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MISERY - LOGO CIRCLE - RVB

Cette semaine, je tiens à vous présenter un coup de cœur… C’est un groupe qui a pris contact avec nous il y a quelques mois et je n’ai eu la possibilité d’écouter ce qu’ils font que récemment. Dire que j’ai aimé est un euphémisme… Bon, je ne vous promets pas la lune non plus, ça ne sera pas le groupe qui vous fera bondir de votre chaise et vous faire faire des hélicos-bites, d’autres n’aimeront pas et d’autres resteront sur leurs blacks/death/hardcore/post… etc… tout en l’écoutant une fois et en passant à autre chose. Bref, c’est un groupe qui pourrait voir son EP rester six mois sur mon mp3 et je tenais à le signaler vu la rareté de la chose… Mais aussi grâce à la technicité de leur musique, l’ambiance qui s’en dégage et ce renouvellement constant dans leurs compos.

Je vous présente Misery, mon coup de cœur du second trimestre !

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Misery commence son aventure en 2012 sous l’impulsion de Greg Lorenc (ex-Guts Syndicate), compositeur et guitariste du groupe, s’en suit l’arrivée de Smus (Ex-Purify) au chant, de Romain alias « MachineGun » (ex-Our last Murder) à la batterie, de Thibault (Ex-Médius) et de Yohan (Ex-Ephedryne) à la guitare. Le groupe nous vient du Nord-Pas-de-Calais et nous offre un modern-metal entre Djent et Metal, tantôt mélodique, tantôt écrasant, dévoilant une personnalité proche d’Architects, Moth to Flames, Northlane ou encore Red.

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En aout 2014, le groupe sort sa première vidéo We Will Be Brave (que vous pouvez voir juste en dessous) et en février 2015, le groupe signe son premier contrat de distribution mondiale avec le label M & O Music pour deux ans. Pas d’EP en vue avant avril 2015 sous le nom de la même vidéo We Will Be Brave.

Du coup, que vaut cet EP qui mérite mon coup de cœur ? C’est ce que je vous invite à découvrir.

 

Ce que le dragonnet en pense

 

Lors de ma première écoute, Misery m’a franchement fait penser au groupe Red avec qui il partage beaucoup de points communs en commençant par son ambiance. S’il y a bien quelque chose qui sort de ce groupe, c’est cette ambiance particulière. Une ambiance qui suit l’EP tout du long et qui en donne toute sa particularité. Sombre, avec quelques rayons de lumière qui sortent par-ci par-là.

Le groupe a misé sur un modern-métal symphonique, navigant entre des moments calmes et limpides, puis en gueulant dans le micro avec quelques riffs brutaux et une compo qui suit, toujours en instillant cette ambiance qui m’est si chère dans cet eP.

We Will Be Brave est l’intro, qui commence par une longue session d’ambiance, qui m’a notamment fait penser à Red  dans son intro. Le tout se calme au bout d’une trentaine de secondes avec quelques riffs en dents de scie et bien accrocheurs. Smus prend ensuite la parole et tout s’enchaine avec, encore et toujours, cette ambiance derrière le morceau.

6 Feet Under poursuit et nous propose le premier morceau du groupe avec une intro qui met bien dans le ton. D’ailleurs, cette intro m’a réellement fait penser à l’otherworld du jeu  Soul Reaver  avec ces pleurs (petite parenthèse geek, si tu n’as jamais jouer a Soul Reaver, JE TE LE CONSEILLE !). Concrètement, le morceau nous présente le panel de talents du groupe, alternant entre passages proches d’un hardcore dans la voix à celui plus mélodique des refrains qui frôlent le metalcore par moments. La compo est bien établie, pas de brusque rupture, ce qui nous permet d’apprécier cet excellent morceau…

On continue avec Take dont vous pouvez voir le clip juste en dessous. Un morceau un peu plus brut, qui tape beaucoup plus dans le hardcore que son prédécesseur, avec un refrain plus calme. Bien qu’il soit le morceau phare de l’EP, j’ai du mal à l’apprécier, il manque un « je ne sais quoi » qui fait le charme, par exemple, du premier morceau 6 Feet Under. Pour le reste, je trouve ce morceau correct. Bref, pour le coup rien à redire à part ce petit manque, mais tout ne peut pas être parfait.

Pale & Cold est diffèrent des autres morceaux, puisque grosso-modo c’est un morceau d’ambiance. Cassant un peu le rythme imposé par les deux précédents morceaux, il marque une pause bienvenue qui nous permet  de souffler et de profiter un max du prochain morceau. Le tout restant dans cette ambiance très sombre, froide et mélancolique.

