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Le 10 avril, Terrain Vague nous conviait à un concert d’exception à l’Oreille qui Traîne (MJC Rouen Rive Gauche), en compagnie de Genital Jiggling, Toboggan, Cortez et KEN Mode.

Les photos sont de Donatien Redwitchdoctor. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé de photos de Genital Jiggling lors de ce concert, l’image utilisée provient de leur page facebook (lien plus bas).

 

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  • Genital Jiggling [Fast Punk Hardcore, Rouen]

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Tenta : Les rouennais de Genital Jiggling sont les premiers à entrer dans l’arène. Soit dit en passant, le Fastcore, ce n’est franchement pas ma came. Et pourtant, je n’ai pas été déçue du voyage ! Le groupe enchaîne une pléthore de morceaux aussi brefs que survoltés, saupoudrés d’une bonne humeur très communicative. Il n’aura fallu que quelques minutes au public pour s’en saisir, et commencer à s’agiter dans tous les sens. En ce qui concerne la composition des morceaux, j’ai eu l’impression d’entendre quelque chose d’assez conventionnel, sans pour autant tomber dans le manque d’originalité. Niveau technique et propreté du son, pas grand chose à redire. Bref, Genital Jiggling a réussi à me faire ravaler mes à priori sur le genre, et croyez-moi, ce n’était pas gagné !

Squid : Comme Tenta, je ne suis pas fan de fastcore, mais j’aime l’aventure et les bonnes surprises. Les 4 gars de Genital Jiggling ont su correspondre à mes attentes, avec une patate d’enfer qui a permis à la sauce de prendre immédiatement. Je ne suis toujours pas adepte des morceaux de moins d’une minute (ça me fait un peu penser à un TGV qui passerait tout près de moi sans que j’ai le temps de biter ce qui est en train de se passer), mais l’enthousiasme dont le groupe déborde me fait passer l’éponge sans effort pour juste apprécier ce qu’il a à offrir : de la bonne grosse pouquette des familles qui fait sautiller pour une mise en bouche qui donne sacrément envie.

 

 

  • TOBOGGAN [Post-Hardcore, Rouen]

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Tenta : TOBOGGAN prend le relais. L’avantage avec eux, c’est qu’on n’est jamais déçu. A peine ont-ils commencé à jouer que le public est déjà en transe. Ce n’est pas un groupe, ce n’est pas de la musique, c’est une ogive nucléaire qui arrive sans détour dans ta face. Le chanteur franchit sans pudeur le quatrième mur, se mêle à la foule, tandis que les musiciens font hurler leurs instruments, déversant un post-hardcore qui mêle habilement les gros riffs qui sentent la sueur et cette atmosphère plus lourde, qui donne toute sa personnalité à TOBOGGAN. Impossible de détourner son attention tant le son nous enveloppe, nous électrise. Et puis vient la fin du set. La musique s’arrête, les lumières s’allument. On est désorienté quelques secondes, et puis, nous voilà plus reboostés que jamais. Bref, le groupe n’a pas à rougir devant les têtes d’affiche de la soirée !

Squid : Découverte pour moi, puisque je n’avais pas encore eu le plaisir de voir ces messieurs sur scène. Grosse claque dans ta race. La puissance de TOBOGGAN te prend de court, et te scotche sur place. On kiffe le jeu avec le public, on fait partie intégrante du show et ça fait super plaisir. L’énergie dégouline de partout, et on glisse sans peine dans l’ambiance subtile et oppressante qui te chope sans prévenir. Les gars de TOBOGGAN savent ce qu’ils font et t’emmènent pile là où ils veulent que tu sois, et c’est avec ferveur que tu les laisses faire. Chaque morceau est intense, et tu as tout sauf envie que le set se termine, te permettant de te ruer sur leur EP TBGN, à prix libre sur leur bandcamp, que nous chroniquerons prochainement. De quoi attendre patiemment leur prochain prestation live pour en reprendre plein la tête.

