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Je vais pas vraiment suivre la même approche que pour mon article sur Kurt Cobain. Non pas que Freddie ne soit pas une icône, loin de là.

Merde, il téléphonait à ses chats en tournée.

Il insistait pour que quelqu’un tienne chacun de ses chats près du téléphone et leur parlait au moins 5 minutes chacun tous les jours.

Il a écrit Delilah pour son chat préféré, bordel de merde.

C’est plus une icône ça, c’est un Dieu.

Anybref.

Freddie Mercury n’était pas vraiment un porte-parole des causes de justice sociale qui nous intéressent ici. Une idole gay, oui, mais il a toujours gardé sa vie privée extrêmement secrète. Né à Zanzibar et d’origine indienne, perse même, mais il a jamais vraiment ouvert sa gueule sur le racisme. Il adorait les femmes mais n’a jamais vraiment pris leur défense.

Alors pourquoi qu’on en parle?

Parce que bien que n’étant pas acteur de ces causes, il en a été la victime, et beaucoup de gens se retrouvent dans les mêmes situations ; situations de souffrance pour la majorité. Détails et contexte.

 

  • Origines ethniques

Le vrai nom de Freddie Mercury est Farrokh Bulsara (orthographe confirmée par sa mère malgré les 10 variantes trouvables sur le net). Bien que né dans le protectorat britannique de Zanzibar (aujourd’hui la Tasmanie), ses deux parents sont pārsi. Les pārsis sont les descendants des perses, en Inde depuis environ 1200 ans, et adeptes du zoroastrisme (Ainsi parlait Zarathousthra, anyone? C’est le prophète de cette religion).

Trimballé entre Zanzibar et l’Inde toute sa jeunesse, Freddie n’a jamais parlé de ses origines et a tourné la page « Farrokh » dès que possible. Pourquoi?

Déjà, parce que toute sa famille a du fuir Zanzibar lors de la guerre de 1964. Comme souvenirs d’enfance, on repassera.

Ensuite, parce qu’au Royaume Uni, on était pas vraiment friendly avec les étrangers. Alors le p’tit pārsi qui débarque d’Afrique de l’Est, surtout d’un pays dont la liberté n’a été accordée qu’en 1963, c’était pas forcément le meilleur moyen de se faire des potes.

Et surtout, il ne se reconnaissait pas dans ces cultures. Il n’a jamais eu le sentiment d’être accepté et intégré à Zanzibar, de par ses origines ethniques. Cependant, débarquer en Inde quand on a vécu toute la première partie de sa vie en Afrique, ça cause un sacré dépaysement. Freddie a quitté un pays auquel il ne se sentait pas appartenir pour arriver dans « son » pays, qu’il ne connaissait absolument pas.

Pourquoi j’en parle? C’est un phénomène qu’on retrouve très souvent en France chez les personnes racisées, et je parle notamment des personnes originaires des DOM-TOM. Pour simplifier (et malheureusement, généraliser), ces personnes ne sont pas perçues comme « blanches » et en subissent les conséquences (tu connais forcément un connard qui a cité le sketch des Inconnus, ou chanté du Franky Vincent, ou essayé pitoyablement de danser le zouk devant une personne originaire des DOM-TOM sans même se donner la peine de revoir ses cours de géographie ; si tu me dis non, c’est que tu es le connard en question). Et à côté, il est difficile pour elles de se retrouver pleinement dans leurs territoires d’origine. Je ne parle pas de sentiment de honte ou quoi que ce soit, qu’on soit d’accord. Juste, ça peut être un rejet des gens restés dans les DOM-TOM, quelle qu’en soit la raison, ou simplement un dépaysement et une impression de ne pas y appartenir. En gros, rejet des 2 côtés, comme ce qu’a vécu Freddie Mercury.

Je cite un exemple français, mais c’est applicable à beaucoup d’autres pays, et c’est un problème sociétal majeur : comment se sentir intégré/e lorsqu’on est racisé/e.

