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Le 5 février prochain, The Fourth is Bearded sortira son tout premier album. Nous avons eu le privilège de recevoir le bébé en avant-première.

Nb : Je parlerai ici de la version CD, sur laquelle figure Winter Sun en Bonus Track. En effet, par soucis de place sur le support, elle n’est pas disponible sur la version vinyle.

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Constat à la première écoute : des morceaux de 10 minutes, de la Delay, des parpaings, des sentiments. Les choses s’annoncent plutôt bien. On remarque aussi que l’album est divisé en deux grandes parties : la première est plutôt massive et énervée alors que la seconde, beaucoup plus atmosphérique, est ponctuée par de longues plages instrumentales typiquement post-rock.

[Teaser : https://vimeo.com/145112320]

Sleepless Night ouvre l’album proprement et efficacement. Assez répétitif et lancinant, on se retrouve immédiatement happé par la musique. On assiste à une superposition d’ambiances : tantôt, ce sont des riffs qui nous explosent au visage, tantôt on se noie sous une avalanche de delay saupoudrée de longs monologues parlés. La structure du morceau n’est pas sans nous faire penser à la manière dont Lost in Kiev structure ses compositions. Quoi qu’il en soit, le ton de l’album est donné : tristesse, souffrance, et autres joyeusetés.

Préparez-vous à sentir votre cœur se serrer et l’angoisse vous envahir. C’est le moment d’écouter His Eyes. Niveau composition, le groupe a joué la carte de la simplicité. En effet, ce morceau ne brille pas pour son originalité. Mais le travail vocal est tel que cela devient vite un détail. Impossible de ne pas être touché par ces intonations, cette voix presque cassante, qui donne une impression de profonde douleur et d’extrême fragilité.

End of an Era, seul morceau de moins de cinq minutes marque la fin de la première partie de l’album dont je parlais précédemment. Ici, The Fourth is Bearded a joué la carte de l’avalanchedeparpaingsdanstaface (oui, en un seul mot, parfaitement). C’est lourd, c’est violent, c’est direct, et ça fait du bien.

Puis vient notre Bonus Track, Winter Sun (le clip est juste au dessus, n’hésite pas à y jeter un coup d’oeil). Des plages instrumentales planantes, des samples, encore des plages instrumentales, un peu de chant pour agrémenter le tout. Je suis très curieuse de découvrir ce morceau en live !

Adixia (incontestablement mon gros coup de cœur de l’album) et Insomnia suivent à peu près le même chemin. L’agencement de la tracklist est judicieuse. En effet, on sent une réelle continuité entre ces trois morceau. De ce fait, difficile d’en écouter un sans avoir envie d’écouter les deux autres.

De manière générale, The Fourth is Bearded maîtrise l’art de créer de longs morceaux durant lesquels on ne s’ennuie pas. L’habile mélange de post-rock et de post-hardcore permet à l’auditeur d’explorer un riche panel d’émotions, bien que l’ambiance générale soit assez sombre. On appréciera particulièrement les longues plages instrumentales qui nous permettent de souffler et de prendre du recul sur ce que la musique nous procure.

On notera tout de même que le chant peut sembler un peu fort sur certains morceaux, notamment sur Sleepless Night, et que la batterie aurait gagné à être mise un peu plus en avant afin d’amplifier le côté massif des compositions axées post-hardcore.

Et si vous vous demandez ce que cela donne en live (Spoiler : ça déchire), vous pourrez retrouver The Fourth is Bearded à l’occasion de leur Release Party le 5 février au Havre, le 6 février à Caen, le 7 février à Paris (en compagnie de MIME que je vous recommande d’aller voir si vous en avez l’occasion) ou encore le 13 février à Rouen.

Vous pouvez retrouver l’album sur leur bandcamp.

