Articles Tagués ‘body modification’

Attention, cet article contient des photos qui peuvent en dégoûter certains.

J’ai décidé de traiter cet article sous l’angle de mon expérience personnelle, parce que… Bah parce que. Voilà.

Donc, là je vais te causer de tonguesplitting.

J’ai fait mon split il y a un peu plus d’un an, en avril 2014. Cette procédure, bien plus « hardcore » que le piercing ou le tatouage, m’intéressait depuis longtemps, et c’était un peu mon gros fantasme de bodymod à moi. Avoir 2 langues, c’est rigolo, ça fait flipper les gens et putain, c’est classe.

Mon split a été réalisé par Morgan Dubois en guest chez Viens Voir Maman à Petit Quevilly, une perceuse qu’elle est trop top. Quant à Morgan, il fait également de la reconstruction de lobe, du punch, des implants en silicone, magnétiques… Bref, ce mec est génial.

La procédure m’a coûté 350€. Oui, c’est cher. En même temps, tu confies ta langue à quelqu’un pour qu’on tranche dedans. C’est toujours la même rengaine : quand on veut une procédure et un suivi de qualité pour quelque chose de quasi-irréversible, il faut y mettre le prix.

 

  • Nan mais faut ptet nous dire kézako un tonguesplit, non?

Un tonguesplit, ou tonguesplitting, consiste à couper la langue en 2, puis à suturer toute l’incision, y compris le fond. En effet, cet ensemble de muscles a la capacité de se régénérer très rapidement, et en cicatrisant, les sutures empêchent les 2 langues de se recoller (on y reviendra plus tard). Les 2 langues peuvent également, avec beaucoup d’entraînement, devenir indépendantes. Là-dessus, c’est simple : plus la langue est mobile avant, plus elle le sera après (ainsi quelqu’un ne sachant pas rouler la langue sera toujours incapable de le faire après le split).

Ce n’est PAS une procédure à prendre à la légère. Cela demande beaucoup plus d’expérience et de connaissances qu’un piercing. Ainsi, si tu es intéressé par un split, ou toute autre bodmod un peu plus complexe, fais très attention et choisis bien ton professionnel.

L’un des gros avantages de cette mod est qu’elle ne se voit presque pas si tu ne la montres pas. En plus d’un an, seules 2 personnes se sont rendues compte que j’avais un split, des gens qui connaissaient déjà la procédure et qui ont vu vite fait quelque chose dans ma bouche pendant que je parlais.

Pas de problèmes d’élocution non plus, même si, personnellement, j’ai l’impression de moins bien prononcer les th anglais, mais une amie britannique m’a dit qu’elle n’entendait pas de différence, que ce soit sur skype ou irl.

 

  • Et du coup, ça se passe comment?

Le repas du condamné. Putain, fais-toi plaisir, c’est ton dernier vrai repas avant 8 à 10 jours. Bouffe comme un porc.  Plus sérieusement, comme avant toute mod, il faut manger à sa faim, et quelque chose de consistant pour limiter le risque de malaise du à la douleur et/ou au stress.

La clope du condamné. J’ai du attendre 9 jours pour pouvoir fumer ne serait-ce que 2 lattes.

Note : comme pour toute procédure, pas d’alcool ou de drogue 24h avant sous peine de saigner comme un porc. T’as pas envie de te la jouer Carrie au bal du diable en sortant de ton perceur.

Mes langues toutes neuves le jour J.

Mes langues toutes neuves le jour J.

L’examen de la langue. Plus elle est longue et épaisse, plus le split pourra être profond. Il est important de savoir que, contrairement aux piercings à la langue, la position du frein n’influe absolument pas sur la procédure. Même, il peut être coupé! Après avoir entendu que j’avais « un bon gros bifteck qui va donner un super beau split », j’ai commencé à sentir mes jambes se dérober et la peur est grimpée en flèche au moment de me désinfecter avec un bain de bouche. Le bodmodeur trace la ligne du split au feutre sur la langue et demande à ce que tu jettes un oeil dans un miroir pour s’assurer que la profondeur te convient.

L’anesthésie. Sache mon chaton  qu’elle n’est pas obligatoire, donc pas toujours pratiquée. J’ai pour ma part eu 2 seringues d’anesthésiant pour enfants, dans plusieurs zones de la langue. C’est comme au dentiste : tu sens rien… jusqu’à ce que tu essayes de causer et que tu essuies un filet de bave de ton menton.