Anecdote pas franchement rigolote, Queen a été blacklisté par l’ONU pour avoir violé un embargo culturel en jouant en Afrique du Sud, pendant l’apartheid. Comme quoi…

 

  • Sexualité

Je sens que là je vais pas me faire des potes, mais…

Freddie n’était peut-être pas gay.

Me fais pas dire ce que j’ai pas dis, il aimait les hommes. Mais il ne s’est jamais identifié comme gay et a connu des relations hétérosexuelles, les plus notables étant l’actrice Barbara Valentin et surtout, surtout, Mary Austin. Elle l’a quitté lorsqu’il lui a avoué avoir eu une liaison avec un homme américain, mais ils sont restés extrêmement proches.

All my lovers asked me why they couldn’t replace Mary, but it’s simply impossible. The only friend I’ve got is Mary and I don’t want anybody else. To me, she was my common-law wife. To me, it was a marriage. We believe in each other, that’s enough for me.

Tous mes amants m’ont demandé pourquoi ils ne pouvaient pas remplacer Mary, mais c’est juste impossible. Mary est ma seule amie et je ne veux personne d’autre. Pour moi, c’était ma femme. Pour moi, c’était un mariage. On croit l’un dans l’autre, ça me suffit.

 

C’est même pour elle qu’il a écrit Love Of My Life.

Certes, possible qu’il était gay et qu’elle était son âme sœur platonique. Peut-être que comme d’autres homosexuels, il s’est « résigné » avec quelques femmes avant d’embrasser son orientation. Mais peut-être pas, ce qui m’amène à un autre problème très souvent rencontré : le bi-erasure, littéralement « l’effacement des bi[sexuels] ».

Autrement dit, les bisexuels (et pansexuels) sont rayés de la liste des possibilités. C’est hétéro, ou gay. Ou « une expérience » ou « une phase » et blablabla. Bi et pan restent dans l’ombre.

Au cas où tu ne connaîtrais pas ces orientations : bisexuels = attirés par 2 genres ou plus (on n’oublie pas le « ou plus », c’est pas mec/meuf d’office) et pansexuels = attirés par tous les genres. Donc, un bi peut aimer mecs-meufs+, agender-mecs+, meufs-demigirls+, genderfluid-agender+… etc, etc. Un pan ne fera aucune distinction de genres.

Combien de fois sur le net je vois des articles de tabloids dégueulasses « 6 gays qui ont eu une femme » ou quelque chose de similaire, sans se demander s’ils ne seraient pas bi ou pan.

Par exemple, Angelina Jolie se revendique fièrement bisexuelle. Gillian Anderson a récemment laissé entendre en interview qu’elle était pansexuelle.

Anybref, pour en revenir au bi-erasure, c’est également un phénomène qu’on retrouve au sein des communautés LGBTAQ+, malgré le B de bisexuels. Certaines personnes queer pensent que ce sont des attention whores, ou des « faux-homos/faux-hétéros », en gros des faux-culs. Les bis et pans, déjà ignorés totalement par le « grand public », peuvent aussi être rejetés par les communautés queer, et se retrouvent ainsi sans aucun soutien.

Aujourd’hui, le débat sur l’homosexualité/bisexualité/pansexualité de Freddie est toujours d’actualité, autant chez les hétéros que chez les personnes queer. Comme pour tant d’autres personnes qui soit gardent leurs préférences privées, soit refusent de se coller une étiquette.

Freddie a toujours contourné les questions sur sa sexualité. Par exemple, il dit au New Musical Expression, suite à une question indiscrète du journaliste après avoir raconté sa popularité en internet :

Let’s put it this way ; there were times when I was young and green. It’s a thing schoolboys go through. I’ve had my share of schoolboy pranks. I’m not going to elaborate further.

Disons-ça comme ça ; il y a longtemps quand j’étais jeune et bleu. C’est un truc que traversent les gamins. J’ai eu ma part de farces de gamins. Je n’en dirai pas plus.

