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Le 5 février prochain, The Fourth is Bearded sortira son tout premier album. Nous avons eu le privilège de recevoir le bébé en avant-première.

Nb : Je parlerai ici de la version CD, sur laquelle figure Winter Sun en Bonus Track. En effet, par soucis de place sur le support, elle n’est pas disponible sur la version vinyle.

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Constat à la première écoute : des morceaux de 10 minutes, de la Delay, des parpaings, des sentiments. Les choses s’annoncent plutôt bien. On remarque aussi que l’album est divisé en deux grandes parties : la première est plutôt massive et énervée alors que la seconde, beaucoup plus atmosphérique, est ponctuée par de longues plages instrumentales typiquement post-rock.

[Teaser : https://vimeo.com/145112320]

Sleepless Night ouvre l’album proprement et efficacement. Assez répétitif et lancinant, on se retrouve immédiatement happé par la musique. On assiste à une superposition d’ambiances : tantôt, ce sont des riffs qui nous explosent au visage, tantôt on se noie sous une avalanche de delay saupoudrée de longs monologues parlés. La structure du morceau n’est pas sans nous faire penser à la manière dont Lost in Kiev structure ses compositions. Quoi qu’il en soit, le ton de l’album est donné : tristesse, souffrance, et autres joyeusetés.

Préparez-vous à sentir votre cœur se serrer et l’angoisse vous envahir. C’est le moment d’écouter His Eyes. Niveau composition, le groupe a joué la carte de la simplicité. En effet, ce morceau ne brille pas pour son originalité. Mais le travail vocal est tel que cela devient vite un détail. Impossible de ne pas être touché par ces intonations, cette voix presque cassante, qui donne une impression de profonde douleur et d’extrême fragilité.

End of an Era, seul morceau de moins de cinq minutes marque la fin de la première partie de l’album dont je parlais précédemment. Ici, The Fourth is Bearded a joué la carte de l’avalanchedeparpaingsdanstaface (oui, en un seul mot, parfaitement). C’est lourd, c’est violent, c’est direct, et ça fait du bien.

Puis vient notre Bonus Track, Winter Sun (le clip est juste au dessus, n’hésite pas à y jeter un coup d’oeil). Des plages instrumentales planantes, des samples, encore des plages instrumentales, un peu de chant pour agrémenter le tout. Je suis très curieuse de découvrir ce morceau en live !

Adixia (incontestablement mon gros coup de cœur de l’album) et Insomnia suivent à peu près le même chemin. L’agencement de la tracklist est judicieuse. En effet, on sent une réelle continuité entre ces trois morceau. De ce fait, difficile d’en écouter un sans avoir envie d’écouter les deux autres.

De manière générale, The Fourth is Bearded maîtrise l’art de créer de longs morceaux durant lesquels on ne s’ennuie pas. L’habile mélange de post-rock et de post-hardcore permet à l’auditeur d’explorer un riche panel d’émotions, bien que l’ambiance générale soit assez sombre. On appréciera particulièrement les longues plages instrumentales qui nous permettent de souffler et de prendre du recul sur ce que la musique nous procure.

On notera tout de même que le chant peut sembler un peu fort sur certains morceaux, notamment sur Sleepless Night, et que la batterie aurait gagné à être mise un peu plus en avant afin d’amplifier le côté massif des compositions axées post-hardcore.

Et si vous vous demandez ce que cela donne en live (Spoiler : ça déchire), vous pourrez retrouver The Fourth is Bearded à l’occasion de leur Release Party le 5 février au Havre, le 6 février à Caen, le 7 février à Paris (en compagnie de MIME que je vous recommande d’aller voir si vous en avez l’occasion) ou encore le 13 février à Rouen.

Vous pouvez retrouver l’album sur leur bandcamp.

Grey Widow – I [Sludge/Doom, UK]

Publié: 20 novembre 2015 par Squideleiev dans Chroniques, Musique
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Track Listing : I (05:24), II (07:40), III (05:56), IV (07:17), V (05:05), VI (09:18), VII (06:49), VIII (09:12)

Release : 14/01/2014

Avant toute chose, laissez-moi vous raconter une petite anecdote. Il y a quelques temps à Rouen, les forains manifestaient suite à la décision prise par la mairie de déplacer la Foire Saint Romain. En ville, on se serait cru en pleine guerre civile : de la fumée, des flammes, les forces de l’ordre à tous les coins de rue, des sirènes qui ne cessaient de résonner dans le lointain, les voitures agglutinées, les piétons curieux, agacés ou apeurés qui se bousculaient… Et moi, comme tous les matins, j’allais tranquillement travailler, le casque vissé solidement sur les oreilles. C’est ainsi que j’ai découvert l’album de Grey Widow pour la première fois. Autant vous dire que le spectacle était parfaitement raccord avec toute la crasse dégoulinante de mes écouteurs.

L’objet physique en lui même est plutôt sobre, mais sympathique. Au niveau des titres, là non plus, pas de superflu : le groupe a opté pour des chiffres romains qui suivent le track listing, ce qui a son côté pratique quand on écoute ses CD dans la voiture ou sur un vieux poste incapable d’afficher autre chose que le numéro de la piste.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Grey Widow, c’est du Sludge / Doom poisseux qui colle à la peau et te claque au sol. I, c’est une histoire de haine, de souffrance et de torture. Par mesure de sécurité, les âmes sensibles et les oreilles les plus délicates sont donc priées de se tenir à l’écart.