Answer est le dernier morceau de l’EP et suit le rythme de Pale & Cold pour son intro, quelque chose de vacillant, calme, puis qui te pète à la gueule dans un déluge de riffs. Pour ce dernier morceau, le groupe a décidé  de lâcher tout son potentiel de violence. Un dernier sprint pour la fin avec un morceau dynamique, puissant et plein d’énergie. On regrette seulement qu’il s’agisse de la fin tellement c’est bon. On comprend parfaitement la présence de Pale & Cold juste avant pour préparer tes oreilles.

 

Coup de cœur, explication

 

Après cette petite review des morceaux que constitue l’EP We Will Be Brave, il est peut-être temps que je vous explique ce qui me plait tant dans ce groupe. Tout d’abord l’ambiance qui en ressort, comme je l’ai assez pointé du doigt dans la chronique, il y a eu un véritable travail derrière pour faire cet EP, non pas pour combler un quelconque manque, mais pour donner une dimension plus personnelle à We Will Be Brave et au groupe en lui-même. Ce gros travail d’ambiance (les pleurs de l’intro 6 Feet Under ou tout simplement le morceau We Will Be Brave) est l’un de ces points qui m’a fait craqué.

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Le second vient notamment de la compo, c’est fluide, l’alternance entre tempos forts et calmes se fait sans cassure. On sent encore un énorme travail derrière. Bien que le morceau Take m’ait laissé sur ma faim, j’ai apprécié chaque riff, chaque temps…

Ce travail fait que l’EP vaut largement certains albums de modern metal que je peux écouter sans m’en lasser. Je ne mettrais pas au même niveau, mais Misery trône dans mon top 3 avec Trepalium (Voodoo Moonshine) et Klone  (Heres  Comes The Sun) depuis la création de Rock’in Radio.

C’est sûr et encore une fois, mon avis n’est pas divin (dommage) et certains n’aimeront pas, préférant tel ou tel autre groupe. Pour ma part, c’est un gros coup de cœur et j’ai hâte de voir la suite avec un album, pourquoi pas, un futur concert sur Rouen ! Après tout, ils sont Lillois, on est qu’à deux heures de route !

 

Des liens, plein de liens !

The Von Corda (anciennement J. Von Corda & The C. Southern Poison Light – bien moins facile à retenir, je vous l’accorde-), groupe français originaire de Toulouse ont enregistré trois EP, de cinq titres chacun, entre septembre 2014 et février 2015, intitulés Carnation #1, Carnation #2 et Carnation #3. Avant de continuer votre lecture, je vous invite à regarder ces trois pochettes dans le détail, parce qu’elles sont sacrément classes.

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Difficile de parler d’un EP sans parler de tous les autres, tant les trois opus semblent indissociables. Von Corda nous offre un son teinté de folk, de noise, et même de quelques touches de post-rock par-ci par-là. Parfait pour déverser ses états d’âme pleins d’amertume.

On peut classer les morceaux de Carnation en deux catégories : il y a les morceaux chantés, avec une voix masculine, et les spoken words, avec une voix féminine cette fois-ci. Globalement, chaque titre est plutôt court, et ne dure pas plus de 3 minutes 30.

Voici quelques petites choses à retenir sur chacun des EP :

Carnation #1 (release : 22/09/14) : Jerk, morceau plus Rock’n’Roll que le reste de l’EP. On apprécie aussi Amour, morceau minimaliste nous rappelant vaguement Noir Désir, du moins au niveau de l’ambiance. Ici, c’est la voix qui fait tout.

Carnation #2 (release : 11/10/14) : Certains morceaux, notamment Le Grand Mouvement ou A621 ne sont pas sans nous inspirer un savant mélange de Noir Désir et de Louise Attaque. Dans Cul de sac, la technique vocale évolue pour arriver à mi-chemin entre chant et spoken word.

Carnation #3 (release : 11/02/15) : Avec Tocsin, on entre dans la sphère nébuleuse des morceaux de plus de 5 minutes. On sent nettement l’influence des Pixies et de Radiohead, sans pour autant tomber dans le cliché de la pâle copie. Affût se réfugie dans le noise : des samples de radio que l’on règle, des effets sur la voix la rendant très artificielle… Et enfin, le très post-rock Sucre, qui mêle les deux voix avec lesquelles nous nous sommes familiarisées depuis le début de l’aventure Carnation.

On constate une nette progression dans la composition et l’interprétation, surtout dans Carnation #3. En effet, à partir de là, le groupe ne lésine plus sur les effets, les compositions semblent mieux construites, et les voix plus maîtrisées. Malgré tout, le groupe reste fidèle à son identité et, sans se faire d’infidélité, nous montre la manière dont il est capable d’évoluer. Affaire à suivre !

