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Le shop du Quai 37 ne paye pas de mine, surtout lorsqu’on y rentre et qu’un jet-ski prend une bonne partie de l’accueil. Est-on tombé dans un garage motonautique pour passionnés de sensations fortes sur les eaux troubles de la Seine ? Non non, on est bien dans le shop d’un tatoueur, suffit de monter les quelques marches pour y découvrir son lieu de travail, autel dédié à l’encre et la peau (« Ink & Flesh », ça ferait un très bon nom de shop ou de film d’horreur coréen).

Antho, trente ans, maître des lieux et tatoueur depuis dix ans maintenant, nous a accueilli dans sa fabrique à tattoos pour discuter un peu de lui et de son shop, au 37 quai du Havre à Rouen (d’où le nom du shop « Quai 37 », élémentaire mon cher !).

Antho a découvert l’art du tatouage à une époque où cette discipline était encore très peu courante au sein du public. « C’était encore assez lointain » explique-t-il, « On n’avait pas encore les magazines, ce n’était pas encore assez démocratisé et on avait moins la possibilité de découvrir qu’à l’heure actuelle ».

 Il a commencé à s’y intéresser via les films, les séries télés, des amis tatoués ou même des inconnus, puis il s’est plongé de plus en plus dans le milieu. Après une recherche en Haute-Normandie, sans succès, il rencontre son mentor, Florent Martin (Flo Tattoo), du côté de Lille.

« J’ai fait une formation d’à peu près un an et je suis resté deux ans chez lui » continue-t-il tout en se remémorant son année d’apprentissage. Débutant avec un style polynésien (son mentor, Flo, étant très fan du style), Antho a ensuite trouvé sa propre voie avec le oldschool et le newschool, tatouant toujours en freehand (pas de calque, tout se fait  à main levée).

Lui qui est pas mal tatoué, son rapport avec l’encre a énormément évolué au fil dans années. D’abord réticent à la couleur, Antho s’est laissé tenter, puis s’est totalement laissé aller à ses envies, ne cherchant plus tellement de signification à ses tatouages. D’ailleurs, il porte sur son bras et sa jambe un « bordel » : des dessins qui sont plus là par envie que portés par une réelle signification. « J’y met juste des idées qui me traversent la tête, qui représentent mon enfance ou qui me marquent à l’heure actuelle. Je me dis que ma vision du tatouage va encore évoluer, ça va encore changer et j’intégrerai encore autre chose à mes tatouages ».

Le tatouage le plus étrange qu’il a eu à faire de sa carrière de tatoueur est un papillon… Oui, un papillon ! Mais attention, il s’agissait d’un grand tatouage de deux ailes sur l’intérieur des cuisses d’une femme et le corps était… eh bien… Devinez !

A côté, Antho a énormément de projets en cours. Il entasse à chaque fois qu’une nouvelle idée lui germe en tête. On peut d ‘ailleurs retrouver certaines de ses idées au sein du shop, comme des petits personnages en carton de superhéros ou de jeux vidéos. « J’ai énormément de choses en tête, en parler ça va être un peu long » blague-t-il.

Le shop lui,  Quai 37, est ouvert depuis plus de six mois maintenant après le départ d’Antho d’un autre shop de Rouen. Le shop est divisé en deux parties, l’un est pour le tatouage, l’autre est l’atelier de son « colocataire » Wong (d’où le fameux jet-ski !). Le shop marche essentiellement au bouche à oreille, ici pas de pub, même la devanture est la plus simple possible. « C’est encore tout récent. Il faut que je fasse mon petit trou, mais j’ai confiance ».

Antho vous accueille au Quai 37. Suffit de venir le voir et de lui parler de votre projet, il vous fera une esquisse de ce qui pourrait être votre prochain tatouage ! En tout cas, son shop sera bientôt le point clef d’une exposition sur le tatouage organisé par un photographe de Rouen (des infos sur cette expo très bientôt !).

Baha

Retrouve >ici< l’interview d’Antho en intégralité!