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Prof de musique très cher à Tenta qui l’a rencontré au lycée, Christophe Queruel fait des soirées de reprises rock qui fleurent bon les 70s. Vendredi 12 juin, il était justement au Café Noir à Rouen, où il a joué de 19h à 23h tout seul avec son instru, sa voix et sa guitare. Avant de faire notre livereport de la soirée, on lui a posé quelques questions.

 

Cristophe Queruel, chanteur, guitariste, homme de multiples talents… Pour commencer un peu large, expliquez-nous ce que vous faites.

L’idée m’est venue par une accumulation de frustrations, parce que j’en avais marre de monter des groupes qui se défaisaient pour x ou y raison. Un jour, en 2008-2009, je faisais des exercices de guitare chez moi avec des mp3 instrumentaux qu’on trouve gratuitement en ligne pour s’entraîner, et j’ai vu aussi d’autres choses, par exemple sur youtube on trouve pas mal de karaokés… Et tout d’un coup les 2 idées se sont télescopées, ça m’a rappelé un lointain souvenir d’un mec que j’ai vu en Grande Bretagne quand j’étais assistant en 1989, qui s’accompagnait d’une machine et jouait et chantait de la guitare en même temps. C’était en 1989, tu feras le calcul toi-même, c’était à Birmingham, et ce mec-là m’a complètement scotché quoi. Et tout d’un coup en pensant à ça, je me suis demandé « pourquoi je ferais pas la même chose ? ». Depuis je ne suis jamais revenu en arrière, et pour moi c’est terminé le problème des groupes. La seule chose qui puisse ne pas marcher, c’est l’ordinateur, et les instruments évidemment.

 

Lors de ces soirées, vous faites des reprises de grands tubes rock. Est-ce qu’il vous arrive quand même de composer à côté ?

Alors en fait, j’ai composé quelques chansons par le passé. Même y’a très longtemps, plus de 25 ans, j’ai réalisé une paire d’albums solo, qui sont bien cachés chez moi. Mais en fait, j’ai un petit peu renoncé aux compositions personnelles, parce que je me dis, certainement à tort, que les gens quand ils viennent dans un établissement, c’est pour s’amuser, boire, et entendre de la musique qu’ils connaissent. Si c’est des choses pas du tout connues, ça risque de les rebuter, et généralement quand la musique plaît pas, la clientèle s’en va, et ça, ça plaît pas au patron. C’est bassement mercantile ce que je dis, mais voilà. Sinon, pour moi personnellement, pas mal de monde m’a déjà demandé si je peux réécrire des morceaux, écrire des chansons. J’en ai déjà fait plein en anglais, quelques unes en français, j’en ai des tonnes mais j’ai arrêté tout simplement. Avec les progrès de la technologie, j’aimerais avoir du matériel suffisamment performant, avec des logiciels comme Pro Tools, qui permettent de composer, d’enregistrer chez soi, tranquillement, sans avoir la pression d’un producteur, d’un ingénieur du son, d’un directeur artistique, d’une maison de disques, etc. Je veux être totalement indépendant et responsable de tout ce que je vais faire.

 

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Vous êtes un amoureux du rock. D’où vient cette passion ?

Déjà, mes parents écoutaient de la chanson française, mais ils avaient aussi un peu un œil sur la scène anglaise de l’époque, et je me rappelle que parmi leurs albums, ils avaient Dark Side of the Moon de Pink Floyd. C’est un album que j’ai écouté quand j’avais 9-10 ans. Y’avait aussi les Rolling Stones, mais je m’y suis mis un peu plus tard, je pensais que c’était un peu de la musique de vieux. Je réagissais avec une mentalité de gamin quoi. Mais au début des années 80, le gros choc, le truc qui a tout changé d’une seconde à l’autre, c’est quand The Police a sorti Message in a Bottle, et l’introduction de cette chanson, ce son de guitare, je me suis dis « oulah, y’a un truc là, qu’est ce que c’est, qu’est-ce qu’il se passe ? », et en fait je suis immédiatement devenu un grand fan de Police. Dans la foulée, ils ont eu tout un tas de tubes, Walking on the Moon, Roxanne, qui a eu une deuxième vie, Don’t Stand So Close to Me, je me suis dit « woh purée, la musique c’est génial ! ». Et de fait, presque spontanément, qu’est-ce que j’ai eu pour Noël ? Je m’en souviens très bien, c’était en 1980, j’avais 13 ans, mes parents m’ont offert Highway to Hell et High Voltage de AC/DC. Je me souviens très bien : j’ai posé le vinyle de Highway to Hell sur ma platine, je l’ai écouté, et c’est la première fois de ma vie que dès que la chanson était terminée, je l’ai remise 5 ou 6 fois d’affilée. Première fois de ma vie que j’ai fait ça. Je suis devenu un grand fan d’AC/DC, j’ai essayé de récupérer tous les albums, et après je me suis mis au métal. Iron Maiden, Judas Priest, Def Leppard, plein de saxons, de groupes comme ça. Mais j’avais toujours aussi ce côté un peu pop. Pink Floyd j’ai toujours adoré aussi, Police, Dire Straits je m’y suis mis aussi, Genesis qui était énorme à l’époque. Au lycée on s’échangeait pas mal de vinyles à la récré, maintenant les élèves s’échangent autre chose.

Ça nous amène directement à 1985-1986, quand je suis arrivé à Rouen pour faire des études d’anglais. J’ai eu la chance, le privilège que mes parents me payent des cours de guitare. J’ai eu un excellent prof de guitare, qui faisait du jazz, je lui ai dit « voilà, ce que je voudrais faire c’est du Deep Purple, du Maiden, du AC/DC », et il a su tout de suite quoi faire de moi. Il m’a appris les bases de ce style de musique, le blues. La première fois que j’ai appris les gammes de blues, les plans, j’ai écouté la musique autant en temps que musicien qu’en temps que mélomane. Je me suis rendu compte que beaucoup de mes idoles utilisaient ces règles-là, ces outils-là, j’ai pas le choix, si je veux jouer comme ça je vais devoir apprendre par cœur. Après il m’a montré d’autres choses, puis encore d’autres choses, forcément il a de très grandes connaissances en tant que jazzman. A partir de là, suite à cette étincelle avec Police en 1979, ça a été un raz-de-marée au point d’en définir même ma propre personnalité. J’ai découvert et continué à apprendre apprendre apprendre, je me suis éloigné du métal, j’ai découvert le jazz, la musique indienne, où il y avait plein d’improvisations étranges, je me disais « mais qu’est-ce qu’ils foutent ? ». Je comprenais rien au début, mais finalement, c’était génial.