Un Automne de Plus est un duo né en 2010, initialement originaire de La Rochelle, maintenant basé à Paris : Rom1 au chat et à la guitare, Moon à la batterie. En février 2015, le groupe nous faisait découvrir son EP Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs, doux mélange de Post-Rock et de Screamo, agrémenté de quelques touches de Shoegaze savamment distillées.

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Cet EP, disponible aussi bien en format numérique qu’en CD (démarche que l’on apprécie toujours, une Cdthèque n’étant jamais trop pleine) se compose de quatre titres, plus un bonus track. Avant toute chose, la pochette (signée Un Automne de Plus & Po Basic), ainsi que le titre retiennent notre regard et notre attention. On ne juge pas une œuvre à sa couverture, encore moins à son titre, mais un artwork agréable est, à mon sens, toujours un plus, particulièrement lorsque l’on propose un format physique.

Musicalement, si vous aimez le Post-Rock à la fois accessible et nuancé, instrumental ou pas, je ne peux que vous conseiller de vous arrêter un instant. Un Éternel Recommencement, courte introduction de 45 secondes annonce la couleur. L’instrumentation froide et minimaliste accompagnée sur la fin de samples de voix (que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans l’EP) produit une ambiance lourde, presque inquiétante. S’en suit sans transition Presque Mort et ses premières minutes aux riffs agressifs, mais sacrément efficaces. Mais ce morceau ne se contente pas de nous lancer des briques en pleine face : en effet, l’ambiance devient plus mélodique, purement post-rock. Les samples et la voix du chanteur s’additionnent à la douce instrumentation, lui donnant de la profondeur, par effet de contraste. A mon sens, en ce qui concerne la composition, ce morceau est très certainement le plus abouti, le plus recherché.

Vient ensuite Explosions, morceau instrumental (je ne vous cacherai pas que c’est ici que va mon coup de cœur, étant une adepte des instrumentaux), beaucoup plus apaisé, mais pas plus apaisant pour autant. Le groupe a su garder l’apparente légèreté envoûtante propre au post-rock, sans mettre de côté sa signature mélancolique. Que Nous Reste t-Il prend une direction toute autre. On en oublierait presque la lourdeur des morceaux précédents tant celui-ci nous paraît entraînant, grâce aux quelques accents punk qui arrivent à s’immiscer. Ici, la voix de Rom1 est très communicative, dégoulinante d’émotions. Le morceau se finit sur un monologue samplé, tel une conclusion à tout ce chaos. Puis arrive Le Temps qui Passe !, en bonus track. Une mélodie minimaliste, des samples de voix. L’EP se termine de la même manière qu’il a débuté. La boucle est bouclée. Tellement qu’on se le réécouterait bien une nouvelle fois. Ou deux.

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Malgré quelques petits défauts, notamment au niveau de la voix, que l’on aimerait parfois un peu plus expressive, Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs est un EP de qualité. On appréciera le chant en français (ou pas, là dessus, chacun ses préférences), les paroles ayant leur importance dans l’ambiance musicale globale. D’ailleurs, la recette samples + post-rock n’est pas sans nous rappeler la démarche d’autres groupes français du même genre, tels que Zéro Absolu ou Lost in Kiev. Bref, Un Automne de Plus, sans vraiment sortir des sentiers battus, nous offre un son bien à lui. On ne leur en demande pas plus.

Vous pourrez les retrouver en live le 30 janvier 2016 à Bruxelles pour le MCP Apache for the Metal Fest.

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Tiens, si je me remettais à écrire des chroniques ? Mais avant de vous parler du sujet, je vous laisse en compagnie de vieilles mamies sympathiques comme intro !

Le bon côté, c’est que mon humour de merde ne m’a pas quitté, mais au moins on a déjà un pied dans la thématique de cette chronique… Non, pas le couscous, les pirates ! (Suis un peu lecteur !).

Pour le coup, je vais vous parler de Barbar’O’Rhum, un groupe qui nous vient de Toulouse et qui joue du pirate folk métal… Allez, on embarque et on lève l’ancre !

 

Mets ton tricorne et bois ton rhum !

C’est dans la marée humaine toulousaine que le navire de Mathieu (Libertalia/Ex-Les compagnons du Gras jambon) vogue depuis huit ans en composant des dizaines de morceaux avec pour thématique la piraterie, les Caraïbes et le rhum (oui lecteur, tu vas avoir beaucoup de référence à cet alcool !). Durant son voyage à travers les mers, il rencontre en 2013, deux flibustiers avec qui Mathieu créera son équipage : Boris (Basse/ ex-Natural Mortica) et Colin (Synthétiseur/ Ex-Natural Mortica aussi).

