Articles Tagués ‘The Self Centered’

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Dans les contrées oniriques des cauchemars, c’est entre quelques mélodies perdues au milieu d’une brutalité sans nom qu’est né Yorblind. Bon ok, je cherchais une phrase d’accroche classe et pas trop débile lorsque je l’ai écrit, un matin, shooté au sirop qui te fait pioncer deux minutes après l’avoir ingurgité.

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Yorblind, c’est quoi et c’est qui ? C’est du death/trash métal venant de Paris, formé en 2002 (Rash Roberts : vocals, Mike : lead guitar, Jipi : rythm guitar, Djiss : bass, Thew : drums) et qui pond sa première démo éponyme en 2003. Cette première démo arrive sur la scène métal comme une belle surprise et les critiques sont élogieuses, du coup les voilà en train de partager l’affiche avec Carnal Lust, Outcast ou Killers. Ce n’est qu’un an plus tard que le groupe retourne en studio et sort son premier album Melancholy Souls en 2005, le test dans la cour des grands. Sans surprise, ils sont bien accueillis et les voilà de nouveau partageant la scène avec Hacride, Mors Principium Est, Kronos, Arkan et d’autres encore.

Ce qui est bien avec Yorblind (voire aussi la fin de ma critique), c’est que le groupe est en recherche constante d’évolution. En 2008, nouvel essai en studio et en 2010 sort Réflexion où la patte se fait plus brutale, plus perso et plus mélodique. Yorblind se trouve, mais il lui faut encore tâter le terrain. Ça n’empêche pas de tourner avec Klone, Hacride, the Arrs et d’avoir le nom du groupe en tête d’affiche à la scène Bastille (Paris).

Mars 2015 sort Blind… But Alive et le label Klonosphere nous a envoyé la galette, puisque c’est chez eux que se retrouve Yorblind à présent, pour voir ce qu’on en pensait. J’ai écouté l’album en boucle pour me faire bien une idée, n’étant pas forcement fan du côté Death, mais j’ai eu… Une bonne surprise…

Ce que le dragonnet en pense :

Blind… But Alive secoue l’auditeur entre ses mélodies calmes et ses brusques accès de rage. Le tout est maitrisé sans aucune bavure et l’oreille prend plaisir à se prendre des riffs furieux, avec une voix qui crache bien son flow au micro, mais qui sonne parfois un peu trop « brute » pour être appréciée pleinement.

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Pour les non-connaisseurs, il ne faut pas se fier à l’intro (ou l’ountro, ça dépend comment vous le prenez si vous aimez commencer par la fin). On pourrait croire que Yorblind est un groupe de post puisque les deux morceaux sont en totale instru, mais c’est une mise en matière pour préparer la sauce Yorblind, celle qui tâche, qui brûle et qui te laisse des marques.

C’est le cas du premier morceau I am Not, qui se barre en 4 :10 de pures folie enragée, le truc s’emballe sans te prévenir pour te balourder dans le mur après cette intro, qui n’était que le calme avant la tempête.

Et quelle tempête mon vieux, entre des riffs lourd et agressif, la batterie qui enchaîne les morceaux sans prendre une minute pour comprendre ce qui se passe et ces brusques moments de calme, mélodiques, mais tout aussi violents, puisqu’ils ne font que préparer des redescentes comme celle d’un junkie dans l’univers de Yorblind.

I Am Not ouvre le bal, The Scapegoat(et non The Spacegoat comme j’ai pu mal le lire) renchaine tout aussi brutalement, mais se montre répétitif jusqu’au milieu du morceau où s’enchaine un petit coup d’instru, mais retombe ensuite dans le même cercle…

Vous pouvez être sympa avec mon cerveau ?

Vous pouvez être sympa avec mon cerveau ? Parfois, il a du mal.

On trébuche sur ce morceau et on se rattrape sur The Exploited. Tu n’as pas le temps de te remettre sur tes pieds que ce morceau te fout à terre avec un guest qui accompagne la voix, le coup est violent et rattrape facilement la chèvre de l’espace (parce que mon esprit à la con peu vraiment pas prendre ça au sérieux). Le morceau jubile entre passages clairs et violents, peu de chant, beaucoup plus mélodieux que les deux premiers, mais on se sent enfin absorbé par l’album.

« The exploited » par Yorblind, dans l’émission ENORME TV

Quitte ou double pour The Self Centered qui dès les premières notes te promet un niveau de menace à faire se planquer les petits Japs sous leurs tables. On est au milieu de l’album et ce morceau servira de transition, finalement aucun Hiroshima, mais un morceau appréciable avec de nouveau un moment d’instru en plein milieu. Tout du long, la voix est plus claire, plus hard rock 70’, ce qui donne un souffle bien appréciable dans cette suite (je reviendrai sur la voix).

The Master commence lourdement et donnera le ton pour le reste du morceau. Lourd, imparable, le morceau tente de s’imposer comme l’un de ceux qui font toute la personnalité de l’album. On y retrouve la base même que dans I Am Not et ça sera le seul morceau dénué de moment d’instru. De bout à bout, le morceau vous frappera dans le bide pour vous faire comprendre qui est le patron !

Genesis se lance là où s’arrête The Master : nulle part. Il reprend aussi sec derrière le dernier morceau. Beaucoup plus dynamique, il propose sa dose de moments aux chant clair et s’agite dans sa propre tempête. Ça sera également le moment de faire une belle place à la guitare qui aura le droit à son moment perso.

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The Teacher est le « dernier » morceau. Comparé à The Master, il s’ouvre de la même manière pour présenter le personnage, mais cette fois-ci plus rapide, moins lourd et plus diversifié. Yorblind termine en exposant sa galerie de savoir-faire, passe en vitesse accélérée toutes les bonnes surprises de ce troisième album.

Blind… Et …But alive ne sont pas en reste comme intro et ountro de l’album, présentant deux morceaux calmes, reposants, mais qui cachent bien leur jeu si on n’écoute pas le reste de l’album. Comme deux inconnus, elles représentent à la fois le calme avant la tempête et l’œil du cyclone, car je doute que Yorblind s’arrête à un troisième essai…

Troisième essai marqué ? Yorblind a quand même un bon palmarès… Hacride, Kronos, The Arrs, Klone comme partenaires de scène et une tête d’affiche à la scène Bastille, plusieurs invités sur l’album… Ok, Yorblind sait quel genre de match il joue et même si je ne suis pas un gros fan du genre, j’ai passé un excellent moment à écouter Blind… But Alive pour cette chronique. Mis à part Scapegoat qui m’a ennuyé et une voix que je n’arrive pas à bien apprécié, Blind… But Alive est l’évolution d’un groupe qui à su prendre son temps pour se définir, grandir auprès d’autres groupes et nous sortir un album pas totalement parfait, mais qui a le mérite de se chercher. Sans compter les nombreux guests qui se partagent l’album (Cyd – Magoa / Julien – Lokurah / Raf – T.A.N.K. / Krys – MUR / Mathieu – Gorod)

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Est-ce que je le conseille maintenant ? Oui, sans hésiter. Yorblind a du talent et de la ressource, ça se sent à travers tous les morceaux de l’album, ça en transpire même ! Je suis prêt à parier que vous y passerez un bon moment et même si vous n’êtes pas un grand fan des intros et outros en instru, laissez-les faire, sans être anecdotiques, ils sont surement les deux morceaux qui vous permettront de prendre conscience de toute la force de Yorblind.

En somme, Blind… But Alive est dans la discothèque Rock’In Radio et peut être dans la votre, a partir du 13 mars ! Ça sera dispo chez tous les bons disquaires, Klonosphere et Season of Mist.

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