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Grey Widow – I [Sludge/Doom, UK]

Publié: 20 novembre 2015 par Squideleiev dans Chroniques, Musique
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Track Listing : I (05:24), II (07:40), III (05:56), IV (07:17), V (05:05), VI (09:18), VII (06:49), VIII (09:12)

Release : 14/01/2014

Avant toute chose, laissez-moi vous raconter une petite anecdote. Il y a quelques temps à Rouen, les forains manifestaient suite à la décision prise par la mairie de déplacer la Foire Saint Romain. En ville, on se serait cru en pleine guerre civile : de la fumée, des flammes, les forces de l’ordre à tous les coins de rue, des sirènes qui ne cessaient de résonner dans le lointain, les voitures agglutinées, les piétons curieux, agacés ou apeurés qui se bousculaient… Et moi, comme tous les matins, j’allais tranquillement travailler, le casque vissé solidement sur les oreilles. C’est ainsi que j’ai découvert l’album de Grey Widow pour la première fois. Autant vous dire que le spectacle était parfaitement raccord avec toute la crasse dégoulinante de mes écouteurs.

L’objet physique en lui même est plutôt sobre, mais sympathique. Au niveau des titres, là non plus, pas de superflu : le groupe a opté pour des chiffres romains qui suivent le track listing, ce qui a son côté pratique quand on écoute ses CD dans la voiture ou sur un vieux poste incapable d’afficher autre chose que le numéro de la piste.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Grey Widow, c’est du Sludge / Doom poisseux qui colle à la peau et te claque au sol. I, c’est une histoire de haine, de souffrance et de torture. Par mesure de sécurité, les âmes sensibles et les oreilles les plus délicates sont donc priées de se tenir à l’écart.

La première force du groupe, et celle qui fait toute son efficacité, c’est d’avoir réussi à créer quelque chose d’original et bien à lui, sans pour autant chercher à s’éloigner des sentiers battus. Bien que Grey Widow ne réinvente pas le genre, on constate qu’il est assez difficile de lui trouver des points communs avec d’autres artistes jouant dans la même cour. En cherchant bien, on pourra éventuellement voir quelques similitudes avec Thou ou certains titres d’Eyehategod, mais ça s’arrête là. En ce qui concerne les compositions, là non plus, rien de mirobolant, pas de claviers ou d’effets synthétiques à outrance. C’est brut. L’authenticité qui en ressort est d’ailleurs renforcée par le jeu frénétique des musiciens, jouant comme si l’avenir du monde en dépendait.

Toutes les techniques sont bonnes quand il s’agit de rendre une expérience musicale pénible et douloureuse. Dans I, II et III, les riffs sont incisifs, la violence qui s’en dégage est directe, frontale, alors que IV, VI et VIII distillent dans l’atmosphère quelque chose de plus insidieux, qui nous saisit de l’intérieur. L’agencement des pistes a aussi son importance. Au fil des titres, les parpaings s’alourdissent. D’où l’importance d’écouter cet album dans l’ordre (sauf si, évidement, tu veux directement passer aux choses sérieuses sans échauffement. Dans ce cas, je te conseille VII, de préférence à plein volume).

De manière générale, l’enregistrement est propre, même si le mixage fait que, sur certains morceaux, notamment sur IV, les backing vocals se démarquent un peu trop, venant perturber la dynamique du morceau. Quoi qu’il en soit, bien que l’album soit un vrai petit bonheur pour les misanthropes qui aiment regarder le monde avec mépris du haut de leur tour, si vous en avez l’occasion, je vous conseille vivement d’aller les voir en concert (vous pouvez d’ailleurs retrouver le live report de leur concert à L’Emporium sur notre site).

Il y a quelques jours, dans la cave du Gibier de Potence, on découvrait Hush Frequency, trio parisien mêlant habilement Post-Rock et Math Rock (vous pouvez retrouver le live report ici ). Il est maintenant temps de découvrir leur EP, au son bien différent du rendu live, mais pas moins intéressant pour autant.

Cet EP a été enregistré à La Sirène en avril 2014, mixé par Thibaud Carter et masterisé par Olivier Mantel. L’artwork est quant à lui l’œuvre d’Emmanuel Colomb.

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Bien que le Post-Rock soit un genre dans lequel très peu de groupes peuvent être définis comme réellement mauvais ou sans intérêt, il n’est pas rare de retrouver un certain nombre de clones reproduisant presque à l’identique l’œuvre des plus influents du genre tels que God is an Astronaut, If These Trees Could Talk, Mogwai, ou encore Explosions in the Sky. Hush Frequency, bien que ne s’éloignant pas des sentiers battus, a tout de même réussi à tirer son épingle du jeu et à créer un son qui lui est propre.