J’ai pris des cours pendant 2 ans et demi et arrêté parce que l’école a fermé. De 1989 jusqu’à aujourd’hui, j’ai appris tout le reste, en écoutant, lisant des tas de choses pendant des centaines d’heures, en pratiquant l’instrument pendant des centaines d’heures. J’ai toujours un amour pour cette musique là. Alors oui j’aime le rock, mais on y retrouve du blues, on y retrouve de la pop, c’est le rock au sens large du terme. Ça peut être heavy, comme très calme, comme planant… Toutes ces nuances-là, je pense qu’elles viennent des années 70, on les retrouve moins maintenant. Même si je connais, comme tout le monde, les tubes de Nirvana ou de Radiohead ou de Muse, même si c’est bien, je trouve pas cette espèce d’éclectisme qu’il y avait. J’aime une musique qui illustre une époque où j’étais qu’un gamin. C’est étonnant de me dire que c’est cette période-là qui me plaît le plus.

 

C’est vrai qu’aujourd’hui, tout ce qui va être plus rock/métal, c’est beaucoup plus underground, et peut-être moins accessible au grand public… ?

Non, je pense pas. Je pense que ce soit du métal, de l’underground… Je pense qu’au contraire il y en a trop. Il y a trop de tout. Il y a 10.000 candidats pour prendre ta place, tout le monde peut faire de la musique chez soi et faire son petit CD. Du coup, le public, qui est parfois aussi le musicien, ne sait plus où donner de l’oreille et je pense que le cerveau est limité pour encaisser tout ça. Parfois il arrive qu’on présente un groupe, qui est génial, et je regarde l’année de parution, « ça a déjà 10 ans, je connaissais pas… ». Il y a beaucoup, beaucoup de groupes comme ça, c’est vachement difficile de percer maintenant tellement il y a de gens qui font de la musique. Regardez ce qu’on vous propose dans les bacs à la Fnac ou en ligne. Il y a beaucoup trop de groupes, de produits, c’est décourageant. J’ai toujours eu l’impression d’avoir attrapé la queue d’une comète. J’ai eu du pot, j’ai juste touché la fin.

Exclu photo : Squid et les chevilles de Tenta

Exclu photo : de la vraie guitare jouée derrière la tête, Squid et la cheville de Tenta

 

Vous avez prouvé maintes et maintes de fois que vous êtes un très bon guitariste qui aime faire le show, comment le public reçoit ça ?

Faire le show… A cause de mon opulence, je peux pas bondir non plus, ou je ferais des dégâts…

C’est quand même pas souvent qu’on voit jouer de la guitare avec les dents !

Oh, je le fais très mal. Et puis faut dé-diaboliser ça en fait, c’est la langue qu’on utilise. C’est vrai, c’est un muscle, et c’est très sensuel quelque part, mais c’est vrai. Jouer derrière la tête comme Jimi Hendrix par contre, c’est facile quand vous connaissez par cœur vos gammes et vos accords, c’est dans la tête et pas dans le manche.

 

Pour faire plaisir au grand Patron, le mot de la fin ?

Bah le mot de la fin : fin.

 

 

Retrouvez prochainement l’interview en intégrale sur notre soundcloud et le livereport de la soirée ici-même!

Merci à M. Queruel pour nous avoir accorder cette interview et pour cette soirée, même si on lui en veut presque un peu pour Comfortably Numb, parce que c’est pas gentil d’émouvoir des jeunes filles comme ça sans prévenir.

 

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ITW – TOBOGGAN

Publié: 11 juin 2015 par Squideleiev dans Interviews
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Après moult obstacles et décalages, nous avons enfin pu obtenir une interview de TOBOGGAN, dont on vous a déjà parlé ici, , et dont on a chroniqué l’EP.  C’est donc au 3 Pièces avec des bières et le bruit d’une répèt’ en sourdine que nous avons pu leur poser nos questions sur leur musique, confirmer la supériorité d’attractivité des bassistes sur les guitaristes et voyager à Saint-Dizier. Et parler de leur musique, aussi.

 

Présentez-vous et racontez-nous la genèse du groupe.

Grégory : Donc y’a Romain à la guitare, Thomas à la batterie, et Nico le bassiste qui n’est pas là.
Romain : De toute façon il est bassiste, donc il sert pas à grand chose. Thomas et moi, on faisait déjà de la musique ensemble dans Juggernaut depuis une dizaine d’années. Puis nos chemins se sont un peu séparés, on a fait nos études à des endroits différents, il est parti voyager, moi aussi… Puis à mon retour à Rouen j’ai rencontré Grégory, et rapidement, l’alcool aidant, on s’est dit « vas-y mec, on fait un groupe ! »
Grégory : C’est vrai que c’était pendant une soirée très arrosée, on s’est dit « arghgblblb on va faire d’la m’sique ».

Toutes les grandes histoires commencent comme ça.

Romain : On avait testé le picon-Leffe…
Grégory : Ouais c’était du picon-Leffe, et du coup on s’est retrouvés à faire TOBOGGAN quoi. C’aurait pu être autre chose mais on a testé le picon-Leffe, on a décidé de faire de la musique ensemble. Il disait qu’il faisait de la musique avec Thomas, un peu en passe-temps…
Romain : Guitare-batterie, du coup ça manquait un peu de profondeur.
Grégory : Il cherchait des lascars pour compléter la formation, donc on s’est mis à répéter tous les 3, à mettre les prémices de TOBOGGAN en route et ça s’est plutôt bien passé. On a pris ça un peu plus au sérieux, on a commencé à chercher un bassiste. Le line-up officiel date de décembre 2013, avec Nico qui joue aussi dans The Birds End et Venosa. On a fait notre premier concert y’a presque un an, c’était le 11 juillet 2014 ici au 3 Pièces, avec Ruines et Greyfell.

 

Pour les gros vilains qui ne nous lisent pas, vous pouvez nous expliquer un peu votre musique ?

Grégory : C’est un peu difficile à expliquer, on dit souvent qu’on fait du post-hardcore, une étiquette un peu fourre-tout très pratique.
Thomas : On fait de la musique progressive, globalement. On se donne pas trop de limites ou de direction donc ça sort un peu comme ça vient, ce sera peut-être plus sur le long terme qu’on pourra dégager quelque chose.
Romain : Aujourd’hui le processus de composition est très très spontané, sans limites de style ni de barrière, c’est à l’inspiration.
Grégory : Je précise que à l’inspiration, c’est pas un mec qui s’appelle Alain Spiration. On a pas mal d’influences, certaines communes, donc on se met pas de barrières, on se dit pas qu’on doit faire un truc toujours de la même couleur, des trucs qui se ressemblent. C’est vrai qu’on a des morceaux un peu plus aériens et d’autres plus pêchus, rock’n’roll, mais tant qu’on se fait plaisir et qu’on est contents de ce qu’on joue… On se fait déjà chier à payer les répèts, on va pas en plus se faire chier à faire des sons qui nous emmerdent !

 

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En parlant d’inspiration, quelles sont vos influences majeures ?