La première force du groupe, et celle qui fait toute son efficacité, c’est d’avoir réussi à créer quelque chose d’original et bien à lui, sans pour autant chercher à s’éloigner des sentiers battus. Bien que Grey Widow ne réinvente pas le genre, on constate qu’il est assez difficile de lui trouver des points communs avec d’autres artistes jouant dans la même cour. En cherchant bien, on pourra éventuellement voir quelques similitudes avec Thou ou certains titres d’Eyehategod, mais ça s’arrête là. En ce qui concerne les compositions, là non plus, rien de mirobolant, pas de claviers ou d’effets synthétiques à outrance. C’est brut. L’authenticité qui en ressort est d’ailleurs renforcée par le jeu frénétique des musiciens, jouant comme si l’avenir du monde en dépendait.

Toutes les techniques sont bonnes quand il s’agit de rendre une expérience musicale pénible et douloureuse. Dans I, II et III, les riffs sont incisifs, la violence qui s’en dégage est directe, frontale, alors que IV, VI et VIII distillent dans l’atmosphère quelque chose de plus insidieux, qui nous saisit de l’intérieur. L’agencement des pistes a aussi son importance. Au fil des titres, les parpaings s’alourdissent. D’où l’importance d’écouter cet album dans l’ordre (sauf si, évidement, tu veux directement passer aux choses sérieuses sans échauffement. Dans ce cas, je te conseille VII, de préférence à plein volume).

De manière générale, l’enregistrement est propre, même si le mixage fait que, sur certains morceaux, notamment sur IV, les backing vocals se démarquent un peu trop, venant perturber la dynamique du morceau. Quoi qu’il en soit, bien que l’album soit un vrai petit bonheur pour les misanthropes qui aiment regarder le monde avec mépris du haut de leur tour, si vous en avez l’occasion, je vous conseille vivement d’aller les voir en concert (vous pouvez d’ailleurs retrouver le live report de leur concert à L’Emporium sur notre site).

Il y a quelques jours, dans la cave du Gibier de Potence, on découvrait Hush Frequency, trio parisien mêlant habilement Post-Rock et Math Rock (vous pouvez retrouver le live report ici ). Il est maintenant temps de découvrir leur EP, au son bien différent du rendu live, mais pas moins intéressant pour autant.

Cet EP a été enregistré à La Sirène en avril 2014, mixé par Thibaud Carter et masterisé par Olivier Mantel. L’artwork est quant à lui l’œuvre d’Emmanuel Colomb.

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Bien que le Post-Rock soit un genre dans lequel très peu de groupes peuvent être définis comme réellement mauvais ou sans intérêt, il n’est pas rare de retrouver un certain nombre de clones reproduisant presque à l’identique l’œuvre des plus influents du genre tels que God is an Astronaut, If These Trees Could Talk, Mogwai, ou encore Explosions in the Sky. Hush Frequency, bien que ne s’éloignant pas des sentiers battus, a tout de même réussi à tirer son épingle du jeu et à créer un son qui lui est propre.

La recette est simple : des morceaux relativement courts, mais efficaces et sans superflu, des compositions riches et une tracklist agencée judicieusement, de manière à donner un sens à l’EP dans son intégralité.

Lowers est entêtant, presque sensuel, nous enveloppant de son aura dès les première notes. La batterie sert de fil conducteur, tandis que la guitare et la basse évoluent tout au long du morceau, nous offrant de nombreuses variations, et gagnant en richesse au fil des minutes. La seconde partie du morceau est plus percutante, tous les instruments s’emballent, nous transportent et nous transcendent. Bref, du post-rock assez conventionnel, mais on ne peut plus efficace.

Puis vient le doux-amer Bye Bye See You, dont l’introduction presque agressive n’est pas sans nous rappeler Myxomatosis de Radiohead. C’est un morceau ambivalent, jouant avec les sentiments de l’auditeur. En effet, on alterne les plages légères, presque sautillantes, et les plages plus graves. Fatalement, on reste admiratif face à la composition, à l’image du groupe, sans prétention, mais avec juste ce qu’il faut pour rendre l’ensemble original. Cette fois-ci, ce n’est plus la batterie mais la guitare qui nous guide à travers ce flot musical.

Et c’est au tour de Le Noble, qui arrive comme une conclusion. C’est au tour de la basse d’avoir le rôle de leader. Ce morceau, plus percutant, fait appel à un large panel d’émotions négatives, comme un exutoire. Mais finalement, on en ressort indemne, presque soulagé.

Plus globalement, la batterie pourra sembler un peu forte et un peu trop mise en avant selon certaines oreilles, d’autre la considéreront comme donnant une profondeur intéressante aux morceaux. A la fin de l’EP, on garde en bouche un goût sucré, et c’est tout naturellement que l’on presse une nouvelle fois le bouton lecture, en espérant que le groupe nous offre prochainement quelques titres de plus.