La recette est simple : des morceaux relativement courts, mais efficaces et sans superflu, des compositions riches et une tracklist agencée judicieusement, de manière à donner un sens à l’EP dans son intégralité.

Lowers est entêtant, presque sensuel, nous enveloppant de son aura dès les première notes. La batterie sert de fil conducteur, tandis que la guitare et la basse évoluent tout au long du morceau, nous offrant de nombreuses variations, et gagnant en richesse au fil des minutes. La seconde partie du morceau est plus percutante, tous les instruments s’emballent, nous transportent et nous transcendent. Bref, du post-rock assez conventionnel, mais on ne peut plus efficace.

Puis vient le doux-amer Bye Bye See You, dont l’introduction presque agressive n’est pas sans nous rappeler Myxomatosis de Radiohead. C’est un morceau ambivalent, jouant avec les sentiments de l’auditeur. En effet, on alterne les plages légères, presque sautillantes, et les plages plus graves. Fatalement, on reste admiratif face à la composition, à l’image du groupe, sans prétention, mais avec juste ce qu’il faut pour rendre l’ensemble original. Cette fois-ci, ce n’est plus la batterie mais la guitare qui nous guide à travers ce flot musical.

Et c’est au tour de Le Noble, qui arrive comme une conclusion. C’est au tour de la basse d’avoir le rôle de leader. Ce morceau, plus percutant, fait appel à un large panel d’émotions négatives, comme un exutoire. Mais finalement, on en ressort indemne, presque soulagé.

Plus globalement, la batterie pourra sembler un peu forte et un peu trop mise en avant selon certaines oreilles, d’autre la considéreront comme donnant une profondeur intéressante aux morceaux. A la fin de l’EP, on garde en bouche un goût sucré, et c’est tout naturellement que l’on presse une nouvelle fois le bouton lecture, en espérant que le groupe nous offre prochainement quelques titres de plus.

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Cette semaine, je tiens à vous présenter un coup de cœur… C’est un groupe qui a pris contact avec nous il y a quelques mois et je n’ai eu la possibilité d’écouter ce qu’ils font que récemment. Dire que j’ai aimé est un euphémisme… Bon, je ne vous promets pas la lune non plus, ça ne sera pas le groupe qui vous fera bondir de votre chaise et vous faire faire des hélicos-bites, d’autres n’aimeront pas et d’autres resteront sur leurs blacks/death/hardcore/post… etc… tout en l’écoutant une fois et en passant à autre chose. Bref, c’est un groupe qui pourrait voir son EP rester six mois sur mon mp3 et je tenais à le signaler vu la rareté de la chose… Mais aussi grâce à la technicité de leur musique, l’ambiance qui s’en dégage et ce renouvellement constant dans leurs compos.

Je vous présente Misery, mon coup de cœur du second trimestre !

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Misery commence son aventure en 2012 sous l’impulsion de Greg Lorenc (ex-Guts Syndicate), compositeur et guitariste du groupe, s’en suit l’arrivée de Smus (Ex-Purify) au chant, de Romain alias « MachineGun » (ex-Our last Murder) à la batterie, de Thibault (Ex-Médius) et de Yohan (Ex-Ephedryne) à la guitare. Le groupe nous vient du Nord-Pas-de-Calais et nous offre un modern-metal entre Djent et Metal, tantôt mélodique, tantôt écrasant, dévoilant une personnalité proche d’Architects, Moth to Flames, Northlane ou encore Red.

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En aout 2014, le groupe sort sa première vidéo We Will Be Brave (que vous pouvez voir juste en dessous) et en février 2015, le groupe signe son premier contrat de distribution mondiale avec le label M & O Music pour deux ans. Pas d’EP en vue avant avril 2015 sous le nom de la même vidéo We Will Be Brave.

Du coup, que vaut cet EP qui mérite mon coup de cœur ? C’est ce que je vous invite à découvrir.

