Archives de la catégorie ‘Chroniques’

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Dans les albums « j’ai du mal à chroniquer parce que c’est trop bien, mais impossible de le mettre dans une case », on va prendre pour notre chronique de cette semaine le tout dernier Klone, Here Comes The Sun».

C’est un peu l’OVNI du premier trimestre 2015, jamais Klone n’a fait un album ressemblant à son précédent, Here Comes The Sun ne déroge par à la règle avec une ambiance plus atmosphérique, envoûtante, contemplative… Bon avant tout, Klone, c’est ça :

 

Klone, c’est aussi le Label Klonosphere, donc t’imagine bien qu’il y a matière à faire un truc qui vaut largement le coup d’oreille… OK, c’était nul, pardon ! Pardon ! Je voulais dire, y mettre l’oreille, ça va, c’est mieux ?

Klone nous vient de Poitiers, créé en 1995 et avec à la base le chanteur David, Guillaume à la guitare, Julien à la basse et Laurent le batteur. Changement de line-up oblige, aujourd’hui on retrouve Yann (chant), Guillaume (guitare), Adrick (guitare), Jean Étienne (basse), Florent (batterie) et Mathieu (Ssxophone et clavier).

On a pu les voir en tournée, avec notamment Gojira, King’s X ou encore Orphaned Land, mais pour beaucoup, ce fut aussi sur les planches des mainstages du Hellfest.

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Le groupe est passé par plusieurs phases d’évolution et de styles, avec un album pour marquer le cap à chaque fois. Parfois brutal, parfois électrique, parfois violent ou imprévisible. Impossible de prévoir le style de Klone tellement celui-ci change du tout au tout entre chaque album. Il n’est pas question ici d’écouter le premier album du groupe et l’actuel pour y voir une « évolution » de style, chaque album étant une pièce de l’immense puzzle qu’est Klone. Alors que le groupe était plutôt parti vers une ambiance plus progressive, délaissant leurs racines metal, voilà qu’arrive Here Comes The Sun en mars 2015.

Here Comes The Sun a été financé en tant que projet ulule, plateforme participative de financement et ceux qui ont participé ont pu ainsi avoir en preview l’avancement du projet (d’ailleurs, j’attends mon vinyle !).
Je ne prendrai pas en exemple d’autres albums de Klone, malgré leur palmarès. Comme je le dis plus haut, Klone ne fait jamais deux fois la même chose. Pour le coup, c’est avec un regard neuf que je vais vous parler de cet album.

 

Ce que le dragonnet en pense :

Septième réalisation studio du combo poitevin, il est temps de savoir ce que cet album et ses dix titres ont dans le bide !

On commence avec Immersion que ceux qui ont participé au projet ulule ont pu avoir en preview de l’album. Je me rappelle d’ailleurs ma réaction à son écoute, entre surprise, questionnement et plaisir. Surprise de voir la tournure que le groupe avait prit, questionnement sur l’album et la peur qu’il soit rapidement redondant et plaisir, car derrière la lenteur de la composition, le calme qu’on y perçoit, on ressent également toute la puissance mise dans ce morceau avec le vrombissement de la basse, la voix de Yann qui, sans grimper, arrive à fournir une force à ce morceau qui te fait comprendre immédiatement que même si Klone change son style d’un album à un autre, ils maîtrisent parfaitement ce qu’ils font. Pour l’anecdote, à l’écoute avec un ami réalisateur de Web-série, il trouvait que le morceau irait très bien comme B.O de trailer pour l’un de ses projets.

Fog quitte ce côté « puissance contenue » pour livrer un morceau calme, sans aucune forme d’agressivité et donne a l’album ce côté envoîtant, atmosphérique. Les accords de guitare et le ton que prend Yann pour ce morceau rappellent vraiment la brume qui étire ses bras et nous perd. On retrouve de nouveau cette puissance contenue au trois quarts du morceau après une phase atmosphérique, qui ressemble presque à une fuite éperdue à travers la brume pour s’ouvrir sur le troisième morceau.

Gone Up In Flame est beaucoup plus atmosphérique que ses deux autres prédécesseurs. On y découvre tout le travail mis en place par Klone pour donner cette touche qui fait la personnalité de l’album. S’il y a bien un morceau accessible aux néophytes, c’est bien celui-là alors que ceux qui baignent dans ce style y verront une richesse qui agrémente d’un bout à l’autre l’album. Pas le meilleur morceau, mais l’un des plus travaillés au niveau de l’ambiance.

The Drifter reprend en grande partie la construction atmosphérique de Gone Up In Flame. C’est un morceau calme et même si la voix de Yann s’élève parfois, le reste est d’un calme qu’on pourrait presque fermer les yeux et se laisser porter par la mélodie. Même le temps au deux tiers du morceau, complètement instrumental, nous laisse aller à la rêverie.

