Articles Tagués ‘squid’

affiche

Samedi 12 septembre, pour sa rentrée, Braincrushing organisait un concert placé sous le signe du Post Black Metal français à l’Emporium Gallorium. Au programme, Mutiara Damansara (Caen / Rouen), Déluge (Nancy) et Je (Besançon).

  • Mutiara Damansara [Dream Pop/Black Metal, Caen/Rouen]

Setlist : Annual Winter Depression, All the Boys Love Mandy Lane, Artificial Dim Light, Farewell, Laura Palmer’s Spiritual Brother, Nothing Left

mutiarapouet

Tenta : Mutiara Damansara ouvre la soirée avec un set un peu plus brutal qu’à leur habitude. Suivant le groupe depuis pas mal de temps, je me contenterai de dire qu’on constate un net progrès ces derniers temps en ce qui concerne la présence scénique et la maîtrise des compositions en live. Pour le reste, je laisse Squid et son œil un peu plus objectif vous faire un petit compte rendu.

Squid : Objectif, objectif… Cela reste difficile quand c’est un groupe de potes. On a du mal à se mettre dedans avec un œil professionnel, on note plus les petits à côté (la posture statuesque péteuse d’Ulysse, la chevelure incroyablement soyeuse de Sven Cousin Machin…), mais je vais essayer de faire de mon mieux. Effectivement, pour avoir vu plusieurs concerts de Mutiara dans le passé, ils ont passé la seconde. On retrouve toujours ce côté planant et pailleté, mais l’énergie est là, beaucoup plus concrète. C’est pêchu, ça envoie, ça fait remuer les petits chats. Une évolution qui fait plaisir à voir et promet une dynamique beaucoup plus efficace pour conquérir le public.

 

  • Déluge [Black Metal/Post-Hardcore, Nancy]

Setlist : Bruine, Mélas | Khōlé, Avalanche, Naufrage, Houle

déluge

Tenta : Déluge prend le relais. Au revoir les chevelures soyeuses virevoltantes au gré du vent et la traînée de paillettes laissée dans l’atmosphère par Mutiara. Outre le fait que la musique de Déluge nous inspire bien plus un sludge à la Cult of Luna que du black metal (ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre!), et que leur ingé lumière semble avoir une dent contre les épileptiques (beaucoup de stroboscopes et de spotlights agressifs, mais avouons que ce n’est pas sans faire son petit effet), j’appelle ça une claque monumentale. Je n’avais pas eu un tel coup de cœur en live depuis pas mal de temps. C’était puissant, plombant, et fabuleusement hypnotique. Le public, pourtant bien présent depuis de début de la soirée osait à peine se manifester enter deux morceaux. Le bruit de la pluie et les petits oiseaux en arrière plan offraient quelques secondes de calmes disséminées à des endroits stratégiques du set, renforçant cette impression de se faire littéralement broyer l’optimisme. On notera aussi que leur son n’était pas trop mauvais, et dans une salle comme celle-ci, ça relève de l’exploit. De ce fait, je n’ose pas (du moins, pas encore, ça viendra !) écouter ce que donnent les enregistrements studios, de peur de ne pas retrouver les mêmes sensations qu’en live. Bref, gros coup de cœur de la soirée !

Squid : La mise en scène joue ici un rôle crucial pour la performance. Toujours de dos entre chaque morceau, avec cette ambiance sonore qui sent bon le sel et les embruns, on attend la grosse claque qui nous foutra par terre. Quant aux lumières… J’ai eu du mal, beaucoup de mal. Non pas que c’était mal foutu, au contraire, puisque ça a été hyper efficace pour la grande majorité du public. Mais j’ai les yeux fragiles et les projos en mode « pleins phares dans ta gueule » et les stroboscopes qui ne s’arrêtent jamais, en alternance pendant toute la durée des chansons, ça a fini par me déranger car ça en devenait douloureux pour mes pupilles. Au lieu de profiter des quelques secondes d’ambiance entre les morceaux, je clignais des yeux, je galérais à voir quelque chose, et quand je retrouvais une vue normale, c’était pour me reprendre le spotlight en pleine tronche. Résultat, ça me sortait du concert. Il m’a fallu attendre la moitié du set pour arriver à une habituation qui m’a permis de kiffer malgré l’agressivité des jeux de lumière. Mais cela reste dû à mes yeux de bigleuse qui supportent mal la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, et si vous n’avez pas ce genre de sensibilité très chiante, ne vous laissez pas abattre. Musicalement, c’était lourd, poisseux de sel, maîtrisé et ultra-efficace. Comme l’a dit Tenta, personne n’osait bouger à la fin des morceaux, personne n’a applaudi avant la fin du concert. On était pris aux tripes, à la merci du groupe, qui nous a asséné claque après claque. Et le plus beau, c’est qu’on en redemandait.

 

  • Je [Post-Black Metal, Besançon]

Setlist : Homines Humilitas , Ces Cités Fosses Communes, Melpomène, La Transhumance des Mourants, Miasmes de Haine, Un Lac de Souffrance, Cendres de Rêves, Un Royaume de Nuit

11990463_949558691754618_632419848033784364_n

Tenta : Et puis, c’est déjà au tour de Je. Le black est là, mais le post est toujours porté disparu. Corpse paint, vestes à patchs et abondance capillaire sont de mise. Au niveau des instrumentations, pas grand chose à redire. Bien que les compositions n’aient rien d’extraordinaires ou d’innovant, le groupe envoie des riffs efficaces à se décrocher les cervicales, les plages un peu plus mélodiques sont maîtrisées, et les musiciens semblent prendre un réel plaisir à se produire. Le public, déjà bien chaud, apprécie. En revanche, la voix suraiguë du chanteur, qui n’est pas sans vaguement nous rappeler Silencer, peut dérouter, voire même rebuter. On pourra cependant leur reprocher d’en faire un peu trop, voire même de manquer de sincérité. Encore une fois, ce n’est qu’une question de goût, mais le côté visages peinturlurés et scarifications, c’est peut-être un petit peu too much. Surtout quand on prétend faire du post-black.

Squid : Ils ont mis l’ambiance. Voilà une chose d’assurée. Mais la voix, c’était impossible. Vraiment. En plus, je suis du genre à complètement bloquer lorsque je ne supporte pas la voix (sûrement à tort, je le reconnais, mais c’est comme ça, si j’ai juste l’impression d’entendre un porcelet qu’on étrangle, je vais pas pouvoir me mettre dedans et juger objectivement). Niveau compo, rien à rajouter, Tenta a tout dit. Et effectivement, ce n’est qu’une question de goût (Je s’est tout de même produit au Motocultor, ce ne sont donc pas des ados qui jouent au black metal dans leur garage en s’inspirant des portraits de gothiques des séries télé policières mais un groupe qui a sa fanbase et, je n’en doute pas, ses qualités), mais la mise en scène, c’est également quelque chose qui me laisse complètement froide. La surenchère (les scarifications sur les bras ayant été la goutte d’eau pour moi) de clichés du black m’a plus agacée qu’autre chose. Mais on ne peut qu’applaudir Braincrushing pour avoir ramené ce groupe dans la cave lugubre de l’Emporium Galorium, et les applaudir eux pour avoir su combler leur public.

Publicités

Attention, cet article contient des photos qui peuvent en dégoûter certains.

J’ai décidé de traiter cet article sous l’angle de mon expérience personnelle, parce que… Bah parce que. Voilà.

Donc, là je vais te causer de tonguesplitting.

J’ai fait mon split il y a un peu plus d’un an, en avril 2014. Cette procédure, bien plus « hardcore » que le piercing ou le tatouage, m’intéressait depuis longtemps, et c’était un peu mon gros fantasme de bodymod à moi. Avoir 2 langues, c’est rigolo, ça fait flipper les gens et putain, c’est classe.

Mon split a été réalisé par Morgan Dubois en guest chez Viens Voir Maman à Petit Quevilly, une perceuse qu’elle est trop top. Quant à Morgan, il fait également de la reconstruction de lobe, du punch, des implants en silicone, magnétiques… Bref, ce mec est génial.

La procédure m’a coûté 350€. Oui, c’est cher. En même temps, tu confies ta langue à quelqu’un pour qu’on tranche dedans. C’est toujours la même rengaine : quand on veut une procédure et un suivi de qualité pour quelque chose de quasi-irréversible, il faut y mettre le prix.

 

  • Nan mais faut ptet nous dire kézako un tonguesplit, non?

