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Il y a quelques jours, dans la cave du Gibier de Potence, on découvrait Hush Frequency, trio parisien mêlant habilement Post-Rock et Math Rock (vous pouvez retrouver le live report ici ). Il est maintenant temps de découvrir leur EP, au son bien différent du rendu live, mais pas moins intéressant pour autant.

Cet EP a été enregistré à La Sirène en avril 2014, mixé par Thibaud Carter et masterisé par Olivier Mantel. L’artwork est quant à lui l’œuvre d’Emmanuel Colomb.

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Bien que le Post-Rock soit un genre dans lequel très peu de groupes peuvent être définis comme réellement mauvais ou sans intérêt, il n’est pas rare de retrouver un certain nombre de clones reproduisant presque à l’identique l’œuvre des plus influents du genre tels que God is an Astronaut, If These Trees Could Talk, Mogwai, ou encore Explosions in the Sky. Hush Frequency, bien que ne s’éloignant pas des sentiers battus, a tout de même réussi à tirer son épingle du jeu et à créer un son qui lui est propre.

La recette est simple : des morceaux relativement courts, mais efficaces et sans superflu, des compositions riches et une tracklist agencée judicieusement, de manière à donner un sens à l’EP dans son intégralité.

Lowers est entêtant, presque sensuel, nous enveloppant de son aura dès les première notes. La batterie sert de fil conducteur, tandis que la guitare et la basse évoluent tout au long du morceau, nous offrant de nombreuses variations, et gagnant en richesse au fil des minutes. La seconde partie du morceau est plus percutante, tous les instruments s’emballent, nous transportent et nous transcendent. Bref, du post-rock assez conventionnel, mais on ne peut plus efficace.

Puis vient le doux-amer Bye Bye See You, dont l’introduction presque agressive n’est pas sans nous rappeler Myxomatosis de Radiohead. C’est un morceau ambivalent, jouant avec les sentiments de l’auditeur. En effet, on alterne les plages légères, presque sautillantes, et les plages plus graves. Fatalement, on reste admiratif face à la composition, à l’image du groupe, sans prétention, mais avec juste ce qu’il faut pour rendre l’ensemble original. Cette fois-ci, ce n’est plus la batterie mais la guitare qui nous guide à travers ce flot musical.

Et c’est au tour de Le Noble, qui arrive comme une conclusion. C’est au tour de la basse d’avoir le rôle de leader. Ce morceau, plus percutant, fait appel à un large panel d’émotions négatives, comme un exutoire. Mais finalement, on en ressort indemne, presque soulagé.

Plus globalement, la batterie pourra sembler un peu forte et un peu trop mise en avant selon certaines oreilles, d’autre la considéreront comme donnant une profondeur intéressante aux morceaux. A la fin de l’EP, on garde en bouche un goût sucré, et c’est tout naturellement que l’on presse une nouvelle fois le bouton lecture, en espérant que le groupe nous offre prochainement quelques titres de plus.

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Un Automne de Plus est un duo né en 2010, initialement originaire de La Rochelle, maintenant basé à Paris : Rom1 au chat et à la guitare, Moon à la batterie. En février 2015, le groupe nous faisait découvrir son EP Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs, doux mélange de Post-Rock et de Screamo, agrémenté de quelques touches de Shoegaze savamment distillées.

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Cet EP, disponible aussi bien en format numérique qu’en CD (démarche que l’on apprécie toujours, une Cdthèque n’étant jamais trop pleine) se compose de quatre titres, plus un bonus track. Avant toute chose, la pochette (signée Un Automne de Plus & Po Basic), ainsi que le titre retiennent notre regard et notre attention. On ne juge pas une œuvre à sa couverture, encore moins à son titre, mais un artwork agréable est, à mon sens, toujours un plus, particulièrement lorsque l’on propose un format physique.

Musicalement, si vous aimez le Post-Rock à la fois accessible et nuancé, instrumental ou pas, je ne peux que vous conseiller de vous arrêter un instant. Un Éternel Recommencement, courte introduction de 45 secondes annonce la couleur. L’instrumentation froide et minimaliste accompagnée sur la fin de samples de voix (que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans l’EP) produit une ambiance lourde, presque inquiétante. S’en suit sans transition Presque Mort et ses premières minutes aux riffs agressifs, mais sacrément efficaces. Mais ce morceau ne se contente pas de nous lancer des briques en pleine face : en effet, l’ambiance devient plus mélodique, purement post-rock. Les samples et la voix du chanteur s’additionnent à la douce instrumentation, lui donnant de la profondeur, par effet de contraste. A mon sens, en ce qui concerne la composition, ce morceau est très certainement le plus abouti, le plus recherché.