Grégory : Catharsis en est une, un vieux groupe ricain, années 90, qui nous inspire pas mal. Pas mal de groupes des années 90 en fait, Will Haven…
Romain : Zegota, du label CrimethInc…
Grégory : Après y’a pas mal de trucs différents, y’a Converge qui peut aussi être une influence, même si notre son ressemble pas à Converge. C’est des groupes qu’on écoute donc indirectement ça nous influence quelque part. Cult of Luna… franchement, y’a énormément, énormément de choses… The Spectacle… Cortez aussi, avec qui on a joué y’a pas longtemps, et KEN Mode également. En fait tous les gros trucs, tous les gens qu’on a pu rencontré dans la vie, ça nous influence. On prend beaucoup beaucoup des gens, on est très altruistes. (à imaginer façon petits cœurs et maison dans la prairie)

 

En parlant de gens que vous avez rencontré et de tournée, comment ça se passe pour jouer au 106 Expérience ?

Grégory : Bah nous pour nous avoir, c’est 2000 balles. Non en fait, on répète au 106, donc on connaît un peu les gens là-bas, et leur truc aussi c’est de promouvoir la scène locale et les musiques actuelles. C’est le 42° (42° édition) je crois quand on a joué, ils en font à peu près un par mois, donc évidemment au bout d’un moment ils ont fini l’alphabet ils sont arrivés sur les T.
Romain : Répéter au 106, ça aide beaucoup. A force de voir ta gueule toutes les semaines…
Grégory : En même temps ils ont fait jouer un groupe du Havre, The Fourth Is Bearded, qui a peut-être une notoriété déjà… au Havre hein, au Havre… Coucou aux gens du Havre !

 

Du coup, partager la scène avec des groupes comme KEN Mode ou participer au 106 Expérience, ça ouvre des portes ?

Romain : C’était il y a 2 mois, donc savoir s’il y a vraiment un impact, sur les dates qu’on va après…
Grégory : Après je pense que niveau promotion, visibilité, c’est toujours cool, les gens vont voir. Après le 106 Expérience c’est gratuit, mais y’avait pas loin de 300 personnes, KEN Mode et Cortez c’était un peu plus de 150… Même si je pense que c’est plus KEN Mode et Cortez qui ramènent les gens, c’est cool. C’est cool aussi de jouer avec des groupes qu’on écoute, KEN Mode on écoute tous les 3, y’a 2 ans on a été les voir en concert à Paris, on s’est fait chié à y aller et à payer les places, et 2 ans après on joue avec eux, on passe la soirée avec eux, ils ont dormi chez Thomas… C’est vrai que c’est assez marrant de vivre ce genre d’expérience. Si ça a des retombées, médiatiques, professionnelles ou culturelles, j’en sais rien…
Romain : Hey t’as pas vu, t’es dans le dernier Voici !
Thomas : C’est vrai que ça change de jouer dans ce genre de salles, moi je vois la différence avec la batterie… C’est pas le même ressenti, ou le même rendu, c’est plus une histoire d’expérience que de potentiel médiatique.
Grégory : C’est vraiment aussi le truc de nous conforter, de jouer avec des groupes qu’on aime, moi j’écoute énormément Cortez, on a été voir KEN Mode, c’est hyper cool de jouer avec eux. Surtout que les gars de KEN Mode ont vu notre show, ils nous en ont parlé après, donc c’est toujours cool d’avoir ce genre de rendu. Est-ce qu’on gagne en visibilité ou quoi, je pense que oui indirectement, mais c’est pas forcément ça qu’on cherche. Nous on est des artistes underground de toute façon, la lumière nous intéresse pas ! (rires)

 

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Vous tournez beaucoup ces derniers temps.

Grégory : Ouais, Shanghai, Tokyo… Saint-Dizier… On vous conseille à tous d’y aller parce que c’était vachement bien.
Thomas : C’est pire que Le Havre.
Grégory : C’est même pire que Fécamp. On essaye de s’exporter le plus possible.
Romain : Là depuis le premier concert, on est à 12 concerts, donc c’est pas mal.
Grégory : Prochainement, on va jouer à Dijon dans 10 jours, et on ramènera de la mayonnaise et du ketchup, et on joue au mois de juillet à Nantes. On essaye de bouger un peu de la Normandie.
Romain : A Rouen, on a joué là où il fallait.
Grégory : Oui, on a joué ici au 3 Pièces, à l’Emporium, à l’Oreille Qui Traîne, au 106. Faudrait qu’on joue au Khalif aussi un jour. Faudrait qu’on fasse une tournée rouennaise ! C’est cool l’expérience de tournée en camion, ou en Kangoo, surtout en Kangoo, et passer des weekends à jouer 2-3 dates d’affilée, à rencontrer d’autres groupes… C’est pour ça qu’on fait de la musique, passer des weekends à s’éclater, à prendre une bonne cuite, rater le concert du lendemain… Non, je déconne. On a jamais trashé une chambre d’hôtel parce qu’on nous a jamais payé l’hôtel. Ceci dit on préfère dormir chez l’habitant, rencontrer l’autochtone, découvrir leurs cultures, comment ils parlent, les expressions, c’est beaucoup mieux.

 

Pouvez-vous nous parler de votre EP ?

Thomas : On l’a enregistré chez Marco.
Grégory : Ouais, chez Marco, à Ragnarok Studio, près de Rouen.
Romain : C’était vraiment un mini-EP, y’a que 3 titres, l’objectif c’était surtout de faire une démo plus qu’un EP. D’avoir un moyen de démarcher auprès de lieux où nous produire. On a fait ça relativement rapidement.
Grégory : En un gros weekend c’était fini, on a enregistré en prise live à part le chant. Comme disait Romain, l’objectif c’était d’avoir un truc assez vite, même si on a pas pris ça non plus à la légère. On est un groupe de musique, donc avoir de la musique à proposer c’est plutôt cool. Beaucoup de groupes proposent des photos et des t-shirts, nous on préfère proposer de la musique… Wah comment je balance ! A la base c’était pas prévu du tout de faire un CD, on voulait proposer sur bandcamp et sur facebook, et en fin de compte on était assez content d’avoir un objet physique parce qu’on est des vieux, on a plus de 30 ans, le numérique ça nous fait chier. On a fait les pressages nous-mêmes, la pochette nous-mêmes, qu’on a coupé et collé avec nos petits doigts… Tout nous-mêmes ! On a ressenti un peu ce que ressentent les chinois qui fabriquent des ballons de foot à ce moment-là. On vend le CD à prix libre aux concerts et ça s’est pas mal écoulé donc c’est assez cool. Faut en refaire d’ailleurs.

 

Vous avez déjà eu des retours ?

Grégory : Oui sur scène une fois, on a eu des retours. Moi j’entendais mieux la guitare. On a eu quelques retours mais pas énormes non plus. On en a eu avant d’enregistrer l’EP, mais sinon vous êtes les seuls à avoir chroniquer l’EP. Vous êtes nos seuls fans. C’est pour ça qu’on est là ce soir !

 

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Un projet d’album ?