Un tonguesplit, ou tonguesplitting, consiste à couper la langue en 2, puis à suturer toute l’incision, y compris le fond. En effet, cet ensemble de muscles a la capacité de se régénérer très rapidement, et en cicatrisant, les sutures empêchent les 2 langues de se recoller (on y reviendra plus tard). Les 2 langues peuvent également, avec beaucoup d’entraînement, devenir indépendantes. Là-dessus, c’est simple : plus la langue est mobile avant, plus elle le sera après (ainsi quelqu’un ne sachant pas rouler la langue sera toujours incapable de le faire après le split).

Ce n’est PAS une procédure à prendre à la légère. Cela demande beaucoup plus d’expérience et de connaissances qu’un piercing. Ainsi, si tu es intéressé par un split, ou toute autre bodmod un peu plus complexe, fais très attention et choisis bien ton professionnel.

L’un des gros avantages de cette mod est qu’elle ne se voit presque pas si tu ne la montres pas. En plus d’un an, seules 2 personnes se sont rendues compte que j’avais un split, des gens qui connaissaient déjà la procédure et qui ont vu vite fait quelque chose dans ma bouche pendant que je parlais.

Pas de problèmes d’élocution non plus, même si, personnellement, j’ai l’impression de moins bien prononcer les th anglais, mais une amie britannique m’a dit qu’elle n’entendait pas de différence, que ce soit sur skype ou irl.

 

  • Et du coup, ça se passe comment?

Le repas du condamné. Putain, fais-toi plaisir, c’est ton dernier vrai repas avant 8 à 10 jours. Bouffe comme un porc.  Plus sérieusement, comme avant toute mod, il faut manger à sa faim, et quelque chose de consistant pour limiter le risque de malaise du à la douleur et/ou au stress.

La clope du condamné. J’ai du attendre 9 jours pour pouvoir fumer ne serait-ce que 2 lattes.

Note : comme pour toute procédure, pas d’alcool ou de drogue 24h avant sous peine de saigner comme un porc. T’as pas envie de te la jouer Carrie au bal du diable en sortant de ton perceur.

Mes langues toutes neuves le jour J.

Mes langues toutes neuves le jour J.

L’examen de la langue. Plus elle est longue et épaisse, plus le split pourra être profond. Il est important de savoir que, contrairement aux piercings à la langue, la position du frein n’influe absolument pas sur la procédure. Même, il peut être coupé! Après avoir entendu que j’avais « un bon gros bifteck qui va donner un super beau split », j’ai commencé à sentir mes jambes se dérober et la peur est grimpée en flèche au moment de me désinfecter avec un bain de bouche. Le bodmodeur trace la ligne du split au feutre sur la langue et demande à ce que tu jettes un oeil dans un miroir pour s’assurer que la profondeur te convient.

L’anesthésie. Sache mon chaton  qu’elle n’est pas obligatoire, donc pas toujours pratiquée. J’ai pour ma part eu 2 seringues d’anesthésiant pour enfants, dans plusieurs zones de la langue. C’est comme au dentiste : tu sens rien… jusqu’à ce que tu essayes de causer et que tu essuies un filet de bave de ton menton.

Le scalpel. On y est, tu regrettes déjà ta décision, tu a envie de chialer de trouille sur ton fauteuil? Trop tard, la boucherie commence. Je dis « boucherie » dans le sens où tu vas saigner un minimum (beaucoup pour ma part, à cause de carences alimentaires). Et je vais pas te mentir : ça fait mal. Même avec 2 seringues d’anesthésiant. Ça fait mal. Une fois le charcutage en règle fini, tu vas cracher 3-4 fois ton sang dans l’évier et tu te rinces plusieurs fois la bouche. Si tu essayes de parler, tu te saignes/baves dessus, c’est crado et sur le coup pas super rigolo. C’est là que, pour la première fois, tu vas bouger tes nouvelles langues et ça va te faire tout bizarre.

Les sutures. Pour ma part, ç’a été pire que le scalpel. Parce que c’est long. Parce qu’il y en a beaucoup. Parce que tu sens l’aiguille passer, puis le fil, puis le nœud.

Tu te rinces encore plusieurs fois la bouche en crachant et tu regardes dans le miroir et bordel de merde on dirait que je joue dans un mauvais film de vampires. MAIS. Maaaaiiiis. Tu as 2 langues. Qui bougent quand tu parles. Et tout d’un coup tu t’en bats les steaks de la douleur, des sutures et de la bave rougeâtre. Tu es super heureux. Et tu te rappelles déjà plus la sensation de n’avoir qu’une seule langue dans la bouche. Je déconne pas : aussitôt coupé, aussitôt oublié. Bienvenu dans le monde des bifides!

 

  • En admettant que je sois prêt/e à subir ça, comment que ça se soigne, une langue tranchée?

Brossage de dents et bain de bouche 3 fois par jour, en DILUANT le bain de bouche. On vient de te couper la langue, t’as les muscles à vif, tu n’as pas envie d’y foutre un anti-bactérien super badass.

Des litres et des litres de flotte glacée. Déjà parce que t’en auras vite marre du goût de ta salive mélangée à celle du sang, au moins les 2 premiers jours, et parce que le froid ça calme grave douleurs et gonflement.

Jour 2. Tu ne te rends pas compte de l'épaisseur de ces petites choses.

Jour 2. Tu ne te rends pas compte de l’épaisseur de ces petites choses. J’avais l’impression d’avoir une escalope entière dans la bouche.

Manger le plus froid et liquide possible. Tu vois les gens qui se plaignent de la bouffe quand ils se font percer la langue? Toi on te l’a tranché au scalpel. Imagine.

Ne pas parler. Au moins au début, tout simplement car sinon tu douilles ; puis, si tu  en as le courage pendant quasiment toute la cicatrisation. Tes potes vont très, TRÈS vite te surnommer Grosminet et te faire dire des mots chiants genre « pamplemousse » ou « Xavier » et t’auras envie des les découper à la machette, les mettre au congélo et les manger quand tu auras retrouver une alimentation normale.

Jour 5. Glamour la pellicule blanchâtre de cellules mortes, mais on voit clairement que ça dégonfle et la profondeur réelle du split.

Jour 5. Glamour la pellicule blanchâtre de cellules mortes, mais on voit clairement que ça dégonfle et la profondeur réelle du split.

Prévoir des serviettes. TU VAS BAVER, BEAUCOUP, LONGTEMPS, SURTOUT LA NUIT ET TU VAS EN CHIER TA RACE POUR PIONCER AVEC TOUT LE DÉGUEU QUI TE DÉGOULINE SUR LE MENTON.

Jouer avec. Au début ça va te paraître horrible, tu vas douiller, tu vas avoir les larmes aux yeux, mais c’est nécessaire. Il va falloir jouer avec. Donc, AVEC LA DÉLICATESSE D’UN PAPILLON QUI EFFLEURE LA ROSÉE DU MATIN SUR LA PLUS BELLE DES ROSES, avec du sopalin, tu vas toouuuuuuuuuuut doooouuuuuceeeeeemeeennnnnt écarter les langues, les lever, les baisser, et ce plusieurs fois par jour. Dès que tu t’emmerdes, tu y vas. Tu te rappelles quand je disais que les langues ne se recollent pas en cicatrisant? C’est vrai à 90%. Le fond de la langue à tendance à se recoller, il est donc primordial de jouer avec pour stimuler le muscle et le forcer à cicatriser de la sorte. Sinon, tu risques de perdre au point de devoir te refaire splitter… Et personne ne veut y repasser. Néanmoins tu seras obligé de perdre un chouïa. J’ai personnellement perdu environ 2 millimètres.

Les premières sutures sautent. Au bout d’une semaine, on peut enlever les premières sutures si la cicatrisation est cool. Tu vas donc voir les bouts de tes langues nues, et crois-moi, ce sera l’ultime libération. Tu te sentiras tellement, mais tellement plus libre. En soi, c’est pas agréable, mais le soulagement est immédiat. Attention, un gonflement est à prévoir pendant quelques heures. C’est à ce moment-là que tu vas pouvoir intensifier l’exercice de tes langues et commencer à travailler leurs mouvements. Soit toujours avec du sopalin, soit par exemple avec un crayon ou stylo PROPRE que tu pousses le plus fort possible contre le fond.

Jour 8 ou 9, je sais plus. La dignité, c'est pour les faibles.

Jour 8 ou 9, je sais plus. La dignité, c’est pour les faibles.