Nebolus quitte le calme et la quiétude pour un morceau un peu plus nerveux sur la compo et la voix, on grimpe dans le son et dans l’épique. L’album prend de l’ampleur et Klone refuse de faire uniquement dans le doux, sans pour autant frapper à la porte du brutal. On se retrouve dans un équilibre qui mixe à la fois le côté atmosphérique que veut l’album et cette énergie, ni trop brute, ni trop douce.

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Gleaming est un morceau étrange, uniquement instrumental avec des notes tout aussi curieuses. On se retrouve avec 3min de son qui pourrait paraitre dans un album post-rock. Rien à dire là-dessus.

Grim Dance quant à lui monte en puissance tout du long du morceau. On commence doucement, puis petit à petit, le ton monte, les instruments donnent de l’ampleur. On s’essouffle, on se repose pendant quelques secondes et dès que Yann reprend, le son s’élève de plus belle. Grim Dance est de loin le morceau le plus puissant de l’album et vous vous en rendrez compte qu’il ne s’agit pas la de violence, ni de force, mais plus d’ampleur, d’ambiance…

Come Undone est le titre qui m’a le moins marqué, sûrement parce que ce côté atmosphérique devient trop pesant. Après sept titres, je vous avoue que mes oreilles ont envie d’écouter autre chose. Rien à redire sur la composition, ni sur le chant, même si ça revient souvent au même… On commence à sentir un désir de changement !

The Last Experience est l’avant-dernier morceau, un poil plus énergique qui me sort de ma torpeur. On sent la fin approcher et l’album doit se clore dans une belle explosion, une explosion instrumentale qui prendra les deux tiers du morceau, se terminant dans un capharnaüm de son, la batterie grimpant en flèche, quitte à terminer dans un son incompréhensible

Summertime est une cover qui commence sur un air de saxophone et sur quelques grattements de corde. Terminus pour l’album, c’est sur ce dernier morceau que tout ce termine et de toute beauté. On se demande déjà à quelle sauce Klone nous prépare son prochain album une fois le morceau terminé.

 

Et enfin…

Difficile de place Klone sur l’étagère, est-ce du métal atmosphérique, de l’expérimental, du rock… En tout cas, Klone mettra tout le monde d’accord avec son dernier album sur la dose de travail, la composition et l’ambiance mise en place. Chapeau bas, Klone réussit son pari de changer profondément son style à chaque album et celui-là ne change pas la donne.

Et moi, ce que j’en pense ? J’ai eu du mal à saisir l’ampleur de l’album à sa première écoute. C’est le genre d’album qui vous demande plusieurs écoutes, un temps mort et une réécoute. Je suis bon public, vous le savez, mais malgré une chronique plutôt bonne dans l’ensemble, Here Comes The Sun ne sera pas l’album qui m’aura le plus marqué, ni que je réécouterais souvent.

Le côté atmosphérique, au bout de dix morceaux (neuf, le dernier ne compte pas vraiment) m’a pas mal asphyxié et au bout d’un moment, j’ai vraiment lâché l’affaire, question de m’occuper à d’autre chose, puis de revenir dessus, le cerveau clair.

L’album n’est juste pas fait pour moi, je pense que d’autres le kifferont, d’autres en seront curieux et passeront un bon moment. Moi, simplement, ce n’est pas ma tasse de thé, mais dans l’ensemble et sur un point de vue totalement neutre, cela donne ma chronique.

 

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Des liens, plein de liens:

A l’heure où les genres et les sous genres se multiplient (qui n’a jamais entendu parlé de post-dark-cold-indus-pagan-metal ?), il reste de ces ovnis musicaux que l’on ne se risque pas à vouloir gentiment ranger dans une case. Hear the Chief Moo Downtown fait partis de ceux-là. Klymt nous offre donc un album, sorti chez Postghost, à la croisée de l’Indus, de la Noise, de la Coldwave, le tout saupoudré de quelques touches Electro savamment dosées.

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La première écoute nous laisse plein d’interrogations. Dans un premier temps, on assimile aisément le groupe à My Own Private Alaska, Nine Inch Nails ou encore Pendulum. Puis, on saisit les quelques touches Electro à la Daft Punk et à la Kavinsky. Il nous arrive même d’avoir une pensée pour certaines formations Coldwave telles que Bauhaus, New Order, No Tears ou encore Dead Can Dance. Toujours est-il qu’une fois terminé, Hear the Chief Moo Downtown continue à nous trotter dans la tête, comme une expérience déroutante à laquelle on ne trouverait pas d’explication. Et puis, au fil du temps, les choses deviennent plus limpides : Klymt, à travers ses ambiances saisissantes et entraînantes a su s’imposer comme un groupe à la patte bien particulière sur une scène où il devient de plus en plus difficile de se démarquer.