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Avril 2014, deux autres marins rejoignent le navire, d’un côté Corentin (Guitare) et Richard (Batterie/Ex-Brick A Drac) et en 2015, on peut déjà compter un grand nombre d’abordages sur les scènes du Sud-Ouest de la France (Le Bikini de Toulouse a été également victime d’actes de piraterie de la part du groupe) et d’une excursion en Allemagne pour le Festival Maritim.

Ainsi naît Barbar’O’Rhum, un Rock & Rhum, agrémenté de flûte, de cornemuse, le tout avec la basse, la guitare et la batterie d’une scène métal. Un groupe qui a débarqué en début d’année chez Rock’in Radio et à qui ont a promis une critique sur leur démo Barbar’O’Rhum. Du coup, j’enfile mon tricorne, je prends mon sabre, je m’engloutis un shoot de Kraken et je file à l’abordage !

 

Ce qu’en pense le Kraken… Euh, le dragonnet !

La démo de nos chers pirates est dispo sur Soundcloud et contient trois morceaux, enregistrés, mixés et masterisés par PhormorG en 2014. Les trois morceaux, tous chantés en français et d’une durée d’à peu près cinq minutes chacune, racontant chacun une histoire se rapprochant des grandes légendes des mers… Barbe Noire ou bien le Hollandais volant, c’est ce que nous propose le groupe !

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Cœur de l’océan est le premier morceau et nous raconte une belle histoire d’amour… de cul… Bref ! Notre bon capitaine tombe sous le charme d’une donzelle lors d’un abordage et s’en retrouve envouté par la belle sirène. Première chose qui me fait tiquer… La voix ! Sur le soundcloud du groupe, elle est partiellement couverte par la compo des autres membres du groupe, ce qui fait que j’ai loupé certains passages, avant de réécouter et de tendre l’oreille… Ou alors c’est foutu et je deviens sourd ! Par contre, le fait de chanter dans la langue de Molière ne me gêne absolument pas, j’ai pris un malin plaisir à écouter les histoires du groupe, mais revenons au Cœur de l’océan qui reste un morceau énergique avec la flûte qui accompagne le tout ! Mi-figue, mi-raison et pas trop de rhum pour le coup avec ce premier morceau malgré l’énergie dont elle déborde.

Le trésor maudit de Barbe Noire que je dédie au cap’taine du Gibier de Potence, lui qui veut tellement prendre la mer (ou ta mère, ça dépend des fois)! C’est une chanson de taverne, une histoire de pirate sur le fameux trésor du maître des mers, le capitaine Barbe Noire. Encore une fois, la voix se fait mâcher par la composition, que je n’accroche pas totalement pour le coup avec le synthé derrière, malgré la présence des instruments à vent. Je ne dis pas que le morceau est mauvais, attention ! Mais sa construction me laisse pensif, peu être que s’il avait été un poil moins rapide, on comprendrait mieux le chant (même si le refrain est tout à fait audible ?!).

Le Hollandais Volant transforme la donne, j’entends enfin la voix bordel !!! La rythmique est beaucoup plus accrocheuse et le côté pirate de la compo ressort plus. Par rapport aux autres morceaux, que je trouvais un tantinet faiblards, celui-ci dévoile toute l’identité de Barbar’O’Rhum : des chansons de pirates sur des instruments à vents et électriques, qui nous racontent l’histoire des mers et de ceux qui tentent de la dompter ! Est-ce parce qu’il s’agit du dernier enregistré et que le groupe à eu le temps de gérer les quelques soucis ?

 

Alors cap’taine ? On fait quoi pour le rhum ?

On le boit ! Pardon…

Que dire de Barbar’O’Rhum ? J’y crois ! Bien sûr, j’adore l’univers, la thématique pirate et ce côté folk. Comme le disent les potos de Drenaï (Rouen) dans le folk, vous avez plein d’univers variés, mais tous très utilisés… La piraterie reste l’un des rares qu’on ne voit pas à tous les concerts de folk… Oui bon, vous avez Alestorm et puis ? Je pense que Barbar’O’Rhum à un énorme potentiel, malgré que, deux morceaux sur trois, je n’entends pas la voix (ou alors il est temps de me mettre un sonotone).

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Je conseille ce groupe aux plus curieux, mais aussi aux amateurs de folk et de pirate. De mon côté, j’attends la suite… Allez les gars, sortez un Ep qu’on puisse reprendre la mer avec vous !