 

Ce que le dragonnet en pense

 

Lors de ma première écoute, Misery m’a franchement fait penser au groupe Red avec qui il partage beaucoup de points communs en commençant par son ambiance. S’il y a bien quelque chose qui sort de ce groupe, c’est cette ambiance particulière. Une ambiance qui suit l’EP tout du long et qui en donne toute sa particularité. Sombre, avec quelques rayons de lumière qui sortent par-ci par-là.

Le groupe a misé sur un modern-métal symphonique, navigant entre des moments calmes et limpides, puis en gueulant dans le micro avec quelques riffs brutaux et une compo qui suit, toujours en instillant cette ambiance qui m’est si chère dans cet eP.

We Will Be Brave est l’intro, qui commence par une longue session d’ambiance, qui m’a notamment fait penser à Red  dans son intro. Le tout se calme au bout d’une trentaine de secondes avec quelques riffs en dents de scie et bien accrocheurs. Smus prend ensuite la parole et tout s’enchaine avec, encore et toujours, cette ambiance derrière le morceau.

6 Feet Under poursuit et nous propose le premier morceau du groupe avec une intro qui met bien dans le ton. D’ailleurs, cette intro m’a réellement fait penser à l’otherworld du jeu  Soul Reaver  avec ces pleurs (petite parenthèse geek, si tu n’as jamais jouer a Soul Reaver, JE TE LE CONSEILLE !). Concrètement, le morceau nous présente le panel de talents du groupe, alternant entre passages proches d’un hardcore dans la voix à celui plus mélodique des refrains qui frôlent le metalcore par moments. La compo est bien établie, pas de brusque rupture, ce qui nous permet d’apprécier cet excellent morceau…

On continue avec Take dont vous pouvez voir le clip juste en dessous. Un morceau un peu plus brut, qui tape beaucoup plus dans le hardcore que son prédécesseur, avec un refrain plus calme. Bien qu’il soit le morceau phare de l’EP, j’ai du mal à l’apprécier, il manque un « je ne sais quoi » qui fait le charme, par exemple, du premier morceau 6 Feet Under. Pour le reste, je trouve ce morceau correct. Bref, pour le coup rien à redire à part ce petit manque, mais tout ne peut pas être parfait.

Pale & Cold est diffèrent des autres morceaux, puisque grosso-modo c’est un morceau d’ambiance. Cassant un peu le rythme imposé par les deux précédents morceaux, il marque une pause bienvenue qui nous permet  de souffler et de profiter un max du prochain morceau. Le tout restant dans cette ambiance très sombre, froide et mélancolique.

Answer est le dernier morceau de l’EP et suit le rythme de Pale & Cold pour son intro, quelque chose de vacillant, calme, puis qui te pète à la gueule dans un déluge de riffs. Pour ce dernier morceau, le groupe a décidé  de lâcher tout son potentiel de violence. Un dernier sprint pour la fin avec un morceau dynamique, puissant et plein d’énergie. On regrette seulement qu’il s’agisse de la fin tellement c’est bon. On comprend parfaitement la présence de Pale & Cold juste avant pour préparer tes oreilles.

 

Coup de cœur, explication

 

Après cette petite review des morceaux que constitue l’EP We Will Be Brave, il est peut-être temps que je vous explique ce qui me plait tant dans ce groupe. Tout d’abord l’ambiance qui en ressort, comme je l’ai assez pointé du doigt dans la chronique, il y a eu un véritable travail derrière pour faire cet EP, non pas pour combler un quelconque manque, mais pour donner une dimension plus personnelle à We Will Be Brave et au groupe en lui-même. Ce gros travail d’ambiance (les pleurs de l’intro 6 Feet Under ou tout simplement le morceau We Will Be Brave) est l’un de ces points qui m’a fait craqué.

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Le second vient notamment de la compo, c’est fluide, l’alternance entre tempos forts et calmes se fait sans cassure. On sent encore un énorme travail derrière. Bien que le morceau Take m’ait laissé sur ma faim, j’ai apprécié chaque riff, chaque temps…

Ce travail fait que l’EP vaut largement certains albums de modern metal que je peux écouter sans m’en lasser. Je ne mettrais pas au même niveau, mais Misery trône dans mon top 3 avec Trepalium (Voodoo Moonshine) et Klone  (Heres  Comes The Sun) depuis la création de Rock’in Radio.

