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Dans les albums « j’ai du mal à chroniquer parce que c’est trop bien, mais impossible de le mettre dans une case », on va prendre pour notre chronique de cette semaine le tout dernier Klone, Here Comes The Sun».

C’est un peu l’OVNI du premier trimestre 2015, jamais Klone n’a fait un album ressemblant à son précédent, Here Comes The Sun ne déroge par à la règle avec une ambiance plus atmosphérique, envoûtante, contemplative… Bon avant tout, Klone, c’est ça :

 

Klone, c’est aussi le Label Klonosphere, donc t’imagine bien qu’il y a matière à faire un truc qui vaut largement le coup d’oreille… OK, c’était nul, pardon ! Pardon ! Je voulais dire, y mettre l’oreille, ça va, c’est mieux ?

Klone nous vient de Poitiers, créé en 1995 et avec à la base le chanteur David, Guillaume à la guitare, Julien à la basse et Laurent le batteur. Changement de line-up oblige, aujourd’hui on retrouve Yann (chant), Guillaume (guitare), Adrick (guitare), Jean Étienne (basse), Florent (batterie) et Mathieu (Ssxophone et clavier).

On a pu les voir en tournée, avec notamment Gojira, King’s X ou encore Orphaned Land, mais pour beaucoup, ce fut aussi sur les planches des mainstages du Hellfest.

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Le groupe est passé par plusieurs phases d’évolution et de styles, avec un album pour marquer le cap à chaque fois. Parfois brutal, parfois électrique, parfois violent ou imprévisible. Impossible de prévoir le style de Klone tellement celui-ci change du tout au tout entre chaque album. Il n’est pas question ici d’écouter le premier album du groupe et l’actuel pour y voir une « évolution » de style, chaque album étant une pièce de l’immense puzzle qu’est Klone. Alors que le groupe était plutôt parti vers une ambiance plus progressive, délaissant leurs racines metal, voilà qu’arrive Here Comes The Sun en mars 2015.

Here Comes The Sun a été financé en tant que projet ulule, plateforme participative de financement et ceux qui ont participé ont pu ainsi avoir en preview l’avancement du projet (d’ailleurs, j’attends mon vinyle !).
Je ne prendrai pas en exemple d’autres albums de Klone, malgré leur palmarès. Comme je le dis plus haut, Klone ne fait jamais deux fois la même chose. Pour le coup, c’est avec un regard neuf que je vais vous parler de cet album.

 

Ce que le dragonnet en pense :

Septième réalisation studio du combo poitevin, il est temps de savoir ce que cet album et ses dix titres ont dans le bide !

On commence avec Immersion que ceux qui ont participé au projet ulule ont pu avoir en preview de l’album. Je me rappelle d’ailleurs ma réaction à son écoute, entre surprise, questionnement et plaisir. Surprise de voir la tournure que le groupe avait prit, questionnement sur l’album et la peur qu’il soit rapidement redondant et plaisir, car derrière la lenteur de la composition, le calme qu’on y perçoit, on ressent également toute la puissance mise dans ce morceau avec le vrombissement de la basse, la voix de Yann qui, sans grimper, arrive à fournir une force à ce morceau qui te fait comprendre immédiatement que même si Klone change son style d’un album à un autre, ils maîtrisent parfaitement ce qu’ils font. Pour l’anecdote, à l’écoute avec un ami réalisateur de Web-série, il trouvait que le morceau irait très bien comme B.O de trailer pour l’un de ses projets.

Fog quitte ce côté « puissance contenue » pour livrer un morceau calme, sans aucune forme d’agressivité et donne a l’album ce côté envoîtant, atmosphérique. Les accords de guitare et le ton que prend Yann pour ce morceau rappellent vraiment la brume qui étire ses bras et nous perd. On retrouve de nouveau cette puissance contenue au trois quarts du morceau après une phase atmosphérique, qui ressemble presque à une fuite éperdue à travers la brume pour s’ouvrir sur le troisième morceau.