Le scalpel. On y est, tu regrettes déjà ta décision, tu a envie de chialer de trouille sur ton fauteuil? Trop tard, la boucherie commence. Je dis « boucherie » dans le sens où tu vas saigner un minimum (beaucoup pour ma part, à cause de carences alimentaires). Et je vais pas te mentir : ça fait mal. Même avec 2 seringues d’anesthésiant. Ça fait mal. Une fois le charcutage en règle fini, tu vas cracher 3-4 fois ton sang dans l’évier et tu te rinces plusieurs fois la bouche. Si tu essayes de parler, tu te saignes/baves dessus, c’est crado et sur le coup pas super rigolo. C’est là que, pour la première fois, tu vas bouger tes nouvelles langues et ça va te faire tout bizarre.

Les sutures. Pour ma part, ç’a été pire que le scalpel. Parce que c’est long. Parce qu’il y en a beaucoup. Parce que tu sens l’aiguille passer, puis le fil, puis le nœud.

Tu te rinces encore plusieurs fois la bouche en crachant et tu regardes dans le miroir et bordel de merde on dirait que je joue dans un mauvais film de vampires. MAIS. Maaaaiiiis. Tu as 2 langues. Qui bougent quand tu parles. Et tout d’un coup tu t’en bats les steaks de la douleur, des sutures et de la bave rougeâtre. Tu es super heureux. Et tu te rappelles déjà plus la sensation de n’avoir qu’une seule langue dans la bouche. Je déconne pas : aussitôt coupé, aussitôt oublié. Bienvenu dans le monde des bifides!

 

  • En admettant que je sois prêt/e à subir ça, comment que ça se soigne, une langue tranchée?

Brossage de dents et bain de bouche 3 fois par jour, en DILUANT le bain de bouche. On vient de te couper la langue, t’as les muscles à vif, tu n’as pas envie d’y foutre un anti-bactérien super badass.

Des litres et des litres de flotte glacée. Déjà parce que t’en auras vite marre du goût de ta salive mélangée à celle du sang, au moins les 2 premiers jours, et parce que le froid ça calme grave douleurs et gonflement.

Jour 2. Tu ne te rends pas compte de l'épaisseur de ces petites choses.

Jour 2. Tu ne te rends pas compte de l’épaisseur de ces petites choses. J’avais l’impression d’avoir une escalope entière dans la bouche.

Manger le plus froid et liquide possible. Tu vois les gens qui se plaignent de la bouffe quand ils se font percer la langue? Toi on te l’a tranché au scalpel. Imagine.

Ne pas parler. Au moins au début, tout simplement car sinon tu douilles ; puis, si tu  en as le courage pendant quasiment toute la cicatrisation. Tes potes vont très, TRÈS vite te surnommer Grosminet et te faire dire des mots chiants genre « pamplemousse » ou « Xavier » et t’auras envie des les découper à la machette, les mettre au congélo et les manger quand tu auras retrouver une alimentation normale.

Jour 5. Glamour la pellicule blanchâtre de cellules mortes, mais on voit clairement que ça dégonfle et la profondeur réelle du split.

Jour 5. Glamour la pellicule blanchâtre de cellules mortes, mais on voit clairement que ça dégonfle et la profondeur réelle du split.

Prévoir des serviettes. TU VAS BAVER, BEAUCOUP, LONGTEMPS, SURTOUT LA NUIT ET TU VAS EN CHIER TA RACE POUR PIONCER AVEC TOUT LE DÉGUEU QUI TE DÉGOULINE SUR LE MENTON.

Jouer avec. Au début ça va te paraître horrible, tu vas douiller, tu vas avoir les larmes aux yeux, mais c’est nécessaire. Il va falloir jouer avec. Donc, AVEC LA DÉLICATESSE D’UN PAPILLON QUI EFFLEURE LA ROSÉE DU MATIN SUR LA PLUS BELLE DES ROSES, avec du sopalin, tu vas toouuuuuuuuuuut doooouuuuuceeeeeemeeennnnnt écarter les langues, les lever, les baisser, et ce plusieurs fois par jour. Dès que tu t’emmerdes, tu y vas. Tu te rappelles quand je disais que les langues ne se recollent pas en cicatrisant? C’est vrai à 90%. Le fond de la langue à tendance à se recoller, il est donc primordial de jouer avec pour stimuler le muscle et le forcer à cicatriser de la sorte. Sinon, tu risques de perdre au point de devoir te refaire splitter… Et personne ne veut y repasser. Néanmoins tu seras obligé de perdre un chouïa. J’ai personnellement perdu environ 2 millimètres.