On commence avec Concrete Mantra. Ce morceau semble très accessible dans un premier temps : un vocodeur sur les couplets, un refrain plus distinct, des guitares pour donner de la substance, des synthétiseurs qui occupent la majorité de l’espace sonore. On appréciera ce contraste entre la voix froide, très mécanique des couplets et celle des refrains, emplie de sentiments tellement humains. La fin du morceau est quant à elle plus agressive, plus tachante. On imagine sans peine cet homme torturé, en proie à lui-même, luttant de toutes ses forces pour sa survie psychique. Impulse se la joue plus pop. Niveau ambiance, on change radicalement. Ici, la voix chantée est plus légère, la ligne de basse et les touches électro plus entraînantes. La petite interlude, massive, donnera tout son intérêt au morceau. Et pour finir cette trilogie, c’est We’ll Find a Use for your Laugh qui régale. En comparaison avec Impulse, les performances vocales semblent plus maîtrisées, la mélodie plus entêtante, plus percutante, mais la recette est globalement la même .

Puis vient l’avalanche de riffs. The Low a presque un petit côté Depeche Mode. Ce titre semble légèrement moins abouti que les autres, nous laisse un peu sur notre faim. Cependant, par effet de contraste perceptif, After Me, The Flood paraît on ne peut plus majestueux. Il s’agit incontestablement de la pièce maîtresse de l’album. Dès les premières secondes, un écho malsain résonne dans la voix (qui pourra nous rappeler Radiohead à certains moments). Celle ligne dissonante nous oppresse, nous fait perdre l’équilibre. On suffoque, on cherche désespérément quelque chose à quoi nous raccrocher. Et la seule chose qui est à notre portée, c’est cette voix dégoulinante de psychose paranoïaque au milieu de ce capharnaüm. Suite à cela, Cactus est salvateur. Niveau ambiance, on passe du coq à l’âme. Ce poids, si lourd sur notre poitrine se dissipe et laisse place à la légèreté de quelques notes de guitare acoustique. Ce qui pourrait n’être qu’un morceau naïf prend de l’ampleur grâce à la voix déchirée, mise au premier plan.

Mother of a Trembling Heart est difficilement descriptible. Il mise sur une structure musicale simple mais efficace. On a, d’un côté, cette voix totalement déshumanisée, et de l’autre, des plages très Rock’n’Roll. On a du mal à saisir le message que Klymt tente de nous faire passer tant le panel d’émotions qui nous est présenté est immense. Il en est de même pour Roads, qui vient fermer l’album. A travers ce morceau, l’ambiance plus Electro et les riffs dissonants ne font plus qu’un, comme pour permettre à l’auditeur de remettre un peu d’ordre dans ce qui vient de s’abattre sur lui.

Hear the Chief Moo Downtown est un album abouti, aux ambiances et à la composition soigneusement travaillées. Certains seront gênés par la technique vocale parfois malhabile, tandis que d’autre trouveront ce petit défaut parfaitement adapté à l’univers de Klymt.

L’album est téléchargeable sur le Bandcamp de Klymt pour la modique somme de 4€.

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Quand j’ai commencé a écouter Soundcrawler, je me suis dit que c’était un son qui aurait parfaitement sa place dans un univers comme Fallout… Un monde post-apocalyptique, avec comme bande-son la musique lourde, grasse et aux accents atmosphériques de Soundcrawler, qui rendrait presque poétiques les bâtiments en ruine, la nature sauvage et la vie de maraudeur d’un tel univers…

Alors quand j’ai commencé à lire le press-book, je n’étais pas loin… Soundcrawler est un métal proche du stoner et du grunge, dont les cordes de guitares grippent sur le sable chaud et où la batterie est recouverte d’un fin voile de poussière. Avant d’être un groupe, Soundcrawler est une histoire qui se déroule dans un univers aride, ou chaque morceau forme le chapitre d’une grande histoire, celle du « Sandcrawler ». J’enfile ma tenue de survie, prends ma gourde et ma carte avant de parcourir les étendues désertiques de Soundcrawler pour faire faire découvrir ce groupe et son second album, The Dead-end Host.

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Soundcrawler est né en 2011 de Remy Pocquet (au chant) et de Clément Revieriego (Guitariste et compositeur). En 2012, le premier album montre le bout de son nez et laisse du sable partout, voilà Sandcrawler, contant l’histoire du protagoniste errant dans un désert aride et allant à la rencontre d’une entité au nom éponyme de l’album. D’abord acoustique, le groupe grandit avec l’arrivée de Paul, Firouze et Robin, rendant la chose beaucoup plus dynamique et ils feront la première partie de The Nothing.

