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A l’heure où les genres et les sous genres se multiplient (qui n’a jamais entendu parlé de post-dark-cold-indus-pagan-metal ?), il reste de ces ovnis musicaux que l’on ne se risque pas à vouloir gentiment ranger dans une case. Hear the Chief Moo Downtown fait partis de ceux-là. Klymt nous offre donc un album, sorti chez Postghost, à la croisée de l’Indus, de la Noise, de la Coldwave, le tout saupoudré de quelques touches Electro savamment dosées.

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La première écoute nous laisse plein d’interrogations. Dans un premier temps, on assimile aisément le groupe à My Own Private Alaska, Nine Inch Nails ou encore Pendulum. Puis, on saisit les quelques touches Electro à la Daft Punk et à la Kavinsky. Il nous arrive même d’avoir une pensée pour certaines formations Coldwave telles que Bauhaus, New Order, No Tears ou encore Dead Can Dance. Toujours est-il qu’une fois terminé, Hear the Chief Moo Downtown continue à nous trotter dans la tête, comme une expérience déroutante à laquelle on ne trouverait pas d’explication. Et puis, au fil du temps, les choses deviennent plus limpides : Klymt, à travers ses ambiances saisissantes et entraînantes a su s’imposer comme un groupe à la patte bien particulière sur une scène où il devient de plus en plus difficile de se démarquer.

On commence avec Concrete Mantra. Ce morceau semble très accessible dans un premier temps : un vocodeur sur les couplets, un refrain plus distinct, des guitares pour donner de la substance, des synthétiseurs qui occupent la majorité de l’espace sonore. On appréciera ce contraste entre la voix froide, très mécanique des couplets et celle des refrains, emplie de sentiments tellement humains. La fin du morceau est quant à elle plus agressive, plus tachante. On imagine sans peine cet homme torturé, en proie à lui-même, luttant de toutes ses forces pour sa survie psychique. Impulse se la joue plus pop. Niveau ambiance, on change radicalement. Ici, la voix chantée est plus légère, la ligne de basse et les touches électro plus entraînantes. La petite interlude, massive, donnera tout son intérêt au morceau. Et pour finir cette trilogie, c’est We’ll Find a Use for your Laugh qui régale. En comparaison avec Impulse, les performances vocales semblent plus maîtrisées, la mélodie plus entêtante, plus percutante, mais la recette est globalement la même .

Puis vient l’avalanche de riffs. The Low a presque un petit côté Depeche Mode. Ce titre semble légèrement moins abouti que les autres, nous laisse un peu sur notre faim. Cependant, par effet de contraste perceptif, After Me, The Flood paraît on ne peut plus majestueux. Il s’agit incontestablement de la pièce maîtresse de l’album. Dès les premières secondes, un écho malsain résonne dans la voix (qui pourra nous rappeler Radiohead à certains moments). Celle ligne dissonante nous oppresse, nous fait perdre l’équilibre. On suffoque, on cherche désespérément quelque chose à quoi nous raccrocher. Et la seule chose qui est à notre portée, c’est cette voix dégoulinante de psychose paranoïaque au milieu de ce capharnaüm. Suite à cela, Cactus est salvateur. Niveau ambiance, on passe du coq à l’âme. Ce poids, si lourd sur notre poitrine se dissipe et laisse place à la légèreté de quelques notes de guitare acoustique. Ce qui pourrait n’être qu’un morceau naïf prend de l’ampleur grâce à la voix déchirée, mise au premier plan.

Mother of a Trembling Heart est difficilement descriptible. Il mise sur une structure musicale simple mais efficace. On a, d’un côté, cette voix totalement déshumanisée, et de l’autre, des plages très Rock’n’Roll. On a du mal à saisir le message que Klymt tente de nous faire passer tant le panel d’émotions qui nous est présenté est immense. Il en est de même pour Roads, qui vient fermer l’album. A travers ce morceau, l’ambiance plus Electro et les riffs dissonants ne font plus qu’un, comme pour permettre à l’auditeur de remettre un peu d’ordre dans ce qui vient de s’abattre sur lui.