C’est sûr et encore une fois, mon avis n’est pas divin (dommage) et certains n’aimeront pas, préférant tel ou tel autre groupe. Pour ma part, c’est un gros coup de cœur et j’ai hâte de voir la suite avec un album, pourquoi pas, un futur concert sur Rouen ! Après tout, ils sont Lillois, on est qu’à deux heures de route !

 

Des liens, plein de liens !

The Von Corda (anciennement J. Von Corda & The C. Southern Poison Light – bien moins facile à retenir, je vous l’accorde-), groupe français originaire de Toulouse ont enregistré trois EP, de cinq titres chacun, entre septembre 2014 et février 2015, intitulés Carnation #1, Carnation #2 et Carnation #3. Avant de continuer votre lecture, je vous invite à regarder ces trois pochettes dans le détail, parce qu’elles sont sacrément classes.

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Difficile de parler d’un EP sans parler de tous les autres, tant les trois opus semblent indissociables. Von Corda nous offre un son teinté de folk, de noise, et même de quelques touches de post-rock par-ci par-là. Parfait pour déverser ses états d’âme pleins d’amertume.

On peut classer les morceaux de Carnation en deux catégories : il y a les morceaux chantés, avec une voix masculine, et les spoken words, avec une voix féminine cette fois-ci. Globalement, chaque titre est plutôt court, et ne dure pas plus de 3 minutes 30.

Voici quelques petites choses à retenir sur chacun des EP :

Carnation #1 (release : 22/09/14) : Jerk, morceau plus Rock’n’Roll que le reste de l’EP. On apprécie aussi Amour, morceau minimaliste nous rappelant vaguement Noir Désir, du moins au niveau de l’ambiance. Ici, c’est la voix qui fait tout.

Carnation #2 (release : 11/10/14) : Certains morceaux, notamment Le Grand Mouvement ou A621 ne sont pas sans nous inspirer un savant mélange de Noir Désir et de Louise Attaque. Dans Cul de sac, la technique vocale évolue pour arriver à mi-chemin entre chant et spoken word.

Carnation #3 (release : 11/02/15) : Avec Tocsin, on entre dans la sphère nébuleuse des morceaux de plus de 5 minutes. On sent nettement l’influence des Pixies et de Radiohead, sans pour autant tomber dans le cliché de la pâle copie. Affût se réfugie dans le noise : des samples de radio que l’on règle, des effets sur la voix la rendant très artificielle… Et enfin, le très post-rock Sucre, qui mêle les deux voix avec lesquelles nous nous sommes familiarisées depuis le début de l’aventure Carnation.

On constate une nette progression dans la composition et l’interprétation, surtout dans Carnation #3. En effet, à partir de là, le groupe ne lésine plus sur les effets, les compositions semblent mieux construites, et les voix plus maîtrisées. Malgré tout, le groupe reste fidèle à son identité et, sans se faire d’infidélité, nous montre la manière dont il est capable d’évoluer. Affaire à suivre !

Un Automne de Plus est un duo né en 2010, initialement originaire de La Rochelle, maintenant basé à Paris : Rom1 au chat et à la guitare, Moon à la batterie. En février 2015, le groupe nous faisait découvrir son EP Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs, doux mélange de Post-Rock et de Screamo, agrémenté de quelques touches de Shoegaze savamment distillées.

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Cet EP, disponible aussi bien en format numérique qu’en CD (démarche que l’on apprécie toujours, une Cdthèque n’étant jamais trop pleine) se compose de quatre titres, plus un bonus track. Avant toute chose, la pochette (signée Un Automne de Plus & Po Basic), ainsi que le titre retiennent notre regard et notre attention. On ne juge pas une œuvre à sa couverture, encore moins à son titre, mais un artwork agréable est, à mon sens, toujours un plus, particulièrement lorsque l’on propose un format physique.

