Archives de la catégorie ‘Nos Dossiers’

  • Législation

Il n’y a pas de limite d’âge officielle pour se faire percer en France, même si un accord parental écrit à conserver pendant 3 ans est également obligatoire (avec cartes d’identité du tuteur légal et du/de la percé/e). Certains pros refusent de percer avant un certain âge, souvent entre 14 et 16 ans, ou bien seulement certains piercings (par exemple, ok pour un nombril, hors de question qu’on te fasse un surface anchor. C’est à la discrétion du perceur, selon son éthique.

Bah oui, sinon tu pourrais pas emmener ta pauvre gamine se faire charcuter l’oreille avec une grosse merde dégueulasse de pistolet dans n’importe quelle bijouterie à la con du centre commercial. On y reviendra.

Un bon perceur te fera signer et remplir 2 exemplaires d’un document avec tes infos (nom et prénom, date de naissance, etc.), le type de piercing réalisé, la date et une dernière phrase déclarant que tu as conscience de l’acte qui va être pratiqué et l’accepte. Tu en prends une avec toi, l’autre sera précieusement conservée par le professionnel.

Toutes les mesures d’hygiène et de formation sont consultables sur ce site gouvernemental.

 

  • Pourquoi se percer tout seul à la YOLO dans sa salle de bain ou chez un bijoutier, c’est naze

Je l’ai déjà dit sur mon article au sujet du tatouage et je le répéterai ici : tu ne pourras jamais, ever, obtenir des conditions d’hygiène suffisante dans ta salle de bain et stériliser le matériel comme il le faut.

Que ce soit à l’aiguille ou au cathéter, le piercing nécessite des instruments parfaitement stériles, à usage unique, dont il faut disposer selon la législation en vigueur. Soit, comme dans le cas du tatouage, jeter le matos utilisé dans des containers à déchets organiques spécifiques qui engendrent des frais assez conséquents pour les quidams amateurs que nous sommes.

De plus, le corps est vachement rigolo, y’a plein de trucs dedans. Des veines, des artères, du cartilage pas tout à fait lisse, des nerfs. Puis la peau c’est une catin, quand elle est pas toute grasse pleine d’acné ou sèche comme le vagin de Christine Boutin, elle se fait plaiz en décidant de ne pas avoir la même épaisseur partout.

Si un perceur peut louper une artère et te faire pisser le sang, imagine les dégâts que tu peux toi-même causer à ton organisme. Acheter une aiguille stérile, une salle de bains lumineuse et une bonne vue ne te donneront ni la technique, ni l’expérience, ni le savoir-faire propre à chaque professionnel.

Je t’épargne les photos de piercings fait maison qui ont mal tourné, le tumblr Awful Modifications t’en donnera suffisamment.

Je vais plutôt te parler des dangers de se faire percer en bijouterie.

En premier lieu, aucune hygiène possible.

Ensuite, souvent aucune formation de la part des employés, ou alors extrêmement brève.

En plus ça fait vachement peur.

Enfin, le pistolet en lui-même :

  • Aucune stérilisation possible (non, non, NON, le désinfectant classique n’équivaut PAS à une stérilisation)
  • Plusieurs usages par jour, donc en partant du premier point, salut les infections et transmissions bactériennes
  • Que se passe t-il lorsque tu essayes d’enfoncer une vis dans une planche avec un marteau? Le bois va craquer. Ici, c’est exactement pareil. Si le pistolet est un combo vis/marteau, l’aiguille est une perceuse : efficace, rapide, fait pour créer un trou net et précis sans causer de dommages. Dans notre cas, le pistolet est le marteau qui enfonce de force le bijou, la vis, dans notre corps. On ne perce pas la chair, on force un objet absolument pas tranchant, juste pointu, à travers la peau. C’est encore plus dangereux dans le cas d’un cartilage percé. Au lieu d’un trou net et précis, on va se retrouver avec du cartilage brisé dont les morceaux peuvent devenir mobiles et engendrer beaucoup, beaucoup de problèmes.

A titre tout à fait personnel, j’aimerais également mentionner le problème que me pose le piercing, parfois systématique, des petites filles. Déjà parce que c’est des conneries absolument sexistes de faire percer les oreilles de sa môme parce que c’est une fille, aussi pour une question de consentement. Certaines ne veulent pas se faire percer les oreilles. Là où un bon perceur écoutera l’enfant et refusera, un employé de bijouterie n’y verra pas d’inconvénients. C’est à mes yeux une violation corporelle de la môme, en plus d’un traumatisme.

Demandez à vos enfants s’ils veulent se faire percer et emmenez-les chez un vrai professionnel. S’il change d’avis au  dernier moment, ne le forcez pas à aller « jusqu’au bout ».

 

  • Okay, donc je vais où me faire des trous?

On retrouve ici grosso modo les mêmes conseils que lorsqu’on recherche un tatoueur : demande des photos de piercings frais et cicatrisés, quel matos est utilisé, visite le salon…

Le perceur doit porter masque et gants, stériliser toute la surface, ta peau et le matériel, tout ouvrir devant toi, te tenir informé de ce qu’il fait.

Si tu comptes faire plusieurs piercings en une seule séance, assure-toi qu’une aiguille neuve est ouverte à chaque fois devant tes yeux. Non seulement utiliser la même aiguille n’est pas hygiénique, mais elle perd de son tranchant, traumatisant le corps.

Aiguille neuve

Aiguille neuve

Aiguille après une utilisation

Aiguille après une utilisation

Aiguille après 2 utilisations

Aiguille après 2 utilisations

 

  • J’ai trouvé un perceur au poil, ça se passe comment maintenant?

Comme pour un tatouage, je te conseille de bien manger avant. J’ai eu plus de 15 piercings et j’ai toujours le gros pic d’adrénaline à chaque fois, alors que d’autres ne stressent pas du tout. Dans le doute, fais-toi plaisir avec de la bonne bouffe pour limiter les risques de malaise.

Dans le monde merveilleux des trous partout, on a 2 écoles : le cathéter, et l’aiguille creuse. Le cathéter offre l’avantage de pouvoir directement insérer le bijou, tandis qu’à l’aiguille, il faut retirer puis insérer.

Certains perceurs utilisent un clamp pour s’assurer de leur précision, d’autres ne jurent que par le piercing à main levée. Encore une fois, tout est question de préférence personnelle. Mais en France, on utilise énormément de clamps et cathéters, je vais donc développer cette méthode.