En 2014, le groupe enregistre The Dead-end Host, qui clôture l’aventure du Sandcrawler. Guillaume Bernard (compositeur dans Klone) ajoute sa touche avec la prod’ des voix et quelques arrangements (et bordel, ça s’entend !). La galette sort du four, on croque dedans… Alors, un goût de sable ?

 

Ce qu’en pense le dragonnet

Il existe le stoner qui te fait décoller, aller loin dans ta tête et qui te fait passer le temps, un peu comme Brain Pyramid ou The Fur. Puis, il y a le stoner de Soundcrawler, qui part chacun de ses riffs, et construit tout un univers. Chacun des morceaux qui composent The Dead-end Host forme son histoire à part entière grâce à une compo étonnement intelligente, fluide et variée. Loin de la forme d’un stoner/grunge qui se répète une fois sur deux, Soundcrawler à su foutre en neuf morceaux assez d’influences et de tons pour offrir l’un des albums avec l’une des personnalités les plus travaillées que j’ai pu voir depuis que j’ai lancé Rock’in radio.

Raiders s’ouvre et comme je l’avais pressenti, on peut déjà sentir le sable chaud tanner la peau de notre voyageur. Les riffs sont lourds et gras, la batterie l’accompagne par à-coups, la voix semble lointaine, nous faisant profiter d’un écho plus que bienvenu dans la compo et fait très penser à un narrateur omniscient. Bref, on a la couleur de l’album dès le premier morceau, on sait où ça veut aller et dès que Raiders se termine d’un coup, sans prévenir, on passe à la suivante avec plus d’intérêt et de curiosité.

Burning Scales quitte l’ambiance « introductive » du premier morceau pour une autre, qui laisse la batterie, la basse et la guitare ouvrir sur quelque chose de plus sale et de plus violent. On a le droit à plusieurs longs moments de solo, comme si le narrateur de cette longue histoire était en train d’admirer un paysage dévasté. On assiste aussi à quelques moments de calme dans la compo du morceau. Le morceau coupe tout aussi sèchement pour laisser place à A God to Feed.

Quand je vous dis que Soundcrawler a vraiment du génie et de la personnalité dans la composition de son album, ce n’est pas pour rien. Le troisième morceau de l’album est rapide, en dents de scie, et commence violemment sans attendre une quelconque intro avant un passage de calme d’une trentaine de secondes avant de reprendre sa course folle. Jusque là, aucun ennui, aucun temps mort…

Long Coma Slow me fait penser à l’un de ses bars à la lumière tamisée, aux fauteuils en cuir et aux planchers de bois craquant sous tes pas. On change de registre pour une ballade, avec une guitare aux sons toujours aussi gras et à la voix toujours aussi pénétrante. Un morceau « passerelle » vers Souls from the Trash.

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Cette fois, tu veux du son gras, tu ne seras pas déçu, la guitare prend toute la place, occultant la voix. Ce n’est qu’au milieu du morceau qu’on reprend notre respiration avec un son beaucoup plus libre, moins saturé, pour retomber dedans. Autant Long Coma Slow nous bordait quelque peu, autant Souls from the Trash essaye de nous noyer sous ses riffs aussi brutaux que lourds. La dernière minute va de plus en plus vite, comme si on se retrouver étouffé, qu’un besoin d’air se faisait de plus en plus sentir.

The Plastic Truth sonne comme le glas de l’album. Ce n’est pas l’un des meilleurs morceaux, mais il a un je-ne-sais-quoi qui te fera comprendre que le narrateur est devant l’un des tournants de son existence. Après, Civil avec son petit côté électro, un peu cuivré et résonnant, nous donne encore une fois cette impression de fin qui approche, sans pour autant que l’album s’essouffle.

Infinite Genocide change la donne. Civil était un morceau quelque peu calme, Infinite Genocide s’excite et rend celui-ci nerveux, alors que la voix reste calme, la fracture rendra ce passage tout aussi bon, avec toujours cette impression de ne pas s’ennuyer de tout l’album.

And All the Seconds Left est une ballade instrumentale qui termine l’album sur une touche de calme atmosphérique, qui nous force à jeter un regard en arrière sur les huit autres morceaux et qui nous pose la question : est-ce la fin du Sandcrawler ? Vraiment ? Alors on appuie sur « Restart » et on relance l’album une nouvelle fois…

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Un long chemin à travers les sables…

J’ai mis du temps à chroniquer cet album, que j’ai eu bien avant sa sortie en février (20/02). J’ai tourné et retourné la galette un nombre incalculable de fois dans mon mp3, sur l’ordi alors que j’écrivais la chronique ou après une journée de taff sur la chaine hi-fi… Je vous avoue que j’ai eu du mal à écrire cette chronique, car je cherchais quelques points noirs, mais non… Rien, j’étais simplement absorbé par Soundcrawler, qui est (et ce n’est que mon avis encore une fois) une surprise de taille dans la metalsphere, à écouter au moins une fois.

