pas la voix (sûrement à tort, je le reconnais, mais c’est comme ça, si j’ai juste l’impression d’entendre un porcelet qu’on étrangle, je vais pas pouvoir me mettre dedans et juger objectivement). Niveau compo, rien à rajouter, Tenta a tout dit. Et effectivement, ce n’est qu’une question de goût (Je s’est tout de même produit au Motocultor, ce ne sont donc pas des ados qui jouent au black metal dans leur garage en s’inspirant des portraits de gothiques des séries télé policières mais un groupe qui a sa fanbase et, je n’en doute pas, ses qualités), mais la mise en scène, c’est également quelque chose qui me laisse complètement froide. La surenchère (les scarifications sur les bras ayant été la goutte d’eau pour moi) de clichés du black m’a plus agacée qu’autre chose. Mais on ne peut qu’applaudir Braincrushing pour avoir ramené ce groupe dans la cave lugubre de l’Emporium Galorium, et les applaudir eux pour avoir su combler leur public.

commentaires
  1. QUERUEL dit :

    Même si je ne suis pas fan des genres abordés ici, je reste fan de vos chroniques! Continuez les filles!

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s