Première étape, on nettoie et désinfecte ta peau sur la toute la zone. Le perceur doit déjà avoir ses gants. C’est maintenant que tu vas pouvoir décider du placement. Un petit point au feutre, un coup d’oeil dans le miroir permettent de voir si l’emplacement du bijou te conviendra ou de vérifier que tout est bien centré avant de piquer. Attention cependant, personne n’est vraiment symétrique et il est possible que, de près, le point te paraisse bien trop décalé. Essaye d’avoir une vue d’ensemble. Le piercing sera t-il vraiment mal placé, ou est-il légèrement déplacé pour permettre un visuel plus joli et symétrique?

Dans tous les cas, si le placement ne te convient pas, dis-le. Pour un premier piercing, c’est souvent assez difficile de se rendre compte, mais un vrai pro te laissera prendre ton temps et fera plusieurs essais jusqu’à ce que tu sois satisfait/e.

Ensuite, on passe aux choses sérieuses. Le perceur va positionner le clamp sur la partie à percer, pour s’assurer une bonne prise et pouvoir percer précisément. Viens ensuite le cathéter. On te fera souvent inspirer un bon coup et respirer au moment où l’aiguille passe, ça soulage la douleur. Une fois le cathéter en place, il suffit au perceur d’insérer le bijou, barre ou anneau, retirer le cathéter et visser la boule.

Côté douleur, tout le monde ne réagit pas de la même manière, mais certaines zones sont plus sensibles que d’autres. Par exemple, les piercings au nez déclenchent souvent une ou deux larmes réflexe à cause de la proximité des canaux lacrymaux. Moins on a de graisse sur le nombril, plus le piercing est douloureux (je ne parle pas de personnes en surpoids, mais plus des personnes très physiques et/ou sportives qui ont très très peu de masse graisseuse sur le ventre).

On utilisera très souvent un bijou initial plus long que ce qu’il faut en réalité, tout simplement pour que tu puisses gonfler (car oui, tous les piercings gonflent un minimum) sans être gêné/e. Le changement pour un bijou plus ajusté se fait entre 2 semaines et 1 mois selon le temps de cicatrisation, par le perceur, quasi tout le temps gratuitement.

Ensuite, on te donnera la marche à suivre pour la bonne cicatrisation, parfois par écrit.

 

  • Comment garder mon piercing heureux le temps de la cicatrisation?

On désinfecte 2 ou 3 fois par jour, pas plus (par exemple avec de la biseptine) (on utilisera en plus un bain de bouche dilué à l’eau pour les piercings aux lèvres, et exclusivement du bain de bouche pour la langue), pendant environ 2 semaines, puis on nettoie au sérum physiologique 2-3 fois par jour pendant le reste de la cicatrisation.

Je disais juste plus haut de s’attendre à un gonflement plus ou moins important (on peut prendre des anti-inflammatoires si on en sent le besoin, mais ils ne sont nécessaires que pour un piercing à la langue). La peau va également rougir, et il est fort possible qu’il y ait des sécrétions dès le lendemain ou le surlendemain, voire même un peu de sang pendant quelques heures. C’est tout à fait normal. C’est la lymphe, chargée d’éliminer les déchets, qui s’écoule. Après tout, tu viens de créer une plaie et d’y insérer un corps étranger, ton corps n’est pas capable de saisir toute la coolitude de l’acte, seulement le fait qu’il faut réparer ça au plus vite. La zone risque également d’être sensible ou douloureuse quelques temps.

Contrairement aux idées reçues, ON NE FAIT PAS BOUGER LE BIJOU. On risque de déplacer des sécrétions et de les ramener à l’intérieur du trou du piercing, ce qui peut causer des problèmes. Avec son désinfectant ou son séum phy, on frotte tout doucement pour ramollir et on enlève du bout d’un coton-tige. Ne jamais forcer sur les « croûtes », ou pire, les arracher. Ça ne ferait qu’empirer.

On peut s’inquiéter si les sécrétions produisent une odeur ou s’écoulent en continu, et encore, ce n’est pas toujours justifié. Au moindre doute, n’hésite pas à te rendre chez ton perceur pour te rassurer, ou, éventuellement, voir les mesures à prendre.

Bien entendu, on se lave les mains avant tous les soins.

Interdiction de changer son bijou avant cicatrisation complète.

 

  • Et ensuite?

On nettoie ses bijoux régulièrement, par exemple toutes les semaines, dans de l’eau légèrement savonneuse (savon hypoallergénique). Pour les bijoux de langue/lèvre, on peut aussi les laisser quelques temps dans un bain de bouche dilué pour éviter la formation de plaque.

Un piercing peut subitement s’irriter pour plusieurs raisons, les plus fréquentes étant un bijou trop grand ou de forme inadaptée, un matériel de mauvaise qualité, ou simplement un accident (un coup dedans, croché dans des fringues, dormir dessus…). Pas la peine de désinfecter pour si peu, tu vas juste t’assécher la peau et accentuer les rougeurs. Si le problème persiste, essaye de changer le bijou. N’oublie pas qu’une allergie peut se déclencher à n’importe quel moment dans la vie. En cas de sécrétions, nettoie au sérum phy et n’hésite pas à demander à ton perceur de jeter un œil.

Côté durée de vie, un piercing bien réalisé peut tenir indéfiniment. Un rejet (grande trouille pour les amateurs de piercings de surface/dermal anchors, mais je développerai plus tard) se produit lorsqu’un piercing est mal réalisé (trop ou pas assez profondément, mal placé par rapport à l’anatomie…) et se produit en général entre quelques mois et un an. Si c’est ton cas, tu auras très largement le temps de t’en apercevoir et de retirer le bijou pour laisser l’orifice se refermer de lui-même et limiter les cicatrices.

Parlons-en, des cicatrices. Tout piercing en laissera forcément une, ce qui peut aller d’un minuscule point à peine visible à la belle marque bien délimitée du trou. Ça dépend des gens, du type de bijou, de la taille. Un piercing stretché se refermera tout seul très progressivement mais en général, les trous de plus de 10mm (1cm) auront du mal à se resserrer davantage sans opération (on aura là aussi l’occasion d’en reparler dans l’article propre au stretching).

Il arrive même que chez certains, le trou ne se referme jamais. C’est au petit bonheur la chance… L’un de mes cousins peut rester 3 mois sans remettre son bijou à la lèvre, ça passe crème. Pour ma part, j’ai passé 2 jours sans écarteurs pour un cosplay et j’ai perdu 2 tailles de stretching, soit 2mm, en aussi peu de temps, mais je n’ai jamais enlevé d’autres piercings plus de quelques minutes.

Donc, si tu te fais percer en sachant que tu devras enlever le bijou régulièrement, pour le taf par exemple, prépare-toi à une possible mauvaise surprise. Certains piercings ont l’avantage de pouvoir se rendre invisibles (un curved barbell dans un septum n’a qu’à être « flippé », soit retourné à l’intérieur du nez, pour être impossible à repérer – c’est ce que je fais notamment pour les entretiens d’embauche), d’autres permettent de mettre un bijou transparent ou très discret, comme certains cartilages ou même la langue.