Les premières sutures sautent. Au bout d’une semaine, on peut enlever les premières sutures si la cicatrisation est cool. Tu vas donc voir les bouts de tes langues nues, et crois-moi, ce sera l’ultime libération. Tu te sentiras tellement, mais tellement plus libre. En soi, c’est pas agréable, mais le soulagement est immédiat. Attention, un gonflement est à prévoir pendant quelques heures. C’est à ce moment-là que tu vas pouvoir intensifier l’exercice de tes langues et commencer à travailler leurs mouvements. Soit toujours avec du sopalin, soit par exemple avec un crayon ou stylo PROPRE que tu pousses le plus fort possible contre le fond.

Jour 8 ou 9, je sais plus. La dignité, c'est pour les faibles.

Jour 8 ou 9, je sais plus. La dignité, c’est pour les faibles.

Les sutures du fond sautent. Tu n’en peux plus, tu as envie de les arracher toi-même, elles te démangent voire ont commencé à s’enlever toutes seules? Réjouis-toi! Entre 12 et 14 jours, on fait sauter les derniers points. Tu risques encore de gonfler un peu, mais c’est la fin. Tu y es arrivé. Plus de douleurs, de zozotement, tu peux reprendre la clope si tu es un/e gros/se toxico comme moi (mais si tu peux en profiter pour arrêter c’est vachement plus cool) et bouffer comme un porc.

 

  • Et du coup, un an après, ça donne quoi?

JE REGRETTE TELLEMENT PAAAAAAS. Si c’était à refaire, j’y repasserais sans hésiter.

Ça occupe la bouche (ça a l’air con, mais pour les gens comme moi qui sont bouffés par les tics nerveux ou les mauvaises habitudes, comme se ronger les ongles, ça aide énormément). C’est extrêmement fun et ça a un côté très hipstreux parce que bon, c’est quand même pas super répandu comme mod. Ça fait glousser les gens à qui tu roules des pelles et c’est très sympa sur le plan sexuel (oui, je sais bien que c’est ça que tu voulais savoir, espèce de sale). Ça fait peur aux gens dans la rue.

Alors, non, en soi, ça sert à rien. Comme un tatouage, un piercing, une colo de cheveux ne sert à rien. Et on s’en fout.

Le seul point négatif, outre qu’il faut supporter cette cicatrisation, la plus difficile que j’ai jamais vécue, c’est les gros relous. Je parle ici d’un point de vue de meuf, mais putain, ça rend certains mecs encore plus cons. On risque de te demander de rouler des galoches comme ça pour le plaisir, voire carrément de pratiquer du sexe oral, parce que, comme on me l’a dit, « pourquoi t’as fait ça si c’est pas pour sucer?« . Mais en soi, quand on a un minimum de répartie, cela reste supportable.

En bref, si le tonguesplit te tente, que tu peux te l’offrir et que tu as un bodmodeur compétent et expérimenté à proximité, vas-y, fonce!

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Suite à mon gros dossier sur le monde merveilleux des couches de bepanthen et des aiguilles qui font bzzzrrrzzzrzzz, il semblait pertinent de faire la même pour tout ce qui touche au piercing. Parce que c’est ça aussi la chouettitude de la bodmod, tu peux faire hurler encore plus fort à tes grands-parents que tu es vachement moins cute avec du métal sur la face qu’avec un petit tattoo choupinou (true story).

Seulement, ça promettait d’être sacrément huge. J’ai donc décidé de faire un système de plusieurs articles, plus courts, et surtout centrés sur un point spécifique.

Voici donc le petit guide du/de la percé/e avisé/e :

 

La prochaine fois, je t’embarque au pays des zozotements, gerbes de sang et points de suture pour un premier saut dans la bodmod qualifiée d' »hardcore », photos pourries de ma webcam à l’appui.

 

 

* J’ai décidé de consacrer une page entière aux piercings génitaux pour plusieurs raisons, la première étant que tout le monde n’a pas envie de voir des photos de vulves et de pénis lui sauter à la gueule comme ça sans prévenir. Ensuite, la législation est quelque peu différente à ce sujet et je préfère tout regrouper sur la même page.

CISCO KSL est avant tout un street-artist… Et si j’ai envie de parler street-art, je vais faire un autre blog, mais passons !

Le môssieur, outre de faire de superbes toiles urbaines, s’est également mis au tatouage et on vous offre une petite sélection, question d’apprécier son art ou d’y prendre un peu d’inspiration !

Le Tumblr de CISCO KSL est déjà bien fourni, ainsi que son site, sachez juste que si vous êtes tenté/e, il vous faudra vous rendre en Espagne pour vous faire encrer par l’artiste !

Hey !

Vous vous souvenez du film Lego et de sa moralité (et son message sous-entendu commercial) comme quoi les legos, bah ce n’est pas uniquement pour les enfants (je plaide coupable, j’ai acheté un kit lego juste for fun après avoir vue le film…).