Les sutures du fond sautent. Tu n’en peux plus, tu as envie de les arracher toi-même, elles te démangent voire ont commencé à s’enlever toutes seules? Réjouis-toi! Entre 12 et 14 jours, on fait sauter les derniers points. Tu risques encore de gonfler un peu, mais c’est la fin. Tu y es arrivé. Plus de douleurs, de zozotement, tu peux reprendre la clope si tu es un/e gros/se toxico comme moi (mais si tu peux en profiter pour arrêter c’est vachement plus cool) et bouffer comme un porc.

 

  • Et du coup, un an après, ça donne quoi?

JE REGRETTE TELLEMENT PAAAAAAS. Si c’était à refaire, j’y repasserais sans hésiter.

Ça occupe la bouche (ça a l’air con, mais pour les gens comme moi qui sont bouffés par les tics nerveux ou les mauvaises habitudes, comme se ronger les ongles, ça aide énormément). C’est extrêmement fun et ça a un côté très hipstreux parce que bon, c’est quand même pas super répandu comme mod. Ça fait glousser les gens à qui tu roules des pelles et c’est très sympa sur le plan sexuel (oui, je sais bien que c’est ça que tu voulais savoir, espèce de sale). Ça fait peur aux gens dans la rue.

Alors, non, en soi, ça sert à rien. Comme un tatouage, un piercing, une colo de cheveux ne sert à rien. Et on s’en fout.

Le seul point négatif, outre qu’il faut supporter cette cicatrisation, la plus difficile que j’ai jamais vécue, c’est les gros relous. Je parle ici d’un point de vue de meuf, mais putain, ça rend certains mecs encore plus cons. On risque de te demander de rouler des galoches comme ça pour le plaisir, voire carrément de pratiquer du sexe oral, parce que, comme on me l’a dit, « pourquoi t’as fait ça si c’est pas pour sucer?« . Mais en soi, quand on a un minimum de répartie, cela reste supportable.

En bref, si le tonguesplit te tente, que tu peux te l’offrir et que tu as un bodmodeur compétent et expérimenté à proximité, vas-y, fonce!

En exclusivité, Squid vous présente sa sale race de post-weekend avec Baha le Grand Patron.

En exclusivité, Squid vous présente sa sale race de post-weekend avec Baha le Grand Patron et une vue exceptionnelle sur son four et sa bibliothèque. Qu’est-ce qu’on ferait pas pour Rock’in Radio.

Prof de musique très cher à Tenta qui l’a rencontré au lycée, Christophe Queruel fait des soirées de reprises rock qui fleurent bon les 70s. Vendredi 12 juin, il était justement au Café Noir à Rouen, où il a joué de 19h à 23h tout seul avec son instru, sa voix et sa guitare. Avant de faire notre livereport de la soirée, on lui a posé quelques questions.

 

Cristophe Queruel, chanteur, guitariste, homme de multiples talents… Pour commencer un peu large, expliquez-nous ce que vous faites.

L’idée m’est venue par une accumulation de frustrations, parce que j’en avais marre de monter des groupes qui se défaisaient pour x ou y raison. Un jour, en 2008-2009, je faisais des exercices de guitare chez moi avec des mp3 instrumentaux qu’on trouve gratuitement en ligne pour s’entraîner, et j’ai vu aussi d’autres choses, par exemple sur youtube on trouve pas mal de karaokés… Et tout d’un coup les 2 idées se sont télescopées, ça m’a rappelé un lointain souvenir d’un mec que j’ai vu en Grande Bretagne quand j’étais assistant en 1989, qui s’accompagnait d’une machine et jouait et chantait de la guitare en même temps. C’était en 1989, tu feras le calcul toi-même, c’était à Birmingham, et ce mec-là m’a complètement scotché quoi. Et tout d’un coup en pensant à ça, je me suis demandé « pourquoi je ferais pas la même chose ? ». Depuis je ne suis jamais revenu en arrière, et pour moi c’est terminé le problème des groupes. La seule chose qui puisse ne pas marcher, c’est l’ordinateur, et les instruments évidemment.

 

Lors de ces soirées, vous faites des reprises de grands tubes rock. Est-ce qu’il vous arrive quand même de composer à côté ?

Alors en fait, j’ai composé quelques chansons par le passé. Même y’a très longtemps, plus de 25 ans, j’ai réalisé une paire d’albums solo, qui sont bien cachés chez moi. Mais en fait, j’ai un petit peu renoncé aux compositions personnelles, parce que je me dis, certainement à tort, que les gens quand ils viennent dans un établissement, c’est pour s’amuser, boire, et entendre de la musique qu’ils connaissent. Si c’est des choses pas du tout connues, ça risque de les rebuter, et généralement quand la musique plaît pas, la clientèle s’en va, et ça, ça plaît pas au patron. C’est bassement mercantile ce que je dis, mais voilà. Sinon, pour moi personnellement, pas mal de monde m’a déjà demandé si je peux réécrire des morceaux, écrire des chansons. J’en ai déjà fait plein en anglais, quelques unes en français, j’en ai des tonnes mais j’ai arrêté tout simplement. Avec les progrès de la technologie, j’aimerais avoir du matériel suffisamment performant, avec des logiciels comme Pro Tools, qui permettent de composer, d’enregistrer chez soi, tranquillement, sans avoir la pression d’un producteur, d’un ingénieur du son, d’un directeur artistique, d’une maison de disques, etc. Je veux être totalement indépendant et responsable de tout ce que je vais faire.

 

10509662_379851418881785_7325063176525904783_n

 

Vous êtes un amoureux du rock. D’où vient cette passion ?

Déjà, mes parents écoutaient de la chanson française, mais ils avaient aussi un peu un œil sur la scène anglaise de l’époque, et je me rappelle que parmi leurs albums, ils avaient Dark Side of the Moon de Pink Floyd. C’est un album que j’ai écouté quand j’avais 9-10 ans. Y’avait aussi les Rolling Stones, mais je m’y suis mis un peu plus tard, je pensais que c’était un peu de la musique de vieux. Je réagissais avec une mentalité de gamin quoi. Mais au début des années 80, le gros choc, le truc qui a tout changé d’une seconde à l’autre, c’est quand The Police a sorti Message in a Bottle, et l’introduction de cette chanson, ce son de guitare, je me suis dis « oulah, y’a un truc là, qu’est ce que c’est, qu’est-ce qu’il se passe ? », et en fait je suis immédiatement devenu un grand fan de Police. Dans la foulée, ils ont eu tout un tas de tubes, Walking on the Moon, Roxanne, qui a eu une deuxième vie, Don’t Stand So Close to Me, je me suis dit « woh purée, la musique c’est génial ! ». Et de fait, presque spontanément, qu’est-ce que j’ai eu pour Noël ? Je m’en souviens très bien, c’était en 1980, j’avais 13 ans, mes parents m’ont offert Highway to Hell et High Voltage de AC/DC. Je me souviens très bien : j’ai posé le vinyle de Highway to Hell sur ma platine, je l’ai écouté, et c’est la première fois de ma vie que dès que la chanson était terminée, je l’ai remise 5 ou 6 fois d’affilée. Première fois de ma vie que j’ai fait ça. Je suis devenu un grand fan d’AC/DC, j’ai essayé de récupérer tous les albums, et après je me suis mis au métal. Iron Maiden, Judas Priest, Def Leppard, plein de saxons, de groupes comme ça. Mais j’avais toujours aussi ce côté un peu pop. Pink Floyd j’ai toujours adoré aussi, Police, Dire Straits je m’y suis mis aussi, Genesis qui était énorme à l’époque. Au lycée on s’échangeait pas mal de vinyles à la récré, maintenant les élèves s’échangent autre chose.

Ça nous amène directement à 1985-1986, quand je suis arrivé à Rouen pour faire des études d’anglais. J’ai eu la chance, le privilège que mes parents me payent des cours de guitare. J’ai eu un excellent prof de guitare, qui faisait du jazz, je lui ai dit « voilà, ce que je voudrais faire c’est du Deep Purple, du Maiden, du AC/DC », et il a su tout de suite quoi faire de moi. Il m’a appris les bases de ce style de musique, le blues. La première fois que j’ai appris les gammes de blues, les plans, j’ai écouté la musique autant en temps que musicien qu’en temps que mélomane. Je me suis rendu compte que beaucoup de mes idoles utilisaient ces règles-là, ces outils-là, j’ai pas le choix, si je veux jouer comme ça je vais devoir apprendre par cœur. Après il m’a montré d’autres choses, puis encore d’autres choses, forcément il a de très grandes connaissances en tant que jazzman. A partir de là, suite à cette étincelle avec Police en 1979, ça a été un raz-de-marée au point d’en définir même ma propre personnalité. J’ai découvert et continué à apprendre apprendre apprendre, je me suis éloigné du métal, j’ai découvert le jazz, la musique indienne, où il y avait plein d’improvisations étranges, je me disais « mais qu’est-ce qu’ils foutent ? ». Je comprenais rien au début, mais finalement, c’était génial.