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The Von Corda (anciennement J. Von Corda & The C. Southern Poison Light – bien moins facile à retenir, je vous l’accorde-), groupe français originaire de Toulouse ont enregistré trois EP, de cinq titres chacun, entre septembre 2014 et février 2015, intitulés Carnation #1, Carnation #2 et Carnation #3. Avant de continuer votre lecture, je vous invite à regarder ces trois pochettes dans le détail, parce qu’elles sont sacrément classes.

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Difficile de parler d’un EP sans parler de tous les autres, tant les trois opus semblent indissociables. Von Corda nous offre un son teinté de folk, de noise, et même de quelques touches de post-rock par-ci par-là. Parfait pour déverser ses états d’âme pleins d’amertume.

On peut classer les morceaux de Carnation en deux catégories : il y a les morceaux chantés, avec une voix masculine, et les spoken words, avec une voix féminine cette fois-ci. Globalement, chaque titre est plutôt court, et ne dure pas plus de 3 minutes 30.

Voici quelques petites choses à retenir sur chacun des EP :

Carnation #1 (release : 22/09/14) : Jerk, morceau plus Rock’n’Roll que le reste de l’EP. On apprécie aussi Amour, morceau minimaliste nous rappelant vaguement Noir Désir, du moins au niveau de l’ambiance. Ici, c’est la voix qui fait tout.

Carnation #2 (release : 11/10/14) : Certains morceaux, notamment Le Grand Mouvement ou A621 ne sont pas sans nous inspirer un savant mélange de Noir Désir et de Louise Attaque. Dans Cul de sac, la technique vocale évolue pour arriver à mi-chemin entre chant et spoken word.

Carnation #3 (release : 11/02/15) : Avec Tocsin, on entre dans la sphère nébuleuse des morceaux de plus de 5 minutes. On sent nettement l’influence des Pixies et de Radiohead, sans pour autant tomber dans le cliché de la pâle copie. Affût se réfugie dans le noise : des samples de radio que l’on règle, des effets sur la voix la rendant très artificielle… Et enfin, le très post-rock Sucre, qui mêle les deux voix avec lesquelles nous nous sommes familiarisées depuis le début de l’aventure Carnation.

On constate une nette progression dans la composition et l’interprétation, surtout dans Carnation #3. En effet, à partir de là, le groupe ne lésine plus sur les effets, les compositions semblent mieux construites, et les voix plus maîtrisées. Malgré tout, le groupe reste fidèle à son identité et, sans se faire d’infidélité, nous montre la manière dont il est capable d’évoluer. Affaire à suivre !

Un Automne de Plus est un duo né en 2010, initialement originaire de La Rochelle, maintenant basé à Paris : Rom1 au chat et à la guitare, Moon à la batterie. En février 2015, le groupe nous faisait découvrir son EP Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs, doux mélange de Post-Rock et de Screamo, agrémenté de quelques touches de Shoegaze savamment distillées.

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Cet EP, disponible aussi bien en format numérique qu’en CD (démarche que l’on apprécie toujours, une Cdthèque n’étant jamais trop pleine) se compose de quatre titres, plus un bonus track. Avant toute chose, la pochette (signée Un Automne de Plus & Po Basic), ainsi que le titre retiennent notre regard et notre attention. On ne juge pas une œuvre à sa couverture, encore moins à son titre, mais un artwork agréable est, à mon sens, toujours un plus, particulièrement lorsque l’on propose un format physique.

Musicalement, si vous aimez le Post-Rock à la fois accessible et nuancé, instrumental ou pas, je ne peux que vous conseiller de vous arrêter un instant. Un Éternel Recommencement, courte introduction de 45 secondes annonce la couleur. L’instrumentation froide et minimaliste accompagnée sur la fin de samples de voix (que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans l’EP) produit une ambiance lourde, presque inquiétante. S’en suit sans transition Presque Mort et ses premières minutes aux riffs agressifs, mais sacrément efficaces. Mais ce morceau ne se contente pas de nous lancer des briques en pleine face : en effet, l’ambiance devient plus mélodique, purement post-rock. Les samples et la voix du chanteur s’additionnent à la douce instrumentation, lui donnant de la profondeur, par effet de contraste. A mon sens, en ce qui concerne la composition, ce morceau est très certainement le plus abouti, le plus recherché.

Vient ensuite Explosions, morceau instrumental (je ne vous cacherai pas que c’est ici que va mon coup de cœur, étant une adepte des instrumentaux), beaucoup plus apaisé, mais pas plus apaisant pour autant. Le groupe a su garder l’apparente légèreté envoûtante propre au post-rock, sans mettre de côté sa signature mélancolique. Que Nous Reste t-Il prend une direction toute autre. On en oublierait presque la lourdeur des morceaux précédents tant celui-ci nous paraît entraînant, grâce aux quelques accents punk qui arrivent à s’immiscer. Ici, la voix de Rom1 est très communicative, dégoulinante d’émotions. Le morceau se finit sur un monologue samplé, tel une conclusion à tout ce chaos. Puis arrive Le Temps qui Passe !, en bonus track. Une mélodie minimaliste, des samples de voix. L’EP se termine de la même manière qu’il a débuté. La boucle est bouclée. Tellement qu’on se le réécouterait bien une nouvelle fois. Ou deux.