On aime ou on n’aime pas, chacun son choix, pour ma part Soundcrawler est l’un des meilleurs albums Stoner/Grunge du premier trimestre 2015. Puissant, inventif, varié… Quelques mots pour le désigner… Je l’encense depuis le début de cette chronique, mais The Dead-end Host, album concept, un l’un des mes plus gros coups de cœur depuis 2 ans de Rock’in radio !

En attendant, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur leur Facebook et sur leurs dates de concert… Si vous avez du sable dans les chaussures, ce n’est pas une coïncidence !

 

Des liens, plein de liens

TOBOGGAN est un groupe de Post-Hardcore rouennais formé fin 2013 par d’anciens membres de Venosa, Juggernaut, The Birds End et de Cavalry. En janvier 2015, le groupe sort son premier EP composé de trois titres, sobrement appelé TBGN.

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C’est dans une jolie pochette carton que TOBOGGAN nous livre son EP. Si vous les avez aimé en live, vous les aimerez aussi en version studio. En effet, que ce soit sur scène ou sur CD, le groupe ne néglige pas ses principaux atouts, à savoir une bonne dose d’énergie sur fond de Post-Hardcore qui parlera aussi bien aux amateurs de musique énervée qu’aux cœurs plus tendres.

Prayers of Dust, le premier morceau, ne nous ménage pas. C’est un raz-de-marée sonore qui s’abat. Des riffs énergiques, une voix puissante, sans pour autant que le travail de composition ne soit négligé. Ce titre est un avertissement : TOBOGGAN a plusieurs corde à son arc, et n’hésitera pas à en abuser, pour notre plus grand plaisir.

There’s a Storm Coming parlera immédiatement aux amateurs de Post-Rock à l’instrumentation travaillée. C’est sur un orage que le morceau débute, comme pour annoncer ce qui suivra. Cette mélodie lancinante, saisissante, est à peine troublée par l’intervention du chanteur. Bien au contraire : celle-ci ne fait que renforcer l’impression d’être à la merci du flot d’émotions qui se déverse dans nos canaux auditifs. Et puis les choses s’accélèrent, sans pour autant briser cette spirale infernale dans laquelle le groupe nous a entraîné, sans nous demander notre avis. On lâche prise, et on se vautre sans la moindre gêne dans ce que TOBOGGAN nous offre. Bref, un petit bijou.

La voix durant la première minute de Black Screen / Sleepless Night donnerait presque un petit air de Post-Punk au morceau… du moins, jusqu’à ce que les choses sérieuses reprennent. Voilà une parfaite illustration du rentre-dedans sur fond de mélancolie. On aimerait pouvoir s’abandonner à la rage qui dégouline de toute part, mais quelque chose de plus insidieux fait rempart, nous clouant au sol. C’est avec une fascination malsaine que l’on savoure l’ambivalence de ce morceau.

Pour un premier EP, TOBOGGAN place la barre très haut ! Rien ne semble avoir été mis de côté, que ce soit sur le plan des compositions, de la technique, ou de la qualité du son. De même, l’ordonnancement des morceaux et leur complémentarité nous donne un large aperçu du potentiel du groupe. On regrettera peut-être le fait que ces treize minutes passent très très vite. On espère en tout cas les retrouver prochainement pour quelque chose de tout aussi prometteur.

N’hésitez pas à télécharger et partager. TBGN est en téléchargement à prix libre sur le Bandcamp du groupe. Soutenez la scène underground, faites un don !

Les habitués de la scène locale ont très certainement déjà entendu parler de Sounds Against Vultures. Pour les autres, faisons les présentations. SAV est un groupe havrais formé en 2010. C’est quatre ans plus tard que leur premier EP, Write your Pain, vit le jour. L’enregistrement, le mixage et le mastering sont signés Eric Docteur (Studio des Docks), et la très jolie pochette est l’œuvre de Wobadé (je vous conseille d’ailleurs vivement d’aller jeter un œil à son travail : http://wobade.com/). Le groupe évolue dans un univers teinté de Rock Noise, mêlé à quelques touches Hardcore.

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La première écoute est assez déroutante lorsque l’on a découvert le groupe en live. En effet, les compositions semblent plus posées, moins pêchues. Fort heureusement, cette impression est vite balayée après quelques écoutes. D’entrée, bien que les influences de SAV se font légèrement sentir (Neurosis, Fugazi, Noir Désir, Sleepers…), le groupe impose sa recette bien personnelle, difficile à assimiler à un genre ou à un groupe bien particulier. L’originalité est de mise !