J’ai pris des cours pendant 2 ans et demi et arrêté parce que l’école a fermé. De 1989 jusqu’à aujourd’hui, j’ai appris tout le reste, en écoutant, lisant des tas de choses pendant des centaines d’heures, en pratiquant l’instrument pendant des centaines d’heures. J’ai toujours un amour pour cette musique là. Alors oui j’aime le rock, mais on y retrouve du blues, on y retrouve de la pop, c’est le rock au sens large du terme. Ça peut être heavy, comme très calme, comme planant… Toutes ces nuances-là, je pense qu’elles viennent des années 70, on les retrouve moins maintenant. Même si je connais, comme tout le monde, les tubes de Nirvana ou de Radiohead ou de Muse, même si c’est bien, je trouve pas cette espèce d’éclectisme qu’il y avait. J’aime une musique qui illustre une époque où j’étais qu’un gamin. C’est étonnant de me dire que c’est cette période-là qui me plaît le plus.

 

C’est vrai qu’aujourd’hui, tout ce qui va être plus rock/métal, c’est beaucoup plus underground, et peut-être moins accessible au grand public… ?

Non, je pense pas. Je pense que ce soit du métal, de l’underground… Je pense qu’au contraire il y en a trop. Il y a trop de tout. Il y a 10.000 candidats pour prendre ta place, tout le monde peut faire de la musique chez soi et faire son petit CD. Du coup, le public, qui est parfois aussi le musicien, ne sait plus où donner de l’oreille et je pense que le cerveau est limité pour encaisser tout ça. Parfois il arrive qu’on présente un groupe, qui est génial, et je regarde l’année de parution, « ça a déjà 10 ans, je connaissais pas… ». Il y a beaucoup, beaucoup de groupes comme ça, c’est vachement difficile de percer maintenant tellement il y a de gens qui font de la musique. Regardez ce qu’on vous propose dans les bacs à la Fnac ou en ligne. Il y a beaucoup trop de groupes, de produits, c’est décourageant. J’ai toujours eu l’impression d’avoir attrapé la queue d’une comète. J’ai eu du pot, j’ai juste touché la fin.

Exclu photo : Squid et les chevilles de Tenta

Exclu photo : de la vraie guitare jouée derrière la tête, Squid et la cheville de Tenta

 

Vous avez prouvé maintes et maintes de fois que vous êtes un très bon guitariste qui aime faire le show, comment le public reçoit ça ?

Faire le show… A cause de mon opulence, je peux pas bondir non plus, ou je ferais des dégâts…

C’est quand même pas souvent qu’on voit jouer de la guitare avec les dents !

Oh, je le fais très mal. Et puis faut dé-diaboliser ça en fait, c’est la langue qu’on utilise. C’est vrai, c’est un muscle, et c’est très sensuel quelque part, mais c’est vrai. Jouer derrière la tête comme Jimi Hendrix par contre, c’est facile quand vous connaissez par cœur vos gammes et vos accords, c’est dans la tête et pas dans le manche.

 

Pour faire plaisir au grand Patron, le mot de la fin ?

Bah le mot de la fin : fin.

 

 

Retrouvez prochainement l’interview en intégrale sur notre soundcloud et le livereport de la soirée ici-même!

Merci à M. Queruel pour nous avoir accorder cette interview et pour cette soirée, même si on lui en veut presque un peu pour Comfortably Numb, parce que c’est pas gentil d’émouvoir des jeunes filles comme ça sans prévenir.

 

Je te vois lire le titre et te demander qu’est-ce que c’est que ce titre si ce n’est celui d’un album de post-rock chelou. Bah ça n’a rien à voir, aujourd’hui on te parle de photo.

Zeineb Henchiri sera psychologue dans quelques mois, et présente actuellement sa première expo à l’INSA. Knot! ou la perversion du double-lien, c’est une photographe, 6 modèles, et 29 photos en noir et blanc pour s’interroger sur le ressenti personnel d’un patient schizophrène, notamment son rapport au corps.

Tenta et moi l’avons questionné sur sa source principale d’inspiration, Chronique d’un discours schizophrène, son travail pour Knot!, et son parcours, de reporter photo pendant la révolution tunisienne jusqu’à ce projet.

 

11118090_843521545716090_1997260925_n

 

Peux-tu nous parler de toi, de ton parcours et de comment tu es arrivée à cette expo ?

Je suis photographe depuis plus de 6 ans, mais c’est vraiment une passion, ça n’a jamais été une activité principale. J’ai un parcours universitaire tout à fait autre que la photo (je suis en psycho). J’ai fait partie de plusieurs ateliers photo et club, et petit à petit je me suis retrouvée dans le « circuit » des photographes, mais je n’ai jamais été professionnelle. J’ai jamais travaillé en tant que photographe.

Cette année, j’ai été dans un atelier de photo avec Isabelle Lebon, où on a travaillé sur la correspondance entre la photo et d’autres formes d’arts. Ce projet est venu un peu comme une évidence, car l’histoire dont je me suis inspirée, je la connais depuis très très longtemps. C’est le témoignage d’un patient schizophrène, qui a été retranscrit dans un livre, Chronique d’un discours schizophrène. J’ai travaillé sur leurs vrais témoignages de ce patient à travers la photo, parce que déjà ça n’avait jamais été fait (pas la schizophrénie, mais pour ce témoignage) adapté au cinéma et au théâtre mais jamais en photo. Le but de l’expo est finalement de retranscrire le ressenti du personnage.

Doit-on voir un lien entre le thème de cette expo et ton parcours universitaire?

Inconsciemment, on peut forcément retrouver un lien, mais je cherche pas dut tout à enseigner aux autres ce qu’est la schizophrénie, ou à représenter le schizophrène et la schizophrénie en tant que tels. C’est juste mon point de vue, un travail purement artistique qui n’a rien à voir avec la psychologie ou le fait que je sois psychologue, même si bien sûr je m’intéresse à ce sujet parce que je suis sensible à ces problématiques.

Ton rapport avec le support original, du coup. Comme tu l’as dit, c’est un bouquin adapté en pièce de théâtre et au cinéma. Tu t’es plus basée sur le livre ou tu as pioché dans les autres médias?

Forcément, je m’en suis inspirée, peut-être pas directement, mais la pièce de théâtre je l’ai vue quand j’avais 10 ans. Je l’ai revue après une autre fois, le film je l’ai revu énormément de fois, c’est devenu presque une obsession à un moment. J’en garde des image, quand je relis le livre ou les extraits j’ai l’image du personnage, de toute façon je connais pas la vraie personne. J’ai l’image du comédien, de l’acteur, donc forcément je me suis inspirée de ça, de la représentation du témoignage de cet acteur, pas du témoignage réel. Parce que finalement, même la transcription a été faite 10 ans après la vraie histoire. C’est la thérapeute qui a écrit ce livre, 10 ans après avoir rencontré ce patient. Donc forcément, il y a énormément de choses qui ont changé, on ne parle plus du « vrai » témoignage mais de la représentation, présentée de différentes manières.

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Tu mets en scène plusieurs modèles. Comment s’est fait le choix et comment s’est articulé le travail? Quelle place ont-ils eu dans ce projet?

J’ai pas cherché très très loin. Ce sont des gens que je connais, que je fréquente, peut-être pas quotidiennement, mais ce sont des amis, des connaissances. Ce sont des gens que je vois. Et du coup, la préparation était un peu compliquée parce que je ne savais pas du tout comment représenter ce témoignage. J’avais pas en tête les poses, j’avais pas en tête le cadrage, les accessoires. L’image ne s’est pas imposée. Du coup j’ai essayé de travailler avec chaque modèle de manière indépendante et unique. Avec chaque personne, on essayait de rentrer dans le personnage, c’était presque une construction de personnage. On peut presque parler de « théâtralisation », parce que chaque personne réagissait différemment face aux extraits, au témoignage, à la thématique. Il y en a à qui ça parle, d’autres à qui ça ne parle pas du tout. Il y a des étudiants en psycho, des gens qui ont fréquenté des schizophrènes, et d’autres qui n’en ont jamais, jamais vu de leur vie, qui n’ont que la représentation qu’on s’en fait. Du coup ça a été assez compliqué, surtout qu’au début je n’avais pas du tout de trame, de fil conducteur entre les différentes photos, je ne savais pas ce que je faisais réellement. Au fil du temps, ça a pris vraiment une autre forme, celle que l’on peut voir aujourd’hui à l’expo. Et puis les photos que j’avais prises au début ne ressemblent pas du tout aux autres, ça a vraiment été une réflexion, un cheminement avec les modèles.