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Malgré quelques petits défauts, notamment au niveau de la voix, que l’on aimerait parfois un peu plus expressive, Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs est un EP de qualité. On appréciera le chant en français (ou pas, là dessus, chacun ses préférences), les paroles ayant leur importance dans l’ambiance musicale globale. D’ailleurs, la recette samples + post-rock n’est pas sans nous rappeler la démarche d’autres groupes français du même genre, tels que Zéro Absolu ou Lost in Kiev. Bref, Un Automne de Plus, sans vraiment sortir des sentiers battus, nous offre un son bien à lui. On ne leur en demande pas plus.

Vous pourrez les retrouver en live le 30 janvier 2016 à Bruxelles pour le MCP Apache for the Metal Fest.

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Tiens, si je me remettais à écrire des chroniques ? Mais avant de vous parler du sujet, je vous laisse en compagnie de vieilles mamies sympathiques comme intro !

Le bon côté, c’est que mon humour de merde ne m’a pas quitté, mais au moins on a déjà un pied dans la thématique de cette chronique… Non, pas le couscous, les pirates ! (Suis un peu lecteur !).

Pour le coup, je vais vous parler de Barbar’O’Rhum, un groupe qui nous vient de Toulouse et qui joue du pirate folk métal… Allez, on embarque et on lève l’ancre !

 

Mets ton tricorne et bois ton rhum !

C’est dans la marée humaine toulousaine que le navire de Mathieu (Libertalia/Ex-Les compagnons du Gras jambon) vogue depuis huit ans en composant des dizaines de morceaux avec pour thématique la piraterie, les Caraïbes et le rhum (oui lecteur, tu vas avoir beaucoup de référence à cet alcool !). Durant son voyage à travers les mers, il rencontre en 2013, deux flibustiers avec qui Mathieu créera son équipage : Boris (Basse/ ex-Natural Mortica) et Colin (Synthétiseur/ Ex-Natural Mortica aussi).

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Avril 2014, deux autres marins rejoignent le navire, d’un côté Corentin (Guitare) et Richard (Batterie/Ex-Brick A Drac) et en 2015, on peut déjà compter un grand nombre d’abordages sur les scènes du Sud-Ouest de la France (Le Bikini de Toulouse a été également victime d’actes de piraterie de la part du groupe) et d’une excursion en Allemagne pour le Festival Maritim.

Ainsi naît Barbar’O’Rhum, un Rock & Rhum, agrémenté de flûte, de cornemuse, le tout avec la basse, la guitare et la batterie d’une scène métal. Un groupe qui a débarqué en début d’année chez Rock’in Radio et à qui ont a promis une critique sur leur démo Barbar’O’Rhum. Du coup, j’enfile mon tricorne, je prends mon sabre, je m’engloutis un shoot de Kraken et je file à l’abordage !

 

Ce qu’en pense le Kraken… Euh, le dragonnet !

La démo de nos chers pirates est dispo sur Soundcloud et contient trois morceaux, enregistrés, mixés et masterisés par PhormorG en 2014. Les trois morceaux, tous chantés en français et d’une durée d’à peu près cinq minutes chacune, racontant chacun une histoire se rapprochant des grandes légendes des mers… Barbe Noire ou bien le Hollandais volant, c’est ce que nous propose le groupe !

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Cœur de l’océan est le premier morceau et nous raconte une belle histoire d’amour… de cul… Bref ! Notre bon capitaine tombe sous le charme d’une donzelle lors d’un abordage et s’en retrouve envouté par la belle sirène. Première chose qui me fait tiquer… La voix ! Sur le soundcloud du groupe, elle est partiellement couverte par la compo des autres membres du groupe, ce qui fait que j’ai loupé certains passages, avant de réécouter et de tendre l’oreille… Ou alors c’est foutu et je deviens sourd ! Par contre, le fait de chanter dans la langue de Molière ne me gêne absolument pas, j’ai pris un malin plaisir à écouter les histoires du groupe, mais revenons au Cœur de l’océan qui reste un morceau énergique avec la flûte qui accompagne le tout ! Mi-figue, mi-raison et pas trop de rhum pour le coup avec ce premier morceau malgré l’énergie dont elle déborde.

Le trésor maudit de Barbe Noire que je dédie au cap’taine du Gibier de Potence, lui qui veut tellement prendre la mer (ou ta mère, ça dépend des fois)! C’est une chanson de taverne, une histoire de pirate sur le fameux trésor du maître des mers, le capitaine Barbe Noire. Encore une fois, la voix se fait mâcher par la composition, que je n’accroche pas totalement pour le coup avec le synthé derrière, malgré la présence des instruments à vent. Je ne dis pas que le morceau est mauvais, attention ! Mais sa construction me laisse pensif, peu être que s’il avait été un poil moins rapide, on comprendrait mieux le chant (même si le refrain est tout à fait audible ?!).