 

MAJ 04/07: Il semblerait que ce soit mon son qui merde, après discussion avec un autre amateur de musique pirate… Je vais donc réecouter avec un casque et en fonction, j’éditerais la chrochro !

 

Des liens, plein de lien !

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Dans les albums « j’ai du mal à chroniquer parce que c’est trop bien, mais impossible de le mettre dans une case », on va prendre pour notre chronique de cette semaine le tout dernier Klone, Here Comes The Sun».

C’est un peu l’OVNI du premier trimestre 2015, jamais Klone n’a fait un album ressemblant à son précédent, Here Comes The Sun ne déroge par à la règle avec une ambiance plus atmosphérique, envoûtante, contemplative… Bon avant tout, Klone, c’est ça :

 

Klone, c’est aussi le Label Klonosphere, donc t’imagine bien qu’il y a matière à faire un truc qui vaut largement le coup d’oreille… OK, c’était nul, pardon ! Pardon ! Je voulais dire, y mettre l’oreille, ça va, c’est mieux ?

Klone nous vient de Poitiers, créé en 1995 et avec à la base le chanteur David, Guillaume à la guitare, Julien à la basse et Laurent le batteur. Changement de line-up oblige, aujourd’hui on retrouve Yann (chant), Guillaume (guitare), Adrick (guitare), Jean Étienne (basse), Florent (batterie) et Mathieu (Ssxophone et clavier).

On a pu les voir en tournée, avec notamment Gojira, King’s X ou encore Orphaned Land, mais pour beaucoup, ce fut aussi sur les planches des mainstages du Hellfest.

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Le groupe est passé par plusieurs phases d’évolution et de styles, avec un album pour marquer le cap à chaque fois. Parfois brutal, parfois électrique, parfois violent ou imprévisible. Impossible de prévoir le style de Klone tellement celui-ci change du tout au tout entre chaque album. Il n’est pas question ici d’écouter le premier album du groupe et l’actuel pour y voir une « évolution » de style, chaque album étant une pièce de l’immense puzzle qu’est Klone. Alors que le groupe était plutôt parti vers une ambiance plus progressive, délaissant leurs racines metal, voilà qu’arrive Here Comes The Sun en mars 2015.

Here Comes The Sun a été financé en tant que projet ulule, plateforme participative de financement et ceux qui ont participé ont pu ainsi avoir en preview l’avancement du projet (d’ailleurs, j’attends mon vinyle !).
Je ne prendrai pas en exemple d’autres albums de Klone, malgré leur palmarès. Comme je le dis plus haut, Klone ne fait jamais deux fois la même chose. Pour le coup, c’est avec un regard neuf que je vais vous parler de cet album.

 

Ce que le dragonnet en pense :

Septième réalisation studio du combo poitevin, il est temps de savoir ce que cet album et ses dix titres ont dans le bide !

On commence avec Immersion que ceux qui ont participé au projet ulule ont pu avoir en preview de l’album. Je me rappelle d’ailleurs ma réaction à son écoute, entre surprise, questionnement et plaisir. Surprise de voir la tournure que le groupe avait prit, questionnement sur l’album et la peur qu’il soit rapidement redondant et plaisir, car derrière la lenteur de la composition, le calme qu’on y perçoit, on ressent également toute la puissance mise dans ce morceau avec le vrombissement de la basse, la voix de Yann qui, sans grimper, arrive à fournir une force à ce morceau qui te fait comprendre immédiatement que même si Klone change son style d’un album à un autre, ils maîtrisent parfaitement ce qu’ils font. Pour l’anecdote, à l’écoute avec un ami réalisateur de Web-série, il trouvait que le morceau irait très bien comme B.O de trailer pour l’un de ses projets.

Fog quitte ce côté « puissance contenue » pour livrer un morceau calme, sans aucune forme d’agressivité et donne a l’album ce côté envoîtant, atmosphérique. Les accords de guitare et le ton que prend Yann pour ce morceau rappellent vraiment la brume qui étire ses bras et nous perd. On retrouve de nouveau cette puissance contenue au trois quarts du morceau après une phase atmosphérique, qui ressemble presque à une fuite éperdue à travers la brume pour s’ouvrir sur le troisième morceau.

Gone Up In Flame est beaucoup plus atmosphérique que ses deux autres prédécesseurs. On y découvre tout le travail mis en place par Klone pour donner cette touche qui fait la personnalité de l’album. S’il y a bien un morceau accessible aux néophytes, c’est bien celui-là alors que ceux qui baignent dans ce style y verront une richesse qui agrémente d’un bout à l’autre l’album. Pas le meilleur morceau, mais l’un des plus travaillés au niveau de l’ambiance.