 

Voici l’opinion de John Marshall, de Gay Times, à ce sujet :

[Mercury] was a « scene-queen », not afraid to publicly express his gayness, but unwilling to analyse or justify his « lifestyle »… It was as if Freddie Mercury was saying to the world, « I am what I am. So what? » And that in itself for some was a statement.

[Mercury] était une « queen de scène », qui n’avait pas peur d’exprimer son homosexualité publiquement, mais refusait d’analyser ou de justifier son mode de vie… C’est comme si Freddie Mercury disait au monde « Je suis ce que je suis. Et alors? » Et pour certains, c’était toute une déclaration.

 

Un scandale notable en lien avec sa sexualité a été lorsque le Royal Mail a sorti des timbres à son effigie, pour une série appelée « Milennium Stamps ». Un journaliste prend la mouche, indigné qu’un homme aux moeurs si infâmes puisse apparaître sur une collection sonnant la fin du vingtième siècle. Pire encore, on s’apercevra ensuite que Roger Taylor, batteur de Queen, apparaît en arrière-plan. A l’époque, pour apparaître de son vivant sur un timbre, il fallait faire partie de la famille royale… Pour calmer la controverse, le Royal Mail dut certifier que la reine elle-même (!) avait validé le timbre.

 

 

  • VIH

Tout le monde sait que Freddie est un martyr du sida, alors en pleine explosion. Une grosse controverse entoure sa maladie : en effet, il l’a cachée, et même activement démentie (tout comme ses proches)… jusqu’à la veille de sa mort. Certains pensent qu’il aurait du avouer immédiatement avoir le sida, ce que déclare la presse depuis 1986, via un article qui certifiait le dépistage du virus en citant le nom d’une clinique.

Le but étant, bien sûr, de pousser à une prise de conscience majeure des homosexuels en faveur de rapports protégés et de dépistages réguliers.

Cependant, Freddie, comme toujours, pensait que si sa vie privée ne regardait personne, il n’y avait aucune raison que sa maladie soit dévoilée au public. Il a affronté le VIH avec le soutien de ses proches, jusqu’à la pneumonie qui lui sera fatale, tout en étant stalké par la presse qui commentait ses apparitions (de plus en plus rares) et les paparazzi.

Il est tout de même impossible de nier son état physique sur ses dernières images.

These Are The Days Of Our Lives, le tout dernier clip tourné par Freddie

Je rappelle d’ailleurs qu’il a décidé de s’aider à mourir en cessant tout traitement, à l’exception d’anti-douleurs…

Voici le communiqué qu’il a fait paraître juste avant son décès :

Following the enormous conjecture in the press over the last two weeks, I wish to confirm that I have been tested HIV positive and have AIDS. I felt it correct to keep this information private to date to protect the privacy of those around me. However, the time has come now for my friends and fans around the world to know the truth and I hope that everyone will join me, my doctors and all those worldwide in the fight against this terrible disease. My privacy has always been very special to me and I am famous for my lack of interviewes. Please understand this policy will continue.

Vu l’ampleur de la presse ces deux dernières semaines, je souhaite confirmer que j’ai été diagnostiqué positif au VIH et ai le sida. Je trouvais correct de garder cette information privée pour protéger mes proches. Cependant, l’heure est venue pour mes amis et mes fans dans le monde de connaître la vérité et j’espère que tout le monde me rejoindra, ainsi que mes docteurs, et tous ceux qui dans le monde entier se battent contre cette horrible maladie. Ma vie privée a toujours été très importante pour moi et je suis célèbre pour mon manque d’interviews. Comprenez s’il vous plait que ça ne changera pas.

 

Je ne donnerai pas d’opinion sur ce choix car… honnêtement, je ne sais pas si j’en ai une. Je comprends le reproche ; s’il en avait en effet parlé, on aurait peut-être eu des résultats sur la population, étant donné l’influence énorme de Freddie. De l’autre, je comprends parfaitement qu’il n’ait pas souhaité étaler ça au grand public et que seuls ses proches soient au courant. Je te laisse te faire ta propre idée.