Le Hollandais Volant transforme la donne, j’entends enfin la voix bordel !!! La rythmique est beaucoup plus accrocheuse et le côté pirate de la compo ressort plus. Par rapport aux autres morceaux, que je trouvais un tantinet faiblards, celui-ci dévoile toute l’identité de Barbar’O’Rhum : des chansons de pirates sur des instruments à vents et électriques, qui nous racontent l’histoire des mers et de ceux qui tentent de la dompter ! Est-ce parce qu’il s’agit du dernier enregistré et que le groupe à eu le temps de gérer les quelques soucis ?

 

Alors cap’taine ? On fait quoi pour le rhum ?

On le boit ! Pardon…

Que dire de Barbar’O’Rhum ? J’y crois ! Bien sûr, j’adore l’univers, la thématique pirate et ce côté folk. Comme le disent les potos de Drenaï (Rouen) dans le folk, vous avez plein d’univers variés, mais tous très utilisés… La piraterie reste l’un des rares qu’on ne voit pas à tous les concerts de folk… Oui bon, vous avez Alestorm et puis ? Je pense que Barbar’O’Rhum à un énorme potentiel, malgré que, deux morceaux sur trois, je n’entends pas la voix (ou alors il est temps de me mettre un sonotone).

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Je conseille ce groupe aux plus curieux, mais aussi aux amateurs de folk et de pirate. De mon côté, j’attends la suite… Allez les gars, sortez un Ep qu’on puisse reprendre la mer avec vous !

 

MAJ 04/07: Il semblerait que ce soit mon son qui merde, après discussion avec un autre amateur de musique pirate… Je vais donc réecouter avec un casque et en fonction, j’éditerais la chrochro !

 

Des liens, plein de lien !

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Dans la famille Chevalier, je demande les frangins ! Deux frères qui fondé ensemble le groupe Debasement et c’est de celui-ci qu’on va vous parler aujourd’hui.

Debasement, c’est un groupe de Brutal Death metal qui vient de notre bonne vieille ville de Rouen, composé donc de deux frères (Clément Chevalier – vocals et Thomas Chevalier – guitars). À la base, le groupe se nommait « Naboth ». Plus un death mélodique que du brutal, le groupe n’était qu’un plaisir pour les deux frangins. C’est l’arrivée d’Hugo (drums) et de sa créativité qui commence à changer peu à peu le visage de « Naboth » et qui devient Debasement. Courant 2014, Jules (basse) rejoint le groupe, le line-up est fondé et le style de Debasement devient un bon vieux brutal death des familles !

La ligne directrice du groupe : Debasement souhaite traduire la violence de notre société à travers sa musique extrême. Même le nom a été choisi pour ça, se rapprochant de l’idée de « dépravation » humaine, montrer, pointer du doigt, refuser les atrocités faites par main humaine (autant sur le plan religieux, qu’écologiste, politique et, etc.…). Bref, tu vois déjà l’ambiance, alors tu te prépares à te prendre plein de coups dans ta jolie p’tite gueule d’humain (moi je m’en fous, j’suis un dragonnet !).

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Debasement a déjà un beau palmarès de concerts, et ont notamment joué en première partie de The Walking Dead Orchestra, Otargos, Kause 4 Konflit, Impureza… Les quelques critiques que j’ai pu lire également sont élogieuses… Maintenant voyons voir ça entre mes griffes…

Ce que le dragonnet en pense

Tranchant, voilà comment je pourrais décrire la démo de trois titres que propose Debasement sur son bandcamp. Trois titres aux riffs tranchants comme le couperet d’une guillotine. La compo est lourde, puissante et bien travaillée. J’ai du mal avec la voix qui part dans les aiguës, mais on verra ça plus tard.

La démo s’ouvre sur Save a Child, Fuck a Priest, inutile de t’expliquer la thématique, tu l’auras compris, copain. On part pour un brutal death qui laisse des marques, avec des riffs rapides, une batterie qui ne doit plus sentir son pouls à certains moments et une voix puissante, pas trop écrasée par le ton grave qu’utilise Clément, le chanteur, et c’est plutôt une bonne chose. Le titre part pour quatre minutes de violence verbale qui nous met dans le bain dès l’introduction.

Next I Will Drink your Blood like Beer, encore une fois, je ne te fais pas la traduction. On récupère un deuxième membre en vocal pour notre plus grand plaisir, avec une compo toujours aussi tranchante et bondissante, car j’avais bien envie de me jeter dans un pogo sur les quelques passages bien rapides et violents que nous sort Debasement en 5min. Bon, il y a juste un truc qui pêche, mais vu que je ne suis pas un gros amateur de brutal, ni de death, j’en parle juste en dessous sur le dernier morceau de la démo, Virunga.

Virunga, pour la trad…. Euh… Bref, j’ai dit dans le paragraphe au-dessus qu’un truc me chiffonnait. En fait, je kiffe pas du tout le trip du cochon. Je t’explique, Clément se lâche dans ce dernier morceau en couinant bien fort comme il faut. Je ne vais pas juger, le brutal death, ce n’est pas le coin que je visite le plus souvent dans ma discothèque. Pour le reste, on bouge bien son crâne, la violence du groupe se fait toujours aussi bien ressentir et c’est bon pour tes mickettes !

Tu en veux encore, Biatch ?