Tu disais que tu as travaillé avec d’autres étudiants de psycho, qui ont donc déjà un rapport particulier à la schizophrénie. Est-ce que tu leur as donné accès au support original, en leur prêtant le bouquin ou en leur montrant le film, ou t’es tu contentée de leur montrer des extraits (dont certains font partie intégrante de l’expo) pour leur présenter le thème avant d’enquiller sur le shooting?

Alors je ne leur ai pas prêté le livre, on en a peut-être parlé le jour même, avec presque tous les modèles. Je voulais pas qu’ils se collent au personnage, au témoignage, parce que c’est pas le but. Le but n’est pas de dire « bah voilà, c’est N. (le nom du personnage dans le livre), qui est sur toutes les images ». C’est pas du tout le but de l’expo. C’était vraiment de travailler sur le témoignage, le prendre comme support au début, puis essayer de faire autrez chose derrière, de ressentir ce qu’il a pu ressentir, mais tout en restant soi-même. Je cherchais pas du tout une représentation du personnage, donc on a juste lu quelques extraits, peut-être pas avec tout le monde, ça dépendait de la personne, comment elle se sentait. C’était un peu compliqué, il faut me faire confiance, on est pas vraiment à l’aise. Le début des séances photos, c’était tout le temps un peu bizarre, parce que personne n’était à l’aise, moi je savais pas où me mettre, le modèle il savait pas où se mettre, il savait pas quoi faire…

A cause du thème, ou parce que c’est des gens que tu connaissais?

Les 2, je pense. Déjà parce que moi, j’avais pas vraiment de trame, d’idée précise de la photo et je voulais pas en avoir, je voulais pas limiter la personne, lui dire « bah tu vas mettre ton bras comme ça, tu vas faire ci, tu vas faire ça » et c’est tout. Je voulais vraiment que ça soit assez dynamique, que la personne ressente réellement quelque chose, qu’il y ait une émotion authentique. Et puis c’est compliqué aussi parce que je les connaissais, parce qu’on savait pas vraiment quoi faire au début, puis petit à petit… Les séances photos prenaient quoi, une demi-journée, une journée pour certains, 2 jours pour d’autres. Ca a pris vraiment du temps, pas énormément, mais voilà, c’était pas vite fait.

D’ailleurs, certains modèles sont rentrés en transe, par moments. C’est un peu effrayant. Y’en a 2-3 qui sont partis un peu ailleurs, et il faut savoir gérer, savoir arrêter, faut pas non plus que ça déborde car ça arrive toujours à un moment, et on sait plus quoi faire de toute cette matière. C’est pas le but non plus.

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Photo du vernissage, 12 mai 2015

Qu’est-ce que ce projet t’a apporté, humainement comme en photo?

Pas mal de choses, car mine de rien c’est le premier projet que je fais. Avant je faisais énormément, presque exclusivement du reportage. C’est le premier projet que je fais qui est réfléchi, y’a un rapport à la littérature, je me suis beaucoup inspirée et documentée avec des psychanalystes, pour ça qu’on parle aussi un peu de double-lien et de termes psychanalytiques. Enfin, pas qu’un peu. Il y a vraiment une réflexion et un cheminement pour arriver à l’expo, qui est ma première expo personnelle. C’est quand même assez important pour moi, et je considère qu’elle est pas finie. La réflexion derrière le sujet, elle est pas vraiment finie, il en faut plus. Et cette expo me confronte aussi à l’avis des autres, aux critiques, et je pense que ça, c’est hyper important pour continuer. Donc je pense continuer sur ce sujet, mais peut-être d’une autre manière.

Tu nous as parlé de reportages, qu’est-ce que tu as fait?

Alors, étant donné que je suis tunisienne, j’ai fait beaucoup de reportages sur la révolution, forcément. C’étaiot un peu le boom de tous les photographes tunisiens. Pendant 2 ans, on faisait du reportage sur les manifs. Avant ça, j’étais photographe officielle d’une biennale d’art contemporain, pendant 2 ans. J’ai couvert un peu toutes les manifestations culturelles, avec plusieurs photographes. A part ça, je suis journaliste dans un réseau de journalistes citoyens, le Pacte Tunisien. On fait du reportage sur des faits d’actualité. C’est pas quelque chose d’énorme, mais des petits sujets d’actualité, des petites choses qui se passent, répertoriés sur une plateforme.

Avec l’expérience que tu commences à avoir, tu n’envisages pas de te professionnaliser?

Si, justement! Après les études de psycho, que je finis cette année, je compte me professionnaliser en photo et peut-être joindre l’utile à l’agréable avec les 2 domaines, qui paraissent peut-être un peu éloignés mais on peut arriver à faire quelque chose. Des projets d’art-thérapie, des expos inspirées de psycho… La psychologie c’est tellement large finalement qu’on peut se mettre n’importe où, on servira toujours à quelque chose.

Des projets en tête?

Là tout de suite, sincèrement, j’en ai pas vraiment le temps. Mais je pense que je finis cette année, puis vraiment me consacrer à la photo. Là tout de suite, je vois pas le bout du tunnel! [Les M2 de psycho sont en pleine période de soutenances et fins de rédaction de mémoires]

Knot ! ou la perversion du double-lien, c’est jusqu’au 9 juin à l’INSA (Saint-Étienne du Rouvray), de 7h30 à 17h30. On ne peut que te conseiller d’y jeter un œil, ça vaut vraiment le coup ! Nul besoin d’avoir des notions de psychologie ou de psychanalyse pour l’apprécier, malgré ce que le titre pourrait laisser entendre. Les photos parlent d’elles-mêmes, parfois agrémentées d’extraits du livre pour associer la souffrance exprimée à l’écrit par le patient à l’image proposée par Zeineb et ses modèles. On est très, très loin de l’image qu’a le « grand public » de la schizophrénie, et de la maladie mentale en générale, avec les raccourcis ordinaires et l’incompréhension qu’elles suscitent. On est vraiment dans le domaine de l’émotion brute et de l’intime.

Interview en intégralité ICI, avec en bonus Tenta, qui raconte son expérience en tant que modèle dans ce projet.

Le 10 avril, Terrain Vague nous conviait à un concert d’exception à l’Oreille qui Traîne (MJC Rouen Rive Gauche), en compagnie de Genital Jiggling, Toboggan, Cortez et KEN Mode.

Les photos sont de Donatien Redwitchdoctor. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé de photos de Genital Jiggling lors de ce concert, l’image utilisée provient de leur page facebook (lien plus bas).

 

10904461_683816661739296_5659886306334334798_o

  • Genital Jiggling [Fast Punk Hardcore, Rouen]

genital

Tenta : Les rouennais de Genital Jiggling sont les premiers à entrer dans l’arène. Soit dit en passant, le Fastcore, ce n’est franchement pas ma came. Et pourtant, je n’ai pas été déçue du voyage ! Le groupe enchaîne une pléthore de morceaux aussi brefs que survoltés, saupoudrés d’une bonne humeur très communicative. Il n’aura fallu que quelques minutes au public pour s’en saisir, et commencer à s’agiter dans tous les sens. En ce qui concerne la composition des morceaux, j’ai eu l’impression d’entendre quelque chose d’assez conventionnel, sans pour autant tomber dans le manque d’originalité. Niveau technique et propreté du son, pas grand chose à redire. Bref, Genital Jiggling a réussi à me faire ravaler mes à priori sur le genre, et croyez-moi, ce n’était pas gagné !

Squid : Comme Tenta, je ne suis pas fan de fastcore, mais j’aime l’aventure et les bonnes surprises. Les 4 gars de Genital Jiggling ont su correspondre à mes attentes, avec une patate d’enfer qui a permis à la sauce de prendre immédiatement. Je ne suis toujours pas adepte des morceaux de moins d’une minute (ça me fait un peu penser à un TGV qui passerait tout près de moi sans que j’ai le temps de biter ce qui est en train de se passer), mais l’enthousiasme dont le groupe déborde me fait passer l’éponge sans effort pour juste apprécier ce qu’il a à offrir : de la bonne grosse pouquette des familles qui fait sautiller pour une mise en bouche qui donne sacrément envie.