De manière générale, je te conseillerai d’éviter de te faire percer si tu sais que tu vas devoir l’enlever ou le planquer pour du taf, surtout qu’il ne faut jamais enlever ou changer le piercing pendant la cicatrisation. A la rigueur, il est possible de percer directement avec un tout petit bijou discret, ou pour un septum d’insérer un barbell à l’envers, à l’intérieur du nez, mais avant cicatrisation parfaite et complète, il te sera impossible d’y toucher.

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Baha et moi sommes partis vers la côte le week-end dernier à l’occasion de la deuxième édition du Stoned Pebble Night organisé par Nek-Ros. Le flyer plus qu’alléchant en plus d’être canon nous parlait de petits gris et de liquide cérébro-spinal, ce qui fait résonner mon petit cœur d’aspirante neurobiologiste fan de X-Files since 2001, pour nous vendre une soirée de stoner psychédélique en compagnie de Brain Pyramid et The Fur.

C’est la toute première fois que nous sommes officiellement invités pour chroniquer l’événement, et on a même notre logo sur le flyer signé Will Argunas.

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Ouais ouais. Biatch.

 

Du coup, est-ce que ça valait pour moi le coup de frôler la crise cardiaque en traversant un pont qui me fout grave les miquettes, pour Baha de m’écouter débiter une demi-heure sur des bébés calamars difformes et de se perdre en arrivant aux abords de Dieppe parce que décidément, nous sommes incapables de partager une caisse plus de 25 bornes sans finir dans des coins chelous ?

  • L’accueil

Nous arrivons un peu après 17h à la Maison Jacques Prévert à Dieppe, accueillis par Vincent de Nek-Ros. The Fur est en train de faire sa balance, les gars de Brain Pyramid ne sont pas encore arrivés, Will Argunas non plus. On est larges, très larges pour réaliser nos interviews et poser nos marques.

La team de Nek-Ros est très cool, les gâteaux sont déjà sortis, on a vite une bière à la main pour nous mettre dans l’ambiance. On visite les locaux, la salle est assez cool, mais on se rend très vite compte que l’acoustique n’est pas au top pour ce genre de concerts… Ce n’est bien entendu pas imputable à Nek-Ros, mais c’est dommage.

On pose notre bordel dans le coin cuisine qui sert de loges, où nous attendent les m’n’ms qu’on pillera allègrement avec Brain Pyramid.

Les stands sont en cours d’installation, coin buvette, merch de Nek-Ros, The Fur et Will Argunas. L’ambiance est cool et ne laisse présager que du bon pour la soirée à venir.

On retrouve chez Nek-Ros les t-shirts de la soirée, compil du précédent Stoned Pebble Night, albums du label (dont Larmor Light chroniqué précédemment par le patron), chez Will des t-shirts, badges, tirages d’affiches de Roller Derby et d’illustrations issues de Pure Fucking People, aussi en vente. Enfin, chez The Fur, on retrouve des t-shirts et leur album éponyme.

 

  • Brain Pyramid

Squid

On nous avait promis des influences 60s-70s, le ton est donné dès les premières notes. La voix chaude du chanteur-guitariste est raccord avec ses pattes d’éph’ et son attitude scénique qui apporte une bouffée d’air frais bienvenue. C’est carrément dansant, l’ambiance monte très vite et reste constante.

Baha

Je n’ai pas encore dit un mot sur cet article, vous voyez comment Squid bosse bien ? Future boss de Rock’in radio, mais pas avant que je me sois retrouvé la tête dans une sono en train de me masturber, mort d’une crise cardiaque soit dûe au choc, soit… Han bordel, ça me réussit pas d’être malade (Ps : santé de merde).

Je reviens sur le sujet, avec Brain Pyramid, petit aparté avant de débuter : Le stoner n’est pas ma tasse de thé, pourtant j’accrocherais assez bien aux deux groupes. Comme dit dans l’ITW de Brain Pyramid, ils ont une grosse influence 70’, d’un côté nous avons une basse et une batterie plutôt calmes et de l’autre, une guitare qui partira dans un trip psyché durant la bonne partie du set.

C’est un stoner vif, lourd, bien maitrisé qui nous a été donné dans la salle. Brain Pyramid s’éclatera durant leurs quarante-cinq minutes. Je ne suis pas resté jusqu’au bout, puisque j’avais une ITW sur le feu avec Vincent de Nek-Ros. Néanmoins, c’est avec plaisir que j’écoute leur album sur Bandcamp.

 

  • The Fur

Squid

Petit aparté avant de débuter : je kiffe bien beaucoup le stoner. Et j’aime bien partir très très loin quand j’écoute quelque chose, ce qui m’est vachement plus facile avec de l’instrumental. Donc j’étais grave curieuse de voir ces petites bouilles d’ados envoyer du pâté en live.

Autant dire qu’après la pouquette que nous avait filé Brain Pyramid, j’appréhendais un peu, sûrement à cause de l’effet retombée de soufflé qu’on avait eu avec l’interlude post-rock à l’Oreille Qui Traîne. Il faut que la sauce prenne de suite, faute de perdre le public. Cela n’a pas du tout été le cas ce soir, parce que le public était un public de connaisseur, et parce que The Fur a effectivement envoyé du pâté.

J’ai rencontré les Petits Gris promis par le flyer du fest et je suis rentrée loin dans ma tête toute la durée du set. Le truc où tu fermes les yeux et te dandines maladroitement sur tes pattes, complètement bercée par la musique.

J’ai acheté l’album et débardeur trop d’la balle avec un chaton psyché qui baille. J’ai aussi pris le flipbook astronaute, mais je n’en avais absolument pas besoin pour planer.

Baha

Un groupe qui se fait appelé « la fourrure » et qui a comme pochette d’album un combattant (le poisson), ça te donne tout de suite l’ambiance. Comparé à Brain Pyramid qui à un stoner plutôt bourru, vif et énergique, The Fur est carrément psyché, calme et enivrant. Tu as l’impression de te laisser porté par une rivière calme sous un soleil couchant… Bon, après tu peux aussi te choper une ou deux pastilles magiques, je suis sûr que l’effet sera la même.

Plus sérieusement et aucune apologie derrière ça : The Fur est un stoner qui te fait fermer les yeux et qui t’emporte très très loin dans ton esprit. Ca été la même au concert, où j’ai laissé faire le boulot aux oreilles alors que je fermais les yeux pour mieux en profité. La guitare part dans des aigus bien maitrisés, qui donne ce côté onirique, pendant que la basse et la batterie servent de fil conducteur à la compo.