Hear the Chief Moo Downtown est un album abouti, aux ambiances et à la composition soigneusement travaillées. Certains seront gênés par la technique vocale parfois malhabile, tandis que d’autre trouveront ce petit défaut parfaitement adapté à l’univers de Klymt.

L’album est téléchargeable sur le Bandcamp de Klymt pour la modique somme de 4€.

Il y a des découvertes parfois qui ont une belle histoire, plus qu’une bande de potes répétant dans une cave sombre et humide (et où il se passe des trucs très…. hum… sales). Il existe de ces groupes qui sortent de l’ordinaire juste parce que l’intro de leurs belles histoires est digne d’un roman. C’est donc l’histoire de Larmor Light.

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Pour la petite histoire, ce n’est pas Rock’in Radio qui à découvert Larmor Light, mais le groupe qui s’est présenté à nous. Continuez comme ça, on aime les surprises !

Enfin, pas CE genre de surprise…

Venu de Dieppe, Larmor Light nous offre donc une belle histoire, plusieurs années de créations, d’idées et d’inspiration, le tout compilé dans un objet que les ados ne connaissent sûrement pas aujourd’hui : la cassette audio.
Nous sommes à l’époque du « vintage : c’est chic », même moi je me cherche un lecteur cassette pour faire comme Starlord. Pourtant ce n’est pas le sujet, il faut remonter aux années 90’ pour voir la genèse du projet Larmor Light.
Larmor Light, c’est avant tout le bébé de Reynald Lynden, musicien dont les inspirations grunge et rock alternatif nous emmènent de Kurt Cobain et son célèbre groupe Nirvana à Soundgarden, autant dire que les 90’ sont à l’honneur !
Pour en revenir à la cassette audio, c’est dedans qu’a pris forme The Linden Trees Tapes, nom évoquant le quartier dans lequel il a grandi. Recueil de ses premières ébauches, The Linden Trees Tapes est devenu un EP dispo sur Soundcloud pour la version mp3 et sur CD pour la version matérielle, le tout chez CD1D et le label Nek-Ros, label tout-atout dont j’aurai plaisir à vous en reparler bien plus tard.

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On va continuer de parler un peu de ce projet qu’est The Linden Trees Tapes, qui rassemble donc Reynald Lynden (guitare, vocale) Jean-Pierre Lecarpentier (batteur) Thomas Danger (basse) et Philgui (guitare). C’est en 2011, après avoir vogué de projet en projet (notamment un groupe de heavy metal) que le besoin de revenir aux racines se fait sentir. Avec ses nouvelles influences, Reynald a remis au goût du jour ses premières créations.
Nest of Viper semble avoir un impact particulier pour notre chanteur (vous pouvez d’ores et déjà en savoir plus via l’ITW en fin d’article !), titre qui est le fer de lance de l’EP. Direct, franc, punk, voilà quelques mots pour décrire ce titre, un peu comme l’EP il faut dire. À savoir que ce titre a fait son apparition sur une radio… Brésilienne ! En effet, le chanteur a réussi à se faire découvrir sur Kativa FM !


Fine, premier titre de l’EP nous balance dans la mêlée sans nous demander notre avis, alors que All But A Saint, beaucoup plus calme, nous emporte dans une belle balade sur accords de guitare folk et, dernier exemple, Leave After The Rain retombe dans cette ambiance très 90s’ empreint d’une certaine inspiration du groupe Nirvana, avec ce côté lancinant, avant de prendre de la vitesse, devenant plus agressif.
Bon à savoir, Larmor Light, c’est également deux projets, l’un solo avec Reynald et l’autre, avec le groupe. On pourra voir Reynald en solo très prochainement et on pourra discuter de ce projet avec lui !
The Linden Trees Tapes dispo gratuitement sur soundcloud ou 5€ version Cd via CD1D, vous avez les liens justes en dessous ! Dire que tout ça a commencé dans une simple K7 audio.

On recap’