C’est Write your Pain, morceau éponyme, qui introduit l’EP. Dès les premières secondes, SAV nous présente sa marque de fabrique : un savant mélange de riffs bien lourds, de mélodies entraînantes, et une voix transpirante d’émotions, sans jamais se vautrer dans l’excès. La structure de ce morceau reste assez classique, mais les variations sont suffisamment présentes pour permettre à l’auditeur de ne pas se lasser. On savoure particulièrement les plages instrumentales, et la manière dont les guitares semblent se faire plus discrètes sur les couplets, faisant ainsi de la voix un instrument à part entière, se mêlant harmonieusement à l’ensemble.

On enchaîne sur Naufragés. Ici, la voix semble légèrement plus en retrait et la mélodie plus enragée, rendant l’ambiance générale du morceau très pesante. Le sentiment de malaise s’accentue quand le chanteur troque son chant crié contre une voix claire, presque parlée. La structure est assez linéaire et répétitive, alimentant la sensation d’être prisonnier d’une spirale infernale dont il est difficile de s’extraire.

Bleeding vient nous sortir de là, à coup de « Wake up now ! ». Fini les ruminations, il faut que ça bouge ! Ce morceau bourré d’énergie, un peu plus léger, mais toujours aussi furieux nous fait sortir de notre torpeur, comme un coup de fouet qui nous rappelle à l’ordre. Belle manière de maintenir l’attention de l’auditeur !

Et puis, c’est tout naturellement que L’humanité succède à Bleeding. SAV semble être ici au sommet de son art, autant par la puissance des riffs que par la longueur des plages instrumentales très habilement agencées. A ce stade de l’EP, on commence à réaliser que l’ordonnancement des morceaux a été savamment pensé. Depuis le début, le groupe nous raconte une histoire, que chacun interprétera à sa guise.

Le temps passe vite quand on s’amuse. C’est déjà l’heure du majestueux Break, en guise de conclusion. La pression retombe un peu. Puis vient la montée en puissance. Ce morceau a tantôt une allures Prog, tantôt une allure Post-Rock. SAV met ici en avant sa capacité à bâtir quelque chose qui lui est propre en mélangeant des tonnes d’ingrédients qui n’ont pas grand chose à voir les uns avec les autres. Il faudra attendre la quatrième minute pour que le chanteur se manifeste, comme pour nous dire au revoir. Et le rideau tombe.

Cet EP est disponible à prix libre sur leur bandcamp, n’hésitez pas à le télécharger contre un petit quelque chose!

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Tiens ami lecteur, cela fait longtemps que je n’ai pas chroniqué de Hardcore (le dernier en date, c’est Alea Jacta Est) et c’est dans un petit coup de chaud, suite à une critique comme l’aiment les gens comme moi, qui bosse en Freelance, que je me suis lancé Sensorial Damage, un petit groupe proposé par Go Music France pour que j’en dise ce que je pense et pour bien me défouler. Bon, tu te rendras compte lecteur qu’au final, j’ai été très mitigé, commençons par le début…

Originaires de Poitiers, Matthieu (batterie), Mattéo (guitare et chant), Guillaume (guitare et chant), Moussa (basse) et Antoine (frontman) sont apparus dans le paysage coreux poitevin vers mai 2010. Ils nous font un métal hardcore teinté de touche de metalcore (mais refuse l’appellation modern metalcore) et qui en ont dans les baskets, mate un peu ça :

La seconde place du tremplin Helloween fest 2014, la demi-finale du Fallen fest 2014, une Ppestation à Zo Prod de l’année 2014, un Second prix du concours Crouss musical de Poitiers et une 2ème édition du Brutal Night Fever. Une rafle de prix et de prestations en 2014, assez pour attiser ma curiosité.

J’ai donc choppé quatre morceaux de leur EP pour découvrir ce groupe et dire ce que j’en pense.

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Ce que le dragonnet en pense

New Mind est le premier titre que j’ai écouté, c’est là déjà qu’on peu voir le doublé hardcore/metalcore. La compo est claire, assez libre et pas franchement agressive, alors que la voix est tout autre, grave, violente, Antoine crache dans le micro et se déchaine de façon à ce qu’on comprenne bien à qui ont a à faire. Et justement, a qui avons-nous à faire ? New Mind et ses petits accents metalcore ouvrent le bal et déjà, première grimace : c’est bien trop commun. Même si c’est agréable à l’écoute, que la piste te démange un peu, en dehors tu restes stoïque. Rien à dire sur la compo qui est variée et qui lorgne plus sur le metalcore que sur le hardcore lui-même.