Au sein de la salle, ils sont tous un peu comme moi, pris par la rêverie, autant dire que The Fur gère son set, tellement qu’il y aura un rappel ! De plus, les Belges feront l’effort de quelques mots de remerciement en français. Bref, grave cool !

 

  • Alors ? Heureuse ?

Squid

Premier gros event pour nous, première interview pour moi (et premier « taf » en coulisses de manière générale), affronter l’autoroute avec le patron… Je flippais ma race d’être nulle/awkward/en train de râler non stop/yadda yadda yadda.

En fin de compte, je n’en ai retiré que du positif. Je me sens plus capable et crédible dans ce projet, ce qui me donne envie de m’investir encore davantage.

Et les groupes étaient trop cools. Et les gens super sympas. J’ai vraiment kiffé ma soirée. J’aime trop ce taf.

Baha

Quand j’ai reçu le mal de Vincent pour le festival, je partais pour Poitiers, fêter Noël… Autant te dire que j’avais grave le smile à ce moment-là. En partant pour le festival, j’étais à mort stressé sans pour autant que ça se voit… Première grosse soirée couverte par Rock’in radio, que dois-je faire, comment m’y prendre, gérer des ITW avec un nouveau matos que je ne maîtrise pas encore… Durant le fest, tout s’est super bien passé grâce aux bénévoles de Nek-ros, par leurs gentillesses et leurs présences, également grâce aux groupes, super accessibles.

Le hic fut au retour, quand j’ai vu que j’avais mal calibré mon appareil, l’écho derrière les ITW était tellement dégueulasse que, même retravaillé, le son n’était pas plus beau… D’où le temps qu’on a mis à faire ce dossier (et je m’en excuse auprès de Nek-Ros et des groupes)

Mais au final, cette soirée fut une excellente expérience. Des découvertes, des rencontres et du bon son, voilà pourquoi j’aime ce genre de soirée ! Pour ma part, je n’abandonne pas, je finaliserais ces ITW, qui j’espère, seront disponible très bientôt !

En attendant, n’hésitez pas à découvrir vous aussi Brain Pyramid et The Fur, qui sont d’excellents groupes et à qui je souhaite tout le courage !

Merci aussi à Nek-Ros pour l’invitation, à toute l’équipe de bénévole et à Vincent pour nous avoir fait confiance, également pour l’ITW, comme celle de Will Argunas, Brain pyramid et The Fur. Merci à vous tous et restez rock !

Stoned Pebble Night

 

Le 7 février dernier, Squid et moi, on se perdait dans la campagne dieppoise. Pas de remake de film d’horreur là-dedans, juste un festival, le Stoned Pebble Night » ou la soirée stoner sur Dieppe, organisée par l’association Nek-Ros ! On est finalement arrivé à bon port et à l’heure, l’occasion de vous ramener nos impressions et quelques interviews de cette soirée qui mérite le détour… Mais avant qui, quoi, quand, ou et pourquoi ? On vous dit tout dans cette intro, sur Nek-Ros, le Stone Pebble Night et les invités. En piste !

Nek-ros : initiateur d’un gros bordel auditif

10380885_282759998571863_6056476034054255381_nNek-Ros est un label, producteur, diffuseur d’artistes et d’événements culturels indépendants (autant dire une belle schizophrénie créative ou dans le langage pro du « 360 »), fondé en 2011 par Vincent et son frangin. On y retrouve de tous les styles, autant le grunge de Larmor Light que la world music de Bantou Style en passant par le jazz d’Akasam, mais ça ne s’arrête pas la puisqu’ils font aussi dans le spectacle vivant et dans l’art visuel… Il y en a pour tous les goûts, mangez un peu de culture les gars ! Ce mélange culturel a bien entendu un but :

« On peut facilement croiser les arts » explique Vincent au micro de Rock’in’Radio. « Prends l’exemple de Sons of Apache, dont la pochette a été faite par un dessinateur/sculpteur de l’assoc’ (bien qu’il vole de ses propres ailes maintenant). L’idée est que tout se croise au sein de l’association. L’artiste qui a fait la pochette de Sons of apache était très heureux de voir son œuvre sur milles pochettes de CD. »

Nek-Ros est bien plus qu’une association, c’est également un tremplin, un moyen d’avoir de l’aide, des conseils et une véritable opportunité de professionnalisation. Un peu le cas de Larmor Light par exemple (Déjà ITW ici) et de son chanteur Reynald Lynden au niveau de son projet solo.

Situé à Dieppe, mais avec le souhait d’un développement sur d’autres régions, Nek-Ros nous offre un bon bol de culture accessible via le site où vous pourrez retrouver l’intégralité de leur catalogue en art et en artistes !

D’ailleurs, si vous voulez les rencontrer, durant tout le mois d’avril une expo sur le Polaroïd est organisée à la maison Jacques Prévert de Dieppe, co-organisée par Nek-Ros, Impossible, Triphase et la ville de Dieppe… (enfin, ce n’est pas le sujet enfin si, c’est toujours utile la pub pour les copains) ! Ce qui nous intéresse vraiment, c’est le Stoned Pebble Night.

Le Stoned Pebble Night : La nuit du stoner dieppois

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Sous un soleil de plomb, dans un désert aride où se côtoient serpent, scorpion et crâne de bœuf (qui plairait à Squid pour son cabinet de curiosité, tiens), une mustang avale des kilomètres de bitume à la vitesse de l’éclair. Dans son habitacle, le son du moteur ne s’entend que d’une oreille, comme le ronronnement d’un chat ou le rugissement d’un tigre, a toi de voir, pendant que de l’autre oreille, Brain Pyramid et The Fur offrent une bande-son au coucher de soleil, au néon des motels bon marché sur la route et aux petits gris venus foutre des sondes anales dans le cul des pécores du coin…

Bienvenue au Stoned Pebble Night, je pense que j’aurais pu faire une intro en deux lignes, mais c’est bien l’ambiance qui en ressort quand tu regardes le flyer de l’événement. Le 7 Février dernier, à 21h, Dieppe est devenu la ville du Stoner, encore une fois puisqu’il s’agissait de la deuxième édition.

Squid et moi étions présents pour quelques interviews et pour découvrir l’assoc’. J’étais plutôt chaud et plutôt impatient vu que notre logo était sur le flyers et les affiches, le premier gros event ou nous étions invités pour rendre compte (même si entre temps par des soucis perso, j’ai trainé un peu).

Mais avant de parler des groupes et du partenaire, Will Argunas, parlons un peu du Stoned Pebble Night ? Présentation ! Attention top chrono pour le speed dating !