Alors, Debasement ? mmh mmh…

Debasement est l’un des jeunes groupes qui représentent l’avenir de la musique extrême de Rouen. Je ne peux pas complètement juger sur trois morceaux, ni sur leurs précédentes critiques, mais par leur volonté de se faire connaitre et le plaisir qu’ils ont à jouer. Je rappelle qu’à la base, le groupe n’était qu’un passe-temps, un hobby…

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C’est le genre de groupe qu’on verra notamment aux Arts bourrins, en mai prochain… Tiens, mais… Debasement est justement sur l’affiche ! Je pense que c’est suffisant comme explication, pour que tu puisses voir, lecteur, que ce groupe en a dans le pantalon et qu’il peut encore aller très loin.

Je ne suis pas un fan de death, c’est pourquoi si, dans un futur pas si lointain, on chope un chroniqueur de Death, on vous refera une chronique bien plus complète, mais je me devais au moins de faire ce premier jet. Debasement est un groupe à découvrir pour les amateurs de brutal et de death, qui n’en sortiront pas totalement entiers, à mon avis.

Des liens, plein de liens

A l’heure où les genres et les sous genres se multiplient (qui n’a jamais entendu parlé de post-dark-cold-indus-pagan-metal ?), il reste de ces ovnis musicaux que l’on ne se risque pas à vouloir gentiment ranger dans une case. Hear the Chief Moo Downtown fait partis de ceux-là. Klymt nous offre donc un album, sorti chez Postghost, à la croisée de l’Indus, de la Noise, de la Coldwave, le tout saupoudré de quelques touches Electro savamment dosées.

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La première écoute nous laisse plein d’interrogations. Dans un premier temps, on assimile aisément le groupe à My Own Private Alaska, Nine Inch Nails ou encore Pendulum. Puis, on saisit les quelques touches Electro à la Daft Punk et à la Kavinsky. Il nous arrive même d’avoir une pensée pour certaines formations Coldwave telles que Bauhaus, New Order, No Tears ou encore Dead Can Dance. Toujours est-il qu’une fois terminé, Hear the Chief Moo Downtown continue à nous trotter dans la tête, comme une expérience déroutante à laquelle on ne trouverait pas d’explication. Et puis, au fil du temps, les choses deviennent plus limpides : Klymt, à travers ses ambiances saisissantes et entraînantes a su s’imposer comme un groupe à la patte bien particulière sur une scène où il devient de plus en plus difficile de se démarquer.

On commence avec Concrete Mantra. Ce morceau semble très accessible dans un premier temps : un vocodeur sur les couplets, un refrain plus distinct, des guitares pour donner de la substance, des synthétiseurs qui occupent la majorité de l’espace sonore. On appréciera ce contraste entre la voix froide, très mécanique des couplets et celle des refrains, emplie de sentiments tellement humains. La fin du morceau est quant à elle plus agressive, plus tachante. On imagine sans peine cet homme torturé, en proie à lui-même, luttant de toutes ses forces pour sa survie psychique. Impulse se la joue plus pop. Niveau ambiance, on change radicalement. Ici, la voix chantée est plus légère, la ligne de basse et les touches électro plus entraînantes. La petite interlude, massive, donnera tout son intérêt au morceau. Et pour finir cette trilogie, c’est We’ll Find a Use for your Laugh qui régale. En comparaison avec Impulse, les performances vocales semblent plus maîtrisées, la mélodie plus entêtante, plus percutante, mais la recette est globalement la même .

Puis vient l’avalanche de riffs. The Low a presque un petit côté Depeche Mode. Ce titre semble légèrement moins abouti que les autres, nous laisse un peu sur notre faim. Cependant, par effet de contraste perceptif, After Me, The Flood paraît on ne peut plus majestueux. Il s’agit incontestablement de la pièce maîtresse de l’album. Dès les premières secondes, un écho malsain résonne dans la voix (qui pourra nous rappeler Radiohead à certains moments). Celle ligne dissonante nous oppresse, nous fait perdre l’équilibre. On suffoque, on cherche désespérément quelque chose à quoi nous raccrocher. Et la seule chose qui est à notre portée, c’est cette voix dégoulinante de psychose paranoïaque au milieu de ce capharnaüm. Suite à cela, Cactus est salvateur. Niveau ambiance, on passe du coq à l’âme. Ce poids, si lourd sur notre poitrine se dissipe et laisse place à la légèreté de quelques notes de guitare acoustique. Ce qui pourrait n’être qu’un morceau naïf prend de l’ampleur grâce à la voix déchirée, mise au premier plan.

Mother of a Trembling Heart est difficilement descriptible. Il mise sur une structure musicale simple mais efficace. On a, d’un côté, cette voix totalement déshumanisée, et de l’autre, des plages très Rock’n’Roll. On a du mal à saisir le message que Klymt tente de nous faire passer tant le panel d’émotions qui nous est présenté est immense. Il en est de même pour Roads, qui vient fermer l’album. A travers ce morceau, l’ambiance plus Electro et les riffs dissonants ne font plus qu’un, comme pour permettre à l’auditeur de remettre un peu d’ordre dans ce qui vient de s’abattre sur lui.