Grégory : On envisage sérieusement, ce serait bien qu’on fasse l’enregistrement avant fin 2015. On a déjà quelques morceaux sur le feu, qui sont finis et qu’on joue déjà, d’autres qu’on est en train de composer. C’est vraiment le gros projet. Ce qu’on aimerait sortir c’est un vinyle, vraiment faire un bel objet. On essaye de se rembourser des défraiements, de mettre de côté, on autofinancera… Y’a un label très connu, Emergence, qui nous a déjà proposé un coup de main, Terrain Vague l’asso qu’on a fondé ensemble, qui a déjà participé à la sortie de l’album d’Elephants ou du vinyle de Greyfell… D’ici fin 2015 début 2016, on espère avoir enregistré 7-8 titres pour sortir un truc beaucoup plus costaud.

 

Le plus important : faire de la musique, ça permet de serrer des meufs. Est-ce qu’on vous a déjà lancé des petites culottes ?

Grégory : Non, pas contre on nous envoie des gaines et des caleçons ! Et des couches. Non mais moi, j’ai pas besoin de la musique pour baiser finalement, j’ai un physique, donc ça marche sans ça. Je fais pas de guitare, donc je sais pas.

 

Les vraies meufs préfèrent les bassistes de toute façon…

Grégory : Bah notre bassiste c’est le seul qui est casé.
Romain : Sinon moi je fais de la basse dans Cavalry…
Grégory : Est-ce que la musique ça fait baiser… Je baisais déjà avant de faire de la musique, ça fait pas qu’un an et demi que je baise ! Mais la musique adoucit les meufs.

 

Le dernier mot de la fin ?

Grégory : Le dauphin ! J’voudrais remercier mes parents sans qui on serait pas là ce soir… Mon père était musicien. Il était triangle dans Bon Jovi… En même temps à l’école on nous apprend la flûte à bec, comment tu voulais que je sois musicien ! Du coup je suis chanteur. Enfin chanteur dans un groupe de hardcore c’est un bien grand mot… Un gros mot à la limite.
Thomas : Au plaisir de vous revoir pendant les concerts !
Grégory : Merci à Rock’in Radio, nos seuls fans, qui nous ont chroniqué et qui ont voulu une interview. Je vous promets que quand on sera à Fréquenstar avec Laurent Boyer, on se souviendra de vous.

 

Merci TOBOGGAN pour cette interview qu’on aura ENFIN réussi à faire.

Retrouve l’interview en intégralité ICI : plus de 20 minutes de grand n’importe quoi avec plein de blagues nulles, mais rigolotes, et du bitchage.

 

Retrouvez TOBOGGAN :

Je te vois lire le titre et te demander qu’est-ce que c’est que ce titre si ce n’est celui d’un album de post-rock chelou. Bah ça n’a rien à voir, aujourd’hui on te parle de photo.

Zeineb Henchiri sera psychologue dans quelques mois, et présente actuellement sa première expo à l’INSA. Knot! ou la perversion du double-lien, c’est une photographe, 6 modèles, et 29 photos en noir et blanc pour s’interroger sur le ressenti personnel d’un patient schizophrène, notamment son rapport au corps.

Tenta et moi l’avons questionné sur sa source principale d’inspiration, Chronique d’un discours schizophrène, son travail pour Knot!, et son parcours, de reporter photo pendant la révolution tunisienne jusqu’à ce projet.

 

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Peux-tu nous parler de toi, de ton parcours et de comment tu es arrivée à cette expo ?

Je suis photographe depuis plus de 6 ans, mais c’est vraiment une passion, ça n’a jamais été une activité principale. J’ai un parcours universitaire tout à fait autre que la photo (je suis en psycho). J’ai fait partie de plusieurs ateliers photo et club, et petit à petit je me suis retrouvée dans le « circuit » des photographes, mais je n’ai jamais été professionnelle. J’ai jamais travaillé en tant que photographe.

Cette année, j’ai été dans un atelier de photo avec Isabelle Lebon, où on a travaillé sur la correspondance entre la photo et d’autres formes d’arts. Ce projet est venu un peu comme une évidence, car l’histoire dont je me suis inspirée, je la connais depuis très très longtemps. C’est le témoignage d’un patient schizophrène, qui a été retranscrit dans un livre, Chronique d’un discours schizophrène. J’ai travaillé sur leurs vrais témoignages de ce patient à travers la photo, parce que déjà ça n’avait jamais été fait (pas la schizophrénie, mais pour ce témoignage) adapté au cinéma et au théâtre mais jamais en photo. Le but de l’expo est finalement de retranscrire le ressenti du personnage.

Doit-on voir un lien entre le thème de cette expo et ton parcours universitaire?

Inconsciemment, on peut forcément retrouver un lien, mais je cherche pas dut tout à enseigner aux autres ce qu’est la schizophrénie, ou à représenter le schizophrène et la schizophrénie en tant que tels. C’est juste mon point de vue, un travail purement artistique qui n’a rien à voir avec la psychologie ou le fait que je sois psychologue, même si bien sûr je m’intéresse à ce sujet parce que je suis sensible à ces problématiques.

Ton rapport avec le support original, du coup. Comme tu l’as dit, c’est un bouquin adapté en pièce de théâtre et au cinéma. Tu t’es plus basée sur le livre ou tu as pioché dans les autres médias?

Forcément, je m’en suis inspirée, peut-être pas directement, mais la pièce de théâtre je l’ai vue quand j’avais 10 ans. Je l’ai revue après une autre fois, le film je l’ai revu énormément de fois, c’est devenu presque une obsession à un moment. J’en garde des image, quand je relis le livre ou les extraits j’ai l’image du personnage, de toute façon je connais pas la vraie personne. J’ai l’image du comédien, de l’acteur, donc forcément je me suis inspirée de ça, de la représentation du témoignage de cet acteur, pas du témoignage réel. Parce que finalement, même la transcription a été faite 10 ans après la vraie histoire. C’est la thérapeute qui a écrit ce livre, 10 ans après avoir rencontré ce patient. Donc forcément, il y a énormément de choses qui ont changé, on ne parle plus du « vrai » témoignage mais de la représentation, présentée de différentes manières.

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Tu mets en scène plusieurs modèles. Comment s’est fait le choix et comment s’est articulé le travail? Quelle place ont-ils eu dans ce projet?

J’ai pas cherché très très loin. Ce sont des gens que je connais, que je fréquente, peut-être pas quotidiennement, mais ce sont des amis, des connaissances. Ce sont des gens que je vois. Et du coup, la préparation était un peu compliquée parce que je ne savais pas du tout comment représenter ce témoignage. J’avais pas en tête les poses, j’avais pas en tête le cadrage, les accessoires. L’image ne s’est pas imposée. Du coup j’ai essayé de travailler avec chaque modèle de manière indépendante et unique. Avec chaque personne, on essayait de rentrer dans le personnage, c’était presque une construction de personnage. On peut presque parler de « théâtralisation », parce que chaque personne réagissait différemment face aux extraits, au témoignage, à la thématique. Il y en a à qui ça parle, d’autres à qui ça ne parle pas du tout. Il y a des étudiants en psycho, des gens qui ont fréquenté des schizophrènes, et d’autres qui n’en ont jamais, jamais vu de leur vie, qui n’ont que la représentation qu’on s’en fait. Du coup ça a été assez compliqué, surtout qu’au début je n’avais pas du tout de trame, de fil conducteur entre les différentes photos, je ne savais pas ce que je faisais réellement. Au fil du temps, ça a pris vraiment une autre forme, celle que l’on peut voir aujourd’hui à l’expo. Et puis les photos que j’avais prises au début ne ressemblent pas du tout aux autres, ça a vraiment été une réflexion, un cheminement avec les modèles.