 

 

  • TOBOGGAN [Post-Hardcore, Rouen]

toboggan

Tenta : TOBOGGAN prend le relais. L’avantage avec eux, c’est qu’on n’est jamais déçu. A peine ont-ils commencé à jouer que le public est déjà en transe. Ce n’est pas un groupe, ce n’est pas de la musique, c’est une ogive nucléaire qui arrive sans détour dans ta face. Le chanteur franchit sans pudeur le quatrième mur, se mêle à la foule, tandis que les musiciens font hurler leurs instruments, déversant un post-hardcore qui mêle habilement les gros riffs qui sentent la sueur et cette atmosphère plus lourde, qui donne toute sa personnalité à TOBOGGAN. Impossible de détourner son attention tant le son nous enveloppe, nous électrise. Et puis vient la fin du set. La musique s’arrête, les lumières s’allument. On est désorienté quelques secondes, et puis, nous voilà plus reboostés que jamais. Bref, le groupe n’a pas à rougir devant les têtes d’affiche de la soirée !

Squid : Découverte pour moi, puisque je n’avais pas encore eu le plaisir de voir ces messieurs sur scène. Grosse claque dans ta race. La puissance de TOBOGGAN te prend de court, et te scotche sur place. On kiffe le jeu avec le public, on fait partie intégrante du show et ça fait super plaisir. L’énergie dégouline de partout, et on glisse sans peine dans l’ambiance subtile et oppressante qui te chope sans prévenir. Les gars de TOBOGGAN savent ce qu’ils font et t’emmènent pile là où ils veulent que tu sois, et c’est avec ferveur que tu les laisses faire. Chaque morceau est intense, et tu as tout sauf envie que le set se termine, te permettant de te ruer sur leur EP TBGN, à prix libre sur leur bandcamp, que nous chroniquerons prochainement. De quoi attendre patiemment leur prochain prestation live pour en reprendre plein la tête.

 

 

  • Cortez [Post-Hardcore/Metal, Suisse]

cortez

Setlist : Borrelia, Un lendemain sans chaîne…, Arrogants que nous sommes, Idylle, Sulfure, El Vetic, Au-delà des flots, Temps-Mort

 

Tenta : Vient le tour de Cortez. Le show débute par une introduction quelque peu inquiétante avant l’entrée en scène des musiciens. Permettez-moi tout d’abord de faire une aparté sur le chanteur (qui portait un T-Shirt Russian Circles. Il ne faut pas négliger ce genre de détails). N’importe quel humain normalement constitué ne tiendrait pas trois minutes à s’agiter comme il le fait. C’est comme s’il était possédé par ce qui sortait des amplis de ses musiciens, comme s’il n’était qu’un pantin désarticulé, se soumettant à la volonté d’une guitare et d’une batterie (point de basse dans Cortez). C’est ce que j’appelle un jeu de scène qui ne laisse pas indifférent. Outre cela, Cortez nous offre des sonorités complexes, teintées à la fois de hardcore, de metal et de noise, écrasant le public sous une ambiance sombre, aussi malsaine que violente. On est étonné du contraste entre la douceur du chanteur lorsqu’il s’adresse au public, et toute cette hargne mêlée au désespoir que l’on retrouve lorsqu’il se met à chanter (je pense notamment à la fin du morceau qu’il a dédié aux filles présentes dans la salle, lorsqu’il est seul, à répéter cette même phrase qui à chaque fois fait l’effet d’un coup de poignard en plein cœur). Et puis, le guitariste qui en fin de set, joue de la guitare avec le public en guise de médiator, là je dis bravo.

Squid : Je n’ai pas encore écouté les albums studio, par peur de ne pas réussir à retrouver les émotions que Cortez m’a fait subir sur scène.  Y’a des groupes comme ça, qui ont une présence tellement écrasante que tu as du mal à te représenter la musique sans les images. Car Cortez, c’est une intensité, une violence scénique incroyables qui te serrent le cœur et t’angoissent, te plongeant très, très bas. Le chanteur t’en envoie plein la gueule, ses gesticulations et grimaces martèlent la douleur, la rage, le désespoir que véhicule la musique. En effet, on ne peut qu’avoir quelques secondes de confusion lorsqu’il nous parle tout doucement entre 2 morceaux, comme si on sortait la tête de l’eau sans trop comprendre comment on en est arrivé là. Et ça repart. Angoisse, malaise, cœur serré et une fascination totale pour ce qui se passe devant tes yeux et dans tes oreilles. J’ai adoré Cortez, au point que j’ai peur de les réécouter aujourd’hui. Et big up pour le guitariste qui joue sur les gens, c’est effectivement très très cool.

 

  • KEN Mode [Punk Hardcore/Noise Rock, Canada]

ken mode

Tenta : Enfin, le moment que tout le monde attendait : KEN Mode, la tête d’affiche. Dommage pour moi, c’est le groupe auquel j’ai le moins accroché. Évidemment, le jeu est très pro, pas une bavure, les morceaux sont pêchus, le public était hors de contrôle. Bien que j’ai trouvé la première partie du set sympathique, elle ne m’a pas transcendée outre mesure. Et puis, peu à peu, d’un morceau à l’autre, toute cette rage presque palpable lors des premiers morceaux s’est faite plus discrète, plus insidieuse, rendant les ambiances plus lourdes et dérangeante. C’est à ce moment que j’ai commencé à réellement me laisser porter par KEN Mode. Et puis, c’est très naturellement que le groupe a enchaîné ses morceaux, jusqu’à la fin, et nous a dit au revoir suite au rappel.

Squid : Pour être honnête, je n’ai apprécié que la dernière partie du set. C’est quand les morceaux ont commencé à se faire plus subtils et à jouer sur l’atmosphère que je les ai trouvé percutants, et que je me suis prise au jeu. Comme l’a déjà dit Tenta, tout est nickel chrome, le public est fou furieux, l’ambiance est au top et ça fait plaisir à voir, mais je ne suis pas rentrée dans le délire pour autant. Sûrement parce qu’après TOBOGGAN et Cortez, il était plus difficile de m’accrocher l’oreille, tellement j’ai pris cher et kiffé ma race pendant leurs sets. Mais ils ont assuré du début à la fin, sans aucune fausse note d’aucune sorte, et je ne peux que saluer très bas cette performance.

 

Une fois n’est pas coutume, cette soirée à l’Oreille qui traîne était une nouvelle fois une franche réussite, et ce du début à la fin. Bravo à l’orga ainsi qu’à l’équipe son et lumière, qui ont assuré bien comme il faut.

  • Législation

Il n’y a pas de limite d’âge officielle pour se faire percer en France, même si un accord parental écrit à conserver pendant 3 ans est également obligatoire (avec cartes d’identité du tuteur légal et du/de la percé/e). Certains pros refusent de percer avant un certain âge, souvent entre 14 et 16 ans, ou bien seulement certains piercings (par exemple, ok pour un nombril, hors de question qu’on te fasse un surface anchor. C’est à la discrétion du perceur, selon son éthique.

Bah oui, sinon tu pourrais pas emmener ta pauvre gamine se faire charcuter l’oreille avec une grosse merde dégueulasse de pistolet dans n’importe quelle bijouterie à la con du centre commercial. On y reviendra.

Un bon perceur te fera signer et remplir 2 exemplaires d’un document avec tes infos (nom et prénom, date de naissance, etc.), le type de piercing réalisé, la date et une dernière phrase déclarant que tu as conscience de l’acte qui va être pratiqué et l’accepte. Tu en prends une avec toi, l’autre sera précieusement conservée par le professionnel.

Toutes les mesures d’hygiène et de formation sont consultables sur ce site gouvernemental.

 

  • Pourquoi se percer tout seul à la YOLO dans sa salle de bain ou chez un bijoutier, c’est naze

Je l’ai déjà dit sur mon article au sujet du tatouage et je le répéterai ici : tu ne pourras jamais, ever, obtenir des conditions d’hygiène suffisante dans ta salle de bain et stériliser le matériel comme il le faut.

Que ce soit à l’aiguille ou au cathéter, le piercing nécessite des instruments parfaitement stériles, à usage unique, dont il faut disposer selon la législation en vigueur. Soit, comme dans le cas du tatouage, jeter le matos utilisé dans des containers à déchets organiques spécifiques qui engendrent des frais assez conséquents pour les quidams amateurs que nous sommes.