Vient ensuite Explosions, morceau instrumental (je ne vous cacherai pas que c’est ici que va mon coup de cœur, étant une adepte des instrumentaux), beaucoup plus apaisé, mais pas plus apaisant pour autant. Le groupe a su garder l’apparente légèreté envoûtante propre au post-rock, sans mettre de côté sa signature mélancolique. Que Nous Reste t-Il prend une direction toute autre. On en oublierait presque la lourdeur des morceaux précédents tant celui-ci nous paraît entraînant, grâce aux quelques accents punk qui arrivent à s’immiscer. Ici, la voix de Rom1 est très communicative, dégoulinante d’émotions. Le morceau se finit sur un monologue samplé, tel une conclusion à tout ce chaos. Puis arrive Le Temps qui Passe !, en bonus track. Une mélodie minimaliste, des samples de voix. L’EP se termine de la même manière qu’il a débuté. La boucle est bouclée. Tellement qu’on se le réécouterait bien une nouvelle fois. Ou deux.

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Malgré quelques petits défauts, notamment au niveau de la voix, que l’on aimerait parfois un peu plus expressive, Qu’adviendra t-il de nos Souvenirs est un EP de qualité. On appréciera le chant en français (ou pas, là dessus, chacun ses préférences), les paroles ayant leur importance dans l’ambiance musicale globale. D’ailleurs, la recette samples + post-rock n’est pas sans nous rappeler la démarche d’autres groupes français du même genre, tels que Zéro Absolu ou Lost in Kiev. Bref, Un Automne de Plus, sans vraiment sortir des sentiers battus, nous offre un son bien à lui. On ne leur en demande pas plus.

Vous pourrez les retrouver en live le 30 janvier 2016 à Bruxelles pour le MCP Apache for the Metal Fest.

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Dans les contrées oniriques des cauchemars, c’est entre quelques mélodies perdues au milieu d’une brutalité sans nom qu’est né Yorblind. Bon ok, je cherchais une phrase d’accroche classe et pas trop débile lorsque je l’ai écrit, un matin, shooté au sirop qui te fait pioncer deux minutes après l’avoir ingurgité.

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Yorblind, c’est quoi et c’est qui ? C’est du death/trash métal venant de Paris, formé en 2002 (Rash Roberts : vocals, Mike : lead guitar, Jipi : rythm guitar, Djiss : bass, Thew : drums) et qui pond sa première démo éponyme en 2003. Cette première démo arrive sur la scène métal comme une belle surprise et les critiques sont élogieuses, du coup les voilà en train de partager l’affiche avec Carnal Lust, Outcast ou Killers. Ce n’est qu’un an plus tard que le groupe retourne en studio et sort son premier album Melancholy Souls en 2005, le test dans la cour des grands. Sans surprise, ils sont bien accueillis et les voilà de nouveau partageant la scène avec Hacride, Mors Principium Est, Kronos, Arkan et d’autres encore.

Ce qui est bien avec Yorblind (voire aussi la fin de ma critique), c’est que le groupe est en recherche constante d’évolution. En 2008, nouvel essai en studio et en 2010 sort Réflexion où la patte se fait plus brutale, plus perso et plus mélodique. Yorblind se trouve, mais il lui faut encore tâter le terrain. Ça n’empêche pas de tourner avec Klone, Hacride, the Arrs et d’avoir le nom du groupe en tête d’affiche à la scène Bastille (Paris).

Mars 2015 sort Blind… But Alive et le label Klonosphere nous a envoyé la galette, puisque c’est chez eux que se retrouve Yorblind à présent, pour voir ce qu’on en pensait. J’ai écouté l’album en boucle pour me faire bien une idée, n’étant pas forcement fan du côté Death, mais j’ai eu… Une bonne surprise…

Ce que le dragonnet en pense :

Blind… But Alive secoue l’auditeur entre ses mélodies calmes et ses brusques accès de rage. Le tout est maitrisé sans aucune bavure et l’oreille prend plaisir à se prendre des riffs furieux, avec une voix qui crache bien son flow au micro, mais qui sonne parfois un peu trop « brute » pour être appréciée pleinement.