Musicalement, si vous aimez le Post-Rock à la fois accessible et nuancé, instrumental ou pas, je ne peux que vous conseiller de vous arrêter un instant. Un Éternel Recommencement, courte introduction de 45 secondes annonce la couleur. L’instrumentation froide et minimaliste accompagnée sur la fin de samples de voix (que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans l’EP) produit une ambiance lourde, presque inquiétante. S’en suit sans transition Presque Mort et ses premières minutes aux riffs agressifs, mais sacrément efficaces. Mais ce morceau ne se contente pas de nous lancer des briques en pleine face : en effet, l’ambiance devient plus mélodique, purement post-rock. Les samples et la voix du chanteur s’additionnent à la douce instrumentation, lui donnant de la profondeur, par effet de contraste. A mon sens, en ce qui concerne la composition, ce morceau est très certainement le plus abouti, le plus recherché.

Vient ensuite Explosions, morceau instrumental (je ne vous cacherai pas que c’est ici que va mon coup de cœur, étant une adepte des instrumentaux), beaucoup plus apaisé, mais pas plus apaisant pour autant. Le groupe a su garder l’apparente légèreté envoûtante propre au post-rock, sans mettre de côté sa signature mélancolique. Que Nous Reste t-Il prend une direction toute autre. On en oublierait presque la lourdeur des morceaux précédents tant celui-ci nous paraît entraînant, grâce aux quelques accents punk qui arrivent à s’immiscer. Ici, la voix de Rom1 est très communicative, dégoulinante d’émotions. Le morceau se finit sur un monologue samplé, tel une conclusion à tout ce chaos. Puis arrive Le Temps qui Passe !, en bonus track. Une mélodie minimaliste, des samples de voix. L’EP se termine de la même manière qu’il a débuté. La boucle est bouclée. Tellement qu’on se le réécouterait bien une nouvelle fois. Ou deux.

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Malgré quelques petits défauts, notamment au niveau de la voix, que l’on aimerait parfois un peu plus expressive, Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs est un EP de qualité. On appréciera le chant en français (ou pas, là dessus, chacun ses préférences), les paroles ayant leur importance dans l’ambiance musicale globale. D’ailleurs, la recette samples + post-rock n’est pas sans nous rappeler la démarche d’autres groupes français du même genre, tels que Zéro Absolu ou Lost in Kiev. Bref, Un Automne de Plus, sans vraiment sortir des sentiers battus, nous offre un son bien à lui. On ne leur en demande pas plus.

Vous pourrez les retrouver en live le 30 janvier 2016 à Bruxelles pour le MCP Apache for the Metal Fest.

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Tiens, si je me remettais à écrire des chroniques ? Mais avant de vous parler du sujet, je vous laisse en compagnie de vieilles mamies sympathiques comme intro !

Le bon côté, c’est que mon humour de merde ne m’a pas quitté, mais au moins on a déjà un pied dans la thématique de cette chronique… Non, pas le couscous, les pirates ! (Suis un peu lecteur !).

Pour le coup, je vais vous parler de Barbar’O’Rhum, un groupe qui nous vient de Toulouse et qui joue du pirate folk métal… Allez, on embarque et on lève l’ancre !

 

Mets ton tricorne et bois ton rhum !

C’est dans la marée humaine toulousaine que le navire de Mathieu (Libertalia/Ex-Les compagnons du Gras jambon) vogue depuis huit ans en composant des dizaines de morceaux avec pour thématique la piraterie, les Caraïbes et le rhum (oui lecteur, tu vas avoir beaucoup de référence à cet alcool !). Durant son voyage à travers les mers, il rencontre en 2013, deux flibustiers avec qui Mathieu créera son équipage : Boris (Basse/ ex-Natural Mortica) et Colin (Synthétiseur/ Ex-Natural Mortica aussi).

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Avril 2014, deux autres marins rejoignent le navire, d’un côté Corentin (Guitare) et Richard (Batterie/Ex-Brick A Drac) et en 2015, on peut déjà compter un grand nombre d’abordages sur les scènes du Sud-Ouest de la France (Le Bikini de Toulouse a été également victime d’actes de piraterie de la part du groupe) et d’une excursion en Allemagne pour le Festival Maritim.