In – Out  démarre de la même façon, avec encore une fois cette note de metalcore dans la compo. Le morceau se veut plus énergique que le précédent, avec des riffs beaucoup plus accrocheurs et un refrain qui bombarde bien, sûrement plus sympa à voir en live avec une dizaine de coreux agglutinés sur la scène en levant le poing ! Plus dynamique, plus violent (malgré l’atténuation constante que donne le côté metalcore), In – Out est l’un des morceaux phares de l’EP.

 

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Face To Disgust dégage le côté metalcore pour vraiment tomber dans le bon vieux hardcore. Des quatre morceaux, c’est le plus rapide dans sa compo, le plus violent dans sa voix. Bref, c’est du hardcore qui créée les moshpit et les pogos. Le morceau nous offre des riffs plus nerveux jusqu’au milieu où la guitare nous montre de quel bois elle est faite avant de se relancer, toujours aussi nerveusement. La fin du morceau ralentit la cadence et se laisse aller à un moment de pur instru qui prépare le dernier morceau, Endless Sunset.

Endless Sunset commence un peu comme les trois autres, violemment, on ouvre la porte de chez toi pour te gueuler dans les oreilles. Et puis subitement, même pas un quart du morceau passe et cette rage se dilue à travers un long passage qui restera pour le reste du morceau et qui pourrait être jugé d’atmosphérique, la voix en second plan. Endless Sunset termine donc l’EP sur un hardcore atmosphérique, assez étrange… On ne sait pas où cela nous emmène, mais le morceau se termine lentement, comme pour calmer toute l’énergie dépensée lors de ses quatre titres…

Alors, quoi de neuf docteur ?

Chroniquer du hardcore, ce n’est pas simple… Vous avez surement eu le droit un jour à cette réflexion typique « ouais, mais le hardcore, c’est toujours la même chose », le genre de phrase qui me fait bien rire !

Malheureusement, Sensorial Damage, ce n’est pas ça… Il n’y avait aucune raison de faire une mauvaise chronique, mais aucune non d’encenser le groupe non plus. Pour l’instant, Sensorial Damage se noie parmi les autres groupes au hardcore beaucoup trop commun, même l’aspect metalcore ne change rien… Il manque le truc, ce putain de truc qui va te faire remuer chez toi, le truc qui va mettre te mettre le groupe dans ta playlist « retour du travail – envie de tuer le patron –divorcer à coup de boule de ma femme ». Bien entendu, cette critique n’engage que moi.

« Alors tu expliques comment leur réussite ? ». Le live ! Bon dieu, le live ! Le hardcore est une musique scénique, que tu écoutes pour libérer ta rage et t’oublier un peu dans tout ce bordel auditif qui va rarement te laisser une part de ton âme une fois perdu dans un moshpit. Sensorial Damage, je ne les ai pas vu sur scène et c’est ça qui pêche, car le groupe doit avoir un tout autre jeu qui changerait certainement ma vision des choses.

Je te le dis lecteur, cette chronique est naturellement faussée… Sans avoir vu le groupe jouer, je ne peux clairement pas donner mon avis plus que ça. L’EP n’est pas indispensable pour moi pour l’instant. Pourtant, si je vais à l’un de leur concert et que je reviens sur cette chronique, j’aurai sûrement plus de choses à dire, plus de choses à creuser. Bon ou mauvais ? Je ne donne pas mon avis et je peux déjà mettre ce groupe dans la catégorie « à revoir » de Rock’in Radio et ça sera surement le cas, je n’aime pas faire les choses à moitié.

 

Des liens, plein de liens :

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Je ne connais pas grand groupe rouennais de rock progressif, je ne pourrai donc pas faire de comparaison et c’est peut être mieux ainsi, ça me permettra d’avoir l’esprit clair quand je vais vous parler de Shadow Dream.

(Enfin clair… Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas très clair comme gars… Bref, ce n’est pas la question !)

Shadow Dream ou « Le Rêve de l’Ombre » – « L’Ombre du Rêve » ou simplement « Ombre » et « Rêve » comme dit dans leurs bio, alors qui sont-ils, d’où viennent-ils et qu’est-ce qu’ils ont dans le coffre ? Allons fouiller le domaine de Sandman découvrir tout ça !

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Shadow Dream est donc originaire de la ville aux cent clochers (Rouen), fondé en 2012 et nous fait un rock/métal progressif, avec quelques accents métal symphonique. Les membres du groupe (Béatrice : chant, Benjamin : basse, Laurent : guitare, Tahitala : guitare, batterie (poste vacant)) viennent tous d’influences différentes (Béatrice à notamment bossé avec Mylidian, un groupe de métal symphonique qui est passé sur Rock’in Radio a l’époque de R2R, Laurent a eu un groupe de Jazz-rock du nom de CHUNGA, Tahitala fait dans la pop-electro…), on s’attend donc avec Shadow Dream à un éventail de morceaux aux influences variées, mais finalement complémentaires.