« En France, le stoner est très peu représenté » explique Vincent, « alors que dans tous les autres pays autour de la France, le stoner est un genre représenté depuis les années 90. À part les gros festivals (tel que le Hellfest, le Stoned Gathering de Paris…), il y a très peu de festivals de stoner, qui est un style émergeant en France et pourtant, on touche un public qui est sur du plus de vingt-cinq ans. »

Je prends un coup de vieux, mais c’est plutôt juste, le stoner étant un genre influencé par les années 70 et le psychédélique (Ah, Jimmy Hendrix…), nos futurs retraités écouteront surement plus de stoner que de la musette !

Ce désir de faire connaitre le stoner et de le sortir des sentiers battus a permis la création de ce festival (je le rappelle encore une fois, deuxième édition) qui a vu des groupes comme Stonebirds, Taman Shud, Sons of Apache, ainsi que Brain Pyramid et The Fur, fouler la salle Jacques Prevert.

Dieppe, Capitale du Stoner ? Le Stoned Pebble Night est un événement récurrent (trois fois par an de prévu) afin de créer, vers 2016, un festival consacré au stoner, pas forcément sur Dieppe. Mais l’idée, quant à elle, a bien germé dans l’esprit de Vincent.

« L’idée est que les soirées du Stoned Pebble Night soit une prémisse à un plus gros événement » confie Vincent, « mais il y a du travail à faire derrière, même si on vise une petite jauge, du six cents personnes et si on a trois cent, je serais content ! »

Que dire de plus ? Un accueil chaleureux, une ambiance agréable où les gens se côtoient sans soucis autant sur les stands que dans la salle, des groupes adorables, pro et fun, sans oublier le partenaire, Will Argunas, qui a dessiné le visuel du Stoned Pebble Night !

Les groupes présents et le partenaire de cette deuxième édition

Cette édition était marquée par la présence de Will Argunas, partenaire du Stoned Pebble Night, déjà present lors de la première édition.

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On connait Will Argunas pour son boulot au Hellfest, ainsi que pour ses livres Pure Fucking People (ainsi que le prochain à sortir Pure Fucking Roller Derby) et ses bandes dessinées (éditées chez Casterman). Vincent a découvert Will via son boulot pour le Hellfest. Dans l’ensemble, toute l’association accroche au travail de Will, un univers très américain, un style esthétique proche et allant dans le thème que Nek-Ros veut pour le festival, c’était suffisant pour le visuel : une mustang roulant sur une route en plein milieu du désert avec les drive-in, motels et cactus. Le tout, signé Will Argunas.

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De l’autre côté, deux groupes étaient présents ce soir la : Brain Pyramid et The Fur. D’un côté, nous avions Brain Pyramid, groupe breton qui tourne énormément, revenant d’une tournée en Espagne et de l’autre, dans l’optique d’inviter des groupes européens, The Fur, trio belge qui a tourné avec Sons of Apache, autre groupe de stoner de Nek-Ros.

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La prochaine soirée du Stoned Pebble Night sera en juin (date encore à définir), mais pourrait bien voir sa localisation changée : Rouen, Le Havre ? Rien n’est encore décidé.

En tout cas, pour cette deuxième édition du Stoned Pebble night, nous avons bien pris notre pied avec l’équipe de Nek-ros et les deux groupes présents. Je ne peux que vous inviter à poursuivre la lecture du dossier, avec les ITW de Brain Pyramid, The Fur et de Will Argunas, pour vous donner un aperçu ou de bons souvenirs de cette soirée du Stoned Pebble Night !

La suite, c’est ici !

Et les liens, c’est ici aussi !

Stoned Pebble Night – ITW Will Argunas

Lors du Stone Pebble Night du 7 février, Will Argunas était invité en temps que partenaire de cet événement. Alors qui est Will ? Dessinateur et scénariste de bande dessinée, il est aussi illustrateur (Hellfest, Pure Fucking People…) et sérigraphiste. Ce natif de Lille au sacré coup de crayon a accepté de répondre à quelques questions pour Rock’in radio… En piste Will !

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Dessinateur depuis 2001, il approche de la vingtaine de projets édités, pas que de la bande dessinée puisque depuis quatre ans, il s’est mis à la sérigraphie (t-shirt, badge…).

« J’essaye de m’éclater et de faire ce que je veux, on retrouve tout ce que je fais sur la Pure Fucking Boutik. Un nom à la con, mais qui me suit bien ! »

Sa passion pour le dessin a toujours été la, mais comment a-t-elle rejoint la musique ?

« J’ai toujours voulu faire de la BD, depuis tout petit. J’ai toujours travaillé avec de la musique, dessiner, c’est très solitaire comme travail, mais la véritable rencontre entre mes deux passions, c’était durant le Hellfest en 2009. Je suis tombé amoureux du Hellfest et des festivaliers, du coup j’ai pris plein de photos… La dégaine, les fringues… en tant que dessinateur, beaucoup de chose me parlaient. »

Révélation après dix ans de carrière dans la pub pour Will, le voilà en train de dessiner les festivaliers du Hellfest, via les photos et la documentation qu’il a pris. Motocultor, M Fest, Sylak Open air… Six ans plus tard, Will n’a pas perdu sa passion pour tirer le portrait des festivaliers et on retrouve ses dessins dans l’un de ses grands projets : Pure Fucking People.

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« Je pense avoir fait le tour de ce projet. Faut savoir que mes quatre tomes de Pure Fucking People, tout a été financé par le crowfunding (sauf le tout premier, que j’ai autofinancé). Je me suis demandé l’an dernier si je ne devais pas aller voir ailleurs… Avec le sold-out du Hellfest 2014, je n’arrivais pas à isoler les gens, puis la semaine d’après, il y avait des milliers de photos sur internet. »

Quand Will a commencé, le Hellfest n’était pas encore un élément bien connu. Aujourd’hui, le festival est bien connu de tous, le plaisir n’y étant plus et étant un passionné, Will a préféré arrêter la.

« Je ne savais pas trop où aller alors et le déclic s’est fait au Motocultor, sur mon stand, quand David, alias Captain Albacore, est venu me voir pour des affiches de match de roller derby pour l’équipe de Lorient, les Morues. »

Censuré à cause d’une affiche trop trash (d’après les joueuses, le comble pour un sport qui peut se montrer violent), il se rapproche de l’équipe d’Orléans, les Simones, et vient au match de celles-ci. Au final il installe un stand o* une partie des bénéfices revient à l’équipe (les équipes de roller derby ayant peu de finances, elles se concentrent principalement sur le merchandising pour les déplacements).

« J’ai commencé à faire des dessins sur les Simones, = venir tous les quinze jours à leur entrainement, puis j’ai assisté à un premier match et là, gros coup de cœur ! J’étais comme au Hellfest, en pleine immersion et ça, j’adore ! »

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Voilà comment est né le dernier venu Pure Fucking Roller Derby : tatouage, piercing, tenue à la « robocop » mais toutes avec une identité propre, sur quoi Will à travaillé ses derniers mois. Projet financé avec succès sur la plate-forme Ulule et qui paraitra dans les prochains mois !