Tu disais que tu as travaillé avec d’autres étudiants de psycho, qui ont donc déjà un rapport particulier à la schizophrénie. Est-ce que tu leur as donné accès au support original, en leur prêtant le bouquin ou en leur montrant le film, ou t’es tu contentée de leur montrer des extraits (dont certains font partie intégrante de l’expo) pour leur présenter le thème avant d’enquiller sur le shooting?

Alors je ne leur ai pas prêté le livre, on en a peut-être parlé le jour même, avec presque tous les modèles. Je voulais pas qu’ils se collent au personnage, au témoignage, parce que c’est pas le but. Le but n’est pas de dire « bah voilà, c’est N. (le nom du personnage dans le livre), qui est sur toutes les images ». C’est pas du tout le but de l’expo. C’était vraiment de travailler sur le témoignage, le prendre comme support au début, puis essayer de faire autrez chose derrière, de ressentir ce qu’il a pu ressentir, mais tout en restant soi-même. Je cherchais pas du tout une représentation du personnage, donc on a juste lu quelques extraits, peut-être pas avec tout le monde, ça dépendait de la personne, comment elle se sentait. C’était un peu compliqué, il faut me faire confiance, on est pas vraiment à l’aise. Le début des séances photos, c’était tout le temps un peu bizarre, parce que personne n’était à l’aise, moi je savais pas où me mettre, le modèle il savait pas où se mettre, il savait pas quoi faire…

A cause du thème, ou parce que c’est des gens que tu connaissais?

Les 2, je pense. Déjà parce que moi, j’avais pas vraiment de trame, d’idée précise de la photo et je voulais pas en avoir, je voulais pas limiter la personne, lui dire « bah tu vas mettre ton bras comme ça, tu vas faire ci, tu vas faire ça » et c’est tout. Je voulais vraiment que ça soit assez dynamique, que la personne ressente réellement quelque chose, qu’il y ait une émotion authentique. Et puis c’est compliqué aussi parce que je les connaissais, parce qu’on savait pas vraiment quoi faire au début, puis petit à petit… Les séances photos prenaient quoi, une demi-journée, une journée pour certains, 2 jours pour d’autres. Ca a pris vraiment du temps, pas énormément, mais voilà, c’était pas vite fait.

D’ailleurs, certains modèles sont rentrés en transe, par moments. C’est un peu effrayant. Y’en a 2-3 qui sont partis un peu ailleurs, et il faut savoir gérer, savoir arrêter, faut pas non plus que ça déborde car ça arrive toujours à un moment, et on sait plus quoi faire de toute cette matière. C’est pas le but non plus.

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Qu’est-ce que ce projet t’a apporté, humainement comme en photo?

Pas mal de choses, car mine de rien c’est le premier projet que je fais. Avant je faisais énormément, presque exclusivement du reportage. C’est le premier projet que je fais qui est réfléchi, y’a un rapport à la littérature, je me suis beaucoup inspirée et documentée avec des psychanalystes, pour ça qu’on parle aussi un peu de double-lien et de termes psychanalytiques. Enfin, pas qu’un peu. Il y a vraiment une réflexion et un cheminement pour arriver à l’expo, qui est ma première expo personnelle. C’est quand même assez important pour moi, et je considère qu’elle est pas finie. La réflexion derrière le sujet, elle est pas vraiment finie, il en faut plus. Et cette expo me confronte aussi à l’avis des autres, aux critiques, et je pense que ça, c’est hyper important pour continuer. Donc je pense continuer sur ce sujet, mais peut-être d’une autre manière.

Tu nous as parlé de reportages, qu’est-ce que tu as fait?

Alors, étant donné que je suis tunisienne, j’ai fait beaucoup de reportages sur la révolution, forcément. C’étaiot un peu le boom de tous les photographes tunisiens. Pendant 2 ans, on faisait du reportage sur les manifs. Avant ça, j’étais photographe officielle d’une biennale d’art contemporain, pendant 2 ans. J’ai couvert un peu toutes les manifestations culturelles, avec plusieurs photographes. A part ça, je suis journaliste dans un réseau de journalistes citoyens, le Pacte Tunisien. On fait du reportage sur des faits d’actualité. C’est pas quelque chose d’énorme, mais des petits sujets d’actualité, des petites choses qui se passent, répertoriés sur une plateforme.

Avec l’expérience que tu commences à avoir, tu n’envisages pas de te professionnaliser?

Si, justement! Après les études de psycho, que je finis cette année, je compte me professionnaliser en photo et peut-être joindre l’utile à l’agréable avec les 2 domaines, qui paraissent peut-être un peu éloignés mais on peut arriver à faire quelque chose. Des projets d’art-thérapie, des expos inspirées de psycho… La psychologie c’est tellement large finalement qu’on peut se mettre n’importe où, on servira toujours à quelque chose.

Des projets en tête?

Là tout de suite, sincèrement, j’en ai pas vraiment le temps. Mais je pense que je finis cette année, puis vraiment me consacrer à la photo. Là tout de suite, je vois pas le bout du tunnel! [Les M2 de psycho sont en pleine période de soutenances et fins de rédaction de mémoires]

Knot ! ou la perversion du double-lien, c’est jusqu’au 9 juin à l’INSA (Saint-Étienne du Rouvray), de 7h30 à 17h30. On ne peut que te conseiller d’y jeter un œil, ça vaut vraiment le coup ! Nul besoin d’avoir des notions de psychologie ou de psychanalyse pour l’apprécier, malgré ce que le titre pourrait laisser entendre. Les photos parlent d’elles-mêmes, parfois agrémentées d’extraits du livre pour associer la souffrance exprimée à l’écrit par le patient à l’image proposée par Zeineb et ses modèles. On est très, très loin de l’image qu’a le « grand public » de la schizophrénie, et de la maladie mentale en générale, avec les raccourcis ordinaires et l’incompréhension qu’elles suscitent. On est vraiment dans le domaine de l’émotion brute et de l’intime.

Interview en intégralité ICI, avec en bonus Tenta, qui raconte son expérience en tant que modèle dans ce projet.

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Chez tous les bons disquaires, lieux de vie culturels et musicaux, chez ta grand-mère ou encore, sur le net, tu peux retrouver l’agenda Viens ! qui regroupe tout les concerts de Rouen pour moins de dix euros et au mois. Rencontre avec l’un des instigateurs de cette bonne idée, le grand guru, Thomas !

 

Salut Thomas et merci d’être avec nous ! En quelques mots, qui es tu et que fais-tu ?

