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Deux ans après leur séparation, Altar of Plagues repart une dernière fois sur les routes européennes pour une tournée d’adieu, accompagnés par Malthusian.

  • Mòr [Black Metal, Rouen]

Sans titre 8

Tenta : Aujourd’hui, c’est Mòr un groupe de Black Metal rouennais qui a l’opportunité d’ouvrir le bal. Du BM assez basique, toujours les mêmes riffs, des morceaux qui se suivent et se ressemblent, un groupe qui transpire l’apathie… Je n’ai pas réussi à définir si ce côté dissonant venait d’un problème technique ou si c’était la volonté du groupe, mais toujours est-il que ça ne fonctionnait pas. En revanche, j’ai pas mal apprécié la manière dont les musiciens sont répartis sur scène : le bassiste au premier plan, au milieu, tandis que le chanteur était sur le côté, un peu plus en retrait. Bien que cela soit de plus en plus courant, j’apprécie toujours ne pas avoir à chercher où le bassiste a été dissimulé. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait de leur second live, il serait donc injuste de se baser uniquement sur cette performance pour se faire une idée des capacités de Mòr, d’autant que la pression devait être importante.

Squid : Ce concert, c’était pour moi l’occasion de faire mes premiers pas dans l’univers du black metal. C’est un genre que je n’ai jamais vraiment écouté, mais Tenta ayant réussi à me mettre au post-rock, je me doutais que le BM serait la prochaine étape. C’est donc en grande novice que je vais mettre ma patte dans ce report, mais ce qui me rassure, c’est que mon ressenti est similaire à la copine connaisseuse. Donc, on parlait de Mòr. Je n’ai pas été du tout, mais alors du tout, séduite par cette performance. J’avais l’impression désagréable d’entendre toujours la même chose, et la dissonance évoquée par Tenta était aussi l’un de mes problèmes principaux. Pour l’anecdote, nous étions 3 à ce concert, et aucun de nous 3 n’a réussi à dire si c’était volontaire ou un problème technique, ce qui est généralement assez mauvais signe. Anybref, une redondance musicale qui m’a laissée froide, même si je n’ai pas vraiment de reproches sur la technique. Peut-être aurais-je l’occasion de les revoir jouer plus tard, quand ils seront plus expérimentés, pour vanter leurs progrès. Après tout, une deuxième scène en ouvrant pour Altar of Plagues, c’était sûrement un défi.

  • Malthusian [Black/Death Metal, Irlande]

Tenta : Puis c’est au tour de Malthusian. Mon dieu cette claque ! Du Black/Death puissant et groovy, sans pour autant tomber dans le cliché du « grométal décérébré », un jeu calé, des interludes qui sentent le drone, un groupe qui a la patate, bref, que du bonheur. Dommage que l’ingé son ait fait un petit peu n’importe quoi avec le micro d’un des chanteurs, que l’on entendait à peine. Et en parlant des chanteurs : ils sont trois (seul le batteur n’a pas de micro), dans trois registres de voix différents (si tant est que l’on puisse parler de registre de voix dans ce genre musical). Autant vous dire qu’en live, ça fait son petit effet.

Squid : Irlandais également, Malthusian suit Altar of Plagues pour leur tournée européenne avec seulement une démo et un EP sorti très récemment. Autant dire que découvrir la scène européenne avec de tels collègues, c’est une opportunité en or. D’abord interloquée par la présence des 3 micros (parce qu’étant un gros bébé dans ce milieu, j’avais encore jamais vu ça), j’ai vite compris pourquoi ils avaient été choisis pour cette tournée. De l’énergie à revendre, une technique irréprochable, on chope le sourire devant la grosse beigne que Malthusian te colle en pleine tronche. Parfois planant, toujours aussi pêchu, ce set m’a ambiancé la tête bien plus que ce que j’espérais. Groupe dont la carrière est assurément à suivre!

  • Altar of Plagues [Post-Black Metal, Irlande]

SET-LIST : Mills, God Alone, Neptune is Dead, A Remedy and a Fever, Scald Scar of Water, Feather and Bone.

Tenta : Enfin, Altar of Plagues, que l’on attendait tous, entre en scène. Je m’attendais à quelque chose d’intense, connaissant le groupe depuis pas mal de temps. Mais je n’aurais jamais pensé être aussi remuée. Mills, comme un coup de poignard, nous souhaite la bienvenue. On suffoque, tout disparaît autour de nous. Seule la musique subsiste. Et c’est ainsi que l’on commence à se faire balader, morceau par morceau, dans un univers qui prend racine dans les tréfonds de notre âme et qui s’étend au delà de notre imagination. La setlist semble d’ailleurs agencée dans ce but : d’abord, l’oppression, puis, doucement, on progresse vers des morceaux ponctuellement plus aériens. Alors on ferme les yeux, et on s’envole. Niveau technique, le son est propre, les musiciens maîtrisent parfaitement ce qu’ils font (l’agilité du batteur m’a laissée bouche bée plus d’une fois), le chanteur a un charisme impressionnant qui accentue le malaise provoqué par la musique. J’ai réellement eu l’impression de redécouvrir le groupe, notamment sur Scald Scar of Water. Ce morceau, encore plus que tous les autres, prend tellement d’ampleur en live !

Squid : Quelle chance pour moi de découvrir ce groupe sur scène, et quelle tristesse quand on sait que ce sera la première et dernière fois que je les vois live! L’écoute préliminaire de leur dernier album, Teethed Glory & Injury, m’avait laissé agréablement surprise, et surtout curieuse. Autant dire qu’il a pris une toute autre ampleur après ce concert, et que c’est presque avec un pincement au cœur que je l’écoute aujourd’hui, en essayant de retrouver les frissons que les morceaux m’ont procuré en salle. Du début à la fin, j’ai plané. Complètement. L’intégralité du set m’a pris bien au fond des tripes. J’hésitais à en profiter les yeux fermés pour me laisser bercer par le son, ou ouverts pour admirer le charisme incroyable du groupe. Je suis passée par plusieurs émotions avec une fluidité et un naturel déconcertants, de l’angoisse, distillée de main de maître, comme un cocon poisseux qui m’entourait la gorge, à un état quasi hypnotique causé par les envolées plus douces, mais toujours aussi percutantes, qui m’ont emmenée très, très loin dans ma tête. On en veut plus, on tremble à l’idée que la musique s’arrête, qu’Altar of Plagues relâche son étreinte et te renvoie sur terre. Cette performance, tellement intense, valait à elle seule le déplacement. Je suis tellement contente d’avoir pu vivre leur musique en live, t’as pas idée.

 

Quand l’Irlande s’invite sur nos terres pour y faire jouer des groupes comme Malthusian ou Altar of Plagues, c’est la promesse d’un concert dont on ne sera pas déçu ! Le vrai gros point noir, c’est la longueur des sets : environ 20 minutes pour Mòr, à peine plus pour Malthusian, et 45 minutes pour Altar of Plagues. Malheureusement, les groupes doivent jongler avec les contraintes horaires imposées par les salles, surtout lorsqu’il s’agit de pubs comme le Mc Daid’s. Les contraintes de la scène underground, en somme.