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Pour les non-connaisseurs, il ne faut pas se fier à l’intro (ou l’ountro, ça dépend comment vous le prenez si vous aimez commencer par la fin). On pourrait croire que Yorblind est un groupe de post puisque les deux morceaux sont en totale instru, mais c’est une mise en matière pour préparer la sauce Yorblind, celle qui tâche, qui brûle et qui te laisse des marques.

C’est le cas du premier morceau I am Not, qui se barre en 4 :10 de pures folie enragée, le truc s’emballe sans te prévenir pour te balourder dans le mur après cette intro, qui n’était que le calme avant la tempête.

Et quelle tempête mon vieux, entre des riffs lourd et agressif, la batterie qui enchaîne les morceaux sans prendre une minute pour comprendre ce qui se passe et ces brusques moments de calme, mélodiques, mais tout aussi violents, puisqu’ils ne font que préparer des redescentes comme celle d’un junkie dans l’univers de Yorblind.

I Am Not ouvre le bal, The Scapegoat(et non The Spacegoat comme j’ai pu mal le lire) renchaine tout aussi brutalement, mais se montre répétitif jusqu’au milieu du morceau où s’enchaine un petit coup d’instru, mais retombe ensuite dans le même cercle…

Vous pouvez être sympa avec mon cerveau ?

Vous pouvez être sympa avec mon cerveau ? Parfois, il a du mal.

On trébuche sur ce morceau et on se rattrape sur The Exploited. Tu n’as pas le temps de te remettre sur tes pieds que ce morceau te fout à terre avec un guest qui accompagne la voix, le coup est violent et rattrape facilement la chèvre de l’espace (parce que mon esprit à la con peu vraiment pas prendre ça au sérieux). Le morceau jubile entre passages clairs et violents, peu de chant, beaucoup plus mélodieux que les deux premiers, mais on se sent enfin absorbé par l’album.

« The exploited » par Yorblind, dans l’émission ENORME TV

Quitte ou double pour The Self Centered qui dès les premières notes te promet un niveau de menace à faire se planquer les petits Japs sous leurs tables. On est au milieu de l’album et ce morceau servira de transition, finalement aucun Hiroshima, mais un morceau appréciable avec de nouveau un moment d’instru en plein milieu. Tout du long, la voix est plus claire, plus hard rock 70’, ce qui donne un souffle bien appréciable dans cette suite (je reviendrai sur la voix).

The Master commence lourdement et donnera le ton pour le reste du morceau. Lourd, imparable, le morceau tente de s’imposer comme l’un de ceux qui font toute la personnalité de l’album. On y retrouve la base même que dans I Am Not et ça sera le seul morceau dénué de moment d’instru. De bout à bout, le morceau vous frappera dans le bide pour vous faire comprendre qui est le patron !

Genesis se lance là où s’arrête The Master : nulle part. Il reprend aussi sec derrière le dernier morceau. Beaucoup plus dynamique, il propose sa dose de moments aux chant clair et s’agite dans sa propre tempête. Ça sera également le moment de faire une belle place à la guitare qui aura le droit à son moment perso.

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The Teacher est le « dernier » morceau. Comparé à The Master, il s’ouvre de la même manière pour présenter le personnage, mais cette fois-ci plus rapide, moins lourd et plus diversifié. Yorblind termine en exposant sa galerie de savoir-faire, passe en vitesse accélérée toutes les bonnes surprises de ce troisième album.

Blind… Et …But alive ne sont pas en reste comme intro et ountro de l’album, présentant deux morceaux calmes, reposants, mais qui cachent bien leur jeu si on n’écoute pas le reste de l’album. Comme deux inconnus, elles représentent à la fois le calme avant la tempête et l’œil du cyclone, car je doute que Yorblind s’arrête à un troisième essai…

Troisième essai marqué ? Yorblind a quand même un bon palmarès… Hacride, Kronos, The Arrs, Klone comme partenaires de scène et une tête d’affiche à la scène Bastille, plusieurs invités sur l’album… Ok, Yorblind sait quel genre de match il joue et même si je ne suis pas un gros fan du genre, j’ai passé un excellent moment à écouter Blind… But Alive pour cette chronique. Mis à part Scapegoat qui m’a ennuyé et une voix que je n’arrive pas à bien apprécié, Blind… But Alive est l’évolution d’un groupe qui à su prendre son temps pour se définir, grandir auprès d’autres groupes et nous sortir un album pas totalement parfait, mais qui a le mérite de se chercher. Sans compter les nombreux guests qui se partagent l’album (Cyd – Magoa / Julien – Lokurah / Raf – T.A.N.K. / Krys – MUR / Mathieu – Gorod)

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Est-ce que je le conseille maintenant ? Oui, sans hésiter. Yorblind a du talent et de la ressource, ça se sent à travers tous les morceaux de l’album, ça en transpire même ! Je suis prêt à parier que vous y passerez un bon moment et même si vous n’êtes pas un grand fan des intros et outros en instru, laissez-les faire, sans être anecdotiques, ils sont surement les deux morceaux qui vous permettront de prendre conscience de toute la force de Yorblind.