The Drifter reprend en grande partie la construction atmosphérique de Gone Up In Flame. C’est un morceau calme et même si la voix de Yann s’élève parfois, le reste est d’un calme qu’on pourrait presque fermer les yeux et se laisser porter par la mélodie. Même le temps au deux tiers du morceau, complètement instrumental, nous laisse aller à la rêverie.

Nebolus quitte le calme et la quiétude pour un morceau un peu plus nerveux sur la compo et la voix, on grimpe dans le son et dans l’épique. L’album prend de l’ampleur et Klone refuse de faire uniquement dans le doux, sans pour autant frapper à la porte du brutal. On se retrouve dans un équilibre qui mixe à la fois le côté atmosphérique que veut l’album et cette énergie, ni trop brute, ni trop douce.

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Gleaming est un morceau étrange, uniquement instrumental avec des notes tout aussi curieuses. On se retrouve avec 3min de son qui pourrait paraitre dans un album post-rock. Rien à dire là-dessus.

Grim Dance quant à lui monte en puissance tout du long du morceau. On commence doucement, puis petit à petit, le ton monte, les instruments donnent de l’ampleur. On s’essouffle, on se repose pendant quelques secondes et dès que Yann reprend, le son s’élève de plus belle. Grim Dance est de loin le morceau le plus puissant de l’album et vous vous en rendrez compte qu’il ne s’agit pas la de violence, ni de force, mais plus d’ampleur, d’ambiance…

Come Undone est le titre qui m’a le moins marqué, sûrement parce que ce côté atmosphérique devient trop pesant. Après sept titres, je vous avoue que mes oreilles ont envie d’écouter autre chose. Rien à redire sur la composition, ni sur le chant, même si ça revient souvent au même… On commence à sentir un désir de changement !

The Last Experience est l’avant-dernier morceau, un poil plus énergique qui me sort de ma torpeur. On sent la fin approcher et l’album doit se clore dans une belle explosion, une explosion instrumentale qui prendra les deux tiers du morceau, se terminant dans un capharnaüm de son, la batterie grimpant en flèche, quitte à terminer dans un son incompréhensible

Summertime est une cover qui commence sur un air de saxophone et sur quelques grattements de corde. Terminus pour l’album, c’est sur ce dernier morceau que tout ce termine et de toute beauté. On se demande déjà à quelle sauce Klone nous prépare son prochain album une fois le morceau terminé.

 

Et enfin…

Difficile de place Klone sur l’étagère, est-ce du métal atmosphérique, de l’expérimental, du rock… En tout cas, Klone mettra tout le monde d’accord avec son dernier album sur la dose de travail, la composition et l’ambiance mise en place. Chapeau bas, Klone réussit son pari de changer profondément son style à chaque album et celui-là ne change pas la donne.

Et moi, ce que j’en pense ? J’ai eu du mal à saisir l’ampleur de l’album à sa première écoute. C’est le genre d’album qui vous demande plusieurs écoutes, un temps mort et une réécoute. Je suis bon public, vous le savez, mais malgré une chronique plutôt bonne dans l’ensemble, Here Comes The Sun ne sera pas l’album qui m’aura le plus marqué, ni que je réécouterais souvent.

Le côté atmosphérique, au bout de dix morceaux (neuf, le dernier ne compte pas vraiment) m’a pas mal asphyxié et au bout d’un moment, j’ai vraiment lâché l’affaire, question de m’occuper à d’autre chose, puis de revenir dessus, le cerveau clair.

L’album n’est juste pas fait pour moi, je pense que d’autres le kifferont, d’autres en seront curieux et passeront un bon moment. Moi, simplement, ce n’est pas ma tasse de thé, mais dans l’ensemble et sur un point de vue totalement neutre, cela donne ma chronique.

 

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Des liens, plein de liens:

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C’est en écoutant le dernier Klone (dont on vous fait la chronique cette semaine) que je vais vous présenter Freaksound. Freaksound, c’est qui ? C’est quoi ? Ça se mange ? Je vais répondre à ses questions lors de la présentation de ce nouveau magazine sur la metalsphere (et non, ça, se mange pas !).

