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ITW – TOBOGGAN

Publié: 11 juin 2015 par Squideleiev dans Interviews
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Après moult obstacles et décalages, nous avons enfin pu obtenir une interview de TOBOGGAN, dont on vous a déjà parlé ici, , et dont on a chroniqué l’EP.  C’est donc au 3 Pièces avec des bières et le bruit d’une répèt’ en sourdine que nous avons pu leur poser nos questions sur leur musique, confirmer la supériorité d’attractivité des bassistes sur les guitaristes et voyager à Saint-Dizier. Et parler de leur musique, aussi.

 

Présentez-vous et racontez-nous la genèse du groupe.

Grégory : Donc y’a Romain à la guitare, Thomas à la batterie, et Nico le bassiste qui n’est pas là.
Romain : De toute façon il est bassiste, donc il sert pas à grand chose. Thomas et moi, on faisait déjà de la musique ensemble dans Juggernaut depuis une dizaine d’années. Puis nos chemins se sont un peu séparés, on a fait nos études à des endroits différents, il est parti voyager, moi aussi… Puis à mon retour à Rouen j’ai rencontré Grégory, et rapidement, l’alcool aidant, on s’est dit « vas-y mec, on fait un groupe ! »
Grégory : C’est vrai que c’était pendant une soirée très arrosée, on s’est dit « arghgblblb on va faire d’la m’sique ».

Toutes les grandes histoires commencent comme ça.

Romain : On avait testé le picon-Leffe…
Grégory : Ouais c’était du picon-Leffe, et du coup on s’est retrouvés à faire TOBOGGAN quoi. C’aurait pu être autre chose mais on a testé le picon-Leffe, on a décidé de faire de la musique ensemble. Il disait qu’il faisait de la musique avec Thomas, un peu en passe-temps…
Romain : Guitare-batterie, du coup ça manquait un peu de profondeur.
Grégory : Il cherchait des lascars pour compléter la formation, donc on s’est mis à répéter tous les 3, à mettre les prémices de TOBOGGAN en route et ça s’est plutôt bien passé. On a pris ça un peu plus au sérieux, on a commencé à chercher un bassiste. Le line-up officiel date de décembre 2013, avec Nico qui joue aussi dans The Birds End et Venosa. On a fait notre premier concert y’a presque un an, c’était le 11 juillet 2014 ici au 3 Pièces, avec Ruines et Greyfell.

 

Pour les gros vilains qui ne nous lisent pas, vous pouvez nous expliquer un peu votre musique ?

Grégory : C’est un peu difficile à expliquer, on dit souvent qu’on fait du post-hardcore, une étiquette un peu fourre-tout très pratique.
Thomas : On fait de la musique progressive, globalement. On se donne pas trop de limites ou de direction donc ça sort un peu comme ça vient, ce sera peut-être plus sur le long terme qu’on pourra dégager quelque chose.
Romain : Aujourd’hui le processus de composition est très très spontané, sans limites de style ni de barrière, c’est à l’inspiration.
Grégory : Je précise que à l’inspiration, c’est pas un mec qui s’appelle Alain Spiration. On a pas mal d’influences, certaines communes, donc on se met pas de barrières, on se dit pas qu’on doit faire un truc toujours de la même couleur, des trucs qui se ressemblent. C’est vrai qu’on a des morceaux un peu plus aériens et d’autres plus pêchus, rock’n’roll, mais tant qu’on se fait plaisir et qu’on est contents de ce qu’on joue… On se fait déjà chier à payer les répèts, on va pas en plus se faire chier à faire des sons qui nous emmerdent !

 

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En parlant d’inspiration, quelles sont vos influences majeures ?

Grégory : Catharsis en est une, un vieux groupe ricain, années 90, qui nous inspire pas mal. Pas mal de groupes des années 90 en fait, Will Haven…
Romain : Zegota, du label CrimethInc…
Grégory : Après y’a pas mal de trucs différents, y’a Converge qui peut aussi être une influence, même si notre son ressemble pas à Converge. C’est des groupes qu’on écoute donc indirectement ça nous influence quelque part. Cult of Luna… franchement, y’a énormément, énormément de choses… The Spectacle… Cortez aussi, avec qui on a joué y’a pas longtemps, et KEN Mode également. En fait tous les gros trucs, tous les gens qu’on a pu rencontré dans la vie, ça nous influence. On prend beaucoup beaucoup des gens, on est très altruistes. (à imaginer façon petits cœurs et maison dans la prairie)

 

En parlant de gens que vous avez rencontré et de tournée, comment ça se passe pour jouer au 106 Expérience ?