En 1992, le reste des membres de Queen a créée le Mercury Phoenix Trust, dans le but d’obtenir des fonds de soins et de recherches, et d’éveiller les consciences. Un énorme show, The Freddie Mercury Tribute Concert For AIDS Awereness, a été réalisé en avril de la même année et fait un carton total. L’association a depuis recueilli des milliers de livres données à plusieurs associations de lutte contre le sida.

Aujourd’hui encore, les malades du VIH font face à des difficultés, que ce soit dans la vie quotidienne à travers les yeux d’autrui ou, pour reprendre une polémique actuelle, l’accès au don du sang, en plus des souffrances et des traitements de cheval.

 

 

Pour résumer, bien que Freddie Mercury ne se soit jamais prononcé sur les problèmes sociaux explorés dans cette rubrique, il est devenu un étendard de la cause queer et, malgré les décennies qui nous séparent (il est décédé fin 1991, il y a donc plus de 23 ans), a souffert de problèmes d’identité retrouvés aujourd’hui tant dans les communautés LGBTAQ+ que chez les personnes racisées rencontrant des difficultés d’intégration (je répète à coups de marteaux, les mêmes problèmes, aujourd’hui, 23 ans après sa mort). C’est pourquoi je trouvais intéressant de parler de lui et de discuter de ce qu’il pouvait rencontrer au quotidien dans ces aspects de sa vie.

Sa mort tragique a également permis de mettre en lumière les ravages du sida.

Et tu ne peux que chanter (faux) sur Bohemian Rhapsody.

Pense à passer un coup de fil à tes chats la prochaine fois que tu pars en vacances.

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Dans la vraie vie qu’elle est vachement plus moche et triste et dégueulasse que sur les internets, y’a des trucs qui me hérissent méchamment le poil. Féministe inter-sectionnelle et non hétérosexuelle, je suis au taquet sur pas mal de sujets sensibles.

Genre les meurtres de jeunes noirs aux States environ toutes les 2 semaines par des flics blancs.

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Le slutshaming en vogue sur les sites populaires à la 9Gerbe et compagnie.

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La grossophobie ambiante dans les magasins de fringues hors spécialisés.anigif_enhanced-buzz-703-1385146154-36

Les gens incapables de respecter les pronoms choisis par les transexuels/agenders.

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Les chiottes dégueulasses qui servent de bouche à Christine Boutin.

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Etc, etc.

A mes yeux, la communauté « rock/métal » est plutôt masculine et souvent ouvertement misogyne. J’ai été bousculée volontairement à de nombreuses reprises dans des concerts parce que j’avais le malheur d’être une meuf seule avec un sac à l’épaule, trop rigolaule. On m’a déjà tripoté en douce. On se fout de ta gueule.

Ça fantasme allègrement sur les meufs « alternatives » et autres suicide girls en mini-jupe/résilles, mais IRL, t’es une grosse chaudasse et de surcroît une sale fake si tu peux pas donner tous les line-up du groupe dans l’ordre chronologique.

 

Bref, pour une communauté qui se revendique souvent comme discriminée du lycée au marché du travail, y’a un peu BEAUCOUP de taf à faire sur pas mal de points.

Alors que certaines icônes du rock, vénérées par les fans hardcore comme par les lycéens qui découvrent petit à petit ce que cette musique peut offrir, ont méchamment ouvert leurs gueules sur le sujet. Je vais donc me lancer dans une série d’articles sur les Social Justice Rockers, des gens qu’ils sont biens.

Prenez-en de la graine.

 

  • Kurt Cobain

Aaaaahh, Nirvana. Mes années lycée. J’ai toujours un vieux t-shirt tout pourrave XXL bouffé par les trous que je ne jetterais pour rien au monde. On avait trop la pouquette sur Smells Like Teen Spirit et on badait bien sa race sur Something In The Way.

Kurt Cobain, papa du grunge, membre du Club 27 qui a eu l’impolitesse de mourir le jour de mon premier anniversaire, a toujours été profondément féministe et ne s’est jamais caché au sujet des robes qu’il aimait porter.