Sorti en mars dernier, Freaksound est un magazine sur la culture rock, métal et indie Frenchie. Uniquement frenchie ? Ouep, ma bonne dame, les petits gars de Freaksound ont visé la scène française dans son intégralité… Boudé par les plus grands mags, il était temps qu’on redore le blason du rock français, parce qu’au final on ne s’arrête pas à Noir Désir ou à Trust. On ne parle pas que de grands groupes connus non plus, place à la jeunesse décadente et à des petits groupes bien sympatoches. Bon ok, pas tout, on parle aussi de Carpenter dans les news, mais Carpenter mec…

Disséquons cette nouvelle bible de la culture rock (j’entends déjà des cris aigus derrière mon crâne venant d’un pseudo film d’horreur).65 pages sobres, avec du texte lisible sans être écrasé en gros pavés, des illustrations tout aussi sobres et discrètes, les infos et les liens des groupes se retrouvent aux premiers coups d’œil. C’est fait pour que le lecteur ne se sente pas écrasé par la masse d’info, mais tu sais ce qu’on dit ? Ne pas juger sur le 90D et regarder si le cerveau est bien en haut (ouais, je l’ai inventé et alors ?), qu’est-ce qu’a Freaksound sous le capot ?

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Le magazine s’ouvre sur 8 pages de news, concrètes, qui vont droit au but, pas le temps de blablater et de s’astiquer le manche. Les news sont là pour donner du sérieux, pas pour te rabâcher 50 fois « faut acheter ce cd, il est trop bien ! ». On poursuit sur de micro-entretiens, c’est la même que pour les news, droit au but, pas de détour, le format me plait et je le piquerais bien comme exemple pour la zine de Rock’in Radio (Quoi ? Chut….). De plus gros entretien à partir de la page 18, on creuse un peu plus, mais on garde la même idée : que le lecteur ne lâche pas l’affaire au bout de deux lignes. Une grosse partie du magazine se constitue d’entretiens, peut être même trop, j’aurais aimé plus de pages sur la culture rock, mais le bon côté c’est que le tout dernier entretien concerne ceux qui se cachent derrière les tournés de concert, les « acteurs de l’ombre » comme le cite Freaksound en parlant de Sounds Like Hell.

En parlant culture musicale, Freaksound fait de la deuxième partie de son magazine une vraie caverne d’Ali Baba. On creuse l’histoire de Blood, Fire, Death de Bathory et le tout premier Black Sabbath, on apprend pas mal de trucs comme l’explosion Black Metal ou l’histoire du guitariste Tony Iommi et sa perte de deux doigts. L’autre dossier culture est un peu glauque, assez surprenant pour une première (tendance death metal chez nos amis de Freaksound ?) puisqu’il concerne les morts de l’histoire du rock, mais attention, celles vraiment crues

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On passe à la troisième partie, avec plusieurs pages sur la pratique musicale et là, gros coup de cœur : On commence avec des conseils sur le choix de matériel, des riffs à deux accords et deux pages « à la manière de… » Avec des riffs bien connus comme ceux de Tool, Rammstein ou encore Rage Against The Machine. Je reprendrais juste une expression de Squid quand elle l’a feuilleté « Mais il n’y a rien pour la basse !!! ».

 

Le dernier dossier que nous réserve Freaksound est surprenant : Le street art. Domaine plus axé sur l’électro et le hip-hop, il fait la part belle avec un article consacré à Goin. On y découvre sa passion de la bombe et sa relation avec la musique rock, le tout se noyant dans le street-art et me crèvant mon futal tellement je suis heureux de voir un art que je pratique et que j’aime enfin mis à l’honneur aux côtés de mon autre passion, la musique.

Les dernières pages concernent la culture de poche, des livres passe-partout bons pour ton cerveau. Ce qui conclut Freaksound. Voilà pour le topo, maintenant mon avis sur la question.

Freaksound, j’ai eu plusieurs conversations avec des gens du milieu, certains n’y croient pas, d’autres ont des réserves. En même temps, c’est normal, premier numéro, l’occasion de tâter le terrain. Je suis du genre à retourner le truc dans tous les sens pour donner mon avis et pour ma part, Freaksound, j’y crois… Pas comme le futur challenger, mais comme l’indie qui fait tranquillement sa place et qui a sa petite communauté, celle de passionnés de la musique, plus intéressés par les chroniques que part le nombre d’albums vendus par le dernier groupe en vogue. Je regrette peut-être un peu sa trop grande sobriété, mais qui semble être plus par timidité que part manque de personnalité.

Freaksound parait tout les deux mois, nous sommes fin avril et le prochain, le N°2 arrive la semaine prochaine. À 5,90€ (le prix d’une pinte), vous avez l’occasion d’aider un petit magazine bien motivé et plein d’idée, en même temps que votre culture musicale et vos gouts. Alors, n’hésitez pas : l’abonnement est à 29,50€ avec deux albums en cadeau pour un an.