Hear the Chief Moo Downtown est un album abouti, aux ambiances et à la composition soigneusement travaillées. Certains seront gênés par la technique vocale parfois malhabile, tandis que d’autre trouveront ce petit défaut parfaitement adapté à l’univers de Klymt.

L’album est téléchargeable sur le Bandcamp de Klymt pour la modique somme de 4€.

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Quand j’ai commencé a écouter Soundcrawler, je me suis dit que c’était un son qui aurait parfaitement sa place dans un univers comme Fallout… Un monde post-apocalyptique, avec comme bande-son la musique lourde, grasse et aux accents atmosphériques de Soundcrawler, qui rendrait presque poétiques les bâtiments en ruine, la nature sauvage et la vie de maraudeur d’un tel univers…

Alors quand j’ai commencé à lire le press-book, je n’étais pas loin… Soundcrawler est un métal proche du stoner et du grunge, dont les cordes de guitares grippent sur le sable chaud et où la batterie est recouverte d’un fin voile de poussière. Avant d’être un groupe, Soundcrawler est une histoire qui se déroule dans un univers aride, ou chaque morceau forme le chapitre d’une grande histoire, celle du « Sandcrawler ». J’enfile ma tenue de survie, prends ma gourde et ma carte avant de parcourir les étendues désertiques de Soundcrawler pour faire faire découvrir ce groupe et son second album, The Dead-end Host.

Photo Soundcrawler 1

Soundcrawler est né en 2011 de Remy Pocquet (au chant) et de Clément Revieriego (Guitariste et compositeur). En 2012, le premier album montre le bout de son nez et laisse du sable partout, voilà Sandcrawler, contant l’histoire du protagoniste errant dans un désert aride et allant à la rencontre d’une entité au nom éponyme de l’album. D’abord acoustique, le groupe grandit avec l’arrivée de Paul, Firouze et Robin, rendant la chose beaucoup plus dynamique et ils feront la première partie de The Nothing.

En 2014, le groupe enregistre The Dead-end Host, qui clôture l’aventure du Sandcrawler. Guillaume Bernard (compositeur dans Klone) ajoute sa touche avec la prod’ des voix et quelques arrangements (et bordel, ça s’entend !). La galette sort du four, on croque dedans… Alors, un goût de sable ?

 

Ce qu’en pense le dragonnet

Il existe le stoner qui te fait décoller, aller loin dans ta tête et qui te fait passer le temps, un peu comme Brain Pyramid ou The Fur. Puis, il y a le stoner de Soundcrawler, qui part chacun de ses riffs, et construit tout un univers. Chacun des morceaux qui composent The Dead-end Host forme son histoire à part entière grâce à une compo étonnement intelligente, fluide et variée. Loin de la forme d’un stoner/grunge qui se répète une fois sur deux, Soundcrawler à su foutre en neuf morceaux assez d’influences et de tons pour offrir l’un des albums avec l’une des personnalités les plus travaillées que j’ai pu voir depuis que j’ai lancé Rock’in radio.

Raiders s’ouvre et comme je l’avais pressenti, on peut déjà sentir le sable chaud tanner la peau de notre voyageur. Les riffs sont lourds et gras, la batterie l’accompagne par à-coups, la voix semble lointaine, nous faisant profiter d’un écho plus que bienvenu dans la compo et fait très penser à un narrateur omniscient. Bref, on a la couleur de l’album dès le premier morceau, on sait où ça veut aller et dès que Raiders se termine d’un coup, sans prévenir, on passe à la suivante avec plus d’intérêt et de curiosité.

Burning Scales quitte l’ambiance « introductive » du premier morceau pour une autre, qui laisse la batterie, la basse et la guitare ouvrir sur quelque chose de plus sale et de plus violent. On a le droit à plusieurs longs moments de solo, comme si le narrateur de cette longue histoire était en train d’admirer un paysage dévasté. On assiste aussi à quelques moments de calme dans la compo du morceau. Le morceau coupe tout aussi sèchement pour laisser place à A God to Feed.

Quand je vous dis que Soundcrawler a vraiment du génie et de la personnalité dans la composition de son album, ce n’est pas pour rien. Le troisième morceau de l’album est rapide, en dents de scie, et commence violemment sans attendre une quelconque intro avant un passage de calme d’une trentaine de secondes avant de reprendre sa course folle. Jusque là, aucun ennui, aucun temps mort…

Long Coma Slow me fait penser à l’un de ses bars à la lumière tamisée, aux fauteuils en cuir et aux planchers de bois craquant sous tes pas. On change de registre pour une ballade, avec une guitare aux sons toujours aussi gras et à la voix toujours aussi pénétrante. Un morceau « passerelle » vers Souls from the Trash.

Photo Soundcrawler 4

Cette fois, tu veux du son gras, tu ne seras pas déçu, la guitare prend toute la place, occultant la voix. Ce n’est qu’au milieu du morceau qu’on reprend notre respiration avec un son beaucoup plus libre, moins saturé, pour retomber dedans. Autant Long Coma Slow nous bordait quelque peu, autant Souls from the Trash essaye de nous noyer sous ses riffs aussi brutaux que lourds. La dernière minute va de plus en plus vite, comme si on se retrouver étouffé, qu’un besoin d’air se faisait de plus en plus sentir.