En somme, Blind… But Alive est dans la discothèque Rock’In Radio et peut être dans la votre, a partir du 13 mars ! Ça sera dispo chez tous les bons disquaires, Klonosphere et Season of Mist.

Des liens, plein de liens:

Et pleins d’images

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Dans la Rockosphere, on trouve de tout… Les classiques, hardrock, glamrock, deathmetal, hardcore et bien d’autres… Également, plein de groupes qui s’invente un genre comme modern death technic metal, indus hardcore post-rock, hardcore mélodique givré, sandwich à la mayo et papier chiotte… Ah non, ça, c’est ma liste de course.
Et puis, il y a la fusion, qui consiste à mixer deux genres totalement opposés, un peu comme For Minor ou Body Count. Et puis, il y a Human Vacuum.

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Humain Vacuum, c’est un groupe étrange, taré, complètement retourné, qui ne sait pas ce qu’il veut, mais qui au final nous offre un cocktail explosif servi dans une bétonneuse et remué à grands coups de foreuse géante… J’ai une image sale en tête maintenant ! Bref, ce groupe nous sort leur premier album qui vient tout juste de sortir du four, Enter The Playground.
Human Vacuum, c’est donc un groupe sérieux… Ou pas. C’est un truc hybride, fusion entre de gros bourrins metalleux, de belles paroles, un rappeur qui passait dans le coin, pas mal d’inspi et de belles grosses pépites en termes d’humour. Ils sont parisiens et déjà sur Human Vacuum depuis 2009. Ils sont quatre, Aurélien au chant, accompagné par les vocalises de Baptiste, qui sait aussi gratter sa guitare et faire du sample, Alexandre à la batterie et enfin, Wojtek (que tu prononces « Voïtek », mea culpa du podcast #10) à la batterie.

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Vous l’aurez compris, Human Vacuum pousse le vice carrément plus loin qu’un simple groupe de fusion ! Le groupe à un phrasé très rap, un flow rapide qui coule dans ton canal auditif (comme dans Néo, l’un des titres de l’album), puis il va complètement changer pour une bonne voix bien métalleuse, sceamer à se faire péter les cordes vocales. La compo part en couille elle aussi, dans le bon sens du terme hein… Le groupe arrive à commencer un morceau de façon lounge avant de se barrer dans un riff à la sauce hardcore et finir sur une compo un peu dub… Human Vacuum, c’est un peu la schizophrénie de la musique, qui ne se pose pas et qui tape dans tout ce qui est bon autour !
En inspi, ils me font vachement pensée à du System Of A Down sur Unicorns Represent, l’un des morceaux de l’album. Eh oui… On parle de licornes… Ou encore du Lofofora sur Les gens qui parlent seuls… Ah ouais, je ne vous ai pas dit… Ils chantent en anglais et en frenchie !

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Enter The Playground c’est le premier album du groupe, avec 12 morceaux dont deux accompagnés par des guests. L’album est enregistré, produit, et mixé au studio Zoé Von H. C’est rempli d’humour et ça vous donnera sûrement une patate d’enfer. Bon ce n’est pas parfait non plus, le changement brusque de langue et de compo pourrait en rebuter certains, mais ce groupe mérite au moins une écoute, ça s‘amuse derrière et ça nous est offert avec plaisir !

Human Vacuum à l’Euromusicfest (Bracciano, Italie, le 3 août 2012)

Pour les news récentes, le groupe a passé la première poul du tremplin Headbang Contest pour une place pour le Motocultor. Février 2015 pour le deuxième tour, on leur souhaite tout le courage !

En attendant, le groupe à mis sont album sur son bandcamp et y’a toute les infos sur www.humanvacuum.net. L’occas’ de découvrir un très très bon groupe de fusion en rentrant ce soir à la maison… Et en plus, y’a des licornes !

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On recap’ :