 

 

  • Cortez [Post-Hardcore/Metal, Suisse]

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Setlist : Borrelia, Un lendemain sans chaîne…, Arrogants que nous sommes, Idylle, Sulfure, El Vetic, Au-delà des flots, Temps-Mort

 

Tenta : Vient le tour de Cortez. Le show débute par une introduction quelque peu inquiétante avant l’entrée en scène des musiciens. Permettez-moi tout d’abord de faire une aparté sur le chanteur (qui portait un T-Shirt Russian Circles. Il ne faut pas négliger ce genre de détails). N’importe quel humain normalement constitué ne tiendrait pas trois minutes à s’agiter comme il le fait. C’est comme s’il était possédé par ce qui sortait des amplis de ses musiciens, comme s’il n’était qu’un pantin désarticulé, se soumettant à la volonté d’une guitare et d’une batterie (point de basse dans Cortez). C’est ce que j’appelle un jeu de scène qui ne laisse pas indifférent. Outre cela, Cortez nous offre des sonorités complexes, teintées à la fois de hardcore, de metal et de noise, écrasant le public sous une ambiance sombre, aussi malsaine que violente. On est étonné du contraste entre la douceur du chanteur lorsqu’il s’adresse au public, et toute cette hargne mêlée au désespoir que l’on retrouve lorsqu’il se met à chanter (je pense notamment à la fin du morceau qu’il a dédié aux filles présentes dans la salle, lorsqu’il est seul, à répéter cette même phrase qui à chaque fois fait l’effet d’un coup de poignard en plein cœur). Et puis, le guitariste qui en fin de set, joue de la guitare avec le public en guise de médiator, là je dis bravo.

Squid : Je n’ai pas encore écouté les albums studio, par peur de ne pas réussir à retrouver les émotions que Cortez m’a fait subir sur scène.  Y’a des groupes comme ça, qui ont une présence tellement écrasante que tu as du mal à te représenter la musique sans les images. Car Cortez, c’est une intensité, une violence scénique incroyables qui te serrent le cœur et t’angoissent, te plongeant très, très bas. Le chanteur t’en envoie plein la gueule, ses gesticulations et grimaces martèlent la douleur, la rage, le désespoir que véhicule la musique. En effet, on ne peut qu’avoir quelques secondes de confusion lorsqu’il nous parle tout doucement entre 2 morceaux, comme si on sortait la tête de l’eau sans trop comprendre comment on en est arrivé là. Et ça repart. Angoisse, malaise, cœur serré et une fascination totale pour ce qui se passe devant tes yeux et dans tes oreilles. J’ai adoré Cortez, au point que j’ai peur de les réécouter aujourd’hui. Et big up pour le guitariste qui joue sur les gens, c’est effectivement très très cool.

 

  • KEN Mode [Punk Hardcore/Noise Rock, Canada]

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Tenta : Enfin, le moment que tout le monde attendait : KEN Mode, la tête d’affiche. Dommage pour moi, c’est le groupe auquel j’ai le moins accroché. Évidemment, le jeu est très pro, pas une bavure, les morceaux sont pêchus, le public était hors de contrôle. Bien que j’ai trouvé la première partie du set sympathique, elle ne m’a pas transcendée outre mesure. Et puis, peu à peu, d’un morceau à l’autre, toute cette rage presque palpable lors des premiers morceaux s’est faite plus discrète, plus insidieuse, rendant les ambiances plus lourdes et dérangeante. C’est à ce moment que j’ai commencé à réellement me laisser porter par KEN Mode. Et puis, c’est très naturellement que le groupe a enchaîné ses morceaux, jusqu’à la fin, et nous a dit au revoir suite au rappel.

Squid : Pour être honnête, je n’ai apprécié que la dernière partie du set. C’est quand les morceaux ont commencé à se faire plus subtils et à jouer sur l’atmosphère que je les ai trouvé percutants, et que je me suis prise au jeu. Comme l’a déjà dit Tenta, tout est nickel chrome, le public est fou furieux, l’ambiance est au top et ça fait plaisir à voir, mais je ne suis pas rentrée dans le délire pour autant. Sûrement parce qu’après TOBOGGAN et Cortez, il était plus difficile de m’accrocher l’oreille, tellement j’ai pris cher et kiffé ma race pendant leurs sets. Mais ils ont assuré du début à la fin, sans aucune fausse note d’aucune sorte, et je ne peux que saluer très bas cette performance.

 

Une fois n’est pas coutume, cette soirée à l’Oreille qui traîne était une nouvelle fois une franche réussite, et ce du début à la fin. Bravo à l’orga ainsi qu’à l’équipe son et lumière, qui ont assuré bien comme il faut.