Ainsi naît Barbar’O’Rhum, un Rock & Rhum, agrémenté de flûte, de cornemuse, le tout avec la basse, la guitare et la batterie d’une scène métal. Un groupe qui a débarqué en début d’année chez Rock’in Radio et à qui ont a promis une critique sur leur démo Barbar’O’Rhum. Du coup, j’enfile mon tricorne, je prends mon sabre, je m’engloutis un shoot de Kraken et je file à l’abordage !

 

Ce qu’en pense le Kraken… Euh, le dragonnet !

La démo de nos chers pirates est dispo sur Soundcloud et contient trois morceaux, enregistrés, mixés et masterisés par PhormorG en 2014. Les trois morceaux, tous chantés en français et d’une durée d’à peu près cinq minutes chacune, racontant chacun une histoire se rapprochant des grandes légendes des mers… Barbe Noire ou bien le Hollandais volant, c’est ce que nous propose le groupe !

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Cœur de l’océan est le premier morceau et nous raconte une belle histoire d’amour… de cul… Bref ! Notre bon capitaine tombe sous le charme d’une donzelle lors d’un abordage et s’en retrouve envouté par la belle sirène. Première chose qui me fait tiquer… La voix ! Sur le soundcloud du groupe, elle est partiellement couverte par la compo des autres membres du groupe, ce qui fait que j’ai loupé certains passages, avant de réécouter et de tendre l’oreille… Ou alors c’est foutu et je deviens sourd ! Par contre, le fait de chanter dans la langue de Molière ne me gêne absolument pas, j’ai pris un malin plaisir à écouter les histoires du groupe, mais revenons au Cœur de l’océan qui reste un morceau énergique avec la flûte qui accompagne le tout ! Mi-figue, mi-raison et pas trop de rhum pour le coup avec ce premier morceau malgré l’énergie dont elle déborde.

Le trésor maudit de Barbe Noire que je dédie au cap’taine du Gibier de Potence, lui qui veut tellement prendre la mer (ou ta mère, ça dépend des fois)! C’est une chanson de taverne, une histoire de pirate sur le fameux trésor du maître des mers, le capitaine Barbe Noire. Encore une fois, la voix se fait mâcher par la composition, que je n’accroche pas totalement pour le coup avec le synthé derrière, malgré la présence des instruments à vent. Je ne dis pas que le morceau est mauvais, attention ! Mais sa construction me laisse pensif, peu être que s’il avait été un poil moins rapide, on comprendrait mieux le chant (même si le refrain est tout à fait audible ?!).

Le Hollandais Volant transforme la donne, j’entends enfin la voix bordel !!! La rythmique est beaucoup plus accrocheuse et le côté pirate de la compo ressort plus. Par rapport aux autres morceaux, que je trouvais un tantinet faiblards, celui-ci dévoile toute l’identité de Barbar’O’Rhum : des chansons de pirates sur des instruments à vents et électriques, qui nous racontent l’histoire des mers et de ceux qui tentent de la dompter ! Est-ce parce qu’il s’agit du dernier enregistré et que le groupe à eu le temps de gérer les quelques soucis ?

 

Alors cap’taine ? On fait quoi pour le rhum ?

On le boit ! Pardon…

Que dire de Barbar’O’Rhum ? J’y crois ! Bien sûr, j’adore l’univers, la thématique pirate et ce côté folk. Comme le disent les potos de Drenaï (Rouen) dans le folk, vous avez plein d’univers variés, mais tous très utilisés… La piraterie reste l’un des rares qu’on ne voit pas à tous les concerts de folk… Oui bon, vous avez Alestorm et puis ? Je pense que Barbar’O’Rhum à un énorme potentiel, malgré que, deux morceaux sur trois, je n’entends pas la voix (ou alors il est temps de me mettre un sonotone).

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Je conseille ce groupe aux plus curieux, mais aussi aux amateurs de folk et de pirate. De mon côté, j’attends la suite… Allez les gars, sortez un Ep qu’on puisse reprendre la mer avec vous !

 

MAJ 04/07: Il semblerait que ce soit mon son qui merde, après discussion avec un autre amateur de musique pirate… Je vais donc réecouter avec un casque et en fonction, j’éditerais la chrochro !

 

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