De plus, le corps est vachement rigolo, y’a plein de trucs dedans. Des veines, des artères, du cartilage pas tout à fait lisse, des nerfs. Puis la peau c’est une catin, quand elle est pas toute grasse pleine d’acné ou sèche comme le vagin de Christine Boutin, elle se fait plaiz en décidant de ne pas avoir la même épaisseur partout.

Si un perceur peut louper une artère et te faire pisser le sang, imagine les dégâts que tu peux toi-même causer à ton organisme. Acheter une aiguille stérile, une salle de bains lumineuse et une bonne vue ne te donneront ni la technique, ni l’expérience, ni le savoir-faire propre à chaque professionnel.

Je t’épargne les photos de piercings fait maison qui ont mal tourné, le tumblr Awful Modifications t’en donnera suffisamment.

Je vais plutôt te parler des dangers de se faire percer en bijouterie.

En premier lieu, aucune hygiène possible.

Ensuite, souvent aucune formation de la part des employés, ou alors extrêmement brève.

En plus ça fait vachement peur.

Enfin, le pistolet en lui-même :

  • Aucune stérilisation possible (non, non, NON, le désinfectant classique n’équivaut PAS à une stérilisation)
  • Plusieurs usages par jour, donc en partant du premier point, salut les infections et transmissions bactériennes
  • Que se passe t-il lorsque tu essayes d’enfoncer une vis dans une planche avec un marteau? Le bois va craquer. Ici, c’est exactement pareil. Si le pistolet est un combo vis/marteau, l’aiguille est une perceuse : efficace, rapide, fait pour créer un trou net et précis sans causer de dommages. Dans notre cas, le pistolet est le marteau qui enfonce de force le bijou, la vis, dans notre corps. On ne perce pas la chair, on force un objet absolument pas tranchant, juste pointu, à travers la peau. C’est encore plus dangereux dans le cas d’un cartilage percé. Au lieu d’un trou net et précis, on va se retrouver avec du cartilage brisé dont les morceaux peuvent devenir mobiles et engendrer beaucoup, beaucoup de problèmes.

A titre tout à fait personnel, j’aimerais également mentionner le problème que me pose le piercing, parfois systématique, des petites filles. Déjà parce que c’est des conneries absolument sexistes de faire percer les oreilles de sa môme parce que c’est une fille, aussi pour une question de consentement. Certaines ne veulent pas se faire percer les oreilles. Là où un bon perceur écoutera l’enfant et refusera, un employé de bijouterie n’y verra pas d’inconvénients. C’est à mes yeux une violation corporelle de la môme, en plus d’un traumatisme.

Demandez à vos enfants s’ils veulent se faire percer et emmenez-les chez un vrai professionnel. S’il change d’avis au  dernier moment, ne le forcez pas à aller « jusqu’au bout ».

 

  • Okay, donc je vais où me faire des trous?

On retrouve ici grosso modo les mêmes conseils que lorsqu’on recherche un tatoueur : demande des photos de piercings frais et cicatrisés, quel matos est utilisé, visite le salon…

Le perceur doit porter masque et gants, stériliser toute la surface, ta peau et le matériel, tout ouvrir devant toi, te tenir informé de ce qu’il fait.

Si tu comptes faire plusieurs piercings en une seule séance, assure-toi qu’une aiguille neuve est ouverte à chaque fois devant tes yeux. Non seulement utiliser la même aiguille n’est pas hygiénique, mais elle perd de son tranchant, traumatisant le corps.

Aiguille neuve

Aiguille neuve

Aiguille après une utilisation

Aiguille après une utilisation

Aiguille après 2 utilisations

Aiguille après 2 utilisations

 

  • J’ai trouvé un perceur au poil, ça se passe comment maintenant?

Comme pour un tatouage, je te conseille de bien manger avant. J’ai eu plus de 15 piercings et j’ai toujours le gros pic d’adrénaline à chaque fois, alors que d’autres ne stressent pas du tout. Dans le doute, fais-toi plaisir avec de la bonne bouffe pour limiter les risques de malaise.

Dans le monde merveilleux des trous partout, on a 2 écoles : le cathéter, et l’aiguille creuse. Le cathéter offre l’avantage de pouvoir directement insérer le bijou, tandis qu’à l’aiguille, il faut retirer puis insérer.

Certains perceurs utilisent un clamp pour s’assurer de leur précision, d’autres ne jurent que par le piercing à main levée. Encore une fois, tout est question de préférence personnelle. Mais en France, on utilise énormément de clamps et cathéters, je vais donc développer cette méthode.

Première étape, on nettoie et désinfecte ta peau sur la toute la zone. Le perceur doit déjà avoir ses gants. C’est maintenant que tu vas pouvoir décider du placement. Un petit point au feutre, un coup d’oeil dans le miroir permettent de voir si l’emplacement du bijou te conviendra ou de vérifier que tout est bien centré avant de piquer. Attention cependant, personne n’est vraiment symétrique et il est possible que, de près, le point te paraisse bien trop décalé. Essaye d’avoir une vue d’ensemble. Le piercing sera t-il vraiment mal placé, ou est-il légèrement déplacé pour permettre un visuel plus joli et symétrique?

Dans tous les cas, si le placement ne te convient pas, dis-le. Pour un premier piercing, c’est souvent assez difficile de se rendre compte, mais un vrai pro te laissera prendre ton temps et fera plusieurs essais jusqu’à ce que tu sois satisfait/e.

Ensuite, on passe aux choses sérieuses. Le perceur va positionner le clamp sur la partie à percer, pour s’assurer une bonne prise et pouvoir percer précisément. Viens ensuite le cathéter. On te fera souvent inspirer un bon coup et respirer au moment où l’aiguille passe, ça soulage la douleur. Une fois le cathéter en place, il suffit au perceur d’insérer le bijou, barre ou anneau, retirer le cathéter et visser la boule.

Côté douleur, tout le monde ne réagit pas de la même manière, mais certaines zones sont plus sensibles que d’autres. Par exemple, les piercings au nez déclenchent souvent une ou deux larmes réflexe à cause de la proximité des canaux lacrymaux. Moins on a de graisse sur le nombril, plus le piercing est douloureux (je ne parle pas de personnes en surpoids, mais plus des personnes très physiques et/ou sportives qui ont très très peu de masse graisseuse sur le ventre).

On utilisera très souvent un bijou initial plus long que ce qu’il faut en réalité, tout simplement pour que tu puisses gonfler (car oui, tous les piercings gonflent un minimum) sans être gêné/e. Le changement pour un bijou plus ajusté se fait entre 2 semaines et 1 mois selon le temps de cicatrisation, par le perceur, quasi tout le temps gratuitement.

Ensuite, on te donnera la marche à suivre pour la bonne cicatrisation, parfois par écrit.

 

  • Comment garder mon piercing heureux le temps de la cicatrisation?

On désinfecte 2 ou 3 fois par jour, pas plus (par exemple avec de la biseptine) (on utilisera en plus un bain de bouche dilué à l’eau pour les piercings aux lèvres, et exclusivement du bain de bouche pour la langue), pendant environ 2 semaines, puis on nettoie au sérum physiologique 2-3 fois par jour pendant le reste de la cicatrisation.

Je disais juste plus haut de s’attendre à un gonflement plus ou moins important (on peut prendre des anti-inflammatoires si on en sent le besoin, mais ils ne sont nécessaires que pour un piercing à la langue). La peau va également rougir, et il est fort possible qu’il y ait des sécrétions dès le lendemain ou le surlendemain, voire même un peu de sang pendant quelques heures. C’est tout à fait normal. C’est la lymphe, chargée d’éliminer les déchets, qui s’écoule. Après tout, tu viens de créer une plaie et d’y insérer un corps étranger, ton corps n’est pas capable de saisir toute la coolitude de l’acte, seulement le fait qu’il faut réparer ça au plus vite. La zone risque également d’être sensible ou douloureuse quelques temps.

Contrairement aux idées reçues, ON NE FAIT PAS BOUGER LE BIJOU. On risque de déplacer des sécrétions et de les ramener à l’intérieur du trou du piercing, ce qui peut causer des problèmes. Avec son désinfectant ou son séum phy, on frotte tout doucement pour ramollir et on enlève du bout d’un coton-tige. Ne jamais forcer sur les « croûtes », ou pire, les arracher. Ça ne ferait qu’empirer.