Gone Up In Flame est beaucoup plus atmosphérique que ses deux autres prédécesseurs. On y découvre tout le travail mis en place par Klone pour donner cette touche qui fait la personnalité de l’album. S’il y a bien un morceau accessible aux néophytes, c’est bien celui-là alors que ceux qui baignent dans ce style y verront une richesse qui agrémente d’un bout à l’autre l’album. Pas le meilleur morceau, mais l’un des plus travaillés au niveau de l’ambiance.

The Drifter reprend en grande partie la construction atmosphérique de Gone Up In Flame. C’est un morceau calme et même si la voix de Yann s’élève parfois, le reste est d’un calme qu’on pourrait presque fermer les yeux et se laisser porter par la mélodie. Même le temps au deux tiers du morceau, complètement instrumental, nous laisse aller à la rêverie.

Nebolus quitte le calme et la quiétude pour un morceau un peu plus nerveux sur la compo et la voix, on grimpe dans le son et dans l’épique. L’album prend de l’ampleur et Klone refuse de faire uniquement dans le doux, sans pour autant frapper à la porte du brutal. On se retrouve dans un équilibre qui mixe à la fois le côté atmosphérique que veut l’album et cette énergie, ni trop brute, ni trop douce.

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Gleaming est un morceau étrange, uniquement instrumental avec des notes tout aussi curieuses. On se retrouve avec 3min de son qui pourrait paraitre dans un album post-rock. Rien à dire là-dessus.

Grim Dance quant à lui monte en puissance tout du long du morceau. On commence doucement, puis petit à petit, le ton monte, les instruments donnent de l’ampleur. On s’essouffle, on se repose pendant quelques secondes et dès que Yann reprend, le son s’élève de plus belle. Grim Dance est de loin le morceau le plus puissant de l’album et vous vous en rendrez compte qu’il ne s’agit pas la de violence, ni de force, mais plus d’ampleur, d’ambiance…

Come Undone est le titre qui m’a le moins marqué, sûrement parce que ce côté atmosphérique devient trop pesant. Après sept titres, je vous avoue que mes oreilles ont envie d’écouter autre chose. Rien à redire sur la composition, ni sur le chant, même si ça revient souvent au même… On commence à sentir un désir de changement !

The Last Experience est l’avant-dernier morceau, un poil plus énergique qui me sort de ma torpeur. On sent la fin approcher et l’album doit se clore dans une belle explosion, une explosion instrumentale qui prendra les deux tiers du morceau, se terminant dans un capharnaüm de son, la batterie grimpant en flèche, quitte à terminer dans un son incompréhensible

Summertime est une cover qui commence sur un air de saxophone et sur quelques grattements de corde. Terminus pour l’album, c’est sur ce dernier morceau que tout ce termine et de toute beauté. On se demande déjà à quelle sauce Klone nous prépare son prochain album une fois le morceau terminé.

 

Et enfin…

Difficile de place Klone sur l’étagère, est-ce du métal atmosphérique, de l’expérimental, du rock… En tout cas, Klone mettra tout le monde d’accord avec son dernier album sur la dose de travail, la composition et l’ambiance mise en place. Chapeau bas, Klone réussit son pari de changer profondément son style à chaque album et celui-là ne change pas la donne.

Et moi, ce que j’en pense ? J’ai eu du mal à saisir l’ampleur de l’album à sa première écoute. C’est le genre d’album qui vous demande plusieurs écoutes, un temps mort et une réécoute. Je suis bon public, vous le savez, mais malgré une chronique plutôt bonne dans l’ensemble, Here Comes The Sun ne sera pas l’album qui m’aura le plus marqué, ni que je réécouterais souvent.

Le côté atmosphérique, au bout de dix morceaux (neuf, le dernier ne compte pas vraiment) m’a pas mal asphyxié et au bout d’un moment, j’ai vraiment lâché l’affaire, question de m’occuper à d’autre chose, puis de revenir dessus, le cerveau clair.

L’album n’est juste pas fait pour moi, je pense que d’autres le kifferont, d’autres en seront curieux et passeront un bon moment. Moi, simplement, ce n’est pas ma tasse de thé, mais dans l’ensemble et sur un point de vue totalement neutre, cela donne ma chronique.

 

Logopieuvre

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