On ne retient que son addiction, les affres de sa dépression, et sa mort aux circonstances plus que douteuses. Alors que dans la série Social Justice Warriors, ce mec était une perle.

Dans cette vidéo, vous pouvez le voir interrompre la chanson, se lever, et aller défendre une fan qui se faisait emmerder par un mec dans le public, avec une jolie humiliation verbale (désolée pour la qualité) :

 

La chanson Polly traite du viol, et voici un écrit à ce sujet issu de ses journaux personnels:

"C'est comme à l'école, il y avait une classe où on allait, et ils apprenaient aux filles comment se préparer au viol et quand on regardait dehors, on voyait les mecs jouer au foot et on se disait, "c'est à eux qu'il faut apprendre à ne pas violer"."

« C’est comme à l’école, il y avait une classe où on allait, et ils apprenaient aux filles comment se préparer au viol et quand on regardait dehors, on voyait les mecs jouer au foot et on se disait, « c’est à eux qu’il faut apprendre à ne pas violer ». »

 

Il militait également contre le racisme et l’homophobie de manière très active. Ce texte provient de la version américaine de l’album Incesticide :

« At this point I have a request for our fans. If any of you in any way hate homosexuals, people of different color, or women, please do this one favor for us – leave us the fuck alone! Don’t come to our shows and don’t buy our records. Last year, a girl was raped by two wastes of sperm and eggs while they sang the lyrics to our song Polly I have a hard time carrying on knowing there are plankton like that in our audience. »

« Maintenant j’ai une requête pour nos fans. Si l’un d’entre vous hait les homosexuels, les gens de couleur différente, ou les femmes, s’il vous plait faites-nous une faveur – foutez-nous la paix! Ne venez pas à nos concerts et n’achetez pas nos disques. L’année dernière, une fille a été violée par deux résidus de sperme et d’œufs qui chantaient les paroles de notre chanson Polly. J’ai beaucoup de mal à continuer en sachant qu’il y a ce genre de plancton dans notre public. »

Cobain était également en guerre ouverte avec les Guns’n’Roses dont il ne supportait pas l’intolérance.

Nirvana a donné un concert dans un événement contre la Measure 9, mesure homophobe aux USA. Un môme les a abordé en leur conseillant de se réconcilier avec les Guns. Réponse sans appel :

« No, kid, you’re really wrong. Those people are total sexist jerks, and the reason we’re playing this show is to fight homophobia in a real small way. The guy is a fucking sexist and a racist and a homophobe, and you can’t be on his side and be on our side. I’m sorry that I have to divide this up like this, but it’s something you can’t ignore. »

« Non, gamin, tu te trompes vraiment. Ces gens sont des connards sexistes, et si nous faisons ce concert c’est pour lutter contre l’homophobie d’une petite manière. Ce mec est un putain de sexiste et un raciste et un homophobe, et tu ne peux être dans son camp et dans le notre. Désolé de devoir faire une telle division, mais c’est quelque chose que tu ne peux pas ignorer.« 

 

Toujours contre le racisme (journal) :

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« J’aime bien le confort apporté en sachant que les Afro-Américains ont créé le Rock’nRoll, alors qu’ils n’ont été récompensé pour leur succès que lorsqu’ils se conforment aux standards de l’homme blanc. J’aime bien le confort apporté en sachant qu’encore une fois, les Afro-Américains sont la seule race à avoir apporté une nouvelle forme de musique à cette décennie (ie hip hop/rap). »

 

Et toc.

Cobain s’est aussi beaucoup interrogé sur son orientation et son identité sexuelles, comme dans cet extrait d’interview de  1993 pour The Advocate.

« – Because people thought you were gay and you had gay friends, did you ever wonder if you might be gay?

– Yeah, absolutely. See I’ve always wanted male friends that I could be real intimate with and talk about important things with and be as affectionate with that person as I would be with a girl. Throughout my life, I’ve always been really close with girls and made friends with girls. And I’ve always been a really sickly, feminine person anyhow, so I thought I was gay for a while because I didn’t find any of the girls in my high school attractive at all… So I thought I would try to be gay for a while, but I’m just more sexually attracted to women. But I’m really glad that I found a few gay friends, because it totally saved me from becoming a monk or something. »

« – Vous vous êtes déjà demandé si vous étiez gay, vu que beaucoup de gens le pensent et que vous avez des amis gays?