Encore une preuve que non, les enfants ne sont pas V.I.P avec ce personnage lego « Ink ». Un lego tatoué du bout des cubes jusqu’à l’espèce de… de… c’est quoi ce truc qu’il a sur le crâne ?

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20 dollars, c’est quand même salement cher pour ce que c’est, mais les plus collectionneurs d’entre vous y verront surement un sacrifice nécessaire et puis bon, avouez que sur le bureau d’un tatoueur, ça a de la gueule ! Faut savoir aussi que ce n’est pas du lego officiel, mais une boite américaine qui fait dans le custom.

Pour le lego, c’est ici => et le reste, c’est la =>

Le shop du Quai 37 ne paye pas de mine, surtout lorsqu’on y rentre et qu’un jet-ski prend une bonne partie de l’accueil. Est-on tombé dans un garage motonautique pour passionnés de sensations fortes sur les eaux troubles de la Seine ? Non non, on est bien dans le shop d’un tatoueur, suffit de monter les quelques marches pour y découvrir son lieu de travail, autel dédié à l’encre et la peau (« Ink & Flesh », ça ferait un très bon nom de shop ou de film d’horreur coréen).

Antho, trente ans, maître des lieux et tatoueur depuis dix ans maintenant, nous a accueilli dans sa fabrique à tattoos pour discuter un peu de lui et de son shop, au 37 quai du Havre à Rouen (d’où le nom du shop « Quai 37 », élémentaire mon cher !).

Antho a découvert l’art du tatouage à une époque où cette discipline était encore très peu courante au sein du public. « C’était encore assez lointain » explique-t-il, « On n’avait pas encore les magazines, ce n’était pas encore assez démocratisé et on avait moins la possibilité de découvrir qu’à l’heure actuelle ».

 Il a commencé à s’y intéresser via les films, les séries télés, des amis tatoués ou même des inconnus, puis il s’est plongé de plus en plus dans le milieu. Après une recherche en Haute-Normandie, sans succès, il rencontre son mentor, Florent Martin (Flo Tattoo), du côté de Lille.

« J’ai fait une formation d’à peu près un an et je suis resté deux ans chez lui » continue-t-il tout en se remémorant son année d’apprentissage. Débutant avec un style polynésien (son mentor, Flo, étant très fan du style), Antho a ensuite trouvé sa propre voie avec le oldschool et le newschool, tatouant toujours en freehand (pas de calque, tout se fait  à main levée).

Lui qui est pas mal tatoué, son rapport avec l’encre a énormément évolué au fil dans années. D’abord réticent à la couleur, Antho s’est laissé tenter, puis s’est totalement laissé aller à ses envies, ne cherchant plus tellement de signification à ses tatouages. D’ailleurs, il porte sur son bras et sa jambe un « bordel » : des dessins qui sont plus là par envie que portés par une réelle signification. « J’y met juste des idées qui me traversent la tête, qui représentent mon enfance ou qui me marquent à l’heure actuelle. Je me dis que ma vision du tatouage va encore évoluer, ça va encore changer et j’intégrerai encore autre chose à mes tatouages ».

Le tatouage le plus étrange qu’il a eu à faire de sa carrière de tatoueur est un papillon… Oui, un papillon ! Mais attention, il s’agissait d’un grand tatouage de deux ailes sur l’intérieur des cuisses d’une femme et le corps était… eh bien… Devinez !

A côté, Antho a énormément de projets en cours. Il entasse à chaque fois qu’une nouvelle idée lui germe en tête. On peut d ‘ailleurs retrouver certaines de ses idées au sein du shop, comme des petits personnages en carton de superhéros ou de jeux vidéos. « J’ai énormément de choses en tête, en parler ça va être un peu long » blague-t-il.

Le shop lui,  Quai 37, est ouvert depuis plus de six mois maintenant après le départ d’Antho d’un autre shop de Rouen. Le shop est divisé en deux parties, l’un est pour le tatouage, l’autre est l’atelier de son « colocataire » Wong (d’où le fameux jet-ski !). Le shop marche essentiellement au bouche à oreille, ici pas de pub, même la devanture est la plus simple possible. « C’est encore tout récent. Il faut que je fasse mon petit trou, mais j’ai confiance ».

Antho vous accueille au Quai 37. Suffit de venir le voir et de lui parler de votre projet, il vous fera une esquisse de ce qui pourrait être votre prochain tatouage ! En tout cas, son shop sera bientôt le point clef d’une exposition sur le tatouage organisé par un photographe de Rouen (des infos sur cette expo très bientôt !).

Baha

Retrouve >ici< l’interview d’Antho en intégralité!