On peut s’inquiéter si les sécrétions produisent une odeur ou s’écoulent en continu, et encore, ce n’est pas toujours justifié. Au moindre doute, n’hésite pas à te rendre chez ton perceur pour te rassurer, ou, éventuellement, voir les mesures à prendre.

Bien entendu, on se lave les mains avant tous les soins.

Interdiction de changer son bijou avant cicatrisation complète.

 

  • Et ensuite?

On nettoie ses bijoux régulièrement, par exemple toutes les semaines, dans de l’eau légèrement savonneuse (savon hypoallergénique). Pour les bijoux de langue/lèvre, on peut aussi les laisser quelques temps dans un bain de bouche dilué pour éviter la formation de plaque.

Un piercing peut subitement s’irriter pour plusieurs raisons, les plus fréquentes étant un bijou trop grand ou de forme inadaptée, un matériel de mauvaise qualité, ou simplement un accident (un coup dedans, croché dans des fringues, dormir dessus…). Pas la peine de désinfecter pour si peu, tu vas juste t’assécher la peau et accentuer les rougeurs. Si le problème persiste, essaye de changer le bijou. N’oublie pas qu’une allergie peut se déclencher à n’importe quel moment dans la vie. En cas de sécrétions, nettoie au sérum phy et n’hésite pas à demander à ton perceur de jeter un œil.

Côté durée de vie, un piercing bien réalisé peut tenir indéfiniment. Un rejet (grande trouille pour les amateurs de piercings de surface/dermal anchors, mais je développerai plus tard) se produit lorsqu’un piercing est mal réalisé (trop ou pas assez profondément, mal placé par rapport à l’anatomie…) et se produit en général entre quelques mois et un an. Si c’est ton cas, tu auras très largement le temps de t’en apercevoir et de retirer le bijou pour laisser l’orifice se refermer de lui-même et limiter les cicatrices.

Parlons-en, des cicatrices. Tout piercing en laissera forcément une, ce qui peut aller d’un minuscule point à peine visible à la belle marque bien délimitée du trou. Ça dépend des gens, du type de bijou, de la taille. Un piercing stretché se refermera tout seul très progressivement mais en général, les trous de plus de 10mm (1cm) auront du mal à se resserrer davantage sans opération (on aura là aussi l’occasion d’en reparler dans l’article propre au stretching).

Il arrive même que chez certains, le trou ne se referme jamais. C’est au petit bonheur la chance… L’un de mes cousins peut rester 3 mois sans remettre son bijou à la lèvre, ça passe crème. Pour ma part, j’ai passé 2 jours sans écarteurs pour un cosplay et j’ai perdu 2 tailles de stretching, soit 2mm, en aussi peu de temps, mais je n’ai jamais enlevé d’autres piercings plus de quelques minutes.

Donc, si tu te fais percer en sachant que tu devras enlever le bijou régulièrement, pour le taf par exemple, prépare-toi à une possible mauvaise surprise. Certains piercings ont l’avantage de pouvoir se rendre invisibles (un curved barbell dans un septum n’a qu’à être « flippé », soit retourné à l’intérieur du nez, pour être impossible à repérer – c’est ce que je fais notamment pour les entretiens d’embauche), d’autres permettent de mettre un bijou transparent ou très discret, comme certains cartilages ou même la langue.

De manière générale, je te conseillerai d’éviter de te faire percer si tu sais que tu vas devoir l’enlever ou le planquer pour du taf, surtout qu’il ne faut jamais enlever ou changer le piercing pendant la cicatrisation. A la rigueur, il est possible de percer directement avec un tout petit bijou discret, ou pour un septum d’insérer un barbell à l’envers, à l’intérieur du nez, mais avant cicatrisation parfaite et complète, il te sera impossible d’y toucher.

[Les photos du concert seront ajoutées à l’article dès leur parution sur le site du Crooner, avec autorisation du photographe.]

 

On dirait pas mais s’improviser baby-sitter, ça peut avoir des avantages. Comme, au pif, être invitée au concert d’une tête d’affiche du Hellfest parce que tu gardes le môme du batteur du premier groupe de la soirée.

Oui, tu peux m’envier très fort.

C’était également l’occasion pour moi de foutre les pattes pour la première fois dans une boîte de Rouen… et d’y constater les problèmes d’organisation.

Règle numéro 1 de n’importe quel concert digne de ce nom : ça ne commencera pas à l’heure. Le temps mort est l’occaz rêvée pour choper sa première conso avant que le comptoir ne soit assiégé, de boujouter les copains qu’on croise, de fumer sa clope, yadda yadda.

Sauf qu’au Crooner, pour un concert censé débuter à 20h30, nous avons eu l’autorisation d’entrer à… 20h37. Rien de foncièrement dramatique en soi, hein, mais poireauter 20 minutes dans le froid normand, ça n’a jamais été mon hobby de prédilection. Et je n’étais pas la seule à râler. Au final, le temps de saluer et de prendre une bière et le concert est déjà enquillé. Soit.

Tu sais ce qui est aussi très rigolo dans un concert rock en boîte? La tronche des videurs.

Tu sais ce qui est vachement moins rigolo? Se faire presser dehors pendant 5 minutes parce qu’on veut faire rentrer la « vraie » clientèle du local. Impossible de retrouver les gens pour une éventuelle after, ou de finir son verre tranquillou. Il faut sortir, affronter le raz de marée de fringants clubbers brique de jus d’orange en main en train de se foutre de la gueule du public qui s’en va. Niveau amabilité du staff, on repassera.

Quant à la salle en elle-même, elle est petite, comme la scène, mais présente un avantage assez cool : quand tu sors cloper, t’as pas les oreilles bouchées.

Anybref, j’ai suffisamment râlé, place au concert en tant que tel!

 

  • Hot Rod Bastards [Hard Rock’n’Blues]

Le show s’ouvre donc sur le groupe de mon patron, qui m’avait déjà fait écouté des morceaux enregistrés à l’arrache en répèt’.  C’était également leur première scène, bien que chaque membre du trio ait déjà sa propre expérience au sein d’autres groupes, y compris Ricky Dozen.

Trio classique basse/guitare/batterie, les Hot Rod Bastards nous envoient du rock énergique, 100% pouquette. Tous ont la grosse banane, interagissent beaucoup avec le public, et la sauce prend immédiatement. On ne peut que sourire et avoir envie de se dandiner sur les riffs efficaces, les minauderies rockab’ du chanteur, les accents de blues qui ponctuent les morceaux.

La technique est calée, le public conquis, on ne peut qu’applaudir le premier live de ce groupe encore tout jeune qui ramènera sa tronche sur les planches du McDaid’s (Le Havre 76600 sisi rpz) le 8 mai.

Facebook

 

  • Spring Taste [Rock alternatif]

Encore une sorte de première ici, puisque c’était le premier véritable concert du groupe avec leur nouveau guitariste rythmique. Les gars sont 5, rouennais, et n’en sont pas à leur coup d’essai, existant en tant que tel depuis 2011 et avec un EP sorti en 2013. D’ailleurs, il semblerait que le public ait été agrandi par une certaine fanbase.

J’ai moyennement accroché. La voix du chanteur n’était pas à mon goût, et il m’a semblé que ça manquait un peu d’énergie. Le jeu est également calé et le public suit sans aucun problème, c’est juste mes goûts qui m’ont ici fait défaut. Cependant, j’étais plus emballée par la dernière chanson du set (compo du nouveau gratteux), qui m’a semblé avoir la pouquette qu’il manquait au reste du show.

Facebook

 

  • Sticky Boys [Rock’n’Roll]

Tête d’affiche du concert et pour la première fois programmés au Hellfest, les gars de Sticky Boys déboulent en chemisette en jean, shorts, cheveux longs et baskets pour foutre le feu à la salle. A peine leur set commencé, ça pogote, ça slam, ça s’éclate dans le public. Ils sont généreux, drôles, sans prétention, et l’enthousiasme de chaque personne présente dans la boîte est communicatif.

Leur nusique respire l’insouciance de mes années lycée-punkette-rebelle-de-la-life, et c’est avec une certaine nostalgie que je me laisse aller à leurs hymnes au rock’n’roll, aux perfectos customisés et à la bière. Une reprise de I Fought The Law me fera me replonger dans la discographie des Clash dès le lendemain matin.

Vu l’ambiance qu’ils ont réussi à lancer dans le public, je ne doute pas que leur show au Hellfest cet été soit un carton plein. C’est l’esprit du festoche, après tout : la camaraderie, la déconnade, sans prise de tête et sur un son qui fait se remuer.

Facebook

Site officiel

Bandcamp