Grégory : Bah nous pour nous avoir, c’est 2000 balles. Non en fait, on répète au 106, donc on connaît un peu les gens là-bas, et leur truc aussi c’est de promouvoir la scène locale et les musiques actuelles. C’est le 42° (42° édition) je crois quand on a joué, ils en font à peu près un par mois, donc évidemment au bout d’un moment ils ont fini l’alphabet ils sont arrivés sur les T.
Romain : Répéter au 106, ça aide beaucoup. A force de voir ta gueule toutes les semaines…
Grégory : En même temps ils ont fait jouer un groupe du Havre, The Fourth Is Bearded, qui a peut-être une notoriété déjà… au Havre hein, au Havre… Coucou aux gens du Havre !

 

Du coup, partager la scène avec des groupes comme KEN Mode ou participer au 106 Expérience, ça ouvre des portes ?

Romain : C’était il y a 2 mois, donc savoir s’il y a vraiment un impact, sur les dates qu’on va après…
Grégory : Après je pense que niveau promotion, visibilité, c’est toujours cool, les gens vont voir. Après le 106 Expérience c’est gratuit, mais y’avait pas loin de 300 personnes, KEN Mode et Cortez c’était un peu plus de 150… Même si je pense que c’est plus KEN Mode et Cortez qui ramènent les gens, c’est cool. C’est cool aussi de jouer avec des groupes qu’on écoute, KEN Mode on écoute tous les 3, y’a 2 ans on a été les voir en concert à Paris, on s’est fait chié à y aller et à payer les places, et 2 ans après on joue avec eux, on passe la soirée avec eux, ils ont dormi chez Thomas… C’est vrai que c’est assez marrant de vivre ce genre d’expérience. Si ça a des retombées, médiatiques, professionnelles ou culturelles, j’en sais rien…
Romain : Hey t’as pas vu, t’es dans le dernier Voici !
Thomas : C’est vrai que ça change de jouer dans ce genre de salles, moi je vois la différence avec la batterie… C’est pas le même ressenti, ou le même rendu, c’est plus une histoire d’expérience que de potentiel médiatique.
Grégory : C’est vraiment aussi le truc de nous conforter, de jouer avec des groupes qu’on aime, moi j’écoute énormément Cortez, on a été voir KEN Mode, c’est hyper cool de jouer avec eux. Surtout que les gars de KEN Mode ont vu notre show, ils nous en ont parlé après, donc c’est toujours cool d’avoir ce genre de rendu. Est-ce qu’on gagne en visibilité ou quoi, je pense que oui indirectement, mais c’est pas forcément ça qu’on cherche. Nous on est des artistes underground de toute façon, la lumière nous intéresse pas ! (rires)

 

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Vous tournez beaucoup ces derniers temps.

Grégory : Ouais, Shanghai, Tokyo… Saint-Dizier… On vous conseille à tous d’y aller parce que c’était vachement bien.
Thomas : C’est pire que Le Havre.
Grégory : C’est même pire que Fécamp. On essaye de s’exporter le plus possible.
Romain : Là depuis le premier concert, on est à 12 concerts, donc c’est pas mal.
Grégory : Prochainement, on va jouer à Dijon dans 10 jours, et on ramènera de la mayonnaise et du ketchup, et on joue au mois de juillet à Nantes. On essaye de bouger un peu de la Normandie.
Romain : A Rouen, on a joué là où il fallait.
Grégory : Oui, on a joué ici au 3 Pièces, à l’Emporium, à l’Oreille Qui Traîne, au 106. Faudrait qu’on joue au Khalif aussi un jour. Faudrait qu’on fasse une tournée rouennaise ! C’est cool l’expérience de tournée en camion, ou en Kangoo, surtout en Kangoo, et passer des weekends à jouer 2-3 dates d’affilée, à rencontrer d’autres groupes… C’est pour ça qu’on fait de la musique, passer des weekends à s’éclater, à prendre une bonne cuite, rater le concert du lendemain… Non, je déconne. On a jamais trashé une chambre d’hôtel parce qu’on nous a jamais payé l’hôtel. Ceci dit on préfère dormir chez l’habitant, rencontrer l’autochtone, découvrir leurs cultures, comment ils parlent, les expressions, c’est beaucoup mieux.