Partenaire du Stoned Pebble Night, je lui ai demandé en quoi cela consistait, réponse :

« J’ai commencé avec un T-shirt pour Sons of Apache, puis Vincent est venu vers moi pour une affiche et un logo, au final c’est celui de la mustang dans le désert, qu’il réutilise autant qu’il veut, il y a juste la couleur à changer, ainsi que les groupes et la date. J’ai fais des badges, des t-shirt, des sérigraphies… Du coup, je viens poser mon stand au Stoned Pebble Night. J’apprécie énormément Vincent, c’est quelqu’un qui respecte les artistes et puis, je commence à bien connaitre les membres de l’association. »

Gros mordu de métal, il n’a découvert le stoner que récemment, mais sa playlist va de Sepultura, Faith No More, Rage Against The Machine… La quarantaine passé, Will a sa période stoner en ce moment. Il est venu ce soir-là avec des oreilles neuves pour découvrir de nouveaux groupes, « ça sert à ça aussi d’être partenaire » explique-t-il.

Will part sur d’autres projets pour les prochains mois. Vous pourrez retrouver Will Argunas sur son site, son blog et son Facebook, n’hésitez pas à vous procurez ses Pure Fucking People » et son tout dernier Pure Fucking Roller Derby !

Des liens, plein de liens !

 

Stoned pebble night – ITW Brain Pyramid

Lors du Stone Pebble Night (samedi 7 février), deux groupes sont venus animer la soirée avec leurs stoner, l’un était The Fur et l’autre, Brain Pyramid. D’ailleurs, c’est d’eux dont cet article parle !

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Formé en fin 2012 et venant de Rennes, Brain Pyramid (Gaston Lainé : guitariste ; Baptiste Gautier-Lorenzeo : batterie ; Paul Arends : basse) a accepté de répondre à nos questions. Groupe de stoner psychédélique et un poil bluesy, ils étaient les premiers ce soir la à passer sur la scène du Stoned Pebble Night.

« On s’est trouvé, un peu comme sur Meetic… » explique Baptiste « On a joué, fait quelques morceaux et comme je suis en école du son à Rennes, on est partis direct en studio. Ça nous a permis de débuter assez vite ! »

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Premier disque sorti en 2013, Magic Carpet Ride est plus une démo qu’un disque, enregistré en quelques jours. Le groupe n’attend pas le train et saute déjà dans un autre en direction du Portugal.

« Quelque temps plus tard, un mec nous contacte pour une tournée au Portugal (on y reviendra), puis au retour, nouveau disque (Chasma Hideout), nouveau concert… On a vite vu que le projet tenait la route, mais les temps changent en ce moment, disons qu’on a rencontré des nanas à Barcelone et… qui vivra verra. »

On laisse de côté les histoires de cœur pour revenir sur Brain Pyramid, d’ailleurs d’où est venu ce nom ?

« On voulait un nom qui sonne cool, pas comme… Black Eyed Peas **rire**. Plus sérieusement, on trouvait le concept intéressant, une pyramide de cerveaux… Ça va très bien avec le genre du groupe, un stoner psyché. Mais il n’y a pas de double sens ou d’anecdote là-dedans. »

Le genre du groupe c’est construit autour de deux grosses influences : le rock des 70’ et le stoner, chaque inspiration venant de Gaston et Baptiste, qui vont de Led Zeppelin, Hendrix, Sabbath, Motörhead, Blue Cheer à la scène actuelle avec Kyuss, Sleep, Nebula, Earthless, Orange Goblin, etc.

« Notre première démo sonne très Hendrix… On a plus mélangé nos influences sur Chasma Hideout, ce qui creuse un gros fossé dans notre façon de travailler entre la première démo et l’actuel LP. C’est pour ça qu’on l’a enregistré rapidement, Magic Carpet Ride ne nous représentait plus tellement ».

Cette mise à jour du groupe avait aussi pour but d’avoir une base de tournée, car après une rencontre avec un bookeur portugais, les voilà sur une tournée avec un groupe anglais. Mais suite à un désaccord sur le contrat, le groupe anglais ne bougera pas de leur pays. Finalement, c’est Brain Pyramid qui prend la tournée.

« On s’est fait vachement d’expérience. Sur cinq-six dates, on a découvert comment ça marchait, ce qu’il fallait faire. On a rencontré vachement de monde et ça nous à permis de faire une deuxième tournée. C’était grisant et tu sens que tu ne fais pas de la musique pour rien. C’était pour ça aussi que je voulais faire de la musique, pas pour faire des repêt’ tous les dimanches dans le garage. »

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Au Stoned Pebble Night, c’était leur premier concert depuis quelque temps, depuis leur dernière date en Belgique en fin novembre.

« On va se décrasser, prendre notre pied et vous en mettre plein à la vue ».

Prochain projet ? Un nouveau disque tant que le groupe est encore entier (ah, la tentation des femmes du sud !) et un split avec Missing Miles (Caen). En attendant, nous on a profité de leur prestation sur scène et on ne peut que vous conseiller ce groupe.

Des liens, plein de liens !

Stoned pebble night – ITW The Fur

Samedi, à l’occasion du Stoned Pebble Night organisé par Nek-Ros à Dieppe, j’ai eu l’occasion de faire une interview pour la tou-toute première fois (ce qui ne serait pas arrivé si le taulier savait parler un broc d’anglais (mais comme c’était vachement cool une fois la panique et la peur de voir mes dons linguistiques disparaître en fumée passées c’est pas grave)).

The Fur donc, un trio de stoner psyché instru, venu tout droit des Flandres.

 

C’est dans les loges, à côté des gâteaux, des m’n’ms et des odeurs d’herbes aromatiques fleurant bon l’Europe un peu plus au nord que je taille le bout de gras avec le groupe : Elias, le batteur à la bouille de petit bézo, Jens Hugo, le guitariste à la main bousillée par un nerf problématique et Theli, le bassiste qui est le seul à avoir l’air d’avoir dépassé les 20 ans.

The Fur a débuté il y a environ 4 ans comme beaucoup de rêves d’ados, me raconte Elias :

On avait, quoi, 18-19 ans, nous jouions juste de la guitare et de la batterie dans son garage [celui de Jens Hugo], avec une batterie électrique pourrie et du matos très naze.