Thomas : Je suis « Grand Guru » de Guru disque, un label rock’n’roll rouennais et on participe notamment à l’agenda Viens ! qui regroupe tout les concerts de moins de dix balles, voir même moins de cinq euros. On sort pas mal de disques en autoproduction, on organise des concerts sur Rouen et on a notre fanzine qui se nomme le Prêche.

 

Tu es là aujourd’hui pour nous parler de l’agenda (on parlera de Grand Guru et de la zine plus tard dans une prochaine ITW). D’où est venue l’idée de l’agenda et avec qui ?

Thomas : On l’a créée avec d’autres assoc’ de Rouen à partir d’un constat : c’est toujours les mêmes têtes qu’on voit aux concerts. En gros, les musiciens des autres groupes, les potes et quelques habitués du bar, voire des curieux. Pour remédier à ça, on s’est tous dis que ça serait cool de créer un agenda pour recenser tout les concerts, qui ne sont pas recensés dans des trucs plus gros comme What’up (même si la donne a changé aujourd’hui) ou Côté Rouen, qui a un plus large public en terme d’annonces.

Donc pour remédier à ça, on s’est dit qu’on aller le faire nous-même. Il parait tous les débuts de mois, avec tous les concerts de la ville dedans des assoc’ comme Braincrushing, metal hardcore, les enfants perdus, Guru disque, kepon team, l’Oreille qui traine, ect ect…

 

Ou est-ce qu’on peut retrouver l’agenda Viens ! ?

Thomas: C’est distribué le plus largement possible, notamment dans les lieux de concert (comme le 3 pièces) ou des lieux de vie (comme De bruit et d’encre). On essaye aussi d’en distribuer à la Fac, car c’était aussi l’un de nos but premier : faire revenir les étudiants aux concerts. C’était aussi l’un de nos constats en créant l’agenda. Les étudiants sont de plus en plus intéressés par l’électro, mais faut aussi leur montrer que la scène alternative existe toujours et que celle-ci est enrichissante.
Depuis quand l’agenda existe t-il ?

Thomas : Depuis janvier 2014, plus d’un an maintenant. Depuis on a pas mal grossi en terme de visibilité.

 

On va parler un peu de sa conception maintenant. La version papier, de quoi est elle composée en termes d’info (et non de papier) ?

Thomas : L’organisation est sensiblement la même à chaque parution, mis a part la couverture qui est fait par le Chevalet noir (regroupement d’artistes sur Rouen). Ensuite les assoc’ de Rouen balancent leurs dates sur un compte Fb et en gros, c’est une timeline qui est faite, avec chaque date, les groupes, le lieu et le paf. Toujours moins de dix balles !

 

Donc une personne qui a envie de proposer un concert sur Rouen, comment fait-elle pour vous contacter ?

Thomas : C’est simple, on a un site internet (http://viensagenda.tumblr.com/). Du coup, on peut nous contacter via ce tumblr ou sinon, via les assoc’ de Rouen déjà citées, qui vous reconduisent sur le groupe. Sinon, par mail. A savoir qu’on est ouvert à tout le monde, tous les styles. L’important est de respecter ce qu’on impose à l’agenda: donc le paf à moins de dix euros et rester indépendant… On ne reste pas non plus fermés sur nous-même, faire un squat. On accueille aussi de plus grosses dates, mais on veut que ce soit accessible pour tous.

 

Et maintenant, vous avez des projets pour l’agenda ?

Thomas : Tant qu’on aura une énergie hyper-positive, on va continuer. On a des projets pour être encore plus visibles, mais pour ça, il nous faut plus d’impressions, plus d’affiches… mais la prochaine chose qu’on va organiser, ce sont des concerts sur la Fac, à Mont-Saint Aignan, avec des groupes de Rouen, le tout gratuitement, mais j’en dis pas plus pour l’instant ! Rien n’est encore sûr…

On est vraiment dans l’optique de ramener les étudiants, leurs montrer qu’on se marre et, peut-être, en faire des acteurs de la vie culturelle. On ne va pas demander à un mec de quarante balais, qui est pharmacien, de venir organiser des concerts. Je pense que la sève originelle de tout ça, ça reste la jeunesse.

 

Thomas, merci pour ces quelques infos que tu nous a donné sur l’agenda… As-tu un dernier mot à dire avant la fin de notre ITW ?

Thomas : Viens !

 

Des liens, plein de liens:

C’est au Bureau, sur les quais de Rouen, que je suis accueilli par Loïc et Cédric, membres du groupe Snake Oil. Au lieu d’une simple chronique, j’ai directement été les voir pour découvrir Snake Oil pour une interview du groupe, de leurs influences et de leurs projets. Pour la petite histoire, cela fait un moment que Snake Oil devait passer sur Rock’in Radio… Il vaut mieux tard que jamais ! En piste !

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Salut Loïc, salut Cédric et merci d’avoir accepté cette interview pour parler de Snake Oil, mais avant tout, présentez-vous en quelques mots.
Loïc : Je suis le bassiste du groupe, présent depuis le début avec Nico, le chanteur. À côté de ça, je suis professeur, dessinateur et poète à mes heures perdues.
Cédric : Je suis le batteur depuis janvier 2014 et dans la vie de tous les jours, je suis musicien classique à l’opéra de Rouen.

 

Alors vous êtes avec moi aujourd’hui pour parler de Snake Oil… Parlez-moi un peu de ses débuts, de sa construction et surtout, pourquoi ce nom ?
Loïc : Au tout début, avec Nico, on n’avait pas de titre… c’était plutôt la phase de recherche, de composition. Nico avait déjà eu une précédente formation et en 2010, on a trouvé un batteur, un deuxième guitariste, tous avec leurs univers musicaux. Les compos se sont enchainées et très vite, on a enregistré le premier EP et le premier album. Au début, on s’appelait pas Snake Oil, on avait un autre nom (je m’en souviens plus !), mais ça ne le faisait pas, alors en cherchant et en composant l’image du premier album, on c’est dit qu’on avait une musique à la fois chaude et désertique, qu’il nous faillait un nom qui rappelle le sable chaud, la graisse, l’huile… Snake Oil nous plaisait bien et puis ça rappelle les remèdes miracles. Le nom rappelait pas mal aussi certains textes, certaines thématiques de Nico.

 

Votre musique guérit toutes les âmes alors !
Loïc : On verra bien, c’est la potion magique, celle qui soigne tout les tracas (rire).
Du coup, Cédric, tu es arrivé en 2014. Comment c’est déroulé ton entrée dans Snake Oil ?
Cédric : Déjà, c’est mon premier groupe. Je faisais un peu de batterie de temps en temps et j’ai pris trois ans de cours avec Alexis Damien (personnage assez connu sur Rouen) et c’est Marc (le nouveau guitariste) qui m’a dit que le groupe cherchait un batteur. J’ai essayé et apparemment, ça leur a plu (rire). J’ai écouté leurs compos, j’en ai appris quelques une et on est parti tout de suite à la création de nouvelles compos !