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Des liens, plein de liens:

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Dans la famille Chevalier, je demande les frangins ! Deux frères qui fondé ensemble le groupe Debasement et c’est de celui-ci qu’on va vous parler aujourd’hui.

Debasement, c’est un groupe de Brutal Death metal qui vient de notre bonne vieille ville de Rouen, composé donc de deux frères (Clément Chevalier – vocals et Thomas Chevalier – guitars). À la base, le groupe se nommait « Naboth ». Plus un death mélodique que du brutal, le groupe n’était qu’un plaisir pour les deux frangins. C’est l’arrivée d’Hugo (drums) et de sa créativité qui commence à changer peu à peu le visage de « Naboth » et qui devient Debasement. Courant 2014, Jules (basse) rejoint le groupe, le line-up est fondé et le style de Debasement devient un bon vieux brutal death des familles !

La ligne directrice du groupe : Debasement souhaite traduire la violence de notre société à travers sa musique extrême. Même le nom a été choisi pour ça, se rapprochant de l’idée de « dépravation » humaine, montrer, pointer du doigt, refuser les atrocités faites par main humaine (autant sur le plan religieux, qu’écologiste, politique et, etc.…). Bref, tu vois déjà l’ambiance, alors tu te prépares à te prendre plein de coups dans ta jolie p’tite gueule d’humain (moi je m’en fous, j’suis un dragonnet !).

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Debasement a déjà un beau palmarès de concerts, et ont notamment joué en première partie de The Walking Dead Orchestra, Otargos, Kause 4 Konflit, Impureza… Les quelques critiques que j’ai pu lire également sont élogieuses… Maintenant voyons voir ça entre mes griffes…

Ce que le dragonnet en pense

Tranchant, voilà comment je pourrais décrire la démo de trois titres que propose Debasement sur son bandcamp. Trois titres aux riffs tranchants comme le couperet d’une guillotine. La compo est lourde, puissante et bien travaillée. J’ai du mal avec la voix qui part dans les aiguës, mais on verra ça plus tard.

La démo s’ouvre sur Save a Child, Fuck a Priest, inutile de t’expliquer la thématique, tu l’auras compris, copain. On part pour un brutal death qui laisse des marques, avec des riffs rapides, une batterie qui ne doit plus sentir son pouls à certains moments et une voix puissante, pas trop écrasée par le ton grave qu’utilise Clément, le chanteur, et c’est plutôt une bonne chose. Le titre part pour quatre minutes de violence verbale qui nous met dans le bain dès l’introduction.

Next I Will Drink your Blood like Beer, encore une fois, je ne te fais pas la traduction. On récupère un deuxième membre en vocal pour notre plus grand plaisir, avec une compo toujours aussi tranchante et bondissante, car j’avais bien envie de me jeter dans un pogo sur les quelques passages bien rapides et violents que nous sort Debasement en 5min. Bon, il y a juste un truc qui pêche, mais vu que je ne suis pas un gros amateur de brutal, ni de death, j’en parle juste en dessous sur le dernier morceau de la démo, Virunga.

Virunga, pour la trad…. Euh… Bref, j’ai dit dans le paragraphe au-dessus qu’un truc me chiffonnait. En fait, je kiffe pas du tout le trip du cochon. Je t’explique, Clément se lâche dans ce dernier morceau en couinant bien fort comme il faut. Je ne vais pas juger, le brutal death, ce n’est pas le coin que je visite le plus souvent dans ma discothèque. Pour le reste, on bouge bien son crâne, la violence du groupe se fait toujours aussi bien ressentir et c’est bon pour tes mickettes !

Tu en veux encore, Biatch ?

Alors, Debasement ? mmh mmh…

Debasement est l’un des jeunes groupes qui représentent l’avenir de la musique extrême de Rouen. Je ne peux pas complètement juger sur trois morceaux, ni sur leurs précédentes critiques, mais par leur volonté de se faire connaitre et le plaisir qu’ils ont à jouer. Je rappelle qu’à la base, le groupe n’était qu’un passe-temps, un hobby…

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C’est le genre de groupe qu’on verra notamment aux Arts bourrins, en mai prochain… Tiens, mais… Debasement est justement sur l’affiche ! Je pense que c’est suffisant comme explication, pour que tu puisses voir, lecteur, que ce groupe en a dans le pantalon et qu’il peut encore aller très loin.

Je ne suis pas un fan de death, c’est pourquoi si, dans un futur pas si lointain, on chope un chroniqueur de Death, on vous refera une chronique bien plus complète, mais je me devais au moins de faire ce premier jet. Debasement est un groupe à découvrir pour les amateurs de brutal et de death, qui n’en sortiront pas totalement entiers, à mon avis.

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