C’est grâce à un postier qu’ils rencontreront Theli, à la recherche d’un groupe. Le nom du groupe viendra d’un quiproquo au sujet d’une vidéo youtube…

Theli : La vidéo qu’ils m’ont montré, The Fur

Elias : En vrai c’était le nom de la chanson, pas du groupe. Le groupe devait s’appeler Zazawie mais il a inversé les 2 dans sa tête ! Puis finalement on s’est dit qu’en fait, The Fur… C’est pas si mal après tout !

Le choix du stoner s’est fait naturellement via leurs influences musicales, type Color Haze. Ils se sont tout de suite décidé pour de l’instrumental, principalement parce que c’est ce qu’ils écoutent le plus, et aussi parce d’après Theli, « aucun de nous ne sait chanter!« .

Ils disent devoir beaucoup à Idealus Maximus, un groupe également originaire de Ghent. Elias :

Ce sont des amis proches, ils nous ont emmené sur scène avec eux quand on a commencé. On joue beaucoup avec eux et ce sont vraiment des modèles pour nous. Ce sont de supers potes et c’est un super groupe.

Chez The Fur, tout est DIY, enregistrement compris. Mais même si cette méthode a son charme, ils ne sont pas contre l’idée de travailler avec un label.

Jens Hugo : Un label serait très intéressant, notamment parce qu’on voudrait sortir l’album en vinyle, mais c’est super cher à faire soi-même… On joue souvent gratuitement aussi.

Theli : Du coup ça coûte aussi cher de se déplacer, ça a coûté cher de venir [en France], donc on peut pas vraiment économiser…

Elias : Un label serait vraiment cool. On est ouvert aux bonnes propositions !

Donc, à tous les labels susceptibles de me lire, traînez une oreille sur leur bandcamp et ne vous refusez pas le plaisir d’un putain de bon petit groupe tel que The Fur!

Bien qu’ayant joué en Hollande auparavant, ce n’est que leur deuxième date en France. Contents de leur show à Lille la veille, « bonne ambiance, gens super sympas, bon public« , ils attendent du Stoned Pebble Night de s’éclater et espèrent y voir beaucoup de monde.

Ils partagent la scène avec Brain Pyramid, qu’ils ont tout juste rencontrés avant l’interview.

Jens Hugo : On préfère juger les groupes sur les performances live… On préfère la surprise!

Pas de projets particuliers pour les mois à venir, si ce n’est l’envie de tourner plus à l’étranger, notamment en Allemagne. Ils ont également prévu un weekend à Amsterdam…

Cadeau bonus : le live d’une chanson absente de l’album!

Je suivrai personnellement leur avancée avec beaucoup d’intérêt.

Vous aurez l’occasion d’avoir mon avis détaillé sur leur musique dans le livereport du Stoned Pebble Night, mais sachez juste que ces mecs ont déjà une maturité musicale assez exceptionnelle et que je n’ai pas eu besoin de leurs « flipbooks » d’astronaute pour me retrouver à planer au milieu des petits-gris.

Merci encore à eux de nous avoir accordé leur première interview chez les français!

Retrouvez leur interview en anglais en intégralité sur le soundcloud de Rock’in’Radio.

Des liens, plein de liens:

Dans la vraie vie qu’elle est vachement plus moche et triste et dégueulasse que sur les internets, y’a des trucs qui me hérissent méchamment le poil. Féministe inter-sectionnelle et non hétérosexuelle, je suis au taquet sur pas mal de sujets sensibles.

Genre les meurtres de jeunes noirs aux States environ toutes les 2 semaines par des flics blancs.

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Le slutshaming en vogue sur les sites populaires à la 9Gerbe et compagnie.

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La grossophobie ambiante dans les magasins de fringues hors spécialisés.anigif_enhanced-buzz-703-1385146154-36

Les gens incapables de respecter les pronoms choisis par les transexuels/agenders.

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Les chiottes dégueulasses qui servent de bouche à Christine Boutin.

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Etc, etc.

A mes yeux, la communauté « rock/métal » est plutôt masculine et souvent ouvertement misogyne. J’ai été bousculée volontairement à de nombreuses reprises dans des concerts parce que j’avais le malheur d’être une meuf seule avec un sac à l’épaule, trop rigolaule. On m’a déjà tripoté en douce. On se fout de ta gueule.

Ça fantasme allègrement sur les meufs « alternatives » et autres suicide girls en mini-jupe/résilles, mais IRL, t’es une grosse chaudasse et de surcroît une sale fake si tu peux pas donner tous les line-up du groupe dans l’ordre chronologique.

 

Bref, pour une communauté qui se revendique souvent comme discriminée du lycée au marché du travail, y’a un peu BEAUCOUP de taf à faire sur pas mal de points.

Alors que certaines icônes du rock, vénérées par les fans hardcore comme par les lycéens qui découvrent petit à petit ce que cette musique peut offrir, ont méchamment ouvert leurs gueules sur le sujet. Je vais donc me lancer dans une série d’articles sur les Social Justice Rockers, des gens qu’ils sont biens.

Prenez-en de la graine.

 

  • Kurt Cobain

Aaaaahh, Nirvana. Mes années lycée. J’ai toujours un vieux t-shirt tout pourrave XXL bouffé par les trous que je ne jetterais pour rien au monde. On avait trop la pouquette sur Smells Like Teen Spirit et on badait bien sa race sur Something In The Way.

Kurt Cobain, papa du grunge, membre du Club 27 qui a eu l’impolitesse de mourir le jour de mon premier anniversaire, a toujours été profondément féministe et ne s’est jamais caché au sujet des robes qu’il aimait porter.

On ne retient que son addiction, les affres de sa dépression, et sa mort aux circonstances plus que douteuses. Alors que dans la série Social Justice Warriors, ce mec était une perle.

Dans cette vidéo, vous pouvez le voir interrompre la chanson, se lever, et aller défendre une fan qui se faisait emmerder par un mec dans le public, avec une jolie humiliation verbale (désolée pour la qualité) :

 

La chanson Polly traite du viol, et voici un écrit à ce sujet issu de ses journaux personnels:

"C'est comme à l'école, il y avait une classe où on allait, et ils apprenaient aux filles comment se préparer au viol et quand on regardait dehors, on voyait les mecs jouer au foot et on se disait, "c'est à eux qu'il faut apprendre à ne pas violer"."