 

Effectivement, le premier album est arrivé assez vite, de ce que j’ai compris ?
Loïc : On a mis à peu près un an pour le faire. Nico est moi avions pas mal bossé dessus. Nico est une grosse partie de Snake Oil, puisqu’il a fait le gros de la composition et des textes. Après, on a chacun apporté nos univers, nos idées. C’est ce qui fait ce mélange intéressant. On avait déjà pas mal de travail donc et on a tous proposé au batteur et au guitariste de l’époque, ce qui à permis d’enchaîner aussitôt ! On a enregistré un an après.

 

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Dans votre bio, vous dites avoir eu un style plutôt grunge, puis vous êtes partis sur le stoner. Pourquoi ce revirement ?
Loïc : C’est une question qu’on se pose justement ! On essaye de nous caser, en nous demandant dans quel tiroir Snake Oil se range. On a plein d’influences, chacun apporte sa pierre à l’édifice et c’est ce qu’on met dans Snake Oil et qui produit notre musique. Après pour la classer ? Il y a des traces de grunge, un peu de stoner, du rock, voir du hard, du heavy, plein de choses comme ça…
Cédric : On est plus stoner crossover.
Loïc : Ouais, un bon gros « désert rock ». Je ne suis même pas sûr que ça existe, mais si j’y pense, c’est que ça doit forcement l’être ! Mais quand tu regardes la bio du stoner, il y a plein de sous-genres, selon l’endroit et le style musical. Le principal, c’est que de notre côté, ce qu’on fait nous représente.

 

Vous avez sorti un EP cette année, Atlar of Lies. Pouvez-vous m’en parler ?
Loïc : C’était au moment où Marc est arrivé, on avait un nouveau morceau en tête et du coup, c’est encore parti très vite. C’est devenu la nouvelle monture de Snake Oil, plus rock, plus dur, plus rocailleux.

 

 

Du coup, où l’avez-vous enregistré ?
Cédric : On l’a enregistré avec mon ancien prof de batterie, Alexis Damien, qui a ouvert un studio rue des bons enfants. Encore une fois, ç’a été rapide, en quatre jours sans sortir du studio avec un peu plus de temps pour le mixage. Le tout dans une bonne ambiance et c’était mon premier studio.
Loïc  : On en garde un bon souvenir. On avait déjà travaillé les titres, composés depuis un certain temps. Ça nous a permis une certaine liberté et d’avoir moins de pression derrière.

 

Quelles sont vos influences ?
Cédric : Je n’y connais pas grand-chose en stoner, je suis plus du genre heavy, thrash, le traditionnel on va dire !
Loïc : Comme je le disais tout à l’heure, on a plein d’influences, chacun de notre côté. Moi, je suis très grunge, très stoner, mais aussi le heavy des années 80 comme Iron Maiden… mais tout ce mélange se mêle très très bien et avec le premier album, il y avait des références du genre : « ça ressemble à du Soundgarden », « tiens, la on retrouve du Alice in Chains » par petites touches, mais ça restait du Snake Oil, notre Snake Oil.

 

S’il y avait quelque chose à changer de votre premier album, ça serait quoi ?
Loïc : Si tu écoutes le premier album, puis l’EP, l’ambiance est différente, plus soft. Même le son n’est pas le même, plus… Je ne sais pas… Volupté ? Dans l’EP, il y a une rythmique qui t’emporte dans ce fameux désert un peu perdu. C’est un son plus « sale ». je pense qu’on pourrait lui faire prendre plus d’ampleur, plus de son dans la prod’. Je pense qu’on pourrait se permettre de réenregistrer ces cinq titres-là.
Cédric : Beaucoup de choses ont évolué, je mets beaucoup plus de doubles pédales de mon côté (surtout en live). Les choses avancent et chaque fois qu’on joue, on peaufine nos morceaux.
Loïc : Pour le mois de juin, on a un concert qui nous demande un set plus particulier, l’occasion de sortir nos anciens morceaux et on va retravailler ça, pour que ça ressemble à l’EP actuel.

 

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Votre dernier concert était à Paris, une première fois et avec un groupe connu de Rock’in Radio, Beyond the Styx. Quel souvenir en gardez-vous ?
Cédric : Oh bah super !
Loïc : Royal ! Très bonne ambiance, l’endroit… je ne m’attendais pas du tout à ça. Parfait pour y jouer, l’orga au top. Sans parler des autres groupes qui étaient tous géniaux !
Cédric : Pour nous, c’était un challenge. C’était une affiche très très métal. Nous, on débarque pour ouvrir les hostilités avec deux groupes de death après et ce n’était pas gagné d’avance, mais finalement les gens se sont mis dedans et sans avoir un truc de fou, c’était génial !
Loïc : c’est notre style, notre rage… on s’impose, comme le veut la couleur de l’EP.

 

Quels sont vos projets pour la suite de l’année ?
Cédric : Préparer ce fameux concert en juin, on a deux sets à préparer, et puis, trouver des dates parce que ce n’est pas forcement facile vu que nous avons chacun un rythme différent (rien que Marc qui a deux autres groupes et bosse sur Paris).
Loïc : Dans l’idée, on veut présenter le projet, prendre de l’importance et se créer un réseau. Et puis, le deuxième album ! C’est aussi bien de composer, de faire ce deuxième album que de jouer en live. C’est nourrissant !

 

Un dernier mot ?
Loïc : Venez écouter Snake Oil, venez aux concerts et si ça vous intéresse de bosser avec nous, n’hésitez pas à venir sur notre page facebook, nous, on est demandeur !

 

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Stoned Pebble Night – ITW Will Argunas

Lors du Stone Pebble Night du 7 février, Will Argunas était invité en temps que partenaire de cet événement. Alors qui est Will ? Dessinateur et scénariste de bande dessinée, il est aussi illustrateur (Hellfest, Pure Fucking People…) et sérigraphiste. Ce natif de Lille au sacré coup de crayon a accepté de répondre à quelques questions pour Rock’in radio… En piste Will !

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Dessinateur depuis 2001, il approche de la vingtaine de projets édités, pas que de la bande dessinée puisque depuis quatre ans, il s’est mis à la sérigraphie (t-shirt, badge…).

« J’essaye de m’éclater et de faire ce que je veux, on retrouve tout ce que je fais sur la Pure Fucking Boutik. Un nom à la con, mais qui me suit bien ! »

Sa passion pour le dessin a toujours été la, mais comment a-t-elle rejoint la musique ?

« J’ai toujours voulu faire de la BD, depuis tout petit. J’ai toujours travaillé avec de la musique, dessiner, c’est très solitaire comme travail, mais la véritable rencontre entre mes deux passions, c’était durant le Hellfest en 2009. Je suis tombé amoureux du Hellfest et des festivaliers, du coup j’ai pris plein de photos… La dégaine, les fringues… en tant que dessinateur, beaucoup de chose me parlaient. »

Révélation après dix ans de carrière dans la pub pour Will, le voilà en train de dessiner les festivaliers du Hellfest, via les photos et la documentation qu’il a pris. Motocultor, M Fest, Sylak Open air… Six ans plus tard, Will n’a pas perdu sa passion pour tirer le portrait des festivaliers et on retrouve ses dessins dans l’un de ses grands projets : Pure Fucking People.