L’histoire du groupe veut que « l’ombre » et le « rêve » soit deux éléments majeurs, deux entités distinctes et pourtant proches qui sont présentes dans chacune des compos du groupe, d’où ce côté rock progressif aux sonorités très claires, bien portées et profondes. La voix de l’ancienne chanteuse (car oui, l’album a été fait avant le changement de Line-up) ouvre le bal avec un ton qui rappelle forcément le métal symphonique, surtout que celle-ci ne cherche pas à en faire trop (j’avais eu ce petit souci avec The Way i am avec la voix de la chanteuse partant dans le scream à outrance, qui est le seul groupe dont le jeu me rappelle Shadow Dream) et du coup, ça se marie parfaitement avec le jeu des autres membres, chacun apportant sa pierre à l’édifice. La guitare nous offre parfois un moment de solo tout aussi agréable, maitrisé et bien diversifié, alors que le reste de la compo prend parfois une teinte un peu plus électrique.

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À vrai dire, j’ai du mal à les catégoriser… Rock progressif ou métal symphonique ? Dans tous les cas, le boulot mis en place donne du crédit au groupe, rien que sur le morceau Into The Dark qui est mon préféré de l’album Winter où justement, je le mettrais plus dans la case métal symphonique. Bref, c’est onirique, beau, hypnotique, sombre sans être dépourvu de lumière, agréable à l’écoute et largement diversifié, et ça, dans les cinq morceaux que l’album nous propose.

Tiens, parlons de Winter justement. Enregistré en aout 2013, on peut le retrouver sur le site pour une dizaine d’euros. L’album nous entraine dans cinq morceaux d’un rock qui est bon à mettre en fin de journée, après une journée de taff, afin de calmer ses ardeurs et de se poser quelque temps.

December est le morceau d‘intro et surement celui qui m’a le moins accroché. Une intro assez longue et un passage en instru tout aussi long (bon, c’est un morceau de 12min, c’est sûr qu’ils peuvent se le permettre) gâchent un peu le lancement. Attention, je ne dis pas que le morceau est mauvais, juste un poil long pour une ouverture. Pour le reste, on voit bien qu’on est dans du rock progressif, la compo est plutôt calme et variée, avec quelques moments dynamiques.

Bon, je n’ai pas accroché à December, tu l’as bien compris cher lecteur. Cependant, le second morceau Into The Dark, beaucoup plus dynamique et avec des accents de métal symphonique rattrape le tout. On découvre le savoir-faire et la passion qu’y ressort de Shadow Dream dans ce morceau, avec un solo de guitare qui emmène bien loin son auditeur. Comme je le disais plus haut, c’est beau, sombre, mais pas dépourvu de lumière et ce morceau en est la preuve parfaite !

Beetwen Dog and Wolf commence encore plus dynamiquement que son prédécesseur, mais également de façon bien plus sombre. Plus lent sur la voix et avec une compo plus agressive, c’est un morceau que j’ai du mal à saisir et qui, dès les quatre minutes passées, devient plus étrange, plus complexe et gagne en intensité de noir. Rainy Day qui suit ce morceau s’ouvre sur une intro plus onirique, plus légère et cela va suivre tout le long du morceau, avec des chœurs en fond. Alors que Beetwen Dog And Wolf prenait en obscurité, Rainy Day récupère de la lumière et aussi de ce côté rêveries.

Altaïr (pas l’assassin) ferme l’album sur un morceau calme et lent, mais qui prend son envol au tiers du morceau livrant toute la force contenue dans l’album. Il est le clou du spectacle et offre une fin qui convient parfaitement à l’album sur un moment d’instru qui porte à rêver dans la nuit noire.

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Photo prise lors de la réalisation du clip « Into the dark » par Romain Flohic

Qu’est-ce que j’en ai à dire pour la fin de cette chronique ? Je ne m’en suis pas lassé, à part December. Le désir de créer et d’offrir une musique qui puisse faire rêver, toucher l’auditeur, est bien présent et le but est, je pense que je peux le dire sans prétention, clairement réussi !

Si vous aimez le rock progressif et le métal symphonique, alors Shadow Dream»mérite l’écoute et bien plus encore. Je le conseille également à ceux qui veulent passer une fin de soirée au calme (après l’apéro et le vomi) afin de poser une ambiance de rêverie au travers de cette compo onirique.

C’est dans la discothèque de Rock’in radio et avec un grand plaisir ! Maintenant, il ne nous reste plus qu’a rêver que le groupe décolle et nous sorte un deuxième album.

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