– Ouais, tout à fait. Vous voyez, j’ai toujours voulu avoir des amis hommes avec qui je pourrais être très intime et parler de choses importantes et être aussi affectueux avec eux qu’avec une fille. Au cours de ma vie, j’ai été très proche de filles et je me suis fait des amies. Et j’ai toujours été une personne extrêmement féminine, donc j’ai pensé que j’étais gay pendant un temps car je ne trouvais aucune fille du lycée attirante… Donc j’ai pensé que je pourrais essayer d’être gay quelques temps, mais je suis juste plus attiré sexuellement par les femmes. Mais je suis heureux de m’être fait des amis gays, ça m’a complètement empêché de devenir moine ou un truc comme ça.« 

 

Au final, il se définissait plutôt comme bisexuel :

« I’m definitely gay in spirit, and I probably could be bisexual… If I wouldn’t have found Courtney, I probably would have carried on with a bisexual lifestyle. »

« Je suis définitivement gay dans l’esprit, et je pourrais probablement être bisexuel… Si je n’avais pas trouvé Courtney, j’aurais probablement adopté un style de vie bisexuel.« 

 

Enfin, tiré d’un autre de ses journaux :

I am not gay, although I wish I were, just to piss off homophobes

Je ne suis pas gay, mais j’aimerais l’être, juste pour faire chier les homophobes.

 

Rebelle anti-conformiste au sujet des codes sociaux genrés, genderfluid, transexuelle/agender qui s’ignorait? Beaucoup de citations données en interview font s’interroger les fans.

« I definitely feel closer to the feminine side of the human being than I do the male – or the American idea of what a male is supposed to be. Just watch a beer commercial and you’ll see what I mean. »

« Je me sens définitivement plus proche du côté féminin de l’être humain que du côté masculin – ou de l’idée américaine de ce qu’un homme doit être. Regardez une pub de bière, vous verrez ce que je veux dire. »

 

Pour ce qui est des robes…

« My transvestite period. The only reason I wear a dress is because it’s comfortable and I look pretty. But I’ve got a new thing now. Every once in a while I wear an inflatable love doll. I cut the hands and feet off, slit the back and climb inside.“
« Ma période travesti. La seule raison pour laquelle je porte une robe c’est parce que c’est confortable et je me sens joli. Mais j’ai un nouveau truc. De temps en temps je porte une poupée gonflable. Je coupe les mains et les pieds, j’ouvre le dos et je rentre dedans. »
Impossible pour moi de trouver plus d’infos sur la dernière partie de la citation, donc je ne saurais dire s’il s’agit d’une blague pour se foutre de l’interviewer ou si c’est vrai.
En bref, Kurt Cobain n’était pas juste un rebelle de la life, un junkie, l’un de nos héros d’adolescence. C’était un militant impliqué sur tous les fronts, en plein questionnement sur sa sexualité, qui n’a jamais eu honte de ce qu’il était/pouvait être et souhaitait ardemment que chacun puisse faire de même.
Sur ce je vais m’écouter le MTV Unplugged en boucle pendant 4h.
Sources :
  • Extraits de ses journaux intimes publiés dans Journals (éditions Riverhead). Je suis à peu près certaine que Camion Noir avait publié un livre similaire, mais je ne le retrouve pas sur leur site. Vous n’aurez aucun mal à vous procurer un bouquin reprenant ses écrits personnels cependant, ça vend bien les mots des malheureux.
  • Extraits d’interviews données pour la presse. Il vous faudra être anglophone la majeure partie du temps pour pouvoir les lire en intégralité sur le net, même si certaines, comme celle-ci, proposent une traduction complète.
  • Le Wikipédia anglais propose pas mal de liens intéressants sur d’autres aspects de sa vie (encore une fois, pour anglophones).