The Plastic Truth sonne comme le glas de l’album. Ce n’est pas l’un des meilleurs morceaux, mais il a un je-ne-sais-quoi qui te fera comprendre que le narrateur est devant l’un des tournants de son existence. Après, Civil avec son petit côté électro, un peu cuivré et résonnant, nous donne encore une fois cette impression de fin qui approche, sans pour autant que l’album s’essouffle.

Infinite Genocide change la donne. Civil était un morceau quelque peu calme, Infinite Genocide s’excite et rend celui-ci nerveux, alors que la voix reste calme, la fracture rendra ce passage tout aussi bon, avec toujours cette impression de ne pas s’ennuyer de tout l’album.

And All the Seconds Left est une ballade instrumentale qui termine l’album sur une touche de calme atmosphérique, qui nous force à jeter un regard en arrière sur les huit autres morceaux et qui nous pose la question : est-ce la fin du Sandcrawler ? Vraiment ? Alors on appuie sur « Restart » et on relance l’album une nouvelle fois…

Photo Soundcrawler 2

 

Un long chemin à travers les sables…

J’ai mis du temps à chroniquer cet album, que j’ai eu bien avant sa sortie en février (20/02). J’ai tourné et retourné la galette un nombre incalculable de fois dans mon mp3, sur l’ordi alors que j’écrivais la chronique ou après une journée de taff sur la chaine hi-fi… Je vous avoue que j’ai eu du mal à écrire cette chronique, car je cherchais quelques points noirs, mais non… Rien, j’étais simplement absorbé par Soundcrawler, qui est (et ce n’est que mon avis encore une fois) une surprise de taille dans la metalsphere, à écouter au moins une fois.

On aime ou on n’aime pas, chacun son choix, pour ma part Soundcrawler est l’un des meilleurs albums Stoner/Grunge du premier trimestre 2015. Puissant, inventif, varié… Quelques mots pour le désigner… Je l’encense depuis le début de cette chronique, mais The Dead-end Host, album concept, un l’un des mes plus gros coups de cœur depuis 2 ans de Rock’in radio !

En attendant, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur leur Facebook et sur leurs dates de concert… Si vous avez du sable dans les chaussures, ce n’est pas une coïncidence !

 

Des liens, plein de liens

TOBOGGAN est un groupe de Post-Hardcore rouennais formé fin 2013 par d’anciens membres de Venosa, Juggernaut, The Birds End et de Cavalry. En janvier 2015, le groupe sort son premier EP composé de trois titres, sobrement appelé TBGN.

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C’est dans une jolie pochette carton que TOBOGGAN nous livre son EP. Si vous les avez aimé en live, vous les aimerez aussi en version studio. En effet, que ce soit sur scène ou sur CD, le groupe ne néglige pas ses principaux atouts, à savoir une bonne dose d’énergie sur fond de Post-Hardcore qui parlera aussi bien aux amateurs de musique énervée qu’aux cœurs plus tendres.

Prayers of Dust, le premier morceau, ne nous ménage pas. C’est un raz-de-marée sonore qui s’abat. Des riffs énergiques, une voix puissante, sans pour autant que le travail de composition ne soit négligé. Ce titre est un avertissement : TOBOGGAN a plusieurs corde à son arc, et n’hésitera pas à en abuser, pour notre plus grand plaisir.

There’s a Storm Coming parlera immédiatement aux amateurs de Post-Rock à l’instrumentation travaillée. C’est sur un orage que le morceau débute, comme pour annoncer ce qui suivra. Cette mélodie lancinante, saisissante, est à peine troublée par l’intervention du chanteur. Bien au contraire : celle-ci ne fait que renforcer l’impression d’être à la merci du flot d’émotions qui se déverse dans nos canaux auditifs. Et puis les choses s’accélèrent, sans pour autant briser cette spirale infernale dans laquelle le groupe nous a entraîné, sans nous demander notre avis. On lâche prise, et on se vautre sans la moindre gêne dans ce que TOBOGGAN nous offre. Bref, un petit bijou.

La voix durant la première minute de Black Screen / Sleepless Night donnerait presque un petit air de Post-Punk au morceau… du moins, jusqu’à ce que les choses sérieuses reprennent. Voilà une parfaite illustration du rentre-dedans sur fond de mélancolie. On aimerait pouvoir s’abandonner à la rage qui dégouline de toute part, mais quelque chose de plus insidieux fait rempart, nous clouant au sol. C’est avec une fascination malsaine que l’on savoure l’ambivalence de ce morceau.

Pour un premier EP, TOBOGGAN place la barre très haut ! Rien ne semble avoir été mis de côté, que ce soit sur le plan des compositions, de la technique, ou de la qualité du son. De même, l’ordonnancement des morceaux et leur complémentarité nous donne un large aperçu du potentiel du groupe. On regrettera peut-être le fait que ces treize minutes passent très très vite. On espère en tout cas les retrouver prochainement pour quelque chose de tout aussi prometteur.

N’hésitez pas à télécharger et partager. TBGN est en téléchargement à prix libre sur le Bandcamp du groupe. Soutenez la scène underground, faites un don !