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« Je pense avoir fait le tour de ce projet. Faut savoir que mes quatre tomes de Pure Fucking People, tout a été financé par le crowfunding (sauf le tout premier, que j’ai autofinancé). Je me suis demandé l’an dernier si je ne devais pas aller voir ailleurs… Avec le sold-out du Hellfest 2014, je n’arrivais pas à isoler les gens, puis la semaine d’après, il y avait des milliers de photos sur internet. »

Quand Will a commencé, le Hellfest n’était pas encore un élément bien connu. Aujourd’hui, le festival est bien connu de tous, le plaisir n’y étant plus et étant un passionné, Will a préféré arrêter la.

« Je ne savais pas trop où aller alors et le déclic s’est fait au Motocultor, sur mon stand, quand David, alias Captain Albacore, est venu me voir pour des affiches de match de roller derby pour l’équipe de Lorient, les Morues. »

Censuré à cause d’une affiche trop trash (d’après les joueuses, le comble pour un sport qui peut se montrer violent), il se rapproche de l’équipe d’Orléans, les Simones, et vient au match de celles-ci. Au final il installe un stand o* une partie des bénéfices revient à l’équipe (les équipes de roller derby ayant peu de finances, elles se concentrent principalement sur le merchandising pour les déplacements).

« J’ai commencé à faire des dessins sur les Simones, = venir tous les quinze jours à leur entrainement, puis j’ai assisté à un premier match et là, gros coup de cœur ! J’étais comme au Hellfest, en pleine immersion et ça, j’adore ! »

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Voilà comment est né le dernier venu Pure Fucking Roller Derby : tatouage, piercing, tenue à la « robocop » mais toutes avec une identité propre, sur quoi Will à travaillé ses derniers mois. Projet financé avec succès sur la plate-forme Ulule et qui paraitra dans les prochains mois !

Partenaire du Stoned Pebble Night, je lui ai demandé en quoi cela consistait, réponse :

« J’ai commencé avec un T-shirt pour Sons of Apache, puis Vincent est venu vers moi pour une affiche et un logo, au final c’est celui de la mustang dans le désert, qu’il réutilise autant qu’il veut, il y a juste la couleur à changer, ainsi que les groupes et la date. J’ai fais des badges, des t-shirt, des sérigraphies… Du coup, je viens poser mon stand au Stoned Pebble Night. J’apprécie énormément Vincent, c’est quelqu’un qui respecte les artistes et puis, je commence à bien connaitre les membres de l’association. »

Gros mordu de métal, il n’a découvert le stoner que récemment, mais sa playlist va de Sepultura, Faith No More, Rage Against The Machine… La quarantaine passé, Will a sa période stoner en ce moment. Il est venu ce soir-là avec des oreilles neuves pour découvrir de nouveaux groupes, « ça sert à ça aussi d’être partenaire » explique-t-il.

Will part sur d’autres projets pour les prochains mois. Vous pourrez retrouver Will Argunas sur son site, son blog et son Facebook, n’hésitez pas à vous procurez ses Pure Fucking People » et son tout dernier Pure Fucking Roller Derby !

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Stoned pebble night – ITW Brain Pyramid

Lors du Stone Pebble Night (samedi 7 février), deux groupes sont venus animer la soirée avec leurs stoner, l’un était The Fur et l’autre, Brain Pyramid. D’ailleurs, c’est d’eux dont cet article parle !

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Formé en fin 2012 et venant de Rennes, Brain Pyramid (Gaston Lainé : guitariste ; Baptiste Gautier-Lorenzeo : batterie ; Paul Arends : basse) a accepté de répondre à nos questions. Groupe de stoner psychédélique et un poil bluesy, ils étaient les premiers ce soir la à passer sur la scène du Stoned Pebble Night.

« On s’est trouvé, un peu comme sur Meetic… » explique Baptiste « On a joué, fait quelques morceaux et comme je suis en école du son à Rennes, on est partis direct en studio. Ça nous a permis de débuter assez vite ! »

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Premier disque sorti en 2013, Magic Carpet Ride est plus une démo qu’un disque, enregistré en quelques jours. Le groupe n’attend pas le train et saute déjà dans un autre en direction du Portugal.

« Quelque temps plus tard, un mec nous contacte pour une tournée au Portugal (on y reviendra), puis au retour, nouveau disque (Chasma Hideout), nouveau concert… On a vite vu que le projet tenait la route, mais les temps changent en ce moment, disons qu’on a rencontré des nanas à Barcelone et… qui vivra verra. »

On laisse de côté les histoires de cœur pour revenir sur Brain Pyramid, d’ailleurs d’où est venu ce nom ?

« On voulait un nom qui sonne cool, pas comme… Black Eyed Peas **rire**. Plus sérieusement, on trouvait le concept intéressant, une pyramide de cerveaux… Ça va très bien avec le genre du groupe, un stoner psyché. Mais il n’y a pas de double sens ou d’anecdote là-dedans. »

Le genre du groupe c’est construit autour de deux grosses influences : le rock des 70’ et le stoner, chaque inspiration venant de Gaston et Baptiste, qui vont de Led Zeppelin, Hendrix, Sabbath, Motörhead, Blue Cheer à la scène actuelle avec Kyuss, Sleep, Nebula, Earthless, Orange Goblin, etc.

« Notre première démo sonne très Hendrix… On a plus mélangé nos influences sur Chasma Hideout, ce qui creuse un gros fossé dans notre façon de travailler entre la première démo et l’actuel LP. C’est pour ça qu’on l’a enregistré rapidement, Magic Carpet Ride ne nous représentait plus tellement ».

Cette mise à jour du groupe avait aussi pour but d’avoir une base de tournée, car après une rencontre avec un bookeur portugais, les voilà sur une tournée avec un groupe anglais. Mais suite à un désaccord sur le contrat, le groupe anglais ne bougera pas de leur pays. Finalement, c’est Brain Pyramid qui prend la tournée.

« On s’est fait vachement d’expérience. Sur cinq-six dates, on a découvert comment ça marchait, ce qu’il fallait faire. On a rencontré vachement de monde et ça nous à permis de faire une deuxième tournée. C’était grisant et tu sens que tu ne fais pas de la musique pour rien. C’était pour ça aussi que je voulais faire de la musique, pas pour faire des repêt’ tous les dimanches dans le garage. »

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Au Stoned Pebble Night, c’était leur premier concert depuis quelque temps, depuis leur dernière date en Belgique en fin novembre.

« On va se décrasser, prendre notre pied et vous en mettre plein à la vue ».

Prochain projet ? Un nouveau disque tant que le groupe est encore entier (ah, la tentation des femmes du sud !) et un split avec Missing Miles (Caen). En attendant, nous on a profité de leur prestation sur scène et on ne peut que vous conseiller ce groupe.

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