 

Pouvez-vous nous parler de votre EP ?

Thomas : On l’a enregistré chez Marco.
Grégory : Ouais, chez Marco, à Ragnarok Studio, près de Rouen.
Romain : C’était vraiment un mini-EP, y’a que 3 titres, l’objectif c’était surtout de faire une démo plus qu’un EP. D’avoir un moyen de démarcher auprès de lieux où nous produire. On a fait ça relativement rapidement.
Grégory : En un gros weekend c’était fini, on a enregistré en prise live à part le chant. Comme disait Romain, l’objectif c’était d’avoir un truc assez vite, même si on a pas pris ça non plus à la légère. On est un groupe de musique, donc avoir de la musique à proposer c’est plutôt cool. Beaucoup de groupes proposent des photos et des t-shirts, nous on préfère proposer de la musique… Wah comment je balance ! A la base c’était pas prévu du tout de faire un CD, on voulait proposer sur bandcamp et sur facebook, et en fin de compte on était assez content d’avoir un objet physique parce qu’on est des vieux, on a plus de 30 ans, le numérique ça nous fait chier. On a fait les pressages nous-mêmes, la pochette nous-mêmes, qu’on a coupé et collé avec nos petits doigts… Tout nous-mêmes ! On a ressenti un peu ce que ressentent les chinois qui fabriquent des ballons de foot à ce moment-là. On vend le CD à prix libre aux concerts et ça s’est pas mal écoulé donc c’est assez cool. Faut en refaire d’ailleurs.

 

Vous avez déjà eu des retours ?

Grégory : Oui sur scène une fois, on a eu des retours. Moi j’entendais mieux la guitare. On a eu quelques retours mais pas énormes non plus. On en a eu avant d’enregistrer l’EP, mais sinon vous êtes les seuls à avoir chroniquer l’EP. Vous êtes nos seuls fans. C’est pour ça qu’on est là ce soir !

 

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Un projet d’album ?

Grégory : On envisage sérieusement, ce serait bien qu’on fasse l’enregistrement avant fin 2015. On a déjà quelques morceaux sur le feu, qui sont finis et qu’on joue déjà, d’autres qu’on est en train de composer. C’est vraiment le gros projet. Ce qu’on aimerait sortir c’est un vinyle, vraiment faire un bel objet. On essaye de se rembourser des défraiements, de mettre de côté, on autofinancera… Y’a un label très connu, Emergence, qui nous a déjà proposé un coup de main, Terrain Vague l’asso qu’on a fondé ensemble, qui a déjà participé à la sortie de l’album d’Elephants ou du vinyle de Greyfell… D’ici fin 2015 début 2016, on espère avoir enregistré 7-8 titres pour sortir un truc beaucoup plus costaud.

 

Le plus important : faire de la musique, ça permet de serrer des meufs. Est-ce qu’on vous a déjà lancé des petites culottes ?

Grégory : Non, pas contre on nous envoie des gaines et des caleçons ! Et des couches. Non mais moi, j’ai pas besoin de la musique pour baiser finalement, j’ai un physique, donc ça marche sans ça. Je fais pas de guitare, donc je sais pas.

 

Les vraies meufs préfèrent les bassistes de toute façon…

Grégory : Bah notre bassiste c’est le seul qui est casé.
Romain : Sinon moi je fais de la basse dans Cavalry…
Grégory : Est-ce que la musique ça fait baiser… Je baisais déjà avant de faire de la musique, ça fait pas qu’un an et demi que je baise ! Mais la musique adoucit les meufs.

 

Le dernier mot de la fin ?

Grégory : Le dauphin ! J’voudrais remercier mes parents sans qui on serait pas là ce soir… Mon père était musicien. Il était triangle dans Bon Jovi… En même temps à l’école on nous apprend la flûte à bec, comment tu voulais que je sois musicien ! Du coup je suis chanteur. Enfin chanteur dans un groupe de hardcore c’est un bien grand mot… Un gros mot à la limite.
Thomas : Au plaisir de vous revoir pendant les concerts !
Grégory : Merci à Rock’in Radio, nos seuls fans, qui nous ont chroniqué et qui ont voulu une interview. Je vous promets que quand on sera à Fréquenstar avec Laurent Boyer, on se souviendra de vous.

 

Merci TOBOGGAN pour cette interview qu’on aura ENFIN réussi à faire.

Retrouve l’interview en intégralité ICI : plus de 20 minutes de grand n’importe quoi avec plein de blagues nulles, mais rigolotes, et du bitchage.

 

Retrouvez TOBOGGAN :

TOBOGGAN est un groupe de Post-Hardcore rouennais formé fin 2013 par d’anciens membres de Venosa, Juggernaut, The Birds End et de Cavalry. En janvier 2015, le groupe sort son premier EP composé de trois titres, sobrement appelé TBGN.

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C’est dans une jolie pochette carton que TOBOGGAN nous livre son EP. Si vous les avez aimé en live, vous les aimerez aussi en version studio. En effet, que ce soit sur scène ou sur CD, le groupe ne néglige pas ses principaux atouts, à savoir une bonne dose d’énergie sur fond de Post-Hardcore qui parlera aussi bien aux amateurs de musique énervée qu’aux cœurs plus tendres.

Prayers of Dust, le premier morceau, ne nous ménage pas. C’est un raz-de-marée sonore qui s’abat. Des riffs énergiques, une voix puissante, sans pour autant que le travail de composition ne soit négligé. Ce titre est un avertissement : TOBOGGAN a plusieurs corde à son arc, et n’hésitera pas à en abuser, pour notre plus grand plaisir.

There’s a Storm Coming parlera immédiatement aux amateurs de Post-Rock à l’instrumentation travaillée. C’est sur un orage que le morceau débute, comme pour annoncer ce qui suivra. Cette mélodie lancinante, saisissante, est à peine troublée par l’intervention du chanteur. Bien au contraire : celle-ci ne fait que renforcer l’impression d’être à la merci du flot d’émotions qui se déverse dans nos canaux auditifs. Et puis les choses s’accélèrent, sans pour autant briser cette spirale infernale dans laquelle le groupe nous a entraîné, sans nous demander notre avis. On lâche prise, et on se vautre sans la moindre gêne dans ce que TOBOGGAN nous offre. Bref, un petit bijou.

La voix durant la première minute de Black Screen / Sleepless Night donnerait presque un petit air de Post-Punk au morceau… du moins, jusqu’à ce que les choses sérieuses reprennent. Voilà une parfaite illustration du rentre-dedans sur fond de mélancolie. On aimerait pouvoir s’abandonner à la rage qui dégouline de toute part, mais quelque chose de plus insidieux fait rempart, nous clouant au sol. C’est avec une fascination malsaine que l’on savoure l’ambivalence de ce morceau.

Pour un premier EP, TOBOGGAN place la barre très haut ! Rien ne semble avoir été mis de côté, que ce soit sur le plan des compositions, de la technique, ou de la qualité du son. De même, l’ordonnancement des morceaux et leur complémentarité nous donne un large aperçu du potentiel du groupe. On regrettera peut-être le fait que ces treize minutes passent très très vite. On espère en tout cas les retrouver prochainement pour quelque chose de tout aussi prometteur.

N’hésitez pas à télécharger et partager. TBGN est en téléchargement à prix libre sur le Bandcamp du groupe. Soutenez la scène underground, faites un don !

Le 10 avril, Terrain Vague nous conviait à un concert d’exception à l’Oreille qui Traîne (MJC Rouen Rive Gauche), en compagnie de Genital Jiggling, Toboggan, Cortez et KEN Mode.

Les photos sont de Donatien Redwitchdoctor. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé de photos de Genital Jiggling lors de ce concert, l’image utilisée provient de leur page facebook (lien plus bas).

 

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  • Genital Jiggling [Fast Punk Hardcore, Rouen]

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Tenta : Les rouennais de Genital Jiggling sont les premiers à entrer dans l’arène. Soit dit en passant, le Fastcore, ce n’est franchement pas ma came. Et pourtant, je n’ai pas été déçue du voyage ! Le groupe enchaîne une pléthore de morceaux aussi brefs que survoltés, saupoudrés d’une bonne humeur très communicative. Il n’aura fallu que quelques minutes au public pour s’en saisir, et commencer à s’agiter dans tous les sens. En ce qui concerne la composition des morceaux, j’ai eu l’impression d’entendre quelque chose d’assez conventionnel, sans pour autant tomber dans le manque d’originalité. Niveau technique et propreté du son, pas grand chose à redire. Bref, Genital Jiggling a réussi à me faire ravaler mes à priori sur le genre, et croyez-moi, ce n’était pas gagné !

Squid : Comme Tenta, je ne suis pas fan de fastcore, mais j’aime l’aventure et les bonnes surprises. Les 4 gars de Genital Jiggling ont su correspondre à mes attentes, avec une patate d’enfer qui a permis à la sauce de prendre immédiatement. Je ne suis toujours pas adepte des morceaux de moins d’une minute (ça me fait un peu penser à un TGV qui passerait tout près de moi sans que j’ai le temps de biter ce qui est en train de se passer), mais l’enthousiasme dont le groupe déborde me fait passer l’éponge sans effort pour juste apprécier ce qu’il a à offrir : de la bonne grosse pouquette des familles qui fait sautiller pour une mise en bouche qui donne sacrément envie.

 

 

  • TOBOGGAN [Post-Hardcore, Rouen]

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Tenta : TOBOGGAN prend le relais. L’avantage avec eux, c’est qu’on n’est jamais déçu. A peine ont-ils commencé à jouer que le public est déjà en transe. Ce n’est pas un groupe, ce n’est pas de la musique, c’est une ogive nucléaire qui arrive sans détour dans ta face. Le chanteur franchit sans pudeur le quatrième mur, se mêle à la foule, tandis que les musiciens font hurler leurs instruments, déversant un post-hardcore qui mêle habilement les gros riffs qui sentent la sueur et cette atmosphère plus lourde, qui donne toute sa personnalité à TOBOGGAN. Impossible de détourner son attention tant le son nous enveloppe, nous électrise. Et puis vient la fin du set. La musique s’arrête, les lumières s’allument. On est désorienté quelques secondes, et puis, nous voilà plus reboostés que jamais. Bref, le groupe n’a pas à rougir devant les têtes d’affiche de la soirée !

Squid : Découverte pour moi, puisque je n’avais pas encore eu le plaisir de voir ces messieurs sur scène. Grosse claque dans ta race. La puissance de TOBOGGAN te prend de court, et te scotche sur place. On kiffe le jeu avec le public, on fait partie intégrante du show et ça fait super plaisir. L’énergie dégouline de partout, et on glisse sans peine dans l’ambiance subtile et oppressante qui te chope sans prévenir. Les gars de TOBOGGAN savent ce qu’ils font et t’emmènent pile là où ils veulent que tu sois, et c’est avec ferveur que tu les laisses faire. Chaque morceau est intense, et tu as tout sauf envie que le set se termine, te permettant de te ruer sur leur EP TBGN, à prix libre sur leur bandcamp, que nous chroniquerons prochainement. De quoi attendre patiemment leur prochain prestation live pour en reprendre plein la tête.

 

 

  • Cortez [Post-Hardcore/Metal, Suisse]

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Setlist : Borrelia, Un lendemain sans chaîne…, Arrogants que nous sommes, Idylle, Sulfure, El Vetic, Au-delà des flots, Temps-Mort

 

Tenta : Vient le tour de Cortez. Le show débute par une introduction quelque peu inquiétante avant l’entrée en scène des musiciens. Permettez-moi tout d’abord de faire une aparté sur le chanteur (qui portait un T-Shirt Russian Circles. Il ne faut pas négliger ce genre de détails). N’importe quel humain normalement constitué ne tiendrait pas trois minutes à s’agiter comme il le fait. C’est comme s’il était possédé par ce qui sortait des amplis de ses musiciens, comme s’il n’était qu’un pantin désarticulé, se soumettant à la volonté d’une guitare et d’une batterie (point de basse dans Cortez). C’est ce que j’appelle un jeu de scène qui ne laisse pas indifférent. Outre cela, Cortez nous offre des sonorités complexes, teintées à la fois de hardcore, de metal et de noise, écrasant le public sous une ambiance sombre, aussi malsaine que violente. On est étonné du contraste entre la douceur du chanteur lorsqu’il s’adresse au public, et toute cette hargne mêlée au désespoir que l’on retrouve lorsqu’il se met à chanter (je pense notamment à la fin du morceau qu’il a dédié aux filles présentes dans la salle, lorsqu’il est seul, à répéter cette même phrase qui à chaque fois fait l’effet d’un coup de poignard en plein cœur). Et puis, le guitariste qui en fin de set, joue de la guitare avec le public en guise de médiator, là je dis bravo.

Squid : Je n’ai pas encore écouté les albums studio, par peur de ne pas réussir à retrouver les émotions que Cortez m’a fait subir sur scène.  Y’a des groupes comme ça, qui ont une présence tellement écrasante que tu as du mal à te représenter la musique sans les images. Car Cortez, c’est une intensité, une violence scénique incroyables qui te serrent le cœur et t’angoissent, te plongeant très, très bas. Le chanteur t’en envoie plein la gueule, ses gesticulations et grimaces martèlent la douleur, la rage, le désespoir que véhicule la musique. En effet, on ne peut qu’avoir quelques secondes de confusion lorsqu’il nous parle tout doucement entre 2 morceaux, comme si on sortait la tête de l’eau sans trop comprendre comment on en est arrivé là. Et ça repart. Angoisse, malaise, cœur serré et une fascination totale pour ce qui se passe devant tes yeux et dans tes oreilles. J’ai adoré Cortez, au point que j’ai peur de les réécouter aujourd’hui. Et big up pour le guitariste qui joue sur les gens, c’est effectivement très très cool.

 

  • KEN Mode [Punk Hardcore/Noise Rock, Canada]

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Tenta : Enfin, le moment que tout le monde attendait : KEN Mode, la tête d’affiche. Dommage pour moi, c’est le groupe auquel j’ai le moins accroché. Évidemment, le jeu est très pro, pas une bavure, les morceaux sont pêchus, le public était hors de contrôle. Bien que j’ai trouvé la première partie du set sympathique, elle ne m’a pas transcendée outre mesure. Et puis, peu à peu, d’un morceau à l’autre, toute cette rage presque palpable lors des premiers morceaux s’est faite plus discrète, plus insidieuse, rendant les ambiances plus lourdes et dérangeante. C’est à ce moment que j’ai commencé à réellement me laisser porter par KEN Mode. Et puis, c’est très naturellement que le groupe a enchaîné ses morceaux, jusqu’à la fin, et nous a dit au revoir suite au rappel.

Squid : Pour être honnête, je n’ai apprécié que la dernière partie du set. C’est quand les morceaux ont commencé à se faire plus subtils et à jouer sur l’atmosphère que je les ai trouvé percutants, et que je me suis prise au jeu. Comme l’a déjà dit Tenta, tout est nickel chrome, le public est fou furieux, l’ambiance est au top et ça fait plaisir à voir, mais je ne suis pas rentrée dans le délire pour autant. Sûrement parce qu’après TOBOGGAN et Cortez, il était plus difficile de m’accrocher l’oreille, tellement j’ai pris cher et kiffé ma race pendant leurs sets. Mais ils ont assuré du début à la fin, sans aucune fausse note d’aucune sorte, et je ne peux que saluer très bas cette performance.

 

Une fois n’est pas coutume, cette soirée à l’Oreille qui traîne était une nouvelle fois une franche réussite, et ce du début à la fin. Bravo à l’orga ainsi qu’à l’équipe son et lumière, qui ont assuré bien comme il faut.

Mardi 17 mars, le 106 nous offrait une soirée mouvementée à l’occasion de la 42ème édition du 106 expérience (tous les mois, le 106 organise un concert gratuit où sont présentés trois groupes régionaux sélectionnés par l’équipe d’accompagnement). Au programme, TOBOGGAN, un groupe de Post-Hardcore originaire de Rouen, The Fourth Is Bearded et leur Post-Hardcore teinté de Post-Rock, qui nous viennent du Havre, et Mick Hypnotik Sensation un groupe de Grunge / Stoner lui aussi originaire de Rouen.

  • TOBOGGAN [Post-Hardcore, Rouen]
Antonia Eros, au 106

Antonia Eros, au 106

SET-LIST : Wings for Icarus, I died a thousand times, Prayers of dust, Cur(s)e, Black screen/Sleepless night, Born dead, There’s a Storm coming

C’est TOBOGGAN qui ouvre le bal, avec Wings for Icarus. Sans prendre de pincettes. L’entrée en matière a pu sembler violente pour nos esprits encore un peu anesthésiés. Il a suffit de quelques secondes pour palper la monstrueuse énergie qui se dégage du groupe, pour être submergé par la puissance du son. Le chanteur ne tarde pas à se mêler au public, parmi lequel il passera la majeure partie de son temps. La foule s’agite, la température monte un peu plus à chaque morceau. Et lorsque l’on croit apercevoir quelques minutes de répit à l’horizon, tout s’agite à nouveau. TOBOGGAN ne nous a pas laissé souffler, nous a tenu en haleine du début à la fin de son set. Les morceaux s’enchaînent naturellement et les moments de communication avec le public sont toujours emplis d’humour et de sympathie. Bien que formé depuis relativement peu de temps (fin 2013), on a peu de reproches à faire sur cette performance live, et n’avons à aucun moment l’impression d’être face à des amateurs. Bref, des découvertes live comme celle-ci, j’en veux bien tous les jours !

  • The Fourth Is Bearded [Post-Hardcore/Post-Rock, Le Havre ]
Aské

Aské

SET-LIST : Winter Sun, End of an Era, Adixia, Insomnia

Le temps d’une bière et d’une cigarette, et on enchaîne sur The Fourth Is Bearded. Les musiciens s’installent, et soudain, on comprend l’origine du nom du groupe. Il est vraiment très très barbu, le quatrième. Et il a même agrémenté sa pilosité faciale de petites fleurs, la preuve en image !

Trêve de plaisanterie. The Fourth Is Bearded est incontestablement mon plus gros coup de cœur de la soirée. Et l’un de mes plus gros coup de cœur en live depuis un moment. Le groupe a su harmonieusement mêler la puissance du Post-Hardcore à la douceur et la mélancolie d’un Post-Rock plus posé, mettant parfois nos émotions à rude l’épreuve. Le jeu est propre, calé et fluide, les compositions nous touchent droit au cœur par leur sincérité, l’intensité fluctue en permanence, nous surprend. A aucun moment le groupe ne sombre dans le pathos, ni dans cette espèce de « trop énergique » mal dosé que l’on peut parfois rencontrer dans le genre. Puis vient le moment où The Fourth Is Bearded annonce son dernier morceau, Insomnia. On s’y plonge corps et âme, tentant de ne pas rater la moindre la note, la moindre subtilité. On aimerait que le temps s’arrête, que la musique continue encore un petit moment. Et puis c’est la fin. Le bruit de fond reprend le dessus. On se sent un peu démuni, presque mis à nu, privé du cocon offert cette musique enveloppante.

  • Mick Hypnotik Sensation [Grunge/Stoner, Rouen]

SET-LIST : non communiquée

Suite à ces deux agréables surprises, c’est plutôt confiante que j’attends Mick Hypnotik Sensation, bien que l’étiquette Grunge/Stoner me fasse toujours un petit peu peur. Mais malheureusement, ce que je redoutais le plus arriva. Messieurs, s’il vous plaît, arrêtez d’imiter la voix de Kurt Cobain. N’étant pas une adepte du genre, je pense ne pas être totalement objective, mais le temps m’a semblé long. On ne peut pas dire que leur set était désagréable, que la technique n’était pas là, ou que le groupe n’étais pas sympathique, bien au contraire. Mais disons qu’après la claque offerte par TOBOGGAN et The Fourth Is Bearded, Mick Hypnotik Sensation semble un peu faiblard. Cependant, une bonne partie du public avait l’air d’apprécier. Vous savez les goûts et les couleurs, hein.

Bref, un 106 expérience comme on aimerait en avoir tous les mois ! Encore merci aux groupes pour leur talent et leur générosité.

Toboggan

The Fourth is Bearded

Mick Hypnotic Sensation