« C’est comme à l’école, il y avait une classe où on allait, et ils apprenaient aux filles comment se préparer au viol et quand on regardait dehors, on voyait les mecs jouer au foot et on se disait, « c’est à eux qu’il faut apprendre à ne pas violer ». »

 

Il militait également contre le racisme et l’homophobie de manière très active. Ce texte provient de la version américaine de l’album Incesticide :

« At this point I have a request for our fans. If any of you in any way hate homosexuals, people of different color, or women, please do this one favor for us – leave us the fuck alone! Don’t come to our shows and don’t buy our records. Last year, a girl was raped by two wastes of sperm and eggs while they sang the lyrics to our song Polly I have a hard time carrying on knowing there are plankton like that in our audience. »

« Maintenant j’ai une requête pour nos fans. Si l’un d’entre vous hait les homosexuels, les gens de couleur différente, ou les femmes, s’il vous plait faites-nous une faveur – foutez-nous la paix! Ne venez pas à nos concerts et n’achetez pas nos disques. L’année dernière, une fille a été violée par deux résidus de sperme et d’œufs qui chantaient les paroles de notre chanson Polly. J’ai beaucoup de mal à continuer en sachant qu’il y a ce genre de plancton dans notre public. »

Cobain était également en guerre ouverte avec les Guns’n’Roses dont il ne supportait pas l’intolérance.

Nirvana a donné un concert dans un événement contre la Measure 9, mesure homophobe aux USA. Un môme les a abordé en leur conseillant de se réconcilier avec les Guns. Réponse sans appel :

« No, kid, you’re really wrong. Those people are total sexist jerks, and the reason we’re playing this show is to fight homophobia in a real small way. The guy is a fucking sexist and a racist and a homophobe, and you can’t be on his side and be on our side. I’m sorry that I have to divide this up like this, but it’s something you can’t ignore. »

« Non, gamin, tu te trompes vraiment. Ces gens sont des connards sexistes, et si nous faisons ce concert c’est pour lutter contre l’homophobie d’une petite manière. Ce mec est un putain de sexiste et un raciste et un homophobe, et tu ne peux être dans son camp et dans le notre. Désolé de devoir faire une telle division, mais c’est quelque chose que tu ne peux pas ignorer.« 

 

Toujours contre le racisme (journal) :

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« J’aime bien le confort apporté en sachant que les Afro-Américains ont créé le Rock’nRoll, alors qu’ils n’ont été récompensé pour leur succès que lorsqu’ils se conforment aux standards de l’homme blanc. J’aime bien le confort apporté en sachant qu’encore une fois, les Afro-Américains sont la seule race à avoir apporté une nouvelle forme de musique à cette décennie (ie hip hop/rap). »

 

Et toc.

Cobain s’est aussi beaucoup interrogé sur son orientation et son identité sexuelles, comme dans cet extrait d’interview de  1993 pour The Advocate.

« – Because people thought you were gay and you had gay friends, did you ever wonder if you might be gay?

– Yeah, absolutely. See I’ve always wanted male friends that I could be real intimate with and talk about important things with and be as affectionate with that person as I would be with a girl. Throughout my life, I’ve always been really close with girls and made friends with girls. And I’ve always been a really sickly, feminine person anyhow, so I thought I was gay for a while because I didn’t find any of the girls in my high school attractive at all… So I thought I would try to be gay for a while, but I’m just more sexually attracted to women. But I’m really glad that I found a few gay friends, because it totally saved me from becoming a monk or something. »

« – Vous vous êtes déjà demandé si vous étiez gay, vu que beaucoup de gens le pensent et que vous avez des amis gays?

– Ouais, tout à fait. Vous voyez, j’ai toujours voulu avoir des amis hommes avec qui je pourrais être très intime et parler de choses importantes et être aussi affectueux avec eux qu’avec une fille. Au cours de ma vie, j’ai été très proche de filles et je me suis fait des amies. Et j’ai toujours été une personne extrêmement féminine, donc j’ai pensé que j’étais gay pendant un temps car je ne trouvais aucune fille du lycée attirante… Donc j’ai pensé que je pourrais essayer d’être gay quelques temps, mais je suis juste plus attiré sexuellement par les femmes. Mais je suis heureux de m’être fait des amis gays, ça m’a complètement empêché de devenir moine ou un truc comme ça.« 

 

Au final, il se définissait plutôt comme bisexuel :

« I’m definitely gay in spirit, and I probably could be bisexual… If I wouldn’t have found Courtney, I probably would have carried on with a bisexual lifestyle. »

« Je suis définitivement gay dans l’esprit, et je pourrais probablement être bisexuel… Si je n’avais pas trouvé Courtney, j’aurais probablement adopté un style de vie bisexuel.« 

 

Enfin, tiré d’un autre de ses journaux :

I am not gay, although I wish I were, just to piss off homophobes

Je ne suis pas gay, mais j’aimerais l’être, juste pour faire chier les homophobes.

 

Rebelle anti-conformiste au sujet des codes sociaux genrés, genderfluid, transexuelle/agender qui s’ignorait? Beaucoup de citations données en interview font s’interroger les fans.

« I definitely feel closer to the feminine side of the human being than I do the male – or the American idea of what a male is supposed to be. Just watch a beer commercial and you’ll see what I mean. »

« Je me sens définitivement plus proche du côté féminin de l’être humain que du côté masculin – ou de l’idée américaine de ce qu’un homme doit être. Regardez une pub de bière, vous verrez ce que je veux dire. »

 

Pour ce qui est des robes…

« My transvestite period. The only reason I wear a dress is because it’s comfortable and I look pretty. But I’ve got a new thing now. Every once in a while I wear an inflatable love doll. I cut the hands and feet off, slit the back and climb inside.“
« Ma période travesti. La seule raison pour laquelle je porte une robe c’est parce que c’est confortable et je me sens joli. Mais j’ai un nouveau truc. De temps en temps je porte une poupée gonflable. Je coupe les mains et les pieds, j’ouvre le dos et je rentre dedans. »
Impossible pour moi de trouver plus d’infos sur la dernière partie de la citation, donc je ne saurais dire s’il s’agit d’une blague pour se foutre de l’interviewer ou si c’est vrai.
En bref, Kurt Cobain n’était pas juste un rebelle de la life, un junkie, l’un de nos héros d’adolescence. C’était un militant impliqué sur tous les fronts, en plein questionnement sur sa sexualité, qui n’a jamais eu honte de ce qu’il était/pouvait être et souhaitait ardemment que chacun puisse faire de même.
Sur ce je vais m’écouter le MTV Unplugged en boucle pendant 4h.
Sources :
  • Extraits de ses journaux intimes publiés dans Journals (éditions Riverhead). Je suis à peu près certaine que Camion Noir avait publié un livre similaire, mais je ne le retrouve pas sur leur site. Vous n’aurez aucun mal à vous procurer un bouquin reprenant ses écrits personnels cependant, ça vend bien les mots des malheureux.
  • Extraits d’interviews données pour la presse. Il vous faudra être anglophone la majeure partie du temps pour pouvoir les lire en intégralité sur le net, même si certaines, comme celle-ci, proposent une traduction complète.
  • Le Wikipédia anglais propose pas mal de liens intéressants sur d’autres aspects de sa